Publications scientifiques du Muséum

  • Originaire de la région de la Foa en Nouvelle-Calédonie, le chef Ataï, personnage emblématique de l'insurrection kanak de 1878, fut tué lors des opérations de « pacification » de l'île. Sa tête et une main furent livrées par des auxiliaires kanak à l'armée française puis envoyées dans les collections d'une société savante, la Société d'Anthropologie de Paris. Débute alors, au sein du musée, la seconde vie d'Ataï marquée par une « transmutation » du trophée martial en spécimen scientifique. Sa dépouille sera rendue à ses descendants en 2014. Tantôt figure du « sauvage » beau et anthropophage, ou du chef tacticien et insoumis, tantôt figure du révolutionnaire libérateur d'un peuple assujetti ou du pacificateur d'une colonie de peuplements, les interprétations passées et actuelles du Kanak Ataï offrent de multiples visages à explorer. Elles sont aussi indissociables de l'histoire plus générale des collections anthropologiques constituées de restes humains, héritage complexe aujourd'hui sensible. Les chapitres de ce livre offrent des clés de lecture permettant d'appréhender les différents modes d'appropriation des éléments de corps humain du chef Ataï lors de leur parcours patrimonial, les logiques et les enjeux sous-jacents. À partir de l'analyse de nombreuses archives inexplorées, d'entretiens avec les scientifiques-conservateurs, l'auteur s'attache à reconstituer chacune des étapes de la patrimonialisation du chef kanak par la communauté des anthropologues - prélèvement du corps ou parties en 1878, transport, catégorisation, transformation, étude scientifique, exposition puis restitution en 2014 - afin d'en cerner l'évolution des mécanismes, intérêts personnels, enjeux collectifs et spécificités. L'analyse se veut aussi comparative, confrontant tour à tour les pratiques de la Société d'Anthropologie de Paris à celles du Muséum national d'Histoire naturelle ainsi que les destinées de spécimens collectés en Nouvelle-Calédonie en cette fin de XIXe siècle.

  • A founder of comparative anatomy and a giant of nineteenth-century biology, Georges Cuvier, and his student and colleague Achille Valenciennes, brought together all that was known about fishes in their massive 22-volume Histoire naturelle des poissons published from 1828 to 1849. Despite the passage of time, this work represents a landmark in the history of science, indispensable to systematic ichthyology and to comparative biology in general. As an introduction to this monumental work, the first volume traces the development of the study of fishes as then understood-from the earliest beginnings to the first third of the nineteenth-century-and summarizes the criteria for classification that their own work would follow. This critically important essay-one of the first attempts at a comprehensive history of any major group of organisms-now appears in English alongside the original French text, beautifully illustrated and accompanied by rich annotations and commentary, serving to bring this important text to our attention and highlighting its historical significance.

  • Fondé en 1635, le Jardin royal des plantes médicinales devint sous la Révolution le Muséum national d'Histoire naturelle, un établissement dont les chaires magistrales furent supprimées en 1985. Une période de trois cent cinquante ans se trouve ainsi délimitée, durant laquelle plus de cinq cents femmes et hommes de science oeuvrèrent au sein des deux institutions successives. De tous les personnages concernés, si certains comme Buffon, Cuvier ou Claude Bernard évoquent encore quelques souvenirs auprès du grand public, la majorité reste aujourd'hui méconnue hors d'un cercle restreint de spécialistes. La vie et l'oeuvre des savants du Jardin royal et du Muséum méritaient donc d'être rapportées, dans le cadre d'un dictionnaire biographique qui ne recense pas moins de cinq cent seize noms. Ces femmes et ces hommes, d'origines sociales, de formations et de tempéraments très divers, explorèrent tous les domaines des sciences physiques, naturelles ou humaines. Ils élargirent le champ des connaissances, favorisèrent l'émergence de disciplines ou d'institutions nouvelles, constituèrent des collections, participèrent à la diffusion du savoir. Certains occupèrent parallèlement des postes de cadres civils ou militaires, devenant parfois très proches du pouvoir central. Savants de cabinet ou grands voyageurs, personnalités éminentes ou modestes fonctionnaires de la science, tous furent acteurs de l'histoire du grand établissement qui s'attacha leurs services.

