Presses de l'Ifpo

  • Ce livre présente, sous forme documentaire, cinquante villes, villages, communes, banlieues et quartiers syriens qui se sont révoltés en 2011. Les textes rapportent le début du mouvement de révolte, son expansion, ses répercussions dans chaque région, et les initiatives qui rendent compte des différents aspects et évolutions du mouvement. Ce sont des oeuvres réalisées par des artistes, des activistes et des habitants des lieux cités, certains auteurs étant anonymes, qui illustrent les textes choisis.

  • Âpre, gris et austère côté Léjà, rouge, vert et doré côté Nuqrah, noir, brillant et suave côté djebel, le Hauran est un pays de contrastes. De ceux-ci est né un patrimoine d'une exceptionnelle richesse : faut-il rappeler que le théâtre romain le mieux conservé se trouve à Bosra, qu'un empereur de Rome est originaire de Shahba, qu'un magnifique nymphée est blotti au creux du wadi de Qanawat, ou encore que le musée de Suweida' renferme des trésors ? Les vestiges archéologiques de ces villes relatent une histoire mouvementée, mais ne disent que peu de choses des plus de trois cents villages de la région, autres acteurs fondamentaux de cette épopée. Et pourtant, il suffit de se rendre dans leurs vieux quartiers, de suivre les ruelles, d'escalader les monticules de blocs de basalte ou de pénétrer dans des cours dont les entrées ont été condamnées : habitations petites et grandes, temples, églises, monastères, mosquées, birkeh, citernes, mastabas, bâtiments encore mystérieux, tous les éléments constitutifs des villages existent encore, souvent dissimulés sous des constructions plus récentes. Le présent ouvrage est entièrement consacré à cette région de la Syrie du Sud. Les contributions des auteurs témoignent de l'intérêt des récents travaux sur l'habitat villageois et son environnement. En fonction des compétences de chacun, les problématiques ont été traitées au moyen de prospections, d'études territoriales, architecturales ou d'analyses du décor sculpté, sans oublier la création et la mise au point de nouveaux outils à l'aide de logiciels SIG. D'une perception territoriale large à une approche plus serrée des techniques de construction, en passant par l'organisation des villages et des habitations qu'ils contiennent, cet ouvrage permet d'esquisser avec de plus en plus de précision l'aspect des campagnes, des agglomérations et des habitations rurales du Hauran aux périodes classique et médiévale. The Hawran is a land of contrasts : harsh, grey, and austere in the Laja ; red, green, and gold in Nuqrah ; black, soft, and shining in the Jabal. These contrasts have given birth to an exceptionally rich heritage : the best-preserved Roman theatre is found at Bosra, an emperor of Rome was born in Shahba, a magnificent nymphaeum nestles in the hollow of the wadi at Qanawat, and the museum of Suweida' holds many treasures. The archaeological remains of these towns tell a colourful story, but they say little about the more than three hundred villages of the region, the other fundamental actors of this epic. Yet one only has to visit their old quarters, follow their narrow streets, climb the mounds of basalt blocs, or penetrate courtyards whose entrances have been sealed : small and large residences, temples, churches, monasteries, mosques, birkeh, cisterns, mastabas, still-mysterious buildings-the elements of the villages still exist, often hidden under more recent constructions. The present work is devoted entirely to the region of Southern Syria. The authors' papers demonstrate the interest of recent studies on village habitat and its environment. According to each scholar's specific skills, problems have been addressed by means of surveys, architectural and territorial studies, or analyses of sculpted decorations-not forgetting the creation and refinement of new tools with the help of GIS programmes. From a broad territorial overview to a more focused approach to construction techniques, via the organisation of the villages and the dwellings they contain, this volume allows us to sketch with ever greater precision the features of the countryside, settlements, and rural dwellings of the Hawran in the classical and medieval periods.

  • Les portes et les murailles de Damas, inscrites depuis 1979 au patrimoine mondial de l'Unesco, constituent aujourd'hui un témoignage unique sur les fortifications musulmanes à l'époque médiévale. Cet ouvrage se propose d'étudier cet ensemble monumental sur le temps long, depuis l'Antiquité jusqu'à l'époque mamlouke, à travers une triple approche architecturale, historique et épigraphique. Les modifications du tracé de la muraille, l'évolution des organes défensifs répondant aux évolutions techniques, la place de cette enceinte dans la société damascaine, constituent le coeur de cette étude abondamment illustrée de plans et de relevés effectués sur le terrain entre 2008 et 2011 ainsi que de photographies anciennes et contemporaines.

