Presses de l'Université du Québec

  • Phénomène ancien et objet de controverses dès les années 1970, la migration a surtout été appréhendée sous l'angle des flux Sud-Nord. Au cours de la décennie 2010-2020, la situation créée par les flux de « réfugiés syriens» a été particulièrement médiatisée. Elle a été présentée pour l'essentiel sous l'angle de la menace existentielle qu'elle est supposée représenter pour les sociétés d'accueil, que ce soit pour leur l'identité, leur sécurité, leur marché du travail ou leur système de protection sociale. Or, cette lecture est réductrice à plus d'un titre, car les migrations se présentent comme des configurations complexes et multiples dans l'espace et dans le temps. En effet, elles sont aussi influencées par des contextes internes, des innovations sociales et des contextes régionaux et internationaux.

    Migration et gouvernance en Afrique et ailleurs innove en adoptant une approche transnationale orientée vers les processus de mobilité, les interconnections entre les lieux de circulation ainsi que les changements induits de part et d'autre. En choisissant par ailleurs de mettre l'accent sur les aspects politiques de la migration, les auteurs du présent ouvrage mettent en lumière, dans une perspective comparée, ses ressorts et ses formes, ses modes de gouvernance institutionnelle ainsi que le vécu des migrants. Ce livre s'adresse aux spécialistes des questions migratoires tout comme aux étudiants, aux praticiens et aux décideurs politiques.

    Samadia Sadouni est maîtresse de conférences à Sciences Po Lyon et membre du laboratoire TRIANGLE (UMR 5206). Spécialisée en sociologie politique de l'international, elle travaille sur les migrations internationales, le transnationalisme religieux, le rôle des acteurs religieux dans les relations internationales et notamment dans l'action climatique.

    Mamoudou Gazibo est professeur titulaire au Département de science politique de l'Université de Montréal. Il est spécialisé en politique comparée et ses recherches portent notamment sur la démocratisation, la gouvernance, le développement et la coopération internationale.

    Avec la collaboration de Jean-Roger Abessolo Nguema, Olga V. Alexeeva, Sylvie Bredeloup, Alistair Cole, Mamadou Dimé, Mamoudou Gazibo, Olivia Legrip-Randriambelo, Lorena Núñez Carrasco, Rim Otmani, Samadia Sadouni.

  • L'opinion publique africaine sur la Cour pénale internationale (CPI), laquelle applique le droit pénal international à deux vitesses, et l'assentiment de l'Union africaine (UA) à son égard, qui projette l'instauration d'une cour qui garantirait ses intérêts, ont inspiré le présent ouvrage. Les débats actuels des médias et des arènes politiques méritent que la communauté scientifique africaine et africaniste se mobilise.

    La CPI est le premier tribunal pénal permanent et universel capable d'« exercer sa compétence à l'égard des personnes pour les crimes les plus graves ayant une portée internationale » (Statut de Rome de la CPI, article 1). Les procédures ouvertes au sujet des violations majeures commises depuis 2004 concernent principalement celles des pays africains. De ce fait, l'opinion africaine s'interroge sur l'impartialité de la CPI, déclarant qu'elle oriente ses poursuites vers les Africains (faisant preuve de « négrophobie »), tout en protégeant les Blancs (« leuchophilie »). Ces contestations appellent à quelques clarifications sur les fondements juridiques réels, voire historiques, des procédures engagées devant la CPI.

    Cet ouvrage collectif explore la position de l'Afrique sur la CPI en tentant de faire le point sur les « flétrissures » historiques non assumées ainsi que sur la pointe d'acharnement occidental vis-à-vis de l'Afrique. Il vise à faire connaître cette crise profonde qui secoue la CPI et le continent africain et qui provoque une levée de boucliers.

    Joseph Tchinda Kenfo, Ph. D. en histoire des relations internationales de l'Université de Yaoundé I (Cameroun), est analyste de commission à l'Office de consultation publique de Montréal et chercheur au Centre d'analyse et de prospective sur les Afriques (Montréal). Il est aussi cofondateur et directeur du Centre africain de recherche pour la paix et le développement durable (CARPADD) à Montréal.

    Alphonse Zozime Tamekamta, Ph. D. en histoire des relations internationales de l'Université de Yaoundé I (Cameroun), est enseignant et chercheur à Thinking Africa (Abidjan), de même que membre du Groupe de recherche et d'information sur la paix et la sécurité (Bruxelles) et du Réseau francophone de recherche sur les opérations de paix (Montréal). Il est également cofondateur et directeur adjoint du Centre africain de recherche pour la paix et le développement durable (CARPADD). Il est actuellement enseignant-assistant au Département d'histoire de l'École normale supérieure de Yaoundé (Université de Yaoundé 1).

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