Presses Universitaires de France

  • Notