Presses universitaires de Paris Nanterre

  • Le rire moderne

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    • Presses universitaires de paris nanterre
    • 9 Juillet 2021

    La France d'Ancien Régime était celle de la « gaieté » et de l'« esprit ». Avec la Révolution, commence le temps du rire moderne : d'un rire franc, dévastateur, protéiforme, et faisant flèche de tout bois ( de l'ironie, de la parodie, de la satire, mais aussi des brindille du calembour ou de la bague). Ce rire naît des convulsions de la Révolution. Il sape l'autorité triste des rois de la Restauration. Il triomphe dans le Paris louis-philippard, pour le plus grand plaisir du Bourgeois qui ne se lasse jamais de sa propre caricature. Il constitue le plaisir ordinaire d'une bohème entrée en dissidence contre toutes le formes de sérieux. Il trouve sa consécration sous la Troisième République, avec le Chat noir et ses avatars fin du siècle. Phénomène de société, le rire moderne est au coeur des inventions esthétiques du xixe siècle. Il inspire les journalistes, les poètes, les artistes et le monde de la scène. Il envahit les formes mineures de création culturelle aussi bien que les grandes oeuvres du canon. En voici le premier panorama raissoné, issu du travail collectif de vingt-huit spécialistes, historiens de la littérature, des arts ou de la culture.

  • Usages du livre

    Gérard Farasse

    • Presses universitaires de paris nanterre
    • 9 Juillet 2021

    Les livres sont aussi des bibliothèques. Dans la salle de lecture de celle que constitue celui-ci, on peut croiser, entre autres, Thomas Bernard, Adnré Breton, Blaise Cendars, Pascal Quignard, Pierre Michon ou encore Philippe Soller, qui y forment une petite communauté provisoire. Chacun de ces lecteurs singuliers vient là pour des raisons diverses : pour voyager, dénombrer, rêver ou encore interpréter. On y rencontre aussi l'auteur qui s'interroge sur cette étrange passion - lire - dont il souprçonne qu'elle cache quelque chose. Il semble que chacun de ces lecteurs ait trouvé dans le livre un objet d'amour. Un objet d'amour qui en remplace un autre.

  • Poétique de la collection au XIX siècle ; du document de l'historien au bibelot de l'esthète

    Dominique Pety

    • Presses universitaires de paris nanterre
    • 9 Juillet 2021

    La collection est l'une des grandes passions du xixe siècle. Elle prend les formes les plus diverses : accumulations sérielles souvent qualifiées de manies (des porcelaines aux timbres-poste) ; collections de livres, d'autographes, d'estampes, à visée plus érudite ; collections sélectives d'objets d'art ; compositions décoratives fondées sur le seul goût personnel. L'essor et la démultiplication des pratiques de la collection manifestent l'évolution du rapport que l'individu entretient avec les objets (la prolifération des artefacts est contrebalancée par la valorisation symbolique d'un petit nombre d'entre eux), et témoignent aussi d'une inscription repensée dans l'histoire, à travers la reconfiguration de ses traces. Des compilations documentaires établies par les historiens romantiques au symbolisme fin de siècle, l'histoire des genres littéraires permet d'esquisser une véritable poétique de la collection au xixe siècle. En relation avec les pratiques connexes de la bibliophilie et de l'archéologie, l'évolution de l'histoire se fonde sur l'élargissement de la notion de « document », jusqu'au « document humain » des écrivains naturalistes. L'étude d'un vaste corpus de romans (Balzac, Champfleury, Flaubert, les Goncourt, Zola, Husysmans) permet par ailleurs de voir comment s'opère la gestion de larges systèmes d'objets : atrophie de l'intrigue au profit de structures sérielles, stylistique descriptive de la liste, dont on esquisse ici une typologie. Enfin, à partir de la révolution du poème en prose, la poésie moderne reflète une esthétique du décoratif où l'attention se déporte du sujet lyrique vers l'espace ornemental qu'il habite : précieuse grotte de l'intimité où rayonne finalement le mot bibelotisé (Baudelaire, Mallarmé, Montesquiou, Rodenbach).