  • Dans ces hommages en l'honneur du Professeur Katia Zakharia, douze chercheurs de domaines très variés ont offert des contributions savantes. Ce sont là douze Séances d'histoire, de littérature et de didactique que l'on appréciera comme des Maqmt, ces récits que Katia Zakharia affectionne tant. On y découvre de savants traducteurs d'une Muallaqa en latin, de pieux graveurs de rochers au début de l'islam. On y croise aussi des fous dont la parole est écoutée, des femmes ensorceleuses à la cour de Hrn al-Rad et des eunuques dévoués à leurs maîtres. On y relit les Mille et une nuits, témoins des heurs et malheurs de ses amants, des bonnes et mauvaises fortunes de quelques unes de ses figures savantes. On pénètre dans de sombres geôles où croupissent les ennemis d'Ibn ln et ravivons, le temps d'un récit historique original, la mémoire de la première croisade. Ces Séances sont également l'occasion de questionner la langue d'un auteur égyptien francophone Albert Cossery et d'analyser les représentations liées à la langue arabe dans le contexte de son enseignement en France.

  • Beyrouth, à l'instar d'autres métropoles arabes et méditerranéennes, participe aux dynamiques de la mondialisation contemporaine grâce aux migrations internationales. Les dynamiques de la mondialisation « par le haut » et « par le bas » se croisent, se côtoient et s'ignorent dans la capitale. Les migrantes non arabes - éthiopiennes, philippines ou sri lankaises -, qui viennent travailler à Beyrouth comme domestique, introduisent dans les interstices urbains, de nouvelles altérités et de nouvelles pratiques, devenant ainsi des actrices inattendues dans et de la ville. « Hyper visibilité » et « invisibilité sociale » vont alors de pair ; le degré de visibilité interrogeant de facto le « droit à la ville » et la légitimité à se montrer, à être vu et à être reconnu. La migration reste organisée officiellement pour s'inscrire uniquement dans le cadre d'une domesticité low cost, une mobilité « invisibilisée » fondée sur un turn over très rapide. Cependant, les migrantes, par leur nombre et par contournement de leurs conditions initiales d'accueil, se sont imposées dans la capitale, dépassant partiellement les distinctions entre centre et périphérie. Dans le contexte de ségrégation et de fragmentation qui caractérise la capitale libanaise, les migrantes constituent de nouvelles figures de la citadinité beyrouthine, participant dans les intervalles de l'espace urbain à la « réinvention » de la ville. Elles interrogent in fine la notion de cosmopolitisme qu'induirait cette coprésence.

  • La construction sur l'Euphrate des barrages turcs et syriens a entraîné la disparition d'un tiers des sites hellénistiques, romains et byzantins de la vallée ; elle a modifié le rôle que le Moyen-Euphrate jouait depuis des millénaires comme axe principal de circulation et d'échanges entre la Méditerranée et la Mésopotamie. Cet essai de géographie historique se propose de poursuivre la synthèse que René Dussaud avait consacrée aux rives de l'Euphrate dans la Topographie historique de la Syrie antique et médiévale, publiée en 1927. En croisant différentes sources textuelles et documentaires, des écrits des géographes antiques aux images satellitaires, cette étude, accompagnée de nombreuses illustrations, met en valeur les dynamiques géographiques et historiques qui ont marqué l'occupation de la vallée depuis la fin du IVe s. av. J.-C. jusqu'au VIIe s.

  • La construction sur l'Euphrate des barrages turcs et syriens a entraîné la disparition d'un tiers des sites hellénistiques, romains et byzantins de la vallée ; elle a modifié le rôle que le Moyen-Euphrate jouait depuis des millénaires comme axe principal de circulation et d'échanges entre la Méditerranée et la Mésopotamie. Cet essai de géographie historique se propose de poursuivre la synthèse que René Dussaud avait consacrée aux rives de l'Euphrate dans la Topographie historique de la Syrie antique et médiévale, publiée en 1927. En croisant différentes sources textuelles et documentaires, des écrits des géographes antiques aux images satellitaires, cette étude, accompagnée de nombreuses illustrations, met en valeur les dynamiques géographiques et historiques qui ont marqué l'occupation de la vallée depuis la fin du IVe s. av. J.-C. jusqu'au VIIe s. (volume 1). Complément indispensable de l'étude d'ensemble, le catalogue (volume 2) présente 212 notices, accompagnées d'une très riche documentation graphique et photographique sur les sites archéologiques de la vallée : centres urbains, villages, forteresses, églises, monastères, nécropoles du Moyen-Euphrate durant les périodes hellénistique, romaine et byzantine. Il permet de parcourir les deux rives du fleuve, de Zeugma à Doura-Europos : ainsi se trouve rassemblée la somme des données archéologiques représentatives des profondes mutations intervenues entre la colonisation séleucide et le siècle de Justinien.

