Presses universitaires François-Rabelais

  • LA GALICIE, territoire annexé par la monarchie autrichienne à la faveur des partages de la Pologne (de 1772 à 1795), fut à la fois une terre de conflits (répression du mouvement national polonais dans la première moitié du XIXe siècle, tensions entre Polonais et Ruthènes ou Ukrainiens à l'époque de l'Empire libéral, antisémitisme, problèmes sociaux liés à la légendaire misère galicienne...) et un microcosme pacifié et « civilisé » par la politique habsbourgeoise. Le « mythe habsbourgeois » de la coexistence harmonieuse des peuples, des langues et des confessions, dont le romancier Joseph Roth donnera rétrospectivement une des versions les plus nostalgiques, a transfiguré la réalité historique. La civilisation multiculturelle de la Galicie a été détruite par les deux guerres mondiales, par la shoah, puis par le stalinisme, mais ce territoire aujourd'hui partagé entre la Pologne et l'Ukraine est un lieu de mémoire toujours vivant et fascinant de l'Europe centrale.

  • Cet ouvrage, tiré d´une thèse de doctorat en archéologie soutenue à l´université François-Rabelais de Tours, a pour objectif de restituer les étapes de la construction d´une micro-région du Berry par les sociétés de la Protohistoire à l´époque contemporaine. La combinaison de la micro-échelle spatiale et du temps long constitue l´originalité de l´approche et favorise un meilleur repérage des ruptures et des continuités dans l´occupation du sol. Mais considérer l´évolution d´un espace dans la longue durée implique la nécessité de traiter plusieurs sources différentes : données archéologiques, sources textuelles et planimétriques, données environnementales. Sur le plan méthodologique, cette approche est l´occasion de définir des outils aptes à étudier les dynamiques de l´occupation du sol de manière diachronique et à favoriser les comparaisons micro-régionales, notamment par la mise en oeuvre de modélisations statistiques et spatiales au sein d´un système d´information géographique. Ainsi, la comparaison des évolutions observées dans la microrégion étudiée avec d´autres études de cas, ainsi que sa restitution au sein d´un contexte régional élargi au Berry antique et médiéval, permet de mesurer tous les apports de l´approche microrégionale à la connaissance des dynamiques de l´occupation du sol, en dégageant les tendances communes des particularismes locaux.

  • MIHI MINIMO OMNIUM SANCTORUM, « Moi qui suis le plus petit de tous les saints » : les Minimes aimaient se référer à saint Paul pour rappeler l´humilité de leur ordre qui fut cependant l´un des plus florissants de l´époque moderne. C´est en France, tout près du château royal du Plessis-lès-Tours qu´à la fin du xve siècle François de Paule, un ermite guérisseur de Paola en Calabre fonda son premier couvent et définit l´une des règles de vie les plus rigoristes de l´époque. C´est là aussi que le fondateur devenu prophète de cour mourut en 1507. À la fin du siècle suivant, l´ordre comptait 457 couvents dans le monde, dont plus du tiers en France, signe d´un incontestable rayonnement spirituel. Pourtant, en dépit de cette importance numérique et de la renommée de quelques grandes figures « minimes », l´historiographie a longtemps ignoré ces religieux proches des rois et des élites urbaines, impliqués dans les réseaux lettrés et scientifiques. Ce livre collectif, qui s´inscrit dans un renouveau des recherches menées en Italie sur l´influence des Minimes, est le fruit de deux colloques organisés à Tours et à Beauregard-l´Évêque en 2007, à l´occasion des Célébrations nationales du 5e centenaire de la mort de saint François de Paule. À la croisée de l´histoire, de l´histoire de l´art et de la musicologie, il tente de saisir la présence au monde, complexe et multiforme, de ces religieux engagés sur tous les fronts de la lutte confessionnelle et des grands débats de leur temps.

  • Une ville " rattachée " à une nouvelle souveraineté est toujours une ville " reconfigurée ". Des débuts de l'époque moderne aux événements les plus contemporains, en Europe et sur le pourtour de la Méditerranée, les bouleversements politiques internationaux ont donné forme aux villes, les ont modelées et marquées de leurs empreintes successives. Sur les trois aspects privilégiés dans cet ouvrage - la reconfiguration des réseaux sociaux, la recomposition des espaces, l'évolution de la mémoire de la ville -, les regards croisés d'historiens, d'historiens d'art et de praticiens de la ville mettent en lumière les diverses stratégies d'intégration, d'appropriation et de réinvention des sociétés urbaines qui ont vécu ce passage d'une souveraineté à une autre.

  • Les loisirs, ces temps et ces activités consacrées à la détente, aux divertissements et au développement personnel, sont devenus un objet d'études sociologiques, puis historiques depuis leur "découverte" en tant que fait social lors des Trente Glorieuses. Malgré un bel essor de ces études depuis quelques années, de nombreuses interrogations persistent, notamment en ce qui concerne les liens directs des loisirs avec les sociétés urbaines. Questions qui portent d'abord sur les rapports des loisirs à l'espace et aux rythmes du temps de la ville, sur les tentatives faites par les pouvoirs de les contrôler et codifier, voire de les interdire, et sur les transgressions de ces interdits... Questions qui portent ensuite sur les loisirs comme élément d'identité, comme facteur d'intégration et d'exclusion, comme vecteur de contestation... Questions qui portent finalement sur les pratiques qu'ils suscitent, sur leur fonction de distinction sociale, sur leur rôle dans la société dite de consommation... Un colloque international, tenu à l'Université François-Rabelais de Tours en mai 2003, a tenté de répondre à une partie de ces interrogations inhérentes à l'histoire des loisirs en comparant les sociétés urbaines du monde occidental avec celles du Proche-Orient et du Maghreb. C'est donc ce regard croisé d'historiens, d'historiens de l'art, de géographes et d'anthropologues que propose cet ouvrage.

