Presses universitaires de Caen

  • Des textes de toute nature, produits par des femmes irlandaises, sont étudiés ici. Le présent volume a pour objectifs de mettre l'accent sur la multiplicité des pratiques et de s'interroger sur les rapports qu'entretiennent les écrivaines avec leur identité féminine, ...

  • Ce bouquet d'études dialoguant entre elles tout en approfondissant l'enquête sur la figure et l'oeuvre de Sylvie Germain - romancière et essayiste capitale de notre temps - constitue un vaste panorama éclairant les principales facettes de son univers : sa pensée et sa vision du monde, son esthétique et son éthique, son interrogation sur le sens de l'existence, sa création. Chaque spécialiste s'est attaché à mettre en évidence une de ses caractéristiques, de sorte que c'est un premier bilan qui est ici rassemblé, où se succèdent des considérations sur l'histoire littéraire et la grande Histoire, la situation de la pensée de l'auteur, les spécificités et le travail de son imaginaire et de son écriture, ses conceptions esthétiques et éthiques, l'univers propre à ses romans et les modalités de sa création romanesque, la singularité de sa voix. Le tout est accompagné par la présence, l'écoute et les réactions de Sylvie Germain, et suivi d'une bibliographie de référence.

  • Le livre Freinet, 70 ans après. Une pédagogie du travail et de la dédicace, publié en 1998, était épuisé trois ans après sa première édition. Compte tenu du bon accueil que cet ouvrage a reçu parmi les chercheurs universitaires, ainsi que parmi les praticiens, il nous a semblé utile de le rééditer. En effet, c'est précisément d'une journée de travail qui avait réuni des chercheurs et des praticiens à l'université de Caen, en octobre 1996, que cet ouvrage est issu : il s'agissait d'un colloque organisé dans le cadre des manifestations pour le centenaire de la naissance de Célestin Freinet.

  • Les Normands au Moyen Âge se sont passionnés pour l'histoire. Soucieux de faire oeuvre de mémoire, les auteurs médiévaux relatent les origines du duché et la destinée des Normands ; ils célèbrent les exploits de leurs ducs et des chevaliers partis conquérir l'Angleterre et l'Italie du Sud. Lecteurs assidus de la Bible, ils se sont aussi inspirés des oeuvres de l'Antiquité gréco-romaine et chrétienne. Comment, en revendiquant l'héritage des Anciens, ces auteurs ont-ils fait une oeuvre originale ? Issu d'un colloque interdisciplinaire qui a réuni des spécialistes français, anglais et italiens à Cerisy-la-Salle et à Avranches, ce volume apporte des réponses à cette question, à partir de l'examen renouvelé des bibliothèques normandes et au travers de l'analyse des modèles littéraires ou des stratégies d'imitation mises au service de projets historiographiques différents.

  • Le 13 août 1415, l'armée d'Henri V, roi d'Angleterre, se présenta devant Chef-de-Caux, prit Harfleur au terme d'un siège de six semaines, puis rencontra à Azincourt l'armée française qu'elle mit en pièces. L'expédition marqua le début d'une période de conflit intense en Normandie, où la guerre n'avait en réalité rien de nouveau. En effet, l'identité du duché fut forgée dans la guerre et l'ouvrage, né d'un colloque tenu à Cerisy-la-Salle, interroge sur une manière de faire la guerre qui pourrait être propre aux Normands en proposant de questionner l'impact de la guerre sur la société et l'économie, les récits de guerre et la mémoire de la guerre entre le XIe et le XVe siècle.

  • Depuis quand l'école s'est-elle ouverte à la géographie, à l'éducation artistique ou aux langues régionales ? Quels rapports les matières enseignées ont-elles entretenus avec les pratiques sociales et les « savoirs savants » ? Quels sont les enjeux de l'émergence et des transformations d'un savoir scolaire ? L'histoire des disciplines scolaires contribue à enrichir l'histoire de l'école elle-même, en montrant notamment qu'il n'est pas possible de penser de façon totalement synchrone les transformations institutionnelles et les transformations disciplinaires. Celles-ci ont leur causalité spécifique et leur temporalité propre, souvent liées aux logiques des acteurs, qu'il s'agisse d'enseignants, d'associations de spécialistes, de responsables institutionnels, ou de militants pédagogiques. L'histoire des disciplines scolaires montre ainsi l'autonomie du pédagogique en regard du politique, et même l'autonomie des évolutions des disciplines les unes par rapport aux autres.