  • Phénomènes sociaux de grande ampleur, les pèlerinages ne sauraient être réduits à leur seule dimension religieuse. Ils participent en effet pleinement aux mobilités qui traversent la région, alimentant le développement touristique et les échanges commerciaux. Carrefours éphémères, évènements extraordinaires, les pèlerinages forment un creuset où viennent se croiser non seulement les hommes, mais également les biens et les idées qui essaiment au retour des pèlerins, entraînant des transformations matérielles, politiques, voire psychologiques, importantes et souvent durables. Rassemblant des foules parfois immenses, accompagnés d'intenses activités festives, ils sont à la fois défis à l'ordre public et mises à l'épreuve de l'espace public urbain qu'ils transforment et remodèlent. Les contributions réunies dans ce volume s'attachent à rendre compte, en multipliant les situations observées et les angles d'approche, de cet événement polymorphe qu'est le pèlerinage au Maghreb et au Moyen-Orient. Phénomène universel, il revêt dans cette vaste région maints traits spécifiques et il y demeure l'un des principaux vecteurs de l'intégration communautaire.

  • Ce volume vise à mettre en relief les caractères originaux de Palmyre qui passa d'une société à base tribale à une civilisation qu'influence de plus en plus l'Empire romain. Il utilise pour cela l'épigraphie greco-latine, l'épigraphie sémitique et les donnees archéologiques. La ville partage beaucoup de traits avec le reste de la province romaine, malgré sa position excentrée et ses contacts constants avec des zones moins hellénisées, mais reste empreinte des cultures « orientales » (araméenne, mais aussi arabe, iranienne, babylonienne). On peut ainsi définir l'identité de la ville et de ceux de ses habitants qui apparaissent le mieux, les notables. Ils participaient au fonctionnement de la cité grecque de Palmyre : on peut reconstituer des carrières et des familles qui monopolisaient la scène publique. L'aspect classique, gréco-romain, s'accompagne de la permanence de la culture locale (langue, art, religion, onomastique). Le commerce caravanier qui fit la gloire de Palmyre est un autre lieu où étudier le rôle des notables et leur influence, hors de la cité et dans l'Empire. À Palmyre même, on peut cartographier leur position sociale grâce à ce qu'ils ont bâti selon les modalités propres à l'évergétisme de Palmyre. Les notables étaient de plus entourés de catégories de population plus discrètes dans les sources (femmes ou affranchis), mais dont l'existence et l'activité n'etaient pas négligeables (ainsi la reine Zénobie). Les notables, par-delà leur propre vie, mettaient en scène la puissance de leur famille, par des constructions de tombeaux. Ces monuments sont aussi le signe d'une pénétration peut-être de plus en plus forte de coutumes qui ont leur origine dans l'Empire romain, sans que disparaissent en aucune manière les traditions originales, en premier lieu l'usage de l'araméen.

  • Par ce choix d'inscriptions grecques et latines de la Syrie, une équipe d'historiens offre au lecteur curieux du passé des documents variés et souvent inattendus, qui portent sur la période comprise entre le IIIe siècle av. J.-C. et le XIe siècle apr. J.-C. Certains de ces documents intéressent l'histoire politique, les institutions, l'économie, la vie militaire, la piété ou l'organisation du réseau routier. D'autres nous parlent simplement des hommes : ainsi, l'épitaphe de cette Gauloise, née à Rouen, épouse d'un officier, qui mourut dans le Hauran, à l'autre bout de l'Empire. La difficulté du quotidien est aussi révélée par une étonnante chronique sur mosaïque qui signale que le 27 janvier 499 « il y eut de fortes neiges et les arbres à olives du territoire d'Apamée se rompirent ». Les hommes chantaient la générosité de la terre en des formules enthousiastes, tels ces vers latins - précédés d'une croix - gravés sur la façade d'un pressoir : « Tu vois les sucs pareils au nectar, présents de Bacchus, que la vigne a produits, revigorée par un chaud soleil ». Les hommes de l'Antiquité ont beaucoup confié à la pierre ; leurs inscriptions, gravées sur divers supports ou dessinées sur les tapis de mosaïque, constituent l'une des sources majeures de l'histoire de la Syrie. Scrupuleusement replacés dans leur contexte archéologique, géographique et historique, tous ces documents invitent à la découverte d'un pays et d'une histoire.