  • Maurice Blanchot, entre roman et récit

    Alain Milon

    • Presses universitaires de paris nanterre
    • 9 Juillet 2021

    Le 14 septembre 2011, dans l'émission de Laure Adler Hors champ sur France Culture, Jean-Luc Godard tenait les propos suivants : « Question : Expliquez-nous la différence entre du cinéma vrai et des films, faire des films. Réponse : Les films on peut les voir, le cinéma on ne peut pas le voir. On peut juste voir ce qu'on ne peut pas voir... de l'inconnu ou des choses comme cela... Question : C'est cela que vous tentez de faire ? approcher de l'invisible... Réponse : Ce qu'on fait naturellement, ce que font beaucoup d'écrivains à leur manière. Quand j'étais adolescent, l'un des premiers livres qui m'avaient touché, c'est un livre de Maurice Blanchot... je ne connaissais rien à la philosophie et à toute cette école... c'était un livre qui s'appelait Thomas l'Obscur... voilà c'est Thomas l'Obscur... » Le 28 janvier 1942, à la sortie de Thomas l'Obscur, Thierry Maulnier faisait le commentaire suivant dans sa chronique littéraire : « Le premier roman de M. Maurice Blanchot constitue à n'en pas douter une des expériences les plus subtiles et les plus audacieuses qui aient été faites depuis longtemps pour faire dire aux mots plus ou autre chose que ce qu'ils ont coutume de dire dans leur emploi habituel. » Deux témoignages différents mais la même intuition sur un auteur à part qui a marqué toute une génération d'écrivains. L'intention de cet ouvrage collectif sur les romans et récits de Maurice Blanchot est justement de creuser cet informulé dans le connu du mot, autrement dit la manière dont l'écriture de Blanchot pose la question de l'invention du langage à travers l'acte de nomination : comprendre le combat que livre Thomas avec, pour ou contre le mot.

  • Emmanuel Lévinas, Maurice Blanchot : penser la différence

    Eric Hoppenot

    • Presses universitaires de paris nanterre
    • 9 Juillet 2021

    Maurice Blanchot et Emmanuel Lévinas ont marqué toute une génération d'intellectuels comme Gilles Deleuze, Michel Foucault ou Jacques Derrida. À travers la question du corps, de l'éthique, de l'amitié, du judaïsme, et du langage philosophique et littéraire, cet ouvrage tente de mieux faire comprendre la complexité de leurs questionnements et l'influence qu'ils ont pu exercer sur la pensée française du XXe siècle. Au-delà de l'hommage lié aux centenaires des naissances de Lévinas (1906) et de Blanchot (1907), c'est toute la question des points de convergences et de dissemblances entre ces deux penseurs qui est abordée ici. Cet ouvrage a été particulièrement soutenu par l'Association pour la Célébration du Centenaire Emmanuel Lévinas (ACCEL), le Ministère de la Culture et par l'UNESCO dans le cadre de la Journée mondiale de la Philosophie organisée en novembre 2006.

  • La figure du philosophe dans les lettres anglaises et françaises

    Alexis Tadié

    • Presses universitaires de paris nanterre
    • 9 Juillet 2021

    Qui est philosophe ? Le philosophe de l'époque moderne (XVIe-XIIIe siècles) est une figure mouvante, dont l'activité s'oppose à celle de son prédécesseur, plus enclin à la contemplation de la vérité, ainsi qu'à celle de son descendant du XIXe siècle, professionnel de la philosophie. Le philosophe, tel que l'envisage cet ouvrage, est à la fois personnage fictif, incarnation reconnaissable d'un type ou d'une spécialité, et personnage réel, convoqué dans le récit au gré de l'argumentation. Il peut s'agir de l'auteur lui-même qui tente de se définir comme tel, comme les études sur Hobbes ou Diderot dans ce volume le soulignent. Il peut être question d'un philosophe appartenant au passé, grande figure qui traverse les siècles et les discours, à l'instar de Socrate ou de Montaigne. Il peut encore être question de figures génériques, comme celles que Hume place en face de lui dans ses Essais. La représentation du philosophe peut enfin prendre place dans une construction fictionnelle, philosophe naturel de l'académie de Lagado comme penseur chez Cyrano. S'interroger sur la figure du philosophe dans sa variété méthodologique plus que dans l'exhaustivité d'un inventaire, permet de saisir des modes d'écriture, de comprendre comment la prose devient philosophique : cette figure met en valeur, sur le mode mineur, le travail de la philosophie.