  • Le spécimen et le collecteur se concentre sur la première des étapes propres à toute entreprise naturaliste, celle de la collecte des spécimens. Les auteurs s'attachent à comprendre ses spécificités matérielles, intellectuelles et politiques et à cerner les enjeux de connaissance qui motivent ses protagonistes. Fouler le terrain de la collecte revient à sortir de l'ombre les savoirs et les attentes des informateurs et des intermédiaires locaux. Au fil des pages se dessinent, sur plus de deux siècles, des oppositions et des coalitions inattendues d'intérêts et d'agents hétéroclites (explorateurs et informateurs, colons et colonisés, savants et marchands...) qui entrent en jeu dans la création des collections. Les spécimens ne sont alors plus seulement des objets agencés dans une classification de la nature indépendante des savoirs et des pratiques qui les ont produits, mais bien des éléments de culture matérielle que l'on peut considérer comme symboliques et constitutifs de relations sociales. En un mot, ils deviennent objet et parfois source d'histoire. Les contributions éclairent le parcours des collecteurs ou des spécimens eux-mêmes, la politique des muséums pour canaliser leurs trajectoires, et témoignent de l'altérité des lieux où les spécimens furent prélevés. Les auteurs relatent ainsi la diversité des savoirs, naturalistes ou pas, impliqués dans ces singulières accumulations matérielles que l'on peut désormais explorer à nouveaux frais.

  • Here, for the first time in English, is Georges Cuvier's extraordinary "History of the Natural Sciences from Its Origin to the Present Day." Based on a series of public lectures presented by Cuvier from 1829 to 1832, this first of a five-volume series, translated from the original French and heavily annotated with commentary, is a detailed chronological survey of the natural sciences spanning more than three millennia. It is truly astonishing in its detail and scope. Cuvier was fluent in many languages, English, German, Spanish, and certainly Latin, in addition to French. He was therefore well prepared to investigate and interpret firsthand the scientific literature of Europe as a whole. The work is an affirmation of Cuvier's vast encyclopedic knowledge, his complete command of the scientific and historical literature, and his incomparable memory. This history is remarkable also for providing in one place a large set of useful references to a vast ancient literature that is not easily found anywhere else. This huge body of information provides us furthermore with unique insight into Cuvier's concept of the natural sciences, and to the vast breadth and progress of this human endeavor. With this work, Cuvier fills an important gap in philosophical thought between the time of Carl Linnaeus and Charles Darwin.

  • De nombreux organismes sont composés de parties répétées, identiques ou modifiées (segments de vers de terre, vertèbres, etc.). Ce mode d'organisation fait l'objet depuis la fin du XVIIIe siècle, de nombreuses interrogations de la part des biologistes : quelle est sa signification anatomique, comment se met-il en place lors de l'embryogenèse, que peut-on en déduire sur l'évolution des espèces, etc. ? Ce livre retrace l'histoire de ces questionnements, des théories et des concepts qu'ils ont suscités depuis deux siècles. Il montre que ce problème de la répétition des parties n'a cessé d'occuper une position centrale, au carrefour de plusieurs disciplines biologiques, et ce jusqu'à nos jours.

  • Originaire du cap de Bonne-Espérance, la Vénus hottentote, de son vrai nom Sarah Baartman, fut présentée au public comme « le plus merveilleux phénomène de la nature » dès son arrivée à Londres en 1810. Affublée d'un fessier hors de proportion (stéatopygie), elle fut ainsi chosifiée comme « monstre » de son vivant. À partir de septembre 1814, elle défraya la chronique parisienne avant de mourir dans les derniers jours de l'année suivante. Son corps, entièrement moulé puis disséqué au Jardin des plantes, allait un temps rejoindre les collections d'anatomie comparée du Muséum national d'Histoire naturelle. Prise pour type de race « sauvage », la Vénus hottentote n'en perdit pas tout prestige. Ses représentations s'avérant toujours contemporaines de ses usages scientifiques et sociaux, elle parut indistinctement un sujet d'enquête toujours révisable au crible des connaissances et la victime idéale, sollicitée, d'un exorcisme de masse. Au centenaire de sa mort, elle restait une célébrité. Dans le périmètre du Muséum, elle passa des galeries d'anatomie à celles d'anthropologie avant que son moulage, devenu sculpture ethnographique, en vint à exemplifier dans les vitrines du Musée de l'Homme la survivance des « Vénus » stéatopyges de la lointaine préhistoire. Les différents chapitres de ce livre offrent des clés de lecture des imaginaires collectifs, tant savants que populaires, sans nier les zones d'ombre qui entourent la biographie de Sarah Baartman. Ils mettent en évidence les « métamorphoses » complexes de la Vénus hottentote au fil de ses appropriations naturalistes, morales et juridiques, depuis les premiers témoignages des professeurs du Muséum qui l'examinèrent en mars 1815 (Georges Cuvier, Henri de Blainville) jusqu'aux débats du Sénat qui préludèrent à la restitution puis à la cérémonie nationale d'inhumation de ses restes, en août 2002, en présence du président d'Afrique du Sud Thabo Mbeki.

  • 1793. En pleine Terreur, la Convention nationale crée le Muséum national d'Histoire naturelle. Le décret du 10 juin confie, à ce qui fut le Jardin du roi, la tâche d'enseigner les sciences naturelles au peuple. Le présent ouvrage retrace les grandes étapes du développement du Muséum en tant qu'Institution, en tant qu'organisme de recherches et en tant que modèle pour l'Europe et le monde. Sur un siècle d'histoire, défilent les difficultés de sa construction administrative dans un contexte politique mouvementé, l'organisation et le développement du travail scientifique de ses savants, la participation de l'établissement aux grandes missions de découvertes comme aux débats scientifiques qui agitent le monde de cette époque. Un siècle, trois générations c'est beaucoup et c'est peu, de la période cruciale de sa fondation, à l'« âge d'or » jusqu'en 1850, jusqu'à la période incertaine précédant la 1ère Guerre mondiale. Ce livre, qui se présente sous forme de contributions d'éminents spécialistes d'histoire des sciences, aborde dans une langue claire et accessible l'histoire des idées et l'histoire d'une institution prestigieuse. À cet égard, son public est aussi vaste que celui qui fréquente le Muséum : chercheurs du monde entier, connaisseurs du patrimoine, amoureux du Jardin des Plantes.

  • Ils étaient médecins, pharmaciens, curés, agriculteurs, militaires, employés, instituteurs ou professeurs. Ils ont parcouru les routes et les sentiers, les prés, les bois et les marais de leur canton. Ils ont observé, décrit, nommé, classé les plantes à fleurs qu'ils collectaient. Ils ont échangé des correspondances, constitué des herbiers, publié de brèves notices dans des bulletins scientifiques ou entrepris des flores régionales ou nationales. C'est à eux que l'on doit la connaissance des espèces végétales poussant sur le sol de la France. Ce faisant, ils ont réalisé un inventaire sans lequel les travaux sur la biodiversité, son histoire et sa distribution géographique, comme les mesures en faveur de sa protection, ne seraient pas possibles. Devenus célèbres ou demeurés presque obscurs, ces botanistes revivent ici par le texte et l'illustration, dans autant de biographies qui retracent leurs itinéraires personnels et les resituent dans leur temps et dans l'évolution de la systématique végétale du xviiie siècle à nos jours.

