Publications de l´Institut de recherches historiques du Septentrion

  • La compréhension d'une société ne peut ne réduire au suivi d'itinéraires individuels. Cela étant, nul ne conteste que les sociétés, même celles dominées par la stabilité ou la viscosité des processus de promotion sociale, peuvent céler des dynamiques familiales et des destins individuels que la quête prosopographique et des analyses de caractère anthropologique ont vocation à mettre en évidence. L'approche structurelle des groupes sociaux peut faire bon ménage avec la perception des trajectoires individuelles, familiales ou lignagères. Cette motion de synthèse que certains trouveront rapide ou commode ne nous exonère pas de nous interroger sur la validité scientifique du projet retenu.Prétendre travailler sur une période de cinq siècles relève d'une certaine mesure de la gageure. Pour ne pas diluer l'objet de notre recherche, nous avons certes souhaité ne pas aborder les profondes mutations ayant affecté le monde populaire des villes au cours du dernier demi-siècle. Il demeure qu'entre le peuple du temps des ducs de Bourgogne et les milieux populaires qui à l'issue des épreuves de la seconde guerre mondiale, s'apprêtaient à vivre les longues heures des Trente glorieuses dans une Europe du Nord-Ouest devenue très majoritairement urbanisée, il paraît y avoir un abîme. Ce sera un des multiples enjeux de ce colloque bi-annuel que de dégager les continuités et les mutations, voire les ruptures.

  • Si la Chambre haute a parfois mauvaise réputation, il n'en demeure pas moins que dix-sept États européens en sont actuellement dotés. Alors que l'affirmation des pouvoirs locaux et la reconnaissance de la diversité ne cessent de progresser, elle semble donc confirmer dans sa mission d'instance de réflexion contribuant au bon fonctionnement d'une démocratie pondérée et à l'équilibre harmonieux entre le centre et les composantes territoriales de l'État. La légitimité démocratique et l'étendue des pouvoirs de la seconde chambre, qui varient d'un État à l'autre, témoignent de la richesse de cet objet politique qui suscite depuis quelques années un regain d'intérêt scientifique. Les communications réunies dans ce volume visent à préciser son rôle et son mode de désignation selon une approche historique et principalement hexagonale, en opposant toutefois la permanence britannique à l'instabilité française. Elles élargissent aussi l'horizon à l'Europe actuelle dans une perspective comparatiste en envisageant les cas allemand, belge, britannique, espagnol et italien.

  • Au Moyen Âge, la mer du Nord a permis les contacts entre les populations de ses régions riveraines: les eaux séparant les îles Britanniques, le continent et la Scandinavie ne voyaient pas seulement se déplacer des missionnaires et des marchands, car c'est également de la mer que l'on vit arriver les vikings. La mer Baltique était en revanche beaucoup moins connue des auteurs occidentaux, qui étaient frappés par la multiplicité des peuples et des cultures qui en occupaient les rives : on mentionnait des ports de traite, des voyages de marchands, des populations aux coutumes étranges. Comparer les espaces de la mer du Nord et de la mer Baltique en tant que zones de contacts au Moyen Âge est une tâche difficile : non seulement les spécialistes ne prennent que trop rarement connaissance de leurs recherches respectives, mais l'horizon international nécessite la prise en compte de traditions historiographiques dans une multitude de langues nationales. Ce volume présente les résultats d'un atelier interdisciplinaire tenu à Boulogne-sur-Mer en octobre 2009, qui a réuni des chercheurs d'Europe du Nord-Ouest (Belgique, France, Luxembourg, Royaume-Uni) et du Centre-Est (Pologne et République tchèque) en soulignant les apports d'une nouvelle génération d'historiens et d'archéologues dans un domaine qui s'est radicalement transformé depuis une quinzaine d'années.