  • Le roman s'est affirmé au XXe siècle comme un élément incontournable dans le champ culturel syrien, particulièrement à partir des années 70. La période, en effet, est le théâtre d'un développement quantitatif et qualitatif notable dans la production romanesque. Les écrivains prennent alors leurs distances avec le réalisme antérieur et tentent d'établir un nouveau rapport entre vécu national, patrimoine arabe et littérature mondiale, dans une volonté de renouvellement des modes d'écriture. À partir d'un corpus de romans syriens, la présente étude analyse le fonctionnement des textes narratifs et les procédés d'écriture qu'ils utilisent. Elle tente de montrer, en dialoguant avec les oeuvres, les évolutions qu'a connues la production romanesque syrienne de 1967 jusqu'aux années 90, ouvrant la voie aux écrivains du XXIe siècle.

  • L'ouvrage inaugure la nouvelle collection de l'Institut, Les Cahiers de l'Ifpo. Cette première édition des Cahiers de l'IFPO est consacrée aux espaces partagés et pratiques de rencontre au Liban, sans que prédomine, à nos yeux, dans les notions de partage et de rencontre, le caractère positif ou neutre de l'un, la valeur de mise en commun ou de division pour l'autre. À travers ce recours à une métaphore idéelle qui relie espace et pratique, ce sont différentes formes de relations et de liens sociaux qui sont ici présentées, selon des échelles variées mais au plus près des situations de sociabilité, depuis l'usage du téléphone portable et les visites de condoléances jusqu'aux relations « inter-communautaires » au sein d'une entreprise ou dans la Montagne libanaise. La territorialisation des appartenances combine un registre complexe où se mêlent la symbolique des lieux, leurs liens à l'histoire communautaire et nationale, leurs formes d'appropriation, parfois violentes, et les réalités sociologiques par essence fluctuantes. Tel quartier de la capitale qualifié de « sunnite » ou de « chrétien » est en proie à des enjeux d'autant plus redoublés que le « socle » communautaire sur lequel se sont construites ses affiliations politiques et ses représentations symboliques s'est largement effrité depuis ces trente dernières années. Le système électoral en vigueur, qui maintient le lien politique et symbolique à la localité d'« origine », entretient cette fixation « communautaire » tout en lui faisant subir des distorsions du fait des évolutions démographiques qui concourent à rendre plus homogènes ou hétérogènes les populations de ces lieux. Les études et témoignages rassemblés dans cet ouvrage permettent de saisir un état du communautarisme libanais qui ne peut être dissocié de la crise politique qui a secoué le pays entre l'assassinat de Rafic Hariri, le 14 février 2005, et l'élection d'un nouveau président de la République le 25 mai 2008. La recherche sur les différents avatars de ce communautarisme, depuis la fin de la guerre civile en 1990, a tenté de scruter ses actualisations dans les différents domaines du politique, sans vraiment prendre en compte ses conséquences au niveau des relations sociales, si ce n'est par le recours aux notions générales de « polarisations », « crispations » ou « replis » communautaires. L'apport de cet ouvrage est précisément de déplacer la réflexion sur le terrain des pratiques sociales à travers des situations précises et localisées, loin des stéréotypes et des amalgames.

  • Les pièces de Sa'dallah Wannous dites de la deuxième période (1967-1978 ) sont au centre du présent ouvrage. Durant cette deuxième période, Wannous avait pour objectif de libérer son spectateur de ses appréhensions vis-à-vis du théâtre. Par le biais de ce qu'il appelle le théâtre de la politisation, Wannous voulait impliquer le spectateur dans le processus théâtral et susciter ainsi en lui des conclusions et des décisions justes. Cette étude s'attache à décrire les indices linguistiques qui révèlent concrètement la présence du spectateur dans les textes dramatiques de cette période. Cette implication du spectateur chez Wannous a certes été unanimement constatée par les critiques dramatiques et les professionnels du théâtre, mais n'a pas pour autant fait jusqu'à présent l'objet d'une étude systématique. L'objectif de cet ouvrage est par conséquent de proposer une description des éléments qui renvoient à la présence du spectateur dans ces pièces.