  • Exposer l'humanité propose une traversée de l'histoire de l'anthropologie en France. Mettant particulièrement l'accent sur la formation de la discipline au cours de la Troisième République et du régime de Vichy, cet ouvrage montre l'imbrication des notions scientifiques de race et de culture entre 1850 et 1950. Il explore le rôle de deux générations d'anthropologues et d'ethnologues - et des musées qu'ils créèrent - dans la mise en place du racisme et de l'anti-racisme modernes. Alice Conklin porte ainsi un nouveau regard sur les relations tumultueuses entre science, société et empire à une époque où l'impérialisme français et le fascisme en Europe connaissent leur apogée.

  • Never was a man so denied a place in history than Father Charles Plumier. Craftsman, illustrator, and engraver, but best known for his work as a botanist, Plumier devoted the better part of his life to collecting and illustrating plants and animals. Working nearly a century before the great eighteen-century describers of the untold number of new organisms flooding into Europe at the time, the major credit for Plumier's contributions to botany and zoology was given to others. Born at Marseille in 1646, Plumier was initially trained at the Convent of the Minims in mathematics and the physical sciences, but soon turned his attention to natural history, taking on the study of botany with great enthusiasm. He so impressed his superiors as a botanist, as well as through his extraordinary talents as an illustrator and engraver, that in 1689 he was appointed naturalist on an expedition to the French possessions in the Antilles for the purpose of collecting objects of natural history. The great success of this voyage, followed by two additional expeditions to the West Indies, provided a life-long pension, and earned him the title of "Botaniste du Roy." Often ill and always anxious about the publication of his work, Plumier spent the last years of his life in his cell at the Minim Convent La Place Royale in Paris compiling his notes and drawings and preparing manuscripts for the press. While on his way to Peru to discover the tree that produces quinine, he suffered a sudden attack of pleurisy and died on 20 November 1704 at the age of 58. Plumier's legacy survives in an enormous body of iconographic material still extant in the collections of the Bibliothèque Centrale du Museum national d'Histoire naturelle in Paris. While his botanical contributions have been described in some detail and many of his plant drawings have been published, his influence on zoology has been relatively unexplored and his animal drawings remain largely unpublished until now. This volume, the first of a series of monographs planned for the near future, designed to bring Plumier's extraordinary work to light, imparts life to images that have been essentially lost from public view for more than three centuries.

  • For the first time, this book makes available to a wide readership, not only to an educated audience, high-resolution reproductions of all the 258 paintings of gourds of the genus Cucurbita, figuring about a hundred cultivars, kept at the Bibliothèque centrale of the Muséum national d'Histoire naturelle, made in the 18th century by the talentuous Antoine Nicolas Duchesne, of the Royal Garden in Versailles, a forerunner of genetics and evolution. This book by Dr. Harry Paris, a leading expert of Cucurbitaceae, is written both in English and French and is aimed at scientists (e.g., botanists, geneticists, agronomists, horticulturists, science historians) as well as more general readers including gardeners, above all those very numerous fond of cultivated plants, particularly of Cucurbitaceae. Its large format (320 x 440 mm), the diversity and magnificence of its plates and the beauty of its presentation will also attract bibliophiles. This volume is not only the first publication to contain Duchesne's naming and classification of the three economically most important species of Cucurbita, it also contains Duchesne's summary of his investigations with this genus. The plates are accompanied by reprinting of appropriate abstracts from Duchesne's Essai sur l'histoire naturelle des courges together with, by Harry Paris, commentaries on the illustrations with an analysis of existing published and unpublished documents concerning these plates. As for his work on strawberries, here once again is stressed the unfailing tenaciousness and extraordinary sense of observation of Antoine Nicolas Duchesne coupled with quite original and premonitory evolutionary ideas.

  • Les coléoptères représentent une fraction significative, non seulement des collections du Muséum, mais aussi et surtout de l'environnement. Ils servent d'indicateurs pour de nombreux paramètres en évolution constante, leur prise en compte est donc de première importance pour la gestion des milieux. Leur étude repose d'abord sur celle des exemplaires préservés dans les collections, d'où la signification toute particulière du corpus du Muséum (sans doute le premier du monde en quantité et en qualité). Le présent ouvrage, composé de quatre chapitres généraux introductifs et d'une étude prosopographique, évoque ce riche patrimoine à travers son histoire et sa constitution. Il expose la façon dont il a été réuni, au cours d'une période de plus de deux siècles (quoique de façon significative seulement à partir des années 1830) ; il montre comment l'action des personnels du Muséum (professeurs, assistants, préparateurs, stagiaires, voyageurs...) s'est conjuguée à celle de quelque 350 collectionneurs « amateurs » pour constituer ce corpus unique.

  • Les documents manuscrits de la famille des Jussieu, professeurs de botanique au Jardin du Roy puis au Muséum d'histoire naturelle (1710-1853) ont été acquis en 1858 par le Muséum après la mort d'Adrien de Jussieu. Conservés à la Bibliothèque centrale du Muséum ils forment un fonds riche d'informations pour l'histoire des sciences, particulièrement celle du Jardin et celle de la Botanique. Parmi les plus anciens, se trouve un portefeuille contenant 98 dessins de champignons (en couleur), réalisés vers 1730, par Claude Aubriet (c. 1665-1742) sous la direction d'Antoine de Jussieu (1686- 1758). Claude Aubriet. peintre miniaturiste au Jardin du Roy. est connu pour la réalisation des illustrations des Elémens de botanique que publie Joseph Pitton de Tournefort (1656-1708) en 1694. Ces dessins sont loués pour leur précision par Carl von Linné lui-même. Les dessins de champignons par Aubriet furent exécutés à une période « clé » dans l'histoire de la mycologie, puisqu'en 1729. Pier Antonio Micheli publie dans son ouvrage fondamental (Novo plantarum généra) une étude précise des champignons, accompagnée d'excellentes gravures en noir et blanc. Les réalisations d'Aubriel souvent soignées et fidèles aux modèles, sont précieuses car les représentations en couleurs de champignons sont rarissimes avant la fin du xviiie siècle. Elles témoignent en outre du regard que l'on portait alors sur ces cryptogames, qui apparaissaient bien mystérieux du point de vue de leur organisation, de leur reproduction et. pour tout dire, de leur « existence » même. Cette publication intéressera vivement les mycologues et contribuera a faire connaître Claude Aubriet. En outre, elle souligne le rôle décisif que les illustrateurs scientifiques ont toujours joué au cours de l'histoire.

  • Les archives des bibliothèques et des muséums à travers le monde sont pleines de trésors peu visibles et sous-évalués mais peu d'objets sont aussi délicats et inconnus que les peintures de poissons et invertébrés réalisées à la fin du xviie siècle par Isaac Johannes Lamotius sur la minuscule île Maurice dans l'océan Indien et aux Moluques. Seul et coupé de la vie intellectuelle hollandaise de l'époque, accablé par la tâche quasi impossible de gouverner une petite mais indisciplinée communauté de colons hollandais, Lamotius se consola en étudiant la faune et la flore alors inconnues de l'île. Durant son mandat et quelque temps après quand il fut exilé sur l'île de Rosengain dans l'archipel de Banda, il consacra ses temps libres à dessiner et peindre des animaux aquatiques, en particulier des poissons marins. Bien qu'il en produisit sans doute beaucoup plus, il ne reste plus aujourd'hui qu'un jeu de 250 planches en couleurs dont la totalité est reproduite pour la première fois dans le présent volume. Les planches révélées ici, conservées dans le fonds de la Bibliothèque centrale du Muséum national d'Histoire naturelle de Paris, ont été dévoilées par Georges Cuvier au début du XIXe siècle. Ce n'est qu'en 1959 que l'un des auteurs, procédant à une étude comparative détaillée de ces planches et d'autres jeux d'illustrations semblables sur lesquels s'appuyaient de nombreuses publications d'histoire naturelle du XVIIIe siècle, les identifia comme réalisées par Lamotius. Ces dessins sont largement supérieurs à tout ce qui se faisait à la même époque. Ils fournissent la première preuve de l'existence de beaucoup des espèces figurées, avec des données sur leur collecte ; la fidélité scientifique est telle que presque toutes ces espèces peuvent être aisément identifiées. Ensemble, ces planches constituent la description la plus ancienne connue de la faune marine de l'île Maurice et, en cela, une des plus anciennes études des poissons et invertébrés marins de tout l'Indo-Ouest Pacifique. Accompagnées de commentaires scientifiques et historiques, ces images renaissent après avoir été perdues de vue par le public durant plus de trois siècles.