  • Si les combattants, du fait de l'intensité des batailles et du nombre de ceux qui y sont engagés, concentrent l'intérêt historique, les populations des « régions envahies » en France du nord et du nord est et en Belgique, inventent quelques formes « d'une résistance sans armes » selon les termes utilisés dès les années 1920. Aide à l'évacuation des soldats qui veulent éviter la captivité, recherche de renseignements sur des objectifs militaires, publication des journaux clandestins, illustrent quelques-unes des pratiques de civils volontaires qui s'engagent au sein d'une population hostile au travail pour l'Allemand malgré les difficultés de la vie quotidienne. Quelques noms ont échappé à l'usure du temps. Gabrielle Petit ou Édith Cavell en Belgique, Léon Trulin, Eugène Jacquet, Louise de Bettignies, en France du Nord, offrent des exemples de ce patriotisme qui agit de part et d'autres de la frontière. Cette publication est le fruit des recherches menées par des historiens français et belges qui ont confronté leurs analyses au cours de la cinquième journée d'études bisannuelles tenue, en partenariat la ville et le Musée de la Résistance de Bondues, en janvier 2010.

  • L'IRHiS-UMR 8529 (Univ. Lille, CNRS) a organisé à l'université de Lille le 25 novembre 2016 une première journée d'étude consacrée aux collections extra-européennes dans les musées d'Europe du Nord-Ouest. Cette rencontre, au cours de laquelle sont intervenus des conservateurs de musées, des chercheurs et des doctorants de France et de Belgique, a donné lieu à une publication en ligne : https://books.openedition.org/irhis/3279. À travers les différentes contributions proposées, il a été possible de saisir l'histoire de la constitution et de la présentation de collections ethnographiques muséales en Europe du Nord-Ouest ainsi que les problématiques et les enjeux divers qui en découlent. Il s'agissait de faire prendre conscience à la fois aux chercheurs et aux pouvoirs publics de la nécessité de mieux considérer ces collections, de les valoriser aux yeux du plus grand nombre et de permettre un accès facilité aux chercheurs. Lors de cette deuxième édition, une place plus large a été donnée à l'histoire d'objets extraeuropéens issus de collections muséales européennes. À l'heure où les demandes de restitutions se font toujours plus pressantes, il devient indispensable de mieux connaître l'origine des collections et de re-contextualiser les objets. Le principe de cette publication a été de demander aux intervenants de choisir un objet extra-européen ou une collection d'objets extraeuropéens en particulier, peu importe l'origine géographique, et d'en raconter l'histoire : quels sont les propriétaires, quelles sont les conditions de sa collecte (instructions, cadre normatif, activité prédatrice, hasard, simple acquisition monnayée, etc) ; quel est l'usage et quelle est la signification de l'objet dans son contexte ethnographique ; comment a lieu le passage du statut de spécimen ethnographique à celui d'oeuvre d'art. Il a également été demandé de préciser la situation de médiation dans laquelle les objets choisis sont placés et les améliorations possibles pour mieux valoriser les artefacts, au moment où la volonté de « décoloniser » les musées est toujours plus palpable.

  • Ce volume issu de la journée d'études du 30 novembre 2007, dont les textes suivent est d'une très grande richesse à un double titre : - Des témoins importants, voire très proches ont rappelé les diverses facettes de la personnalité de Maurice Schumann. La deuxième partie de cet ouvrage leur est exclusivement consacrée. De Michel Anfrol, journaliste-témoin à Christine Boel-Schumann, sa propre fille, en passant par Michel Delebarre et Gabriel de Broglie, chacun a pu restituer la quintessence de ce qu'il conserve du porte-parole de la France libre. - Des historiens spécialistes soit de Maurice Schumann, soit du contexte politique, ont apporté leur contribution dans un esprit de complémentarité. Cette journée d'études avait pour ambition de rendre à l'homme public toute sa complexité intérieure. Il en est ressorti la conviction que l'humanisme et la politique ne faisaient qu'un chez Maurice Schumann. Aux futurs historiens d'en appréhender avec précision toute la portée.