  • L'esthétique du rire

    Alain Vaillant

    • Presses universitaires de paris nanterre
    • 9 Juillet 2021

    Longtemps rélégué dans l'ombre, le rire est aujourd'hui à la mode. Mais on s'intéresse presque toujours au rire pour d'autres raisons que le rire lui-même. On veut démontrer ses significations philosophiques, exalter ses vertus esthétiques - comme s'il fallait toujours s'excuser de rire et de faire rire. À rebours, L'Esthétique du rire veut s'en tenir au rire. D'abord, en rappelant son irréductible unité, malgré toutes les variantes ou sous-catégories qu'il est loisible d'énumérer (l'ironie, le burlesque, la satire, la blague, la parodie, la farce, etc.). Ensuite, en affirmant avec force que, s'il existe bien un art du rire, il n'est rien d'autre que l'art de faire rire, avec le plus de force et de plénitude possible. Pour saisir cette dynamique du rire, il fallait un dialogue entre les spécialistes du Moyen Âge, des siècles classiques et de la modernité post-révolutionnaire. Mais l'histoire ne doit pas faire oublier l'essentiel : la nature anthropologique du rire. Le mécanisme comique plonge dans les zones les plus mystérieuses de l'homme : dans l'inconscient que refoule le moi sérieux ; dans les mondes merveilleux de l'enfance ; plus généralement, dans un stade archaïque et primitif de l'homme. L'art du rire opère la mystérieuse transfiguration des ténèbres opaques de l'intimité humaine en bruyant feu d'artifice. Et ce sont les extases d'imagination induites par cette inversion miraculeuse qui fait du rire un phénomène d'ordre esthétique.

  • L'année 1925 ; l'esprit d'une époque

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    • Presses universitaires de paris nanterre
    • 9 Juillet 2021

    « Il y a des dates qui comptent, d'autres qui tombent en poussière. » À la manière de 1900 qui selon Paul Morand fêtait les noces d'or du passé et de l'avenir, l'année 1925 s'est imposée à la mémoire collective comme une année mythique. Entre l'armistice de 1918 et la crise de 1929, les années vingt, profondément marquées par la Grande Guerre, présentent un singulier mélange de désarroi, de révolte et de frivolité. Soutenus par un développement sans précédent des transports et des médias, l'éloge de la vitesse et le « bel optimisme des machines » cher à Blaise Cendrars se diffusent comme des mots de passe. Sous le signe du jazz, la mythologie de ces « Années folles » se forge au Boeuf sur le toit autour de Jean Cocteau, tandis que Fantômas et Charlot, la garçonne de Victor Margueritte et Coco Chanel, la Lulu de Pabst et d'Alban Berg, la Nadja d'André Breton, tendent leurs miroirs aux incertitudes du temps. Au « nouvel mal du siècle » font réplique, ici, un renouveau de l'aventure et, là, un regain de la spiritualité. 1925 marque un apogée et un tournant. Deux manifestations dominent la saison à Paris : la Revue nègre au Théâtre des Champs-Élysées, avec Joséphine Baker et Sidney Bechet, et l'Exposition internationale des Arts Décoratifs et Industriels Modernes - les Arts décos - qui va définir le style de l'époque. Caractériser l'esprit de 1925 sur un plan international, dans les arts comme en littérature, faire apparaître le fragile équilibre de ses tendances et de ses tensions, interroger dans ses contradictions l'appel à un ordre nouveau, telles sont les ambitions du présent ouvrage.

  • Blanchot et la philosophie

    Eric Hoppenot

    • Presses universitaires de paris nanterre
    • 9 Juillet 2021

    Dans Le Pas au-delà, Maurice Blanchot fait le constat suivant : « Derrière le discours parle le refus de discourir, comme derrière la philosophie parlerait le refus de philosopher : parole non parlante, violente, se dérobant, ne disant rien et tout à coup criant. » Cette résistance de Blanchot à l'égard de la philosophie montre les limites de la qualification d'une oeuvre, qu'elle soit philosophique, littéraire ou poétique. L'écriture philosophique est-elle plus ou moins philosophique dans le fragment d'Héraclite, le système d'Hegel ou l'aphorisme de Nietzsche ? De tout cela, Blanchot semble se moquer. Et qu'importe de savoir si Blanchot est philosophe. Notre intention dans cet ouvrage est ailleurs. Elle est dans le souhait d'interroger le « et », chacun avec ses lectures et ses convictions. Ce « et » dans Blanchot et la philosophie, faut-il l'envisager comme une addition, une disjonction, une impossibilité, un ou bien ou bien, un ni ni, une localisation... ? Où est Blanchot en fin de compte ?