  • Chercheur passionné et naturaliste accompli, Alcide Dessalines d'Orbigny (1802-1857) a laissé une oeuvre prestigieuse et féconde dont le caractère exceptionnel, par son ampleur, ses implications dans la science actuelle et la diversité des sujets abordés, ne laisse pas d'étonner scientifiques et historiens. En présentant son premier travail sur les foraminifères (microorganismes unicellulaires, pourvus d'une coquille capable de se fossiliser), il signait l'acte de naissance de la Micropaléontologie, sans soupçonner l'importance qu'elle prendrait ensuite dans le concert des géosciences, notamment en Paléocéanographie et Paléoclimatologie, et dans le développement de la recherche pétrolière ou encore des travaux d'aménagement du territoire, tel le creusement du Tunnel sous la Manche. Les planches de foraminifères dessinés par d'Orbigny concrétisaient plusieurs années d'observation ; elles étalent destinées à l'illustration de son travail fondateur sur les foraminifères, mais restèrent inédites bien que devenues une référence incontournable pour de nombreux chercheurs. D'une grande qualité, elles témoignent des dons d'observation de leur auteur et de ses talents artistiques. Il importait donc de les publier. Elles sont reproduites dans ce volume et analysées par Marie-Thérèse Vénec-Peyré qui retrace leur histoire, replace les espèces dans le contexte scientifique actuel et fait le point sur le matériel type conservé dans les collections de Micropaléontologie du Muséum national d'Histoire naturelle.

  • Remarquable jardinier du xviiie siècle, éminent spécialiste des fraisiers, correspondant des plus grands naturalistes de son temps, Antoine Nicolas Duchesne était en outre un talentueux dessinateur. Esprit curieux et soucieux d'observer et d'expliquer la diversité biologique, évolutionniste et généticien avant l'heure, il ne se contentait pas de cultiver ses plantes, il étudiait leur biologie, les croisait, expérimentant en permanence à cette frontière, floue à l'époque, entre variété et espèce. Ses observations, qui ont attiré l'attention de Darwin, n'étaient pas simplement consignées mais faisaient, de sa main, l'objet d'illustrations précises et détaillées. Les planches ainsi réalisées sur les fraisiers constituent une référence essentielle, incontournable. Il importait donc de publier les oeuvres de ce précurseur de méthodes et d'idées qui allaient se développer au siècle suivant et révolutionner non seulement la botanique mais aussi les conceptions de l'organisation et du fonctionnement du monde vivant. Le présent volume rend enfin accessibles les planches inédites, conservées à la bibliothèque centrale du Muséum national d'Histoire naturelle, de ce précurseur, de ce « jardinier cultivateur » comme il aimait se qualifier, de cet inspirateur des « naturalistes profonds » avec lesquels il n'hésitait pas à entretenir parfois des controverses scientifiques. Les dessins de Duchesne figurent avec ses commentaires d'époque et ceux, actuels, de l'auteur du volume, le Professeur Günter Staudt.