  • L'Éros proprement amoureux de Dumas, qui le poussa à accumuler sa vie durant conquêtes et maîtresses, est la figure emblématique d'une énergie vitale et d'un désir de littérature et d'action qui n'avaient pas, en tant que tels, fait l'objet d'assez d'attention. Proposant une « éro-poétique » de l'oeuvre dumasienne, l'ouvrage y aborde le désir selon plusieurs directions privilégiées. Il explore le désir amoureux et érotique, sa représentation, sa productivité et sa portée dans les différents genres illustrés par Dumas (théâtre, romans, contes, récits de voyage, autobiographie et écrits intimes, causeries...). Il envisage plus largement le désir comme une origine et un foyer de la création dumasienne, permettant d'en comprendre la fécondité, la variété, mais aussi les modes d'énonciation et de réception. Il s'intéresse enfin aux empreintes du désir chez les descendants biologiques et littéraires de Dumas, et à la façon dont les motifs sentimentaux et l'érotisme façonnent l'imaginaire qui se déploie dans les réécritures, les adaptations ou les suites de ses oeuvres, telles que le D'Artagnan amoureux de Nimier.

  • Caractérisée par sa beauté lyrique et sa profondeur éthique, qui fait ressortir les miracles du quotidien et de passé vivant ». Il se penche ici sur le processus de la propre création poétique dans un texte particulièrement révélateur, car son oeuvre n´est pas seulement poésie, mais aussi « pensée sur la poésie et tentative pour définir le personnage du poète, dans un vaste mouvement où tout est étroitement lié, où créer est inséparable de la réflexion sur l´acte créateur ». On trouvera ensuite des articles de spécialistes de la littérature irlandaise et d´amoureux de la poésie qui tous l´appliquent à décrire la « transition du monde des données aux mots de l´invention » et proposent un périple dans les confins de l´imagination de S. Heaney lui exprime son attachement à la terre d´Irlande, dans la gestion, par exemple, du mythe nouveau de la tourtière, mais donne en même temps à sa poésie une perspective internationale. L´artiste qui reste le plus modèle aux traditions locales est aussi le plus universel.

  • Irish music holds pride of place among the cultural attributes defining Ireland, and its role in shaping national identity is undisputed. To question these certainties which tend to convey a restrictive notion of a so-called Irish music, the first Irish music studies conference in France, ...

  • CE LIVRE CONSACRÉ AUX PIÈCES DE THOMAS KILROY ouvre une collection qui nourrit l´ambition d´apporter un éclairage critique sur les oeuvres de dramaturges irlandais contemporains. Il s´adresse aux amateurs de théâtre qui souhaiteraient découvrir Thomas Kilroy, ou parfaire leur connaissance d´un dramaturge qui occupe une place importante dans le paysage théâtral irlandais actuel. Dans ses écrits dramatiques, Thomas Kilroy mène en parallèle une analyse de l´essence du théâtre et une réflexion sur la condition humaine qui nécessite parfois une prise en compte d´une histoire irlandaise complexe. L´arrière-plan social et moral de l´Irlande pèse fortement sur l´existence des personnages dans des oeuvres riches, très élaborées, où l´humour est omniprésent. Créations surréalistes traitant, par exemple, des affres de l´écriture, voisinent avec des oeuvres qui abordent l´idée de sainteté, la solitude existentielle que certains parcours spirituels entraînent dans la société moderne, sans compter la question de l´identité et du rapport de l´homme à l´histoire selon une perspective irlandaise. Se renouvelant sans cesse, Kilroy évite les emprisonnements formels et joue avec une théâtralité qu´il expose pour atteindre une profondeur d´autant plus palpable qu´elle s´allie à l´artifice.

