Presses Universitaires de France

  • Le « retour à Freud » de Lacan est lié en partie, selon l'auteur, à sa rencontre avec l'anthropologie de Lévi-Strauss. Analysant l'itinéraire de ce retour, l'auteur montre tout ce que Lacan doit à Lévi-Strauss dans le progrès de son élaboration théorique (de l'imaginaire au symbolique, l'invention du « nom du père ») comme au coeur de la clinique. Le lecteur rencontrera un Lacan blessé par les épreuves, scission, excommunication et autres... Le but de ce livre est de raconter cette histoire : « Jadis, l'esprit du père mort de la psychanalyse revint par les sentiers de l'anthropologie de Lévi-Strauss. »

  • Le trajet de pensée d'Emmanuel Levinas se trouve ici ressaisi à la fois dans l'élan de ses avancées et la cohérence de son écriture. L'auteur retrace d'abord le cheminement d'une pensée qui s'élève de l'aventure anthropologique de la temporalité à l'intrigue de responsabilité éthique qui s'y dessine, avant de se risquer à évoquer la signifiance théologique du témoignage prophétique inscrit dans les Écritures bibliques.
    Il tente ensuite d'exhiber la logique paradoxale qui sous-tend tout ce parcours : le devenir-philosophe s'y avère inséparable d'un être-juif qui ne se soustrait pas à la pratique du discours argumenté, mais qui le met à l'épreuve d'une rhétorique de l'excès rebelle à toute souveraineté magistrale.
    Le sens de la transcendance ne cesse de renaître, toujours autrement, de l'entretien infini qu'inaugure, en nous et entre nous, cette écriture de feu.

  • Le but de ce livre est d'examiner, dans la philosophie morale anglaise contemporaine, cette tension qu'entretiennent les notions de valeur et d'invidualité : depuis Moore avec les Principia Ethica jusqu'à la philosophie analytique qui s'en est inspirée, en passant par Iris Murdoch. C'est donc une nouvelle analyse de la valeur de l'individualité dans la philosophie morale anglaise qui est ici inaugurée.

  • Au centre de ce livre : la différence sexuelle dans les écrits d'Emmanuel Levinas. Différence qui hante la philosophie depuis ses débuts mais dérange les systèmes de pensée. Le féminin serait alors un nom pour ce reste qui échappe aux systèmes de pensée. L'enjeu de Levinas consistant à penser l'Autre comme irréductible au Même, il rompt avec l'apparente neutralité du sujet philosophique. Il établit corrélativement un rapport entre la femme, le féminin et l'hospitalité. À travers l'irruption du féminin, de la voix féminine dans le champ philosophique, le présent ouvrage propose une nouvelle image de la pensée. À partir de l'examen de la différence des sexes comme douce défaillance, se trouve dégagée la subjectivité au féminin qui ramène à l'immémorial. De cet examen, à la fois précis et vivant, de ses occurrences dans le texte de Levinas, émerge la trace du féminin dans l'un des textes majeurs de la philosophie contemporaine de l'altérité.

  • Une « religion purement intellectuelle », nous dit Pascal, serait certes capable de satisfaire des esprits éclairés, « mais elle ne servirait pas au peuple ». Si certains intellectuels ont réussi pourtant à se reconnaître dans les grandes religions universelles comme le judaïsme ou le christianisme, religions qui étaient loin d'être « purement » intellectuelles, c'est d'abord parce qu'ils détenaient les moyens de réinterpréter le message religieux en fonction de leurs propres besoins. La philosophie, en particulier, leur a permis de concilier de très nombreuses attentes au sein de leur confession, celles de croyants profanes et celles de croyants lettrés, et même, hors de leur confession, celles de lettrés croyants, voire non croyants.
    Les études de cas présentées ici réunissent trois figures : Emmanuel Levinas (le plus longuement abordé), Hermann Cohen et Jules Lachelier, qui ont en commun une posture antimystique. Pour eux, le contact avec l'Absolu ne passe pas par les voies de l'affect mais par celles de l'abstraction, de l'esprit, de l'étude, de l'effort sur soi-même. C'est sans doute ce qui procure une allure universelle à leur message, indissociablement philosophique et religieux.
    Fondé sur des études précises, cet ouvrage se propose, loin des débats du jour sur le retour du religieux ou l'avenir des religions, d'apporter une contribution sociologique à la connaissance des formes de religiosité des intellectuels.