  • Romantismes, l'esthétique en acte

    Jean-Louis Cabanès

    • Presses universitaires de paris nanterre
    • 9 Juillet 2021

    Pour Charles Magnin, critique du Globe, le XIXe siècle serait « l'âge de l'esthétique ». Cet ouvrage collectif, centré sur la période romantique, se propose de vérifier cette assertion en étudiant la ruine progressive des poétiques normatives et l'acclimatation en France de cette notion qui fut d'abord allemande. Sous le signe de l'interculturalité, ont été étudiés les modèles germaniques (Schiller, les frères Schlegel, Schelling, Heine), la rémanence d'un sublime de terreur tel qu'il avait été défini par Burke, les passeurs et les divers passages (Mme de Staël), voire l'institution, sous forme de cours privés (Jouffroy) ou publics (Cousin), d'une esthétique à la française. Il fallait scruter à nouveau les essais (Le Génie du christianisme), les préfaces célèbres (Préface de Cromwell, Préface de Mademoiselle de Maupin), les correspondances réelles ou fictives (Lettres d'un voyageur de George Sand) ou bien encore les textes ou les illustrations programmatiques des revues (L'Artiste). Mais il convenait également d'examiner la portée manifestaire d'un tableau ou d'une musique, voire de scruter des manuels de beauté qui codifient l'idée que l'on peut se faire de la distinction corporelle. Cet ouvrage ne s'est pas limité au prescrit, il a surtout pris en compte les moyens indirects par lesquels les oeuvres laissent deviner un système de valeurs, une axiologie relative au beau et au sublime.

  • A la rencontre - affinites et coups de foudre

    Berranger M-P.

    • Presses universitaires de paris nanterre
    • 9 Juillet 2021

    Ce livre, dédié à Claude Leroy, entend rendre hommage à son activité de professeur et de chercheur, au passeur d'anecdotes curieuses attentif aux noms et aux dates, aux configurations familiales et affectives, aux rencontres capitales et à tout l'insolite de la vie humaine. Celle de Blaise Cendrars s'est peu à peu révélée dans sa complexité au fil de ses éditions critiques, de ses articles et de ses ouvrages : Claude Leroy a découvert, au-delà des images du bourlingueur, de l'homme à la main coupée, de l'amateur d'histoires et de vies dangereuses, une oeuvre substantielle et vivante qui attendait sa place, parmi les toutes premières, au panthéon du xxe siècle. Bien des signataires de ce volume lui sont redevables d'être un jour partis « à la rencontre de Blaise Cendrars ». Collectionneur à l'affût, le déchiffreur du cryptogramme cendrarsien est aussi un explorateur des ruelles et des Passages chers à Mandiargues, qui joint, au goût du détail recéleur d'univers, celui des rapprochements révélateurs. Dans son sillage, les contributeurs de ce volume se sont rendus en Cendrarsie, chez les passantes, explorant toutes les modalités de l'apparition de l'Autre. Avait-on songé auparavant à faire se croiser l'amour de la géographie et la géographie de l'amour ? S'était-on jamais penché sur cette singulière industrie des transports amoureux ? La découverte d'un mythe nouveau s'évalue à la fécondité du paradigme qu'il a mis au jour : comment aborder désormais les belles fugitives sans convoquer le mythe de la Passante, muni de la nouvelle carte du Pays de Tendre de cet Éros géographe qui hante notre littérature ?

  • Lectures d'Ismail Kadaré

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    • Presses universitaires de paris nanterre
    • 9 Juillet 2021

    Lorsque, au début des années 1980, avant la chute du rideau de fer, les romans de Kadaré commencèrent d'être traduits et connus en France, puis en Europe et ailleurs, ils fascinaient certes, mais ils ne satisfaisaient vraiment personne sur le plan de l'idéologie. Car il y avait dans ces textes trop de marxisme et trop de nationalisme pour que leur auteur ne soit pas suspecté, à droite, d'être le produit du communisme albanais, en clair, de ne pas être un authentique dissident, et il y avait en même temps en eux trop d'archaïsme, pas assez de réalisme socialiste pour que, à gauche, les nostalgiques de l'utopie albanaise ne se sentent pas trahis par lui. Or, depuis 1990, l'hypothèque n'a pas été levée. Au contraire, c'est un véritable procès qui a été peu à peu instruit : les soupçons étrangers rencontraient les soupçons albanais, et réciproquement. L'auteur était sommé de se justifier d'être toujours vivant et d'avoir pu publier. L'homme et son oeuvre étaient suspectés d'ambiguïté, de défaut de clarté : trop d'ombre. Or, précisément, ce qui caractérise l'écriture de Kadaré, c'est qu'il ne cherche pas le centre, la pleine lumière, mais explore les zones d'ombre et de brouillard. Pour cela, son choix est d'être en permanence à la frontière...