  • De Pétra à Baalbek, en passant par Palmyre, la pierre est omniprésente au Proche-Orient. Presque tous les monuments de la région sont issus des carrières et la plupart de leurs caractères techniques sont étroitement dépendants des conditions géologiques et des techniques propres à ces exploitations. Comment imaginer l'usage de mégalithes à Baalbek si la roche locale n'avait présenté que des strates fragmentées et de faible épaisseur ? Si la production en série modulaire des blocs des fortifications hellénistiques de la côte méditerranéenne a été décidée, c'est grâce à la relative homogénéité des grès dunaires. L'absence de colonnes monolithes en gypse dans les sites de la vallée de l'Euphrate syrien ne tient pas à une décision architecturale, mais à l'impossibilité d'extraire de longs monolithes dans cette roche. La bichromie des monuments d'époque islamique se trouve essentiellement dans les zones géologiques où l'on peut extraire, à peu de distance, du calcaire clair et du basalte. Les pierres décoratives importées de diverses contrées présentent également des aspects spécifiques à leur type de gisement et à leur mode d'exploitation. Tel est le cas des colonnes de marbre cipolin dont l'esthétique finale est déjà déterminée, dès la carrière, par la manière d'isoler leur volume dans la masse rocheuse en anticipant la position de leurs veines vertes et grises. Par ailleurs, que sait-on sur les carriers antiques et médiévaux de la région ? Très peu de chose, si l'on en juge par l'extrême rareté des études historiques et archéologiques qui abordent ce thème. Les sources antiques et médiévales sont quasiment muettes à leur sujet. Les archéologues les assimilent souvent aux mineurs qui ne font que briser la roche pour en extraire le minerai sans intervenir sur la suite du processus de fabrication, alors que les carriers sont, au contraire, en interrelations étroites avec les chantiers de construction : ils exécutent les commandes après avoir défini pour les constructeurs, les possibilités techniques et esthétiques de la production de leur carrière. La rareté des informations sur les carrières de pierre tient d'abord au manque de sensibilisation des archéologues à leur sujet : peu connaissent la problématique archéologique des chantiers d'extraction et les résultats potentiels que peut apporter leur fouille stratigraphique. Les méthodes de fouille doivent être également adaptées aux carrières. Mais, dans la périphérie des zones urbaines, face à la transformation rapide des anciennes carrières en dépotoir, il est indispensable d'engager des prospections et des inventaires. Ces investigations doivent être accompagnées de descriptions précises des structures rocheuses encore visibles dans ces sites. Il existe pour cela un vocabulaire bien spécifique à ce domaine mais très mal connu, aussi bien en français qu'en arabe. L'objectif du présent ouvrage est de proposer un outil linguistique et technique illustré afin d'élargir les recherches dans cette discipline, où elles ne sont qu'embryonnaires. La technicité du sujet impliquait la présentation de nombreuses illustrations et une édition en format réduit pour faciliter l'usage de ce glossaire sur le terrain. Malgré tous nos efforts en vue de l'exhaustivité, il restera néanmoins quelques lacunes, dont nous prions les lecteurs de bien vouloir nous excuser.

  • Cet ouvrage présente l'histoire de l'urbanisme de Beyrouth entre la période de l'indépendance et le début de la guerre civile libanaise. Il met l'accent sur l'ambitieuse présidence réformiste de Fouad Chéhab, moment fondateur de la construction de l'État au Liban, souvent invoquée, admirée, regrettée, parfois aussi décriée pour ses échecs et ses ambitions déçues, notamment dans le domaine social et urbanistique. Cette période mérite d'être analysée pour elle-même plutôt que comme un âge d'or, une parenthèse ou la cause des malheurs qui l'ont suivi. L'urbanisme fut une des utopies de l'époque. Ce livre s'efforce de restituer l'originalité de cette période dans un cadre plus large, celui de l'urbanisme dans les pays arabes accédant à l'indépendance. Il insiste sur la dimension politique des projets urbains et sur leur contribution à la construction d'un État moderne, garant du développement. Ces plans firent face à l'opposition de forces sociales multiples, allant des habitants mal logés aux spéculateurs fonciers. Il en résulta de nombreux renoncements : Beyrouth est largement restée, à cette époque, une ville en plans. Une place privilégiée est accordée aux professionnels de l'urbanisme, architectes et ingénieurs, qui se reconnurent et s'investirent dans ce projet mais l'infléchirent aussi par leurs conceptions modernistes et élitistes. Face aux experts français, comme le Père Lebret ou Michel Écochard, les professionnels libanais s'imposèrent dans les administrations et les conseils et prirent en charge la conception des plans et leur réalisation. Ils construisirent un imaginaire aménageur qui perdura par delà le temps de la guerre pour hanter les projets et contre-projets de la reconstruction.