  • Les études consacrées à l'année 1958 ne manquent bien sûr pas. De nombreuses hypothèses ont évidemment été avancées afin d'essayer de comprendre les événements. Il est bien entendu possible de mettre l'accent sur le rôle des hommes et de souligner la multiplicité des intrigues (des complots ?) qui conduisent au changement de régime. Mais ce type d'interprétation, qui se focalise sur les agissements de groupes plus ou moins restreints, n'est-il pas une facilité ? En effet, on sait que bien peu de complots ont jamais abouti et il reste encore, lorsqu'ils sont couronnés de succès, à expliquer leur réussite. Cela pose évidemment de nouvelles questions et conduit nécessairement, dans le cas qui nous intéresse, à rechercher les mécanismes qui sont susceptibles d'expliquer les événements de mai 1958. La Quatrième République n'est-elle pas tout simplement morte de son inaptitude à vivre et à accompagner la croissance économique et les changements sociaux ? Le 13 mai 1958, dans ces conditions, serait avant tout l'occasion pour une France en plein renouveau d'établir un régime plus stable, plus efficace, plus respecté. La Quatrième République était-elle cependant à ce point dépourvue d'atouts ?

  • Les 13 et 14 mai 1998, notre Faculté des Lettres et Sciences humaines a eu l'honneur et le plaisir d'accueillir la première des trois tables rondes organisées à l'initiative conjointe du CRHEN-O (Université de Lille 3), de l'IRED (Université de Rouen) et du CHRIV (Université de Valenciennes) sur le thème Du Directoire au Consulat : le lien politique local dans la Grande Nation. Cette première rencontre, à laquelle nos amis de l'Université catholique de Louvain et de l'Université libre de Bruxelles ont apporté leur actif concours, a pu réunir une bonne quarantaine de participants venus de diverses universités françaises, mais aussi belges et allemandes.À l'origine de ce projet, initié par notre collègue Jean-Pierre Jessenne en 1996, le constat que la période directoriale et consulaire, dont nous commémorons présentement le bicentenaire, continue d'être passablement délaissée, ou étudiée d'un point de vue restrictif, essentiellement constitutionnel, qui ne contribue assurément pas à restituer l'intérêt d'une transition historique, dont on a surtout souligné l'échec politique. Certes, en mai 1997, l'important colloque de Clermont-Ferrand, dont les actes ont été récemment publiés sous le titre La République directoriale est venu en partie redresser ou tout au moins nuancer cette image négative. Les organisateurs des tables rondes ont cependant jugé intéressant de revenir sur une période dont l'ambition proclamée était de « terminer la Révolution », à la lumière des actuelles recherches et réflexions sur le pouvoir local, « composante de la dynamique nationale » à l'époque concernée. Il s'agissait donc de « mettre l'accent sur les facteurs et les processus susceptibles de consolider ou au contraire de disloquer le lien social, politique ou culturel, dans le cadre des collectivités locales, [...] une attention particulière étant portée aux modes différenciés ou convergents selon lesquels se dessinent les évolutions régionales en fonction d'antécédents révolutionnaires différents » (Jean-Pierre Jessenne). L'optique était donc résolument comparative au niveau des régions de la France directoriale et consulaire, c'est-à-dire, non seulement l'ancien royaume dans toute sa diversité, du Nord ou du bassin parisien globalement conformistes, aux provinces d'anti-révolution, voire de contre-révolution comme dans l'Ouest ou le Midi, mais aussi les territoires récemment annexés (Genève, Belgique, rive gauche du Rhin) ou vassalisés (Républiques-soeurs batave et italiennes).

  • Le socialisme septentrional s'est implanté il y a un siècle avec la triple élection à la Chambre des députés de Guesde, Basly et Lamendin lors du renouvellement de 1893. Ces succès faisaient suite à la retentissante élection de Paul Lafargue, gendre de Karl Marx, quelques semaines après le drame de Fourmies et aux premières conquêtes municipales de 1892. Sans céder automatiquement à la mode de la célébration des centenaires, des universitaires lillois ont jugé opportun d'engager à cette occasion une réflexion sur une idéologie et une force politique qui ont durablement marqué le passé régional Le poids des fédérations septentrionales sur l'ensemble du parti socialiste français a par ailleurs été considérable. Peut-on dans ces conditions définir une spécificité du socialisme du Nord de la France, dans quelle mesure constitue-t-il un pôle de référence constant ou a-t-il évolué au cours du siècle ?Ces interrogations ont été au coeur du colloque qui s'est tenu à l'Université Charles de Gaulle - Lille III à l'initiative du Centre d'Histoire de la Région du Nord et de l'Europe du Nord-Ouest les 3 et 4 décembre 1993 et dont nous publions les Actes dans ce volume.