  • Auguste Prouvensal de Saint-Hilaire (1779-1853) débarque au Brésil en décembre 1816 avec la délégation du Duc de Luxembourg, au moment où ce pays s'ouvre plus largement aux scientifiques et artistes étrangers. Il revient en France six ans plus tard après avoir réuni des collections d'histoire naturelle (plantes, animaux, minéraux), et recueilli un nombre important de données sur l'histoire, la géographie physique, les langues indigènes et l'usage des produits naturels. Les historiens et les biologistes brésiliens considèrent aujourd'hui que les descriptions qui figurent dans ses récits de voyages, constituent un état des lieux des paysages et de la société brésilienne essentiel à la connaissance de ce grand pays. Dans ce livre, le regard croisé des scientifiques et des historiens, français et brésiliens, dessine la figure originale d'un savant botaniste et explorateur dont la démarche scientifique peut être qualifiée de moderne. La publication annotée de Réponse aux reproches que les gens du monde font à l'étude de la botanique (Orléans, 1811) et de larges extraits d'un de ses cahiers de récolte permet aux lecteurs de mieux appréhender les concepts et la démarche de ce botaniste mal connu. Une bibliographie exhaustive et annotée complète cet ouvrage, en français et en portugais, très largement illustré.

  • Quels outils un chercheur doit-il créer pour identifier un nouveau fait scientifique ? Qu'y a-t-il de commun entre la construction du fait et sa réception ? Comment les contenus d'un cahier de laboratoire interagissent-ils avec les réseaux de correspondances et les publications ? L'ouvrage de Marc ­Ratcliff aborde ces questions en reconstruisant la découverte de la division des infusoires - micro-­organismes ­unicellulaires des eaux douces ou saumâtres - par le savant genevois Horace-Bénédict de ­Saussure (1740-1799) et sa réception par une communauté d'acteurs. En reliant l'enquête microhistorique à l'analyse épistémologique pour comprendre le double parcours du chercheur et de son objet, l'auteur propose une nouvelle lecture des relations entre construction, découverte et réception des pratiques scientifiques.

  • Here, for the first time in English, is Georges Cuvier's extraordinary "History of the Natural Sciences from Its Origin to the Present Day." Based on a series of public lectures presented by Cuvier from 1829 to 1832, this first of a five-volume series, translated from the original French and heavily annotated with commentary, is a detailed chronological survey of the natural sciences spanning more than three millennia. It is truly astonishing in its detail and scope. Cuvier was fluent in many languages, English, German, Spanish, and certainly Latin, in addition to French. He was therefore well prepared to investigate and interpret firsthand the scientific literature of Europe as a whole. The work is an affirmation of Cuvier's vast encyclopedic knowledge, his complete command of the scientific and historical literature, and his incomparable memory. This history is remarkable also for providing in one place a large set of useful references to a vast ancient literature that is not easily found anywhere else. This huge body of information provides us furthermore with unique insight into Cuvier's concept of the natural sciences, and to the vast breadth and progress of this human endeavor. With this work, Cuvier fills an important gap in philosophical thought between the time of Carl Linnaeus and Charles Darwin.

  • L'objet de cet ouvrage est, comme sa composition, double : interprétatif et documentaire. Il donne à penser la relation entre la science de Buffon et son illustration. En première partie, une étude historique et épistémologique dégage les principaux caractères et la grande harmonie de ce corpus, en le comparant à d'autres ouvrages illustrés (Ruysch ou Perrault) ou au contraire privés d'images (Linné). À tirer ainsi les leçons de l'illustration pour la lecture de l'Histoire naturelle, on est alors surpris de découvrir la profonde unité de l'ouvrage, à travers les contributions des différents collaborateurs : Buffon bien sûr, Daubenton évidemment, mais aussi De Sève. Dans un deuxième temps, l'ouvrage présente un corpus iconographique unique, qui met à la disposition des lecteurs l'ensemble des planches illustrant la première série de l'Histoire naturelle générale et particulière (édition princeps, 1749-1767, quinze volumes in-4°). Par là, il s'agit de rendre l'iconographie disponible pour de nouvelles recherches sur l'Histoire naturelle. On peut espérer que ce corpus, exhaustif mais restreint aux quinze premiers volumes, rendu maniable par sa réunion en un volume inédit, suscitera de nombreux travaux.