  • Abdel Rahman Mounif (1933-2004) compte sans conteste parmi les grands romanciers arabes du XXe siècle. Il est l'auteur de quinze romans, deux recueils de nouvelles et divers ouvrages de critique littéraire et artistique, d'histoire, de sciences politiques, ou encore d'économie. Paradoxalement, un seul de ses romans (À l'est de la Méditerranée) a été à ce jour traduit en français. Al-Nihâyât (Les Fins) est un roman du désert, espace privilégié de la littérature arabe classique, mais souvent négligé des romanciers contemporains. Il occupe une place singulière tant dans l'oeuvre de Mounif que dans la production arabe romanesque contemporaine. Cette édition bilingue, accompagnée d'une présentation de l'oeuvre de Mounif, contribuera à mieux faire connaître cette figure majeure de la littérature arabe moderne.

  • Entre la conquête du Proche-Orient par Rome au premier siècle avant Jésus-Christ et la fermeture des temples au quatrième siècle de l'ère chrétienne, les montagnes du Liban se couvrent de nombreux sanctuaires païens. Ces lieux de culte entre ciel et terre ont attiré l'attention des voyageurs et des savants depuis l'Antiquité : « je suis aussi monté vers le Liban depuis Byblos, à une journée de marche, après avoir appris qu'il se trouvait là un ancien temple d'Aphrodite », peut-on lire dans le De Dea Syria, traité rédigé en grec à l'époque romaine, qui relate une visite au célèbre site d'Afqa, à la source du fleuve Adonis. Julien Aliquot invite le lecteur à découvrir à son tour les cultes et les sanctuaires libanais en tirant parti d'une documentation renouvelée par les travaux archéologiques et épigraphiques les plus récents. Son enquête constitue la première étude d'ensemble sur la vie religieuse au Liban sous l'Empire romain. Au croisement de l'histoire et de l'archéologie, elle est complétée du catalogue des cent vingt lieux de culte de la région. L'ouvrage se place dans la perspective de l'histoire des religions et des sociétés du monde romain. Il contribue aux recherches sur l'hellénisation et la romanisation du Proche-Orient.

  • Les faubourgs historiques de Damas qui sont l'objet de cette étude ont été et demeurent depuis 1979 au coeur des recherches menées à l'Ifpo par le Programme du Vieux Damas. Ils ont été également à l'origine du travail d'analyse méticuleux et raisonné mené pendant plus de dix ans par Yves Roujon et Luc Vilan au cours de leur encadrement pédagogique de « l'Atelier de Damas » aux Écoles d'Architecture de Versailles et de Belleville. Ce long exercice de terrain a permis d'élaborer et de présenter dans cet ouvrage des propositions alternatives à la dégradation actuelle conduisant à la ruine des structures anciennes ; ces propositions sont mises à la disposition des autorités locales responsables de la protection du patrimoine urbain de Damas. Elles constituent une approche dynamique de la ville intégrant la prise en compte du patrimoine historique dans l'aménagement de Damas extra-muros. Ce travail est un modèle élaboré, mûrement réfléchi, qui peut être étendu (voire partiellement reproductible) à d'autres villes de la région.

  • Bagdad, grande métropole du monde arabo-musulman médiéval et siège du califat abbasside, fut au milieu du ve/xie siècle intégrée à l'empire oriental des Turcs seldjoukides. Restaurateurs du sunnisme, les sultans seldjoukides résidèrent peu à Bagdad, mais ils y fondèrent des institutions nouvelles : les madrasas, encouragèrent l'essor du soufisme et participèrent au développement urbain. Cette étude d'histoire sociale, fondée sur une approche prosopographique des sources arabes, décrit différents groupes élitaires bagdadiens et s'intéresse à leur fonctionnement (distinction, reproduction, rôle des lignages). À travers l'apparition de nouvelles élites administratives et militaires au service des Abbassides, elle retrace le phénomène progressif de redressement califal qui marqua le vie/xiie siècle. L'étude du cadre urbain fait apparaître Bagdad comme une ville en évolution permanente, marquée par l'interaction constante des élites avec le contexte urbain dont elles étaient issues.