  • Lectures politiques des mythes littéraires au XXe siècle

    Sylvie Parizet

    • Presses universitaires de paris nanterre
    • 9 Juillet 2021

    NOUS SOMMES PORTÉS à admirer les figures littéraires que la tradition nous a léguées. Dans un même temps, un mouvement de répulsion nous saisit lorsqu'on songe à la façon dont les politiques de tous bords ont pu utiliser certains grands récits mythiques. Mais peut-on raisonnablement croire en une continuité entre le texte littéraire, qui serait d'essence noble, et la vie politique, qui ferait un vil usage de ce précieux héritage ? La distinction n'est pas si tranchée, et c'est précisément cette ambivalence des oeuvres d'art - poèmes, romans, pièces de théâtre, opéras ou films - qui s'avère intéressante. Si les mythes, qui possèdent souvent une dimension religieuse ou sacrée à l'origine, mettent en lumière des enjeux philosophiques, éthiques et métaphysiques, ils sont aussi porteurs d'une réflexion d'ordre politique. Cet ouvrage explore les arcanes de ces lectures politiques des mythes littéraires, peu étudiées jusqu'à présent, en privilégiant une période particulièrement mouvementée : le XXe siècle. La Révolution russe, l'éclatement de l'Europe en 1918, la naissance de « l'Empire américain », la montée des totalitarismes, la Shoah, Hiroshima, la décolonisation ou la guerre froide sont autant de douloureuses remises en question dont on trouve l'écho dans des oeuvres qui font appel à de grandes figures mythiques « revisitées ».

  • Ganymède ou l'échanson ; rapt, ravissement et ivresse poétique

    Véronique Gély

    • Presses universitaires de paris nanterre
    • 9 Juillet 2021

    Sur le monde je porterai le regard clair prêté par l'aigle à Ganymède », écrivait Jean Genet dans le Journal du voleur. Énigmatique et silencieux, arraché à la terre par l'aigle de Jupiter, le jeune Troyen devint l'échanson des dieux, immortalisé dans la constellation du Verseau. Avant que la critique contemporaine fasse de lui un emblème de l'homosexualité, Ganymède a inspiré autant les arts figurés (Botticelli, Le Corrège, Michel-Ange, Rubens, Rembrandt, Flatters, Thorvaldsen, Pallez, Turcan...) que, depuis les épisodes homérique et ovidien, une riche littérature : on le retrouve en particulier dans l'oeuvre de Dante, de Góngora, de Du Bellay, dans le théâtre de Marlowe et de Shakespeare, à l'âge romantique dans le poème de Goethe devenu lieder de Schubert et de Wolf, dans les poésies de Hlderlin, de Lamartine et de Musset, au siècle suivant dans les oeuvres de Jacques d'Adelswärd-Fersen, de Forster, de Thomas Mann... Ganymède illustre la beauté du corps masculin et son érotisme, mais aussi une idée de la jeunesse éternelle ; son rapt peut être une image du sublime, et, par sa fonction d'échanson divin, il incarne une certaine conception de l'inspiration et de l'enthousiasme poétiques dont on trouve un pendant dans les poésies arabe et persane. Les études ici réunies se proposent, dans une perspective comparatiste et pluridisciplinaire, de découvrir la complexité et les enjeux de ce mythe étonnamment moderne.

  • Le théâtre espagnol du Siècle d'Or en France

    Christophe Couderc

    • Presses universitaires de paris nanterre
    • 9 Juillet 2021

    Depuis le xviie siècle, les traducteurs, les adaptateurs et les praticiens du théatre n'ont jamais cessé de faire vivre en France les pièces de Lope de Vega, Tirso de Molina ou Calderon de la Barca, malgré la célèbre phrase de Louis Jouvet qui affirmait que « le théâtre du Siècle d'Or est un théâtre mort ». Traditionnellement envisagé sous l'angle de la critique des sources, le riche et complexe phénomène de la réception de la Comedia espagnole en France, depuis l'âge classique jusqu'à la période contemporaine, a donné lieu, depuis quelques années, à des travaux novateurs réalisés par des chercheurs provenant de diverses disciplines. Le présent ouvrage rassemble ainsi dix-sept contributions d'hispanisants, de francisants ou de comparatistes, qui rendent compte de la vitalité des études portant sur un processus tenant autant de l'imitation ou de la réécriture que de l'échange interculturel. Un livre qui nous invite à repenser le rapport entre théâtre espagnol et théâtre français afin d'enrichir une histoire transnationale du goût et de l'esthétique dramatiques.

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