Presses universitaires de Franche-Comté

  • Avec sa Psychologie des foules (1895), Gustave Le Bon fut considéré comme l'inventeur d'une nouvelle science de la société. Pourtant, la généalogie conceptuelle montre que Le Bon, loin d'ouvrir, referme au contraire l'époque de la pensée de la foule, en la soumettant à sa pensée de la « race ». En effet, avant Le Bon, les théoriciens italiens avaient tenu ensemble, au prix de fortes tensions théoriques, un discours déterministe sur la foule et un discours en faveur de l'émancipation des classes dominées. Il est dès lors impossible de réduire la psychologie des foules à une idéologie réactionnaire. Un autre regard s'ouvre sur cette science sociale aujourd'hui disparue.

  • Le 8e colloque international de l'AFAV, tenu à Besançon en décembre 2016, a regroupé un grand nombre de spécialistes du verre médiéval. Présentées dans ces actes, les communications renouvellent, grâce à une approche interdisciplinaire, les études menées sur un matériau qui a intéressé les archéologues, les historiens, les archéomètres, les verriers et les restaurateurs-conservateurs. Elles proposent une synthèse de nos connaissances sur le verre des viiie-xvie siècles au Portugal, en Italie, Slovénie et dans les Balkans, et plus ponctuellement dans des régions suisses, allemandes et françaises, sans omettre les échanges avec le Nouveau Monde (Canada) pour la fin de la période considérée.

  • Depuis la fin du xviiie siècle, il y a toujours eu des commerçants pour expérimenter de nouvelles manières de répondre à la demande des consommateurs. C'est cette histoire que ce livre retrace pour la France, du magasin de nouveautés jusqu'au e-commerce en passant par le grand magasin et l'hypermarché. L'analyse s'intéresse autant aux innovations de détail qu'aux révolutions commerciales en démêlant les interactions entre les transformations du commerce et les évolutions de la consommation. Cette approche met en perspective la crise actuelle de la distribution qui se concentre dans les difficultés de l'hypermarché et s'interroge sur la capacité des distributeurs à le réinventer.

  • Joseph Déjacque (1821-1865), ouvrier-poète parisien exilé en Angleterre puis aux États-Unis, a inventé le mot « libertaire » dans une lettre-brûlot adressée à Proudhon. C'était en 1857, à La Nouvelle-Orléans. Il avait aiguisé sa plume d'activiste et de poète depuis 1847-1848 dans des écrits révolutionnaires publiés ici pour la première fois. Sa pensée est étudiée au fil des contributions pluridisciplinaires de ce volume dans toute son amplitude antiautoritaire, anticapitaliste, féministe et antiesclavagiste. L'ensemble met en lumière le souffle transatlantique, l'intensité visionnaire et les tensions vives d'un parcours biographique, politique, intellectuel et littéraire hors norme.

  • Les sciences cognitives se sont emparées du débat inné-acquis au sujet du langage. La théorie du linguiste américain Noam Chomsky repose sur la thèse selon laquelle la faculté de langage est déterminée par la biologie humaine. Cette thèse a suscité de vifs débats depuis 60 ans. L'ouvrage examine ces débats, en passant en revue les données empiriques pertinentes, notamment sur l'acquisition du langage chez l'enfant, les sourds-muets, les troubles du langage et, dans une perspective évolutionniste, la communication chez les grands singes. Il propose ainsi un examen critique de la théorie de Chomsky et développe à partir de là une réflexion philosophique autour de la notion d'innéité.

  • Les études rassemblées ici, autour des travaux de François Migeot, portent sur les processus de création du texte, sur les méthodes relatives à son analyse, sur les enjeux de sa traduction et enfin sur ceux de sa transposition didactique. Interrogeant aussi la notion de « création », elles mettent en avant sa transversalité, montrant qu'elle est à l'oeuvre autant chez le poète et l'écrivain que chez l'apprenant. De sorte que la langue, telle qu'elle est envisagée ici, peut largement informer la recherche relative à l'apprentissage d'une langue étrangère ainsi que stimuler la réflexion méthodologique concernant la didactique des langues-cultures.

  • L'importance de la pensée italienne de la race a été longtemps sous-estimée. Cependant, en Italie autant qu'en France ou en Allemagne, nombre d'oeuvres littéraires ou de discours scientifiques mobilisent le concept de race dans une perspective aussi bien théorique que politique. Des premières décennies du xixe siècle à la période fasciste, trois moments - philologie romantique, anthropologie positiviste et idéologie fasciste - constituent les jalons d'une archéologie de la pensée italienne de la race dont l'étude révèle un usage spécifique qui engage non seulement le rapport que la Péninsule entretient avec l'autre mais aussi le rapport qu'elle entretient avec elle-même.