  • Élaborée juste après la première guerre mondiale, la Pédagogie Freinet nouait ensemble les tendances de l'Éducation nouvelle, l'ambition d'une Éducation populaire nourrie des idéologies du XIXe siècle et la volonté de changement social portée par la génération d'anciens combattants progressistes et pacifistes. Comment cette pédagogie peut-elle être encore d'actualité, près d'un siècle plus tard, malgré les mutations sociales et culturelles qu'a connu la période ? L'auteur montre comment Célestin Freinet, le fondateur charismatique de cette pédagogie, a aussi créé les bases d'un mouvement coopératif d'instituteurs, un "intellectuel collectif" qui, génération après génération, réélabore et met en oeuvre la pensée et les pratiques de l'émancipation à l'école (coopération, expression libre, éducation du travail, tâtonnement expérimental, personnalisation des apprentissages...). Avec la même approche empruntant à la sociologie et à la sociologie historique, Henri Peyronie interroge un autre enjeu important - trop peu étudié - des pratiques éducatives, et ignoré de la culture dominante de l'évaluation : quels sont les effets sociaux et humains de cette pratique éducative alternative portée par le mouvement Freinet de l'École moderne ?

  • Le processus de la création est ici étudié en poésie, au théâtre et dans le roman, chez quelques-uns des auteurs les plus éminents de la littérature contemporaine irlandaise - Seamus Heaney et John Montague, Tom Kilroy et Tom Murphy, John McGahern et John Banville. Chaque écrivain essaie de déterminer ce qui se passe en lui lors de la gestation de son oeuvre. En face, un critique expose son point de vue sur le même phénomène. L´écrivain se livre à une introspection courageuse ; le critique à une exploration minutieuse qui est nourrie par l´examen des écrits. L´auteur part de l´avant-propos de la création, de la préhistoire de l´oeuvre - « l´opération préverbale de la psyché » - pour atteindre le coeur même de la création au passage « du monde des données aux mots de l´invention », ces mots qui ont chacun leur poids, leur couleur, leur forme, leurs rapports propres ; le critique dissèque l´oeuvre créée et ainsi remonte le chemin vers cet instant si difficile à appréhender où s´opère la cristallisation. C´est là qu´ils se rejoignent. La convergence de ces regards intérieurs et extérieurs et leur complémentarité éclairent le mystère de la création. Est-il présomptueux de parler d´inspiration ?

  • « L'Auteur » demeure une notion problématique qui émerge lentement dans l'histoire, qui reste indécise, recule, disparaît. Auctor, il est d'abord celui qui augmente, accroît, puis le garant de l'oeuvre que le génie humain ajoute à la création. Il est aussi celui qui, par son oeuvre, détient l'autorité. Aujourd'hui, la notion d'auteur reste mouvante et polysémique, incontournable et protéiforme, et c'est bien imprudemment qu'on avait annoncé naguère « la mort de l'auteur ». Reste toujours l'oeuvre qui, en tant que création de forme originale, définit son auteur. C'est cette problématique de « l'auteur » de textes littéraires qui est soumise ici aux points de vue d'historiens de la littérature, de critiques littéraires, de juristes, d'une bibliothécaire, d'un éditeur et d'un psychanaliste.

  • Figure marquante du théâtre de langue anglaise, George Bernard Shaw suscite de nouveau l´intérêt en France après avoir été quelque peu oublié depuis sa mort. La désaffection passagère pour son théâtre s´expliquait sans doute par la prédominance d´un cliché qui voudrait qu´humour et futilité soient indissociables. Cet ouvrage, en offrant une série de regards croisés sur l´oeuvre, tente de lever quelques malentendus, sans négliger la spécificité théâtrale de ses écrits. En outre, il donne indirectement la parole à l´auteur, dans son rôle de critique cette fois. Des comptes rendus, consacrés à Ibsen, Maeterlinck, Rostand ou Musset - qui furent publiés à l´origine dans la Saturday Review - permettront de situer George Bernard Shaw dans un domaine qui dépasse son oeuvre dramatique personnelle, en montrant que sa contribution à l´histoire du théâtre passait également par un rôle essentiel, celui d´un critique éclairé qui vivait le théâtre avec passion.