  • Comment se fait-il que, dans tous les systèmes de morale, l'auteur passe des habituelles copules de propositions est et n'est pas à doit ou ne doit pas ? En formulant cette question, à la fois élémentaire et fondamentale, dans son Traité de la nature humaine, Hume lance un défi majeur, celui de penser le passage de l'être au devoir-être au plan de l'énoncé, soit le passage de l'indicatif à l'impératif et, au-delà, de l'énonciatif au normatif. Il s'avère possible d'y répondre en mobilisant aussi bien la tradition phénoménologique que la philosophie analytique, sans négliger les apports de la logique contemporaine. De l'examen des différents niveaux et des différentes modalités de ce passage problématique, il ressort qu'il n'est pas nécessairement abusif. Cette enquête sur l'articulation de l'énonciatif au normatif jette un pont entre la réflexion logique contemporaine, renouvelée par la théorie des actes de langage, les logiques déontiques et les sémantiques des mondes possibles d'une part, la réflexion sur les fondements de la rationalité morale et juridique d'autre part. L'examen de L'erreur de Hume ouvre ainsi de nouveaux horizons à la conception contemporaine du fait et de la norme.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Si le rejet haineux de la mère est la condition d'entrée des filles dans le registre oedipien, comment cette même fille pourrait-elle donc sortir de l'oedipe par la voie de l'idéalisation de la mère ? Ici réside l'aporie rendant fort difficile de faire de la mère l'avenir idéal de la femme comme le voulait Freud exprimant enfin sa perplexité par cette question, qui depuis hante le monde psychanalytique : Que veut la femme ?
    Cette question a d'importantes incidences sociales, puisque tous s'aperçoivent aujourd'hui de la place du désir des femmes dans les réorganisations de la modernité. Il était donc urgent de reprendre ce dossier pour sortir de l'impasse freudienne et avec les autres sciences sociales désenclaver sur ce point la psychanalyse.
    Après avoir examiné de manière critique les textes de l'anthropologie freudienne, et après avoir situé ce qui dans la réponse de Freud au Que veut la femme ? apparaît comme peu convaincant (y compris pour Freud lui-même), M. Zafiropoulos montre tout l'intérêt qu'il y a à emprunter la solution de Lacan disjoignant radicalement le désir de la femme des satisfactions maternelles.

  • Montaigne est-il seulement un philosophe sceptique comme on le présente généralement ? Les Essais sont d'abord une extraordinaire enquête sur la puissance de l'esprit que d'ailleurs Montaigne distingue soigneusement de la raison. Livré à lui-même, l'esprit invente, croit, divague... Comment régler cette puissance fantasque ? Les coutumes, la sagesse du corps, l'art de conférer offrent des réponses, mais le fond de l'esprit est "générosité", notion dont Montaigne mesure la féconde ambiguïté : l'éthique de la générosité limite le scepticisme, elle permet l'action parfois jusqu'à l'intransigeance s'il le faut. Le sujet propre de cet ouvrage est donc le rapport profond qui lie, chez Montaigne, la question du scepticisme et celle des règles de l'esprit. Il s'agit de mettre en lumière cette thèse philosophique fondamentale de Montaigne, en vérité presque jamais défendue, et de libérer sa pensée d'une réduction à la seule dimension sceptique.