  • Ce recueil est issu des travaux d'un colloque tenu à Beyrouth les 8 et 9 juin 2015. L'idée initiale était d'exposer quelques-unes des évolutions en cours dans le champ de l'économie du développement en présentant les outils théoriques nécessaires à leur compréhension. Or, les évolutions en question nous éloignent des schémas classiques qui marquent actuellement leurs limites. De la crise économique qui débute en 2008 et des errements et soubresauts des prix des matières premières, aux différents soulèvements et violences qui meurtrissent l'actualité, rarement le champ de la recherche économique et sociale n'a été aussi fortement sollicité pour renouveler ses outils d'analyse. C'est à cet effort que se consacre l'ouvrage, avec une partie méthodologique et critique inspirée de l'oeuvre de Veblen et une deuxième partie consacrée à des études ciblées qui permettent de tester la pertinence de l'approche proposée.

  • ,

    . - . . . . . 2005 . : . . - - - . 2006 . (Eric Verdeil) ( ) (Ifpo). . (Sébastien Velut) (IRD) .

  • After fifteen years of reconstruction in a relatively peaceful environment spanning the years 1990 to 2004, Lebanon has experienced successive violent political events resulting from complex entangled internal and external struggles. The Syrian crisis and its political, economic and demographic consequences on Lebanon have increased these tensions. This atlas sheds light on these new challenges and adds new data that complete the analyses already published in the Atlas du Liban. Territoires et société (Atlas of Lebanon. Territories and Society) released in 2007 by the same research team. Some of its components are included in this edition. Beyond the international regional crisis and the population movements, it takes into account Lebanon's socio-economic dimensions, the environmental issues linked to uncontrolled urbanization and to natural risks, as well as conflicts due to local territorial management. This atlas is the result of a collaborative endeavor between French and Lebanese researchers. It uses a geographical approach that puts in the foreground a spatial analysis of social and natural phenomena. Public sources are scarce in Lebanon, especially at the local scale. They are sometimes less reliable and difficult to access. It is particularly the case for the Lebanese census data, conversely data are abundantly available on the refugees population, which is less known than the population of refugees. International data help compare Lebanon to its neighbors. Thematic data produced by some ministries are helpful to provide a detailed view regarding specific domains. Analyses processed on aerial and satellite images have produced essential data on urbanization and environment. Local thematic fieldwork surveys have provided additional data. The book consists of seven chapters. The first one deals with the territorial state-building seen in the light of regional geopolitics, and emphasizes internal violence and the reemergence of militias and armed groups that fight each other and the state army. Lebanon is once again perceived as a territory divided between multiple allegiances. The second chapter is devoted to the analysis of population dynamics, despite the lack of reliable data whose sources are subject to discussion. It includes analyses of internal population flows, the Lebanese diaspora, and the assessment of Syrian refugees' influx. The third chapter shows the fragility of the Lebanese economic model. Its dependency on foreign investments and on the remittances of the diaspora, as well as the deadlocks of industry and agriculture, which aggravate social imbalances. The fourth chapter is an assessment of urbanization in the country, which has increased by 80% in surface in twenty years at the expense of natural spaces and agriculture. The shore is highly coveted and widely artificialized and damaged. Multiple signs of environmental degradation are examined in chapter five. They seem to announce the global climate change and its local effects. In addition to that, there is a direct link between massive urbanization and many risks, measured and mapped in an increasingly detailed way. Chapter six tackles the dysfunctional public services that exploit natural resources: water and energy supply, both marked by massive shortages, and the management of solid waste hit by a serious crisis. The seventh and last chapter studies the mutations of the local territorial management, which is marked by the retreat of the state, if not its marginalization, and the rise of other actors, notably municipalities, local powers and also civil society organizations.After fifteen years of reconstruction in a relatively peaceful environment spanning the years 1990 to 2004, Lebanon has experienced successive violent political events resulting from complex entangled internal and external struggles. The Syrian crisis and its political, economic and demographic consequences on Lebanon have increased these tensions. This atlas sheds light on...