  • Ce livre commence par l´un des plus illustres représentants du théâtre contemporain irlandais, Brian Friel, chez qui Nicholas Grene explore différents modes de vérité à travers une analyse de quelques-unes de ses plus grandes pièces comme The Freedom of the City, Faith Healer ou Dancing at Lughnasa. Terence Brown étudie le rôle de la musique dans le théâtre de Stewart Parker, sa vision de Belfast, la ville natale, qui s´élargit à l´histoire de la province et à celle de l´Irlande. Lynda Henderson souligne les relations problématiques qui, dans les premières pièces de Tom Murphy, relient le monde intérieur et le monde extérieur jusqu´au moment où, à partir de The Gigli Concert, le premier l´emporte clairement. L´abnégation est, dans le théâtre de Thomas Kilroy, nous explique Barbara Hayley, le seul moyen qui permette à certaines personnalités de s´affirmer. Quant aux thèmes de l´oeuvre de Frank McGuinness, ce sont, selon le dramaturge lui-même, perte, désespoir, échec, violence, damnation, Heaney, The Cure at Troy, donne lieu de la part de Colin Meir à un compte rendu de la représentation au Lyric Players Theatre de Belfast en octobre 1990, suivi d´une analyse du texte. Christopher Murray choisit enfin d´étudier les thèmes de dramaturges moins célèbres, pour la plupart des jeunes, qui seront peut-être les grands noms de demain. Ainsi cet ouvrage nous offre un large panorama de la production théâtrale dans l´Irlande contemporaine.

  • « Voix, traces, avènement » : ce sont les trois voies d'approche du sujet de l'écriture, notion fondamentale, complexe et ambiguë que les différentes contributions du volume discutent, illustrent, et s'efforcent de préciser. Le sujet de l'écriture - au-delà ou en deçà du Moi de celui qui dit « je » -, c'est celui qui s'investit dans un texte, se dit par son énonciation, prend forme par sa ou ses voix, se constitue par le travail des mots, trace le sillage par lequel il advient. Présence qui fait advenir le texte et qui advient par lui et en lui, le « sujet de l'écriture » se manifeste comme « voix » (« C'est une question de voix, [...] comme si c'était ma voix à moi, disant des mots à moi », écrit « l'Innommable » de Beckett) ; par ses « traces » intratextuelles ; et comme « avènement » sensible d'un sujet qui s'énonce, se constitue dans l'acte même d'énoncer. C'est donc une virtualité et un procès qui ne cesse de se remettre en jeu à chaque lecture. Comme l'affirme Henri Meschonnic, « c'est par le langage qu'un sujet advient comme sujet, c'est poétiquement qu'est sujet celui par qui un autre est sujet ».

  • Cette étude vise à montrer l´importance de la relation père-fils dans le roman d´initiation irlandais contemporain et son articulation sur les thématiques de l´analogie et de l´opposition qui inscrit ce rapport dans un jeu de miroirs. Appuyant sa démonstration sur huit romans, elle souligne la récurrence des situations oedipiennes et met en exergue des problématiques communes déclinées selon trois modes : le lien des fils avec leur géniteur, avec les pères symboliques, mais aussi celui qu´entretiennent les jeunes auteurs avec les pères littéraires que sont leurs prédécesseurs.