  • Fruit d'échanges interdisciplinaires, cet ouvrage interroge les liens entre délimitations territoriales et organisation des sociétés. Suivant une démarche comparative, les auteurs questionnent, depuis les débuts des États modernes au xive siècle jusqu'à aujourd'hui, les effets induits par les évolutions de ces délimitations à partir de deux terrains d'observation contigus aux évolutions a priori opposées : les territoires entre Bourgogne et Franche-Comté où semble disparaître toute limite ; ceux entre France et Suisse où s'affirme l'une des dernières frontières entre la France et un État non adhérent de l'Union européenne. Cette comparaison permet de déterminer ce qui distingue une frontière étatique de délimitations territoriales d'autres natures.

  • L'Afrique a connu la traite des noirs, la colonisation, les indépendances, la mondialisation. Aujourd'hui les représentations des peuples africains ont considérablement évolué. En prenant en compte toutes les vicissitudes historiques qui ont marqué le continent, on peut se demander comment une identité si gravement menacée ou déformée se manifeste dans le discours africain postérieur à la décolonisation. En déplaçant la problématique de l'identité telle qu'elle est posée en sciences humaines et sociales d'une part et dans les études littéraires d'autre part, et en articulant systématiquement cette problématique à celles du discours, les contributions ici rassemblées ont abordé la question des identités africaines sous l'angle de formes rhétoriques propres repérables dans le discours (politique, médiatique ou quotidien) ainsi que sous l'angle d'une revendication identitaire d'ordre ethnique, politique ou corporatif qui prend la forme écrite ou orale sur différentes scènes. Les réflexions sur la problématique d'une identité africaine fragmentée et mouvante contenues dans cet ouvrage sont nourries par les contributions de spécialistes de plusieurs domaines étudiés dans le cadre interdisciplinaire de la première manifestation scientifique internationale organisée par le Réseau de recherche Discours d'Afrique.

  • Pour exercer leur métier et développer leurs compétences, les professeurs doivent pouvoir mobiliser leur expérience et leurs savoirs professionnels. Les auteures présentent ici un dispositif d'analyse du travail, issu de la psychologie du travail. Déployé au sein d'un groupe IREM, il a conduit des enseignantes en collège à renouveler et à enrichir leur regard réflexif sur leur métier. Les surprises et affects provoqués par leurs échanges contradictoires dans plusieurs contextes successifs leur ont permis de développer leur réflexion pour faire face aux problématiques du métier. Les lecteurs et lectrices de cet ouvrage, formateurs comme enseignants, trouveront matière à alimenter leurs analyses pédagogiques, qu'ils ou elles soient professeurs de mathématiques ou non, en collège ou non.

  • L'ouvrage retrace les conditions de restauration de la propriété privée de la terre, avant d'analyser la recomposition des relations de propriété et des modes d'exploitation de la terre, au lendemain de la chute des systèmes communistes. La concentration des structures agricoles est portée par une vive compétition sociale pour recouvrer, capter, puis rassembler le « faisceau de droits » de propriété sur la terre ainsi que sur le capital d'exploitation. Saisie dans ses multiples dimensions historique, juridique, économique et politique, la mutation des régimes de propriété accompagne une reconfiguration des relations de pouvoir qui témoigne de l'émergence d'un nouveau capitalisme agraire.

  • À mi-chemin entre la littérature et les arts du spectacle, le théâtre se distingue par la présence sur scène du corps de l'acteur. La violence infligée à ce corps soulève ainsi des questions à la fois d'ordre scénique, littéraire, mais aussi sociologique, tant le théâtre reflète perpétuellement les évolutions d'une société. Existe-t-il une anatomie de la violence théâtrale ? Le corps violenté prend-il toujours une dimension symbolique ou reste-t-il un matériau au service du metteur en scène, du chorégraphe ou de l'acteur ? Comment représenter la violence physique sur scène ? Enfin, quel rôle joue l'illusion théâtrale dans la mise en scène de cette violence ? Du texte à la scène, la (re)présentation scénique du corps violenté dissèque le rapport que nous entretenons à notre propre corps.

  • Cet ouvrage présente une synthèse de recherches sur l'enseignement du calcul mental, la résolution de problèmes et l'apprentissage de techniques opératoires. Après un chapitre présentant l'évolution des programmes d'enseignement du calcul mental depuis la création de l'école publique jusqu'à nos jours, quatre chapitres étudient les liens existant entre sens et technique. Deux chapitres s'intéressent aux relations entre connaissances numériques et procédures mobilisées par les élèves lors d'activités de calcul mental ou dans le cadre d'un environnement informatique ; deux autres traitent de l'influence d'une pratique régulière de calcul mental sur la résolution de problèmes numériques. Enfin, trois chapitres portent sur l'étude de difficultés rencontrées par les élèves, notamment ceux scolarisés en ZEP (zones d'éducation prioritaires). Des cheminements cognitifs susceptibles de favoriser leurs apprentissages sont mis en évidence. Des leviers d'enseignement, des exemples d'activités et de programmation, de l'école élémentaire aux deux premières années de collège, sont proposés aux professeurs pour aider ces élèves à dépasser leurs difficultés. Cet ouvrage s'adresse aux chercheurs en didactique des mathématiques, aux enseignants de collège, aux professeurs des écoles, aux formateurs IUFM et plus largement, à toute personne intéressée par le sujet. Un glossaire de didactique favorise au non-chercheur la lecture du vocabulaire technique.

  • L'information d'actualité a toujours connu des contours imprécis, malgré l'unité apparente des termes génériques comme « le » journal, ou « la » radio ; ses objets ne cessent de circuler et de se modifier sous des formes qu'on doit désormais désigner au pluriel : « les » réseaux sociaux, par exemple. L'information, a sans doute aussi, toujours été caractérisée par sa mobilité, une intertextualité constitutive puisqu'elle est d'abord faite d'un assemblage de discours prélevés auprès des acteurs sociaux, et une dispersion des formats, des modèles, et des dispositifs. Cependant, le développement puis l'omniprésence d'Internet reconfigurent en profondeur le paysage médiatique et imposent de réfléchir aux définitions, et aux catégories sur lesquelles reposent nos connaissances. C'est l'objectif de ce livre que d'interroger la diversité des formes contemporaines de l'information d'actualité : l'ensemble des recherches réunies ici contribuent d'abord à une nouvelle compréhension de la notion d'actualité par des choix méthodologiques variés (quantitatifs et qualitatifs) et des approches disciplinaires nombreuses dont le croisement est devenu indispensable (sciences de l'information-communication, bien sûr, mais aussi sciences du langage, ou droit). Les résultats tout comme les questions soulevées par les travaux publiés rendent compte de la richesse des modes d'existence de l'information et posent des jalons pour l'analyse de ses évolutions et de ses métamorphoses.

  • La transformation du mode de production des connaissances scien­tifiques va de pair avec une évolution significative des attentes de la société vis-à-vis des sciences, et soulève pour le philosophe de nouvelles questions : qu'est-ce qui est vraiment nouveau dans le régime actuel de production des connaissances ? Quel rôle et quelle responsabilité pour le chercheur face à la demande croissante d'expertise scientifique ? Quelle attitude avoir face à des avancées technologiques touchant à la nature même de l'Homme ? Le citoyen doit-il être davantage impliqué dans le choix des grandes priorités de la recherche ? Cet ouvrage offre une sélection variée et accessible de travaux actuels en philosophie des sciences explorant les facettes multiples des relations entre science et société.

  • Travail, famille, patrimoine : ce triptyque souligne l'idéologie qui prévaut dans les très petites entreprises familiales. Chacun(e) participe par son travail et selon ses possibilités au développement d'un patrimoine commun, sans toujours bénéficier d'un statut ou d'une protection sociale. Mais quand la famille est ébranlée par une rupture de trajectoire (divorce, accident, décès), les personnes se trouvent exposées à des risques qui ont rarement été anticipés. Basé sur une enquête menée auprès des entrepreneurs de l'Arc jurassien, cet ouvrage lève le voile sur un monde où l'équilibre entre les impératifs du travail et ceux de la vie de famille est constamment mis à l'épreuve.

  • Le risque comme l'expertise sont des sujets d'une rare richesse, comme le confirme la vaste littérature sur ces questions. Lorsqu'ils sont croisés, les difficultés que chacun d'entre eux soulève s'en trouvent renforcées. Le présent ouvrage est le produit des sixièmes conférences Pierre Duhem qui avaient pour thème : risque et expertise. Il rassemble les textes originaux de l'économiste Marc Fleurbaey et du philosophe Sven Ove Hansson, ainsi que les échanges qu'ils ont eus avec les commentateurs Mikaël Cozic, Minh Ha-Duong et Emmanuel Henry. Un essai introductif, d'Alexandre Guay, complète le tout.

  • « Vive les rouges, à bas les blancs ! Vive Ledru-Rollin ! Bonaparte à la guillotine ! À bas les chouans ! ». Ces cris poussés en octobre 1850 par les vendangeurs du pays dolois sont l'une des nombreuses traces que Pierre Merlin a recueillies dans des archives jusqu'ici peu exploitées pour écrire l'histoire vivante de l'apprentissage de la démocratie dans le Jura entre 1848 et la fin du xixe siècle. Des luttes politiques intenses autour de 1848 jusqu'à l'installation de la République et au-delà, l'ouvrage décrit la formation d'une opinion démocratique que viennent éclairer des trajectoires de républicains et socialistes emblématiques comme Louis-Étienne Jousserandot et Jean-Paul Mazaroz.

  • L'ouvrage propose un tour d'horizon des évolutions les plus récentes du foncier et de l'agriculture en Europe. Une première partie caractérise les évolutions et les révolutions des politiques agricoles, étudiées du point de vue du droit, de la science politique, de l'agronomie et de la géographie, en mettant l'accent sur la fin d'une phase protectionniste, et avec deux éclairages régionaux, en Méditerranée et dans l'Europe médiane. Une seconde partie interroge les modèles agricoles et fonciers : l'agriculture familiale, l'agriculture de firme, le travail saisonnier, les mutations de la propriété et l'évolution vers le portage foncier.

  • L'originalité du travail d'Ernest Coumet en histoire et en philosophie des sciences se perçoit dès sa thèse, en 1968, sur l'histoire des combinaisons au début du xviie siècle, avant Pascal et Leibniz. Examen subtil de textes et d'auteurs alors inconnus ou très peu étudiés, comme Marin Mersenne, Bernard Frenicle de Bessy, et bien d'autres ; réflexions profondes sur le développement des mathématiques et ses ancrages culturels ; chemins nouveaux tracés entre langage, musique et combinatoire à l'époque moderne ; tout s'enchaîne, donnant à voir, mieux encore que dans ses articles forcément condensés, la pratique de ce grand historien des sciences du xxe siècle. Restée jusqu'alors inédite, cette thèse témoigne de la pertinence toujours renouvelée de la démarche de Coumet.

  • Bretteur des lettres, Alexandre Dumas se fit journaliste par tempérament et par passion. Dès ses débuts, le jeune dramaturge s'est forgé dans et par la presse une personnalité publique, dans tous les sens du terme. Sa trajectoire est celle d'un engagé volontaire dans l'espace médiatique, où il occupe presque tous les postes : critique dramatique, chroniqueur, feuilletoniste, historien du contemporain, correspondant de guerre, intarissable causeur. De fortes convictions animent cette écriture en mouvement perpétuel : Dumas défend l'idéal démocratique d'une littérature authentiquement populaire, engagée dans les combats du présent, et intensément interactive.

  • Après la Révolution française, l'idée d'encyclopédie prend une extension considérable. Jusqu'au Printemps des peuples de 1848, elle est indissociable de l'idée de république universelle, et se trouve au coeur d'une multiplicité d'enjeux pour la reconstruction institutionnelle, intellectuelle et politique de la société postrévolutionnaire. C'est à la singularité de ce moment (1789-1848) dans l'histoire longue de l'encyclopédisme que sont consacrées les différentes contributions de ce volume. Loin de se limiter à un moment de l'histoire des sciences, l'encyclopédisme nous révèle la manière dont les sociétés modernes se représentent elles-mêmes et s'instituent politiquement.

  • Herbert Spencer est l'une des figures les plus énigmatiques de l'histoire intellectuelle contemporaine. Très populaire durant la seconde moitié du xixe siècle, ses théories sont discréditées à la fin de sa vie. On ne peut néanmoins ignorer le rôle majeur qu'elles ont joué dans l'élaboration des doctrines sociales et politiques de ses nombreux lecteurs. En France et en Italie, l'influence de la pensée de Spencer a été particulièrement forte. Dans ces deux pays, le modèle évolutionniste spencérien connaît une diffusion importante, mais subit une transformation inattendue. Il sert d'appui à des positions opposées à l'individualisme libéral de son auteur : le solidarisme français et le socialisme marxiste italien. Notre étude comparée retrace ce processus d'appropriation des idées et cherche à en expliquer les raisons profondes. À travers l'analyse des écrits de penseurs comme Émile Durkheim et Enrico Ferri, nous mettons en lumière l'importance du contexte intellectuel propre aux milieux français et italiens de même que le poids des convictions personnelles des différents acteurs. Notre ouvrage permet en définitive de saisir l'influence du système évolutionniste de Spencer sur la pensée sociale et politique de la France et de l'Italie à la fin du xixe siècle.

  • Les articles qui constituent ce volume mobilisent différents aspects des théories de l'énonciation et s'inscrivent dans trois grandes thématiques : - Variation sémantique, variation constructionnelle - Variation discursive, variation énonciative - Variation et ajustement Les notions de variation et d'ajustement sont appréhendées sur les modes intralinguistique, interlinguistique, sémantique, syntaxique et énonciatif et selon les genres. Les analyses des diverses manifestations de la variation font intervenir le rapport qu'elle entretient d'une part avec l'invariance qu'elle présuppose et, d'autre part, avec l'ajustement, inhérent à la question de la signification.

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