  • Comment un modeste quartier résidentiel, né à l'époque du Mandat français, est-il devenu un des centres de la vie intellectuelle et politique syrienne des années 1950-1960, puis un conservatoire de l'architecture et de l'espace urbains modernes ainsi que le principal lieu de commerces et de loisirs du centre ville de Damas ? Chaalan, quartier cosmopolite et espace de modernité sociale et architecturale dès sa formation, occupe en effet une place particulière dans l'évolution générale de la capitale syrienne. Cet ouvrage, résultat d'une recherche collective et pluridisciplinaire menée principalement entre 2005 et 2010 par une équipe franco-syrienne, propose de reconstituer l'histoire de ce « morceau de ville » en remontant dans la mémoire de ses familles fondatrices et de certains de ses habitants les plus anciens. Il propose aussi de rendre compte des principales mutations qu'a connues le quartier et de développer enfin une réflexion sur les notions de patrimoine habité et de patrimoine immatériel, réflexion qui pourrait permettre de répondre, en ces temps sombres que traverse la Syrie, à des questions comparables que posent aussi bien la préservation d'autres quartiers de Damas datant de la même époque que la reconstruction des villes syriennes affectées par la guerre.

  • Présentation
    Fort de la confiance d'Anastase Ier, le moine Sévère, brillant polémiste antichalcédonien et cyrillien de stricte observance, devient patriarche d'Antioche en 512 et se maintient sur ce siège apostolique jusqu'à la mort de l'empereur (518). Dans le cadre formel de l'Hénotique, il entend faire prévaloir son hostilité au dogme des deux natures du Christ, ralliant autour de lui l'ensemble des évêques orientaux, en accord doctrinal avec les patriarches d'Alexandrie et de Constantinople. La constitution de cette « communion sévérienne » nous renseigne sur le fonctionnement institutionnel du patriarcat d'Antioche au début du VIe siècle, sur les principaux organes de son gouvernement, et sur la condition juridique et sociale des clercs et des moines. Parallèlement, les homélies cathédrales de Sévère documentent la liturgie alors en usage à Antioche et son évolution, la topographie religieuse de la ville, ainsi que la société urbaine et sa vie quotidienne, montrant d'ailleurs les limites spirituelles et morales qu'y rencontre encore la prédication chrétienne. Il en va de même pour le diocèse oriental dans son ensemble, où la correspondance du patriarche et diverses sources parallèles font état de résistances païennes, d'évangélisation toujours nécessaire, de dissidences religieuses, notamment juive et manichéenne, et d'oppositions dogmatiques bien localisées. Parfois violentes, ces dernières annoncent d'ailleurs le renversement politique qui sera concrétisé par l'avènement de Justin Ier, la chute de Sévère et la fin de l'Hénotique.

    Armed with the trust of Anastasius I, Severus the monk, a brilliant anti-Chalcedonian and Cyrillian polemicist of strict observance, became Patriarch of Antioch in 512, and remained in this apostolic seat until the death of the emperor (518). Within the formal context of the Henoticon, he intended to ensure hostility to the dogma of the tow natures of Christ, by rallying all the Eastern bishops around himself, in accord with the Patriarchs of Alexandria and Constantinople. The constitution of this «Severan communion» gives us information on the institutional functioning of the Patriarchate of Antioch at the beginning of the 6th century, on the principal organs of its goverment, and on the juridical and social condition of prelates and monks. At the same time, Severus' cathedral homilies document the liturgy in use at Antioch, as well as its evolution, the religious topography of the city, and urban society and its daily life; this, moreover, gives us a glimpse of the spiritual and moral limits that Christianity still encountered there. The same holds true for the entire Oriental diocese, where the Patriarch's correspondance and various parallel sources attest pagan resistances, the continuing need for evangelization, religious dissidence - in particular, Jewish and Manichaean - and highly localized dogmatic oppositions. Sometimes violent, these announce the political reversal that was to be concretized by the coming to power of Justin I, the fall of Severus, and the fall of the Henoticon.


    Sommaire
    Liminaire : La vie de Sévère d'Antioche
    Première partie : Les institutions du patriarcat sévérien
    I. Le siège d'Antioche
    II. Le clergé et les moines
    III. L'Église d'Antioche dans l'Empire : Sévère et les autorités séculières
    Deuxième partie : L'évèque en sa ville
    I. Le temps chrétien : encadrement liturgique du peuple d'Antioche
    II. L'espace chrétien : éléments de topographie religieuse antiochienne
    III. Un projet chrétien pour le peuple d'Antioche : la pastorale de Sévère
    IV. Réalités sociales : les limites de la cité chrétienne
    Troisième partie : Le Patriarche d'Orient
    I. L'autorité d'Antioche
    II. Les événements
    III. La christianisation du diocèse oriental
    Quatrième partie : Oppositions et dissidences
    I. Les Juifs
    II. Les Manichéens
    III. Chrétiens déviants et adversaires christologiques
    Conclusion générale

empty