  • Here, for the first time in English, is Georges Cuvier's extraordinary "History of the Natural Sciences from Its Origin to the Present Day." Based on a series of public lectures presented by Cuvier from 1829 to 1832, this third of a five-volume series, translated from the original French and heavily annotated with commentary, is a detailed chronological survey of the natural sciences spanning roughly fifty years, from the close of the seventeenth century to approximately 1750. It is truly astonishing in its detail and scope. Cuvier was fluent in many languages, English, German, Spanish, and certainly Latin, in addition to French. He was therefore well prepared to investigate and interpret firsthand the scientific literature of Europe as a whole. The work is an affirmation of Cuvier's vast encyclopedic knowledge, his complete command of the scientific and historical literature, and his incomparable memory. This history is remarkable also for providing in one place a large set of useful references to a vast ancient literature that is not easily found anywhere else. This huge body of information provides us furthermore with unique insight into Cuvier's concept of the natural sciences, and to the vast breadth and progress of this human endeavor. With this work, Cuvier fills an important gap in philosophical thought between the time of Carl Linnaeus and Charles Darwin.

  • Cent trois ans ! Une extraordinaire longévité a donné à Michel-Eugène Chevreul une stature scientifique et historique exceptionnelle. Père de la chimie organique, inventeur de nouvelles substances, cet homme de laboratoire sut appliquer ses connaissances scientifiques à la technologie des colorants et à la perception de la couleur. Du Muséum à l'atelier des Gobelins, il transposa la méthode analytique des corps gras aux phénomènes colorés. Sa renommée, consacrée par les formidables fêtes qui célébrèrent son centenaire, gagna l'Europe et le Brésil. Cet ouvrage constitue une synthèse originale sur l'oeuvre de Chevreul. Des spécialistes de la chimie des corps gras et des colorants, de l'épistémologie et de l'histoire des sciences, de la vision des couleurs, de l'histoire de l'art, des textiles et de l'architecture ont apporté des points de vue croisés sur les rapports de Chevreul avec la science et la technique, ainsi qu'avec la communauté scientifique et la communauté nationale du XIXe siècle.

  • Il y a plus de trois quarts de siècle, en 1921, Théodore Monod entrait au Muséum national d'Histoire naturelle, une institution qui allait devenir pour lui la "maison mère" et où il continue à l'âge de 95 ans de se rendre encore chaque jour. Nul mieux que Théodore Monod n'a su illustrer au XXe siècle l'une des vocations scientifiques initiée par les plus célèbres savants du Jardin du Roy, celle de naturaliste voyageur. Dans toutes les disciplines scientifiques auxquelles il a apporté sa contribution, Théodore Monod l'a fait avec autant de rigueur et d'exigence qu'en est capable un homme dont la vie entière a été vouée à la science. L'Afrique, avec en particulier le désert du Sahara, est très vile devenue son terrain de prédilection. La création de l'IFAN (Institut Français d'Afrique Noire, devenu en 1965 Institut Fondamental d'Afrique Noire) qu'il dirigea pendant plus de 25 ans lui a permis de développer, à l'image du Muséum national d'Histoire naturelle, une institution dédiée au continent africain. À travers son oeuvre de naturaliste, Théodore Monod a su conserver l'intérêt scientifique, mais aussi le respect et l'amour que lui ont dès son plus jeune âge inspiré toutes les formes de vie, jusqu'à ses plus modestes représentants. Cet ouvrage rassemble une série d'articles au cours desquels ses collègues et amis rendent compte de sa contribution scientifique dans des domaines aussi variés que la géologie, la botanique, la zoologie, la paléontologie, la préhistoire ou l'histoire. Il complète ainsi le portrait de l'humaniste bien connu du grand public par un hommage à l'homme de science.

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