  • Ce volume apporte une contribution importante au débat sur les interactions entre lAmérique et l'Europe au xxe siècle. Il pose des interrogations sur le sens courant de Américanisation et voudrait offrir de nouveaux et fructueux points de départ pour de futures recherches et discussions. Lapproche choisie utilise la vision la plus large possible de linfluence américaine, englobant lensemble de la sphère micro-économique et abordant non seulement les entreprises, mais aussi la culture des consommateurs et des entreprises en général. Pris comme un ensemble, les différents chapitres de cet ouvrage confirment limportance des États-Unis comme point de référence pour les entrepreneurs et les consommateurs européens. Simultanément, ils apportent un éclairage nouveau sur la complexité du processus d'Américanisation qui fut toujours plus que le simple transfert unilateral ou lexportation d'idées. Ils insistent également sur la multiplicité des effets qui vont du rejet pur et simple à l'acceptation selective traditionelle. Mais avant tout, ils renforcent l'idée selon laquelle l'Américanisation est un phénomène social, qui concerne des populations réelles dans des contextes spécifiques, que ce soit au niveau des entreprises, de l'industrie ou de la société, et dont les motivations s'étendent du simple l'idéalisme aux raisons plus venales.

  • Ce cinquante-septième volume de la collection IRHiS regroupe les communications des premières journées d'études consacrées aux places fortes de la région Hauts-de-France. Ces journées ont été organisées les 6 et 7 octobre 2016 par le Service régional de l'Archéologie Hauts-de-France (Direction régionale des Affaires culturelles, Pôle Patrimoines et Architecture) et l'Institut de recherches historiques du Septentrion (UMR 8529, Univ. Lille, CNRS). Elles ont accueilli universitaires, historiens, archéologues, doctorants et associatifs qui ont présenté actualités et recherches inédites sur les places fortes du littoral et de l'arrière-pays (Pas-de-Calais et Somme). Les treize contributions réunies dans cet ouvrage reflètent la diversité des champs d'investigation de la fortification médiévale et moderne et offrent des éléments de réflexion à l'élaboration future d'une synthèse régionale commune. Elles livrent les résultats de plusieurs opérations archéologiques récentes, préventives (motte et château de Saint-Omer, château d'Hardelot et donjon de Bours) et programmées (enceinte urbaine de Boulogne-sur-Mer, châteaux de Boves, d'Eaucourt-sur-Somme, d'Étaples et de Fressin, porte de Montrescu à Amiens). Elles présentent les conclusions de recherches thématiques (les origines du château en Picardie occidentale à travers les exemples de Méaulte, Démuin, Airaines, Clairy et Toutencourt, la fortification des faubourgs amiénois, les embrasures de bouches à feu du château de Montcavrel, des remparts de Montreuil et de la motte de Guînes). Enfin, elles exposent les objectifs des programmes de recherche - en cours ou à venir - des villes fortifiées de la région (Ardres, Béthune et Thérouanne).

  • Bien adapté à l'année commémorative de la Libération, l'épuration demeure difficile à appréhender et à évaluer car les polémiques pèsent toujours sur les analyses et les interprétations. Qu'il s'agisse de la pertinence, de l'ampleur du processus, de sa sévérité, de son équité, ou, au contraire, de son insuffisance, les débats ont été intenses même si, aujourd'hui, la disparition progressive des acteurs permet une étude plus apaisée et plus sereine tandis que l'éloignement des faits contribue à renouveler en profondeur, son histoire.À la suite de Peter Novick, de Pierer Laborie, de Marc Baruch ou encore de François Rouquet, les chercheurs différencient, traditionnellement, une « épuration spontanée » ou « extra-judiciaire » que d'aucuns désignent comme « épuration sauvage » d'une « épuration légale » ou judiciarisée pour établir une chronologie et distinguer des pratiques. Car, derrière l'épuration, les intentions sont diverses et les enjeux importants. La Libération, joyeuse et douloureuse, suscite parfois un désir de « vengeance » tout en posant la question grave de la justice et de la restauration de l'État de droit. L'épuration devient, dès lors, un moment fort de la sortie de guerre...

  • Ce volume est l'aboutissement du colloque organisé à Arras en avril 1993 et auquel ont participé près de cinquante historiens de plusieurs pays. Il rassemble 35 contributions, les synthèses de trois jours de débats, le compte rendu d'une table ronde sur "la politique, la morale et le sacré". L'ouvrage concerne le lecteur soucieux de comprendre un personnage qui porte en lui la complexité de la Révolution française ; il sollicite aussi le citoyen qui s'interroge sur l'évolution de la démocratie et de la République.

  • La paix est un concept complexe et ambivalent puisqu'elle postule un rapport antagonique avec la guerre. La paix c'est l'état de non guerre, qui s'instaure à la suite d'un accord entre les concurrents pour une durée indéterminée. La paix peut caractériser les rapports internationaux et donc les relations inter étatiques. Elle peut aussi concerner les relations internes à une société donnée. Elle suppose donc une aspiration mais aussi une volonté qui permet de la construire, de l'organiser et de la rendre durable, c'est-à-dire de satisfaire les compétiteurs. Mais pour reprendre la formulation de Raymond Aron, elle peut devenir « belliqueuse » si des équilibres sont rompus ou si des risques de rupture se dessinent.Les débats sur la paix ne sont pas nouveaux ; ils nourrissent une large part de la philosophie politique. Mais ils se sont renouvelés car avec la philosophie des Lumières s'est posé désormais le problème de son organisation. Dès lors se sont construites et diffusés des « utopies » qui s'inspirent de préoccupations économiques - la paix par le commerce, par la technologie, le développement industriel - de préoccupations politiques - la paix par la mobilisation sociale des prolétaires par delà les frontières étatiques - ou culturelles - la science, l'art cristallisant la paix-. Mais le xxe siècle a fortement ébranlé ces « prophéties » : les deux guerres mondiales, en devenant totales, et les guerres coloniales, en suscitant, de fait, de quasi guerres civiles, remettent en cause les schémas préétablis. Elles suscitent, néanmoins, d'autres projets qui se forgent, le plus souvent, autour de la légitimité démocratique.

  • Bien que le mouvement des idées et la diffusion des formes nouvelles soient au coeur des grands principes de la Renaissance, le Quattrocento qu'il soit florentin ou vénitien laisse d'abord les cours européennes indifférentes. Il faut attendre les guerres d'Italie pour que les modèles napolitains ou lombards soient diffusés en France ou en Espagne. Puis, sous le pontificat de Jules II, Rome s'impose indéniablement comme le foyer artistique le plus foisonnant de l'Europe du Cinquecento. Dès lors, la Ville éternelle devient le modèle à suivre dans toute l'Europe. Cet ouvrage est l'occasion de rappeler le rôle essentiel joué par les cardinaux et par leur important réseau d'influence dans la diffusion des idées et des formes de la Renaissance.

  • Emmanuel Chadeau, historien de l'économie, a laissé une oeuvre originale. Spécialiste mondialement reconnu de l'histoire de l'aviation, il a exploré la genèse des grands programmes aérospatiaux européens (Concorde, Airbus, Ariane), mais aussi démonté les ressorts de l'économie de marché en France : persistance de l'entreprise familiale, organisation du commerce de détail, structuration des échanges, rôle économique de l'État, rapports entre décideurs publics et privés, etc. Le présent livre illustre la richesse du parcours intellectuel d'E. Chadeau : - d'une part, il reprend ses principales contributions, souvent difficilement accessibles, parfois publiées pour la première fois en français, retrace sa carrière et son oeuvre foisonnante - d'autre part, il rassemble une série d'articles inédits et de témoignages rédigés pour la circonstance par ses amis historiens et ses élèves, développant des thèmes qui lui étaient chers, de l'Ancien Régime à la fin du xxe siècle : étude de branches productives, stratégies et réseaux chez les milieux d'affaires de toutes envergures et les grands commis de l'État , économie des collectivités locales, enjeux mémoriels de l'histoire économique et sociale.