  • Notre fréquentation du monde se meut aisément entre deux pôles de la mondanité : d'un côté le monde objectivé, le monde « en soi », un monde « sans nous » ou du moins un monde qui est le même pour tous ; de l'autre le monde qui se manifeste à nous, un monde qui se touche, se saisit, se prête à l'action et à la passion, bref un monde familier et « fait pour nous ».
    Leibniz hérite pleinement de l'exigence philosophique d'objectivation, présente de longue date, et se définit par conséquent comme théoricien de la substance, la catégorie basique du monde objectivé depuis la philosophie grecque. D'un autre côté, il façonne à nouveaux frais l'approche du monde manifeste. En effet, par sa reconfiguration du thème des apparences ou des phénomènes, il confère à ceux-ci une consistance et une assise complètement originales, dont ils restaient dépourvus dans le scepticisme qui avait jusque-là déterminé l'approche du monde manifeste.
    Se targuant toujours en matière philosophique « d'aller plus loin qu'on n'est allé encore », Leibniz resitue le monde objectivé et l'écarte rigoureusement du monde manifeste ; il s'efforce dans le même temps de rattacher ce dernier à ses fondements objectifs, et donc de penser la relation complexe qui les unit.
    Poursuivant les directions de travail ainsi esquissées, la présente enquête éclaire trois types de raisonnements : ceux qui circonscrivent l'étoffe même du monde manifeste, ceux qui mènent du monde manifeste au monde objectivé des substances, et ceux qui retracent en sens inverse la production du monde manifeste à partir de ses fondements dans le monde objectivé. Cette enquête ouvre toute grande la porte de l'extraordinaire laboratoire d'idées de la philosophie du XVIIe siècle, et montre les effets, jusqu'à aujourd'hui, de la révolution intellectuelle que celle-ci a préparée.

  • C'est un fait que Bergson eut des responsabilités politiques pendant la Première Guerre mondiale, ce qui mettait le métaphysicien en position d'intervention active pour des enjeux aussi déterminants de la politique du siècle que le destin de la révolution russe, la création du foyer national juif en Palestine ou l'entrée des Etats-Unis sur la scène de l'histoire mondiale.

  • Platon pourrait-il être considéré comme le précurseur de la grammaire philosophique - cette discipline à laquelle la philosophie analytique a donné ses titres de noblesse ? Cette question, reprise à partir de la tentative méconnue de Gilbert Ryle, dans l'horizon de la philosophie de Russell et du second Wittgenstein, est examinée ici à travers une étude minutieuse de la philosophie, du langage du Sophiste, et de ses présupposés dans le Cratyle. C'est, plus précisément, la sémantique catégoriale articulée à la théorie des idées, qui est soumise à l'examen. De la réévaluation de l'outil du langage à la signification des phrases fausses, c'est la voie d'une sémantique de l'énoncé qui s'ouvre sous la forme d'un projet catégorial. Cette relecture d'une lecture de Platon, en ses acquis et ses limites, permet aussi bien de revenir au coeur même du problème avec lequel s'explique son oeuvre : celui d'une grammaire du sens. Tout se passe comme si le philosophe grec pressentait notre distinction moderne entre forme logique et forme grammaticale du langage. Avec les genres suprêmes, il s'agit d'une logique non analytique dominée par la figure de l'Autre - ce qui ouvre la voie au mathème : question de la liaison de sens que constitue l'énoncé, par où se trouve élaboré un au-delà de la mimesis. C'est ainsi une oeuvre fondatrice de la philosophie qui est mise en débat avec des schèmes analytiques - au moyen d'une construction qui réfléchit les rapports entre l'oeuvre, la méthode de lecture et la tradition. Ainsi se trouve fixé le seuil où la fondation platonicienne peut faire retour dans la modernité philosophique.

  • Etude du contenu et de la genèse de la notion de sujet dans la pensée d'Emmanuel Levinas, qui habite de plus en plus les oeuvres du philosophe : on voit ainsi se constituer, de façon aussi nuancée que rigoureuse, la fonction de sujet en sa dimension éthiq

  • La représentation, pierre de touche de l'État démocratique moderne, est-elle un concept rationnellement analysable ou le mystère constitutif du logos politique ? Une généalogie de la théorie de la représentation contenue dans le Léviathan, dont elle est la clé de voûte, telle que la propose la présente étude, s'avère un révélateur privilégié de cette question majeure. L'analyse précise des présupposés, de la structure et des conséquences de la théorie hobbienne, permet de repérer le thème de la personne fictive ou artificielle comme déterminante pour cette problématique - ce qui requiert l'examen des filiations, refontes et polémiques menées par l'artificialisme et le matérialisme. Là, se dessine le destin de l'individualisme dans la modernité politique. Une fois restitué dans la problématique qui lui est propre, Hobbes se révèle, dans un second temps, éminemment éclairant pour les enjeux du séisme politique que constituera la Révolution française : la volonté générale rousseauiste, la Déclaration de 1789, les thèses sur la représentation de Madison ou Sieyès, sont réexaminées à partir du terrain de Hobbes. Il se révèle ainsi que le moment hobbien reste consubstantiel de l'actualité de la théorie politique. L'examen de ses apories vaut donc ipso facto comme élucidation de certaines contradictions du présent de la philosophie politique, à travers son point aveugle : la représentation.