  • Ce colloque, organisé au centre international de Cerisy-la-Salle par l'Office Universitaire d'Études Normandes de l'université de Caen Basse-Normandie, s'est penché pendant cinq jours sur la question de la contestation dans le monde normand. Selon la définition des dictionnaires, contester c'est « dénier », « récuser » ou encore « refuser ». Autant de termes qui s'appliquent parfaitement à une Normandie qui, de ses origines au XVIIIe siècle, a connu, voire subi, différents pouvoirs : celui des ducs jusqu'en 1204, puis celui de la Couronne de France, sans oublier celui de la Couronne d'Angleterre. De plus, l'extension européenne de cette province, en Angleterre et en Italie, n'a pu que susciter des contestations du pouvoir ou plutôt des pouvoirs, ceux auxquels les Normands étaient soumis ou ceux qu'ils ont exercés. Les organisatrices du colloque ont donc souhaité examiner les différents épisodes contestataires liés à ces grandes phases de l'histoire de la Normandie en choisissant toutefois de s'arrêter à la veille de la Révolution française qui constitue une nouvelle étape, qui affecte la France tout entière. Une étude sur le long terme a paru être à même de dégager une éventuelle spécificité de la contestation normande. Sur ce point, signalons que les dictionnaires donnent également comme synonyme de contester le verbe chicaner. Ne dit-on pas justement que le Normand est chicanier ? La fameuse devise « C'est mon droit et j'y tiens », que l'on attribue traditionnellement au Normand, n'est-elle pas révélatrice d'une mentalité contestataire bien affirmée ?

  • L'Armée républicaine irlandaise provisoire (Provisional lrish Republican Army), principal groupe paramilitaire républicain, fut fondée en 1969. Dès lors, elle lutta contre la présence britannique en Irlande du Nord et pour la réunification de l'île d'Irlande. Le désarmement de l'IRA, considéré comme irréalisable jusqu'en 2001, s'est pourtant bel et bien accompli entre 2001 et 2005 dans le cadre du processus de paix. Le 26 septembre 2005, l'IRA a officiellement déposé les armes. Quels mécanismes ont alors permis, au sein du processus de paix nord-irlandais, d'aboutir à la « mise hors d'état de nuire » de l'arsenal de l'IRA qui déclarait pourtant encore en 1998 qu'elle n'accepterait pas de rendre les armes ? Mais quels étaient les enjeux de l'abandon de la violence et du désarmement pour l'IRA et le Sinn Féin durant tout le processus de paix ? Quelle était la portée symbolique du désarmement pour le groupe armé clandestin et pour le mouvement républicain dans son ensemble ? Enfin, quels mécanismes, tant diplomatiques que psychologiques, ont pu convaincre l'IRA d'abandonner la violence, puis de désarmer ? À la demande du groupe clandestin, la nature du dispositif de désarmement et le nombre d'armes détruites demeurent confidentiels. Cet ouvrage ne prétend donc pas révéler des secrets d'État, mais bien de mettre en évidence la dynamique du processus qui a mené l'IRA de la violence armée à l'abandon des armes.

  • L'originalité de ce travail est d'avoir voulu appréhender la pédagogie Freinet à partir des méthodes d'observation et d'investigation de l'anthropologie et plus particulièrement dans une de ses pratiques les plus significatives : le texte libre. Les outils théoriques mobilisés par l'auteur sont principalement ceux de la génétique textuelle, mais l'essentiel réside en ceci : adopter ce que les anthropologues appellent le « point de vue de l'indigène », soit qu'est-ce qui se passe quand un enfant écrit un texte, pourquoi tel texte, à quel moment, qu'en attend-il, comment le commence-t-il, le finit-il ? Au cours des différents chapitres, Pierre Clanché évoque aussi Tolstoï, Münch, précurseurs du texte libre, ou Wittgenstein et étudie des situations d'écriture qui vont de l'école primaire à la classe de seconde.

  • Récusé en 1200 par le pape Innocent III pour la succession à l'Empire, Frédéric II de Hohenstaufen sera couronné et sacré empereur en 1220 par Honorius III. Stupor Mundi pour nombre de ses contemporains, il n'a cessé d'être un sujet d'attentions et de controverses qui se sont cristallisées en une série de mythes opposés. L'image du roi et empereur souabe - politicien, législateur, mécène, naturaliste et homme de lettres - s'est développée sur un fond de visions épiques et merveilleuses liées aux splendeurs de la cour sicilienne et à la majesté des châteaux. Son oeuvre politique n'est pas moins controversée : il est le pourfendeur des hérétiques et l'adversaire de la papauté. Le colloque réuni en septembre 1997 au château de Cerisy-la-Salle visait à mettre en lumière, dans les domaines juridique, religieux, économique, scientifique et artistique, les attaches privilégiées de Frédéric II avec l'héritage normand de sa mère Constance, fille de Roger II roi de Sicile et descendante de Tancrède de Hauteville.