  • Les treize contributions ici rassemblées constituent un « état des lieux » des travaux français et britanniques les plus récents sur la guerre de Cent ans. Deux champs thématiques majeurs sont privilégiés : les problèmes d'organisation posés par la guerre à la fin du Moyen Age et les attitudes mentales ainsi que les réponses littéraires aux contraintes et aux malheurs de la guerre. Les préparatifs, la mobilisation des hommes, des armes et de l'argent, les réactions sociales, psychologiques mais aussi pratiques à la guerre et les changements qui en résultèrent sont examinés en détail. Ces questions sont abordées dans un cadre géographique global accordant une large place à la Bretagne et à la Bourgogne. Les contributions s'appuyent sur des documents originaux et inédits dont nombre sont insérés en annexe. L'ouvrage témoigne de l'intérêt que présente pour une recherche commune l'étroite collaboration des écoles historiques française et britannique.

  • La Résistance, longtemps lieu de débat entre des mémoires antagonistes, offre à l'historien un champ d'unvestigation où exercer la confrontation entre la mémoire et l'analyse scientifique. De plus, en adoptant une démarche comparative, les auteurs entendent mettre en évidence les caractères communs et les spécificités de la Résistance en France du Nord et en Belgique. L'engagement dans la Résistance soulève de nombreuses questions parce qu'il renvoie à des motivations complexes et de références intelelctuelles, culturelles, sociales et politiques. Mais il relève aussi de phénomènes d'ordre moral et psychologique. C'est un acte de désobéissance civile et civique par lequel le Résistant refuse un état de fait et premeut une conviction forte, celle de la nécessité et de la légitimité du combat pour reconquérir la liberté perdue. Faisant fi des risques individuels encourus, les Résistants s'engagent dans ce combat qui devient vite colelctif. En s'appuyant sur la mémoire des acteurs et des témoins, les historiens qui appartiennent aux universités régionales et à l'Université libre de Bruxelles soulignent la très grande diversité des itinéraires, la précocité d'une résistance dans la région interdite sui se souvient de 1914-1918, la conjonction des facteurs qui lui donnent des formes patriotiques, mais aussi intelelctuels et humanitaires.

  • Le monde méditerranéen antique a inventé une forme culturelle qui a reçu le nom de polis en grec et de civitas en latin, d'où viennent en langues romanes les termes « politique » et « citoyenneté ». Dans cette structure, un groupe d'hommes, en principe originaires d'un territoire modeste, organisait sa vie par le moyen d'assemblées où seul le citoyen mâle avait droit à la parole et au vote. Si les femmes étaient maintenues à l'écart de ces institutions, elles avaient cependant une importance propre, non seulement dans d'autres sphères (domestique, religieuse), mais dans le domaine politique lui-même où leur fonction était essentielle. Plutôt que d'examiner du point de vue anthropologique et social la part limitée prise par des femmes dans les structures de pouvoir des civilisations de la Méditerranée antique, je voudrais examiner leur rôle dans la transmission de la qualité civique, c'est-à-dire dans la transmission de l'appartenance au groupe privilégié des citoyens. En tant que filles de citoyen ou - à Rome - comme affranchies d'un citoyen, elles pouvaient donner naissance à des enfants citoyens. Elles avaient donc une position fondamentale dans les lignées et dans la transmission du pouvoir civique.

  • 1789 : Dans les futurs départements du Nord et du Pas-de-Calais, plus de trois mille assemblées se réunissent pour rédiger des cahiers de doléances et élire des députés en vue des Etats Généraux du royaume de France.1899 : Premier centenaire de la prise de la Bastille. La République qui s'enracine veut faire connaître les cahiers de doléances. L'oeuvre commencée au plan national avec la publication des Archives parlementaires se poursuit dans notre région. Archivistes et historiens se mettent au travail. H. Loriquet publie les cahiers de doléances du Pas-de-Calais ; A. de Saint-Léger et Ph. Sagnac publient les cahiers de la Flandre maritime.1989 : Une grande partie des cahiers du département du Nord reste inédite. Les ouvrages anciens ne sont plus disponibles. La connaissance de la société française à la fin de l'Ancien Régime a beaucoup progressé. L'enseignement de l'histoire requiert des documents. Un large public recherche des sources régionales sur la période révolutionnaire.La région Nord/Pas-de-Calais et le Centre d'Histoire de la région du Nord et de l'Europe du Nord-Ouest se sont associés pour proposer une publication consacrée aux cahiers de doléances.