  • Le but du présent ouvrage est d'introduire à la philosophie de Charles Sanders Peirce (1839-1914), à travers une question longtemps restée mystérieuse : celle de la logique du vague. Ce thème semble assurer l'unité de cette oeuvre complexe et multiforme, dont on commence à entrevoir la portée. Il a été longtemps impossible d'écrire en philosophe sur Peirce : celui-ci, considéré comme pionnier de la sémiotique, réduit au rôle de précurseur, de la logique contemporaine ou du positivisme logique, est en fait l'auteur d'un système ambitieux qu'il tenta toute sa vie d'édifier. La présente enquête, fondée sur un examen précis de ces textes méconnus, consiste à aborder la théorie générale du signe et de la signification, en liaison avec les problématiques de Husserl, de Frege ou de Russell. Le départ en est fourni par l'examen de la part assignée dans la sémiotique à la grammaire pure : celui-ci mène, par la dérobade du sens, à la pragmatique de la proposition, puis à l'invention du sujet logique, pour aboutir à la théorie de la quantification qui permet de nommer le vague. Le lecteur français peut dès lors disposer d'une entrée dans un projet philosophique d'envergure, dont l'inventivité logique et la profondeur métaphysique évoquent Leibniz. Sa contribution à la philosophie analytique contemporaine apparaît à travers ce thème du vague qui en fournit l'accès privilégié.

  • Le nom de Comte est attaché à la philosophie de la science qui se réfère au positivisme. Mais le comtisme reste à redécouvrir : la pensée de Comte s'efforce de réaliser l'ambition philosophique de réunir les savoirs et de fonder une éthique, une polit

  • Philosophie, poésie, mystique : entre ces champs divers de la connaissance et de l'action, le présent ouvrage, en décrivant l'efflorescence des formes montre l'implication de l'esthétique littéraire dans la philosophie d'aujourd'hui.

  • Alexandre Kojève (1902-1968) apparaît avant tout comme un commentateur de la Phénoménologie de l'esprit, sa lecture est le fruit d'un croisement hardi entre Heidegger et Marx. Cet ouvrage constitue la première analyse de fond du système philosophique de Kojève. Il en éclaire les aspects les plus actuels, en particulier la portée du thème paradoxal de la "fin de l'Histoire" et ses implications dans le champ de la psychanalyse, des sciences humaines, de la théorie littéraire et de la philosophie politique.

  • Il existe chez Pascal plusieurs conceptions de la justice. La première s'emploie à montrer, à partir de la notion de point de vue, la difficulté d'en construire les concepts fondamentaux; la deuxième vise à établir la légitimité de l'ordre politique à partir de la loi divine. La troisième, les ordres de justice, échappe à tout modèle légal.

  • La confrontation du fondateur de l'ontologie moderne avec l'inaugurateur de la métaphysique, apparaît comme une nécessité, au-delà de la rareté relative des textes qui, dans l'oeuvre abondante de Heidegger, sont consacrés à Platon. Platon est bien pour l'auteur d'Être et Temps un penseur fondamental qui représente un moment charnière dans l'histoire de la pensée occidentale. Avec Platon, la pensée se détourne de la vérité de l'être en tant qu'être pour ne plus considérer, sur le mode onto-théologique, que l'essence de l'étant et l'étant maximum. Le présent ouvrage sonde, dans un premier temps, par une analyse minutieuse de tous les textes concernés et de leur évolution, les présupposés de l'idéalisme platonicien, c'est-à-dire l'identité de l'être et de la pensée constante chez Platon. Heidegger, lecteur de Platon, aide aussi à repérer, dans les textes platoniciens, les mutations historiales qui ont scellé le destin philosophique occidental et à sonder le nihilisme qui le sous-tend : dans un second temps, se trouve donc analysée la postérité du platonisme selon Heidegger, soit l'histoire ouverte par Platon. L'exégèse heideggerienne de Platon, considérée ici comme une oeuvre philosophique originale et abordée par une méthodologie critique, s'avère révélatrice de l'entreprise heideggerienne elle-même, si tant est que nulle autre n'avait conféré à l'idéalisme platonicien une portée aussi décisive. L'enjeu n'en est rien moins que le statut même du nihilisme, comme horizon de la modernité philosophique. Par Heidegger, l'actualité du platonisme se trouve plus que jamais démontrée.