  • La très longue histoire de l'homme avant l'écriture a laissé des traces nombreuses dans le sous-sol de la Touraine comme à sa surface. Le silex, le grès, les perrons, mais aussi d'autres roches comme l'argile, la craie, toutes très abondantes dans la province, ont été, avec l'os et le bois (végétal ou animal), les principales matières premières que les hommes ont su recueillir, exploiter et utiliser pour assurer leur survie même pendant les épisodes climatiques les plus défavorables. Depuis Homo erectus, chasseur de rennes et de chevaux jusqu'à Homo sapiens qui devient agriculteur et éleveur au Néolithique, toutes les grandes civilisations ont laissé des marques de leurs passages : bifaces enfouis dans les limons des plateaux ou dans les alluvions des rivières, outils sur lames retrouvés à l'occasion des travaux agricoles ou lors de fouilles dans les rares abris naturels que la craie tuffeau a laissé subsister, nucléus livre de beurre et grandes lames découvertes exceptionnellement après le passage de la charrue, amas d'éclats soigneusement dégagés dans le cadre de fouilles programmées ou de sauvetages urgents parce que l'exploitation de la sablière ou le passage de l'autoroute ne peuvent pas attendre. Les outils préhistoriques de la Touraine sont marqués par un gigantisme dû à l'extraordinaire taille et qualité des rognons et dalles de silexque la nature a mis à la disposition des hommes qui passaient par là. À l'extrême fin du Néolithique, dans le sud du Lochois, ils ont su exploiter cette ressource naturelle d'une manière particulièrement ingénieuse pour fabriquer des produits qui étaient alors convoités par beaucoup en Europe de l'ouest : les longues lames, objets de prestige, ont été retrouvées un peu partout, dans les habitats où elles ont servi de couteaux mais aussi dans les tombeaux comme témoins de l'importance sociale de leur ancien détenteur. Cette deuxième édition de « La Préhistoire en Touraine » a été complètement revue et augmentée d'un certain nombre de sites qui ont été découverts et fouillés depuis la parution de la première édition, il y a dix ans.

  • Ce volume prolonge l'histoire de la vie économique et des entreprises sous l'Occupation avec l'étude d'une nouvelle branche, les industries de consommation, entendues largement, de l'agro-alimentaire à l'automobile, en passant par le textile. Il s'inscrit également dans une historiographie des entreprises de biens de consommation en plein renouvellement depuis une décennie, qui s'intéresse autant à l'histoire industrielle et commerciale qu'à celle des attitudes des consommateurs. Le cadre retenu privilégie le point de vue de l'entreprise en étudiant à la fois les conditions de fabrication des biens de consommation et l'organisation des circuits de vente ; il ne néglige pas pour autant l'approche par les consommateurs. La vie des entreprises est marquée par des conditions d'approvisionnement difficiles, qui les obligent à recourir à des produits de remplacement. Comment parviennent-elles à échapper aux prélèvements de main d'oeuvre et aux mesures de concentration ? Doivent-elles transformer leur production pour répondre aux exigences de l'occupant en particulier Dans quelle mesure réalisent-elles cependant des profits importants ? Autant de questions auxquelles cet ouvrage, qui s'appuie sur les recherches récentes des meilleurs spécialistes français et étrangers, s'efforce de répondre.

  • Après l'écrasement de la Commune de Paris, les années 1880 marquent en France la renaissance des mouvements socialistes, l'enracinement de la République et les premières lois visant à laïciser la vie publique. Ce processus fondateur, qui aboutira en 1905

  • On sait combien l'historiographie française a eu tendance, dans un passé révolu, à placer Athènes au centre du monde grec. L'athénocentrisme, dont la cristallisation remonte sans doute à Victor Duruy, Fustel de Coulanges et Gustave Glotz, a longtemps érigé la cité athénienne en un modèle unique et omniprésent dans les études et les manuels. En France, Athènes était devenu l'archétype de la cité grecque. Ce modèle par excellence, lui-même révélateur des époques où il fut pensé, et de ce fait porteur de nombreux anachronismes - mais peut-il en être autrement en Histoire - est aujourd'hui fort heureusement dépassé. Les découvertes archéologiques, les trouvailles épigraphiques ou monétaires ont permis l'étude d'autres cités que les sources littéraires ne laissaient qu'entrevoir. Athènes n'est donc plus qu'un exemple offert aux yeux des historiens ; bien des cités du monde grec connurent un développement, un fonctionnement et un devenir différent de la cité athénienne. Toutefois, compte tenu de la richesse des sources, la cité athénienne reste un laboratoire d'études privilégié. S'il ne s'agit donc pas de dépoussiérer des problématiques anciennes, nous voudrions néanmoins faire le point des recherches et perspectives sur la cité athénienne. Depuis une quinzaine d'années, en effet, des travaux nouveaux ont vu le jour ou sont en cours de préparation, mettant à nouveau l'accent sur la cité. De près ou de loin, tous ces travaux visent à définir la place des individus ou des groupes dans le cadre politique ou institutionnel de la cité athénienne, et ce à différentes échelles : celles de la cité, des dèmes, des différentes associations, des courants politiques... Pour ces raisons, le colloque international qui s'est tenu à l'université François Rabelais de Tours, les 7 et 8 mars 2005 a pris pour thème « Individus, groupes et politique à Athènes recherches et perspectives ». Les actes publiés dans le présent volume rassemblent dix-huit contributions témoignant de la continuité et des évolutions des rapports entre individus et groupes d'appartenance dans la sphère du Politique à Athènes, de l'époque archaïque à l'époque hellénistique.

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