  • Des procès récents ont mis l'accent sur les responsabilités des services publics dans des exactions commises au cours de la Seconde Guerre mondiale. Il est vrai que les services publics sont au coeur des contradictions et des paradoxes qui caractérisent l'Occupation de 1940 à 1944. Se soumettre aux ordres de l'autorité d'occupation c'est accepter l'accomodement voire la collaboration. En revanche, s'y refuser c'est rompre avec une éthique classique chez les fonctionnaires et les personnels qui leur sont assimilés, c'est-à-dire celle du souci du service public dans le cadre de la loi et des réglementations. Dès lors, les choix sont difficiles et complexes. En confrontant des situations différentes, des administrations diverses, des chercheurs du CEGES de Bruxelles, des universités de Lille et d'institutions régionales, montrent que l'éventail des prises de position est large mais que les choix sont généralement individuels. Entrent en résistance non pas des services mais des fonctionnaires qui, tout en poursuivant leur mission ou leur fonction, font le choix de participer à des mouvements ou à des organisations de résistance extérieurs à leurs services. Prudence liée à la vie clandestine du résistant mais aussi efficacité et respect de l'éthique professionnelle jouent un rôle décisif dans le comportement. Le deuxième colloque de Bondues. dans une perspective d'histoire sociale de la Résistance, apporte des éclairages nouveaux sur les années noires de de l'Occupation en Belgique et dans la région du Nord-Pas-de-Calais.

  • "Aimée des ombres", "volontaires de la nuit", les qualificatifs ne manquent pas pour designer les résistants qui agissent en clandestins, c'est-à-dire dans le secret et l'illégalité. Ce volume publie les actes du quatrième colloque de Bondues, consacré à La clandestinité en Belgique et en zone interdite pendant la seconde guerre mondiale. Il cerne et identifie plusieurs aspects et plusieurs pratiques de l'activité clandestine comme la commémoration inversée des fêtes autorisées par l'occupant, la mise en oeuvre de la solidarité au quotidien et sa répression. Il offre une analyse neuve des sources de financements qui soutiennent l'action des clandestins. Il propose une lecture renouvelée de l'aventure de La Voix du Nord clandestine à partir de documents rassemblés par André Diligent pendant près de trente ans et des archives déposées au musée de Bondues. Plusieurs témoignages inédits apportent des éclairages neufs sur le vécu quotidien des clandestins.

  • Pendant la période qui va de 1791 à l'an IX, l'Etat lance de nombreuses enquêtes sur l'instruction publique. Citons en particulier l'enquête de 1791-1792 à l'initiative du Comité d'instruction publique, l'enquête directoriale de l'an V voulue par François de Neufchateau, l'enquête de l'an IX décidée par Chaptal. Elles n'ont jamais fait l'objet d'une publication et d'une exploitation systématique pour le département du Nord. Mais leur existence est connue. Ce n'est pas le cas de l'enquête sur « les différens établissemens destinés à l'instruction de la jeunesse » que je publie. Celle-ci présente deux caractéristiques. Lancée en octobre 1790 à l'initiative du directoire du département du Nord, elle est donc bien antérieure à la première grande enquête nationale sur l'instruction publique de 1791-1792. Elle est unique en son genre.

  • La région Nord / Pas-de-Calais et le Centre d'Histoire de la région du Nord et de l'Europe du Nord-Ouest se sont associés pour proposer une publication consacrée aux cahiers de doléances.Au delà de la célébration, ce Florilège veut être utile pour un large public. Mais ses ambitions sont circonscrites. Le lecteur n'y trouvera pas l'ensemble des cahiers de doléances du Nord et du Pas-de-Calais mais une anthologie rassemblant des cahiers et des extraits de cahiers significatifs.Trois critères ont dicté le choix. Pour les cahiers ruraux, les plus nombreux et les mieux étudiés à ce jour, nous proposons des exemples révélateurs de la vigueur variable des revendications et des modes de rédaction. Nous suivons ensuite les différents niveaux de la consultation : des communautés villageoises et des villes aux assemblées bailliagères des trois ordres. Enfin, il a semblé légitime de veiller, dans la limite des sources disponibles, à une représentation équitable des différents secteurs de chaque département.

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