  • Pacifistes et progressistes au sortir de la Grande Guerre, des instituteurs du département d'Eure-et-Loir étayent leurs pratiques pédagogiques, telle l'imprimerie à l'école, sur les théories de l'Éducation nouvelle. Retrouver les mobiles et les pensées de cette première génération d'instituteurs devenus adultes en même temps que Célestin Freinet nécessite d'adopter une démarche qui, au-delà de l'histoire des institutions, ne peut ni ne doit méconnaître l'histoire économique, sociale, politique et culturelle. Cette période marquée par la montée des fascismes et les déchirements de la société civile incite ces instituteurs de la France rurale à un regain d'ardeur démocratique, à une mobilisation contre les mesures conservatrices des ministères, à une critique sévère de l'école de Jules Ferry qui n'a pas su anticiper les mutations d'un monde nouveau. Comment en restant solidaires et unis dans leurs combats, ces maîtres ont-ils traversé ces années de crise, comment leur exemple a-t-il encouragé d'autres groupes départementaux à se constituer, comment leur détermination a-t-elle réussi à imposer là et ailleurs une pédagogie centrée sur l'enfant, comment enfin leur engagement a-t-il favorisé l'essor du mouvement Freinet ?

  • Jeanne d'Arc est à la fois l'une des figures les mieux connues du Moyen Âge et l'une des plus énigmatiques. Elle a été l'objet de deux procès, de condamnation (1431) et de réhabilitation (1456). Ces procès d'Église étaient des procès politiques : à travers Jeanne, le premier cherchait à déconsidérer Charles VII et le second à lui restituer son honneur. Cet ouvrage a pour objet de présenter à un large public les résultats récents de la recherche : le contexte historique du procès - celui d'une occupation d'une bonne partie du royaume de France par les Anglais - ainsi que certains aspects juridiques (le premier procès dirigé par Pierre Cauchon, évêque de Beauvais, suit étroitement les règles de la procédure d'inquisition). D'autres aspects, linguistiques ou historiques, sont pour la première fois analysés. C'est ainsi que le latin, langue de la traduction officielle du premier procès, est étudié, de même que le second procès est éclairé par l'analyse des mémoires relatifs au procès de condamnation produits par de savants clercs pour la procédure de révision. Est également étudiée la représentation des procès, qui a beaucoup évolué dans le temps, du XVIe au XXe siècle. Cette évolution est sensible aussi bien dans l'historiographie que dans la littérature, les arts plastiques, le cinéma ou la musique. Jeanne a été en effet considérée tour à tour comme une hérétique, une illuminée, une sainte et une héroïne nationale, et son image peut se prêter à toutes les récupérations politiques.

  • L'aménagement du territoire est une des grandes aventures, politique, économique et intellectuelle des cinquante dernières années. Avec les changements de temps et d'espace, et donc de société, il a évolué d'une conception hexagonale et centralisatrice vers des schémas nouveaux, où, au-delà des « aménageurs », les « aménagés » prennent de plus en plus la parole et où, en liaison avec l'Europe et le Monde, montent en puissance les villes et les régions. En croisant analyses de chercheurs (en diverses disciplines) et témoignages d'acteurs (hauts fonctionnaires, anciens et actuel délégués de la DATAR - devenue DIACT - , élus, urbanistes...), cet ouvrage, issu d'un colloque de Cerisy, examine cette évolution et propose une réflexion critique débouchant sur les problèmes les plus contemporains, notamment en matière d'exercice de la démocratie. Il consacre un chapitre au rôle de l'université dans l'aménagement du territoire (en montrant comment celle-ci fut à la fois un objet et un instrument) et, prenant la Normandie comme principal laboratoire, engage, avec certains acteurs des collectivités territoriales, de l'entreprise et du monde universitaire, un débat prospectif sur son avenir.

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