  • Thomas Hobbes est le plus grand philosophe politique des temps modernes, à la fois par la rigueur de son système et par la lucidité avec laquelle il a révélé les structures et les ressorts de la réalité politique. C'est aussi l'un des plus mal compris et l'un des plus calomniés, tant les passions et les querelles qu'il a suscitées sont vives. Première querelle : sa politique est-elle celle d'un athée ou est-elle l'expression politique de son anglicanisme ? Deuxième querelle : a-t-il fait l'apologie du despotisme, voire du totalitarisme, ou a-t-il simplement défini les conditions rationnelles du bon fonctionnement de l'autorité politique dans l'État moderne ? Troisième querelle : sa politique est-elle gouvernée par une morale ou a-t-elle asservi et finalement dissous toute morale ? Dans le prolongement de ses travaux antérieurs sur Hobbes, l'auteur, fidèle au grand rationalisme de Hobbes, s'efforce de dépasser ces oppositions par une interprétation fondamentalement raisonnable, qui convient à ce très grand philosophe de la guerre et de la paix entre les hommes.

  • De l'ennui, un discours est-il possible et lequel ? En fait, c'est d'un long évitement qu'il s'agit : longtemps ignoré des psychologues, oublié des aliénistes, traité par les moralistes de façon confuse ou identifié au vide par les métaphysiciens, les discours en ont traité comme par omission, tournant autour d'un vécu à la fois évident et insaisissable. C'est le but de la présente enquête d'interroger l'histoire des différents modes de construction de l'ennui à travers les discours qui lui sont consacrés. Par là, elle révèle les solidarités entre les modalités de l'expérience subjective et les formes d'ennui, en les inscrivant dans leur matérialité sociale. Cette première généalogie véritable de l'ennui a un enjeu épistémologique - puisque interrogeant le paradoxe qui a conduit les sciences humaines à méconnaître l'ennui - et idéologique, puisque permettant un découpage de l'objet ainsi dégagé des amalgames idéologiques qu'y ont tressés les discours, dont l'ennui s'avère aussi bien un référent qu'un symptôme.

  • La philosophie analytique est désormais reconnue comme une contribution majeure à la philosophie contemporaine. Mais il nous manquait une présentation d'un de ses aspects les plus féconds : sa théorie de l'action. L'exposé détaillé et précis de cette théorie, fondé sur une analyse exhaustive des textes les plus représentatifs (de Wittgenstein à Anscombe et de Davidson à Dennett), est replacé ici dans la perspective d'une discussion critique à la lumière de la phénoménologie. Puisque le langage que nous tenons sur nos actions, n'est pas tout à fait autonome par rapport à notre expérience d'agir (Ricoeur), une philosophie de l'action ne saurait contourner le problème de l'intentionnalité. C'est donc l'exigence d'une nouvelle approche de l'intentionnalité qui forme l'horizon de cette enquête, ouvrant les perspectives d'une transformation réciproque de l'analyse linguistique et de la description phénoménologique. La théorie de l'action permet ainsi de mettre en dialogue de façon originale - dans le cadre d'une sémantique intentionnelle - les deux traditions majeures de la philosophie d'aujourd'hui : la philosophie analytique et la phénoménologie.

  • La démarche de Lacan impose le champ philosophique comme passage nécessaire dans une définition de la psychanalyse. De fait, elle se situe par rapport à la scène représentative de la métaphysique : son sujet et sa vérité. Ainsi convient-il de tirer toutes les conséquences du fait que, chez Lacan, le « sujet », l'« Autre » et la « lettre » ne tiennent leur consistance que du cogito cartésien. Au-delà de la distinction nécessaire des champs psychanalytique et philosophique, c'est l'examen de la confrontation de Lacan à la « tentation métaphysique » qui s'impose, sur la base d'un travail sur les textes mêmes qui en attestent le déploiement. Ainsi se confirme l'importance de l'intervention de la psychanalyse sur le champ de la « philosophie d'aujourd'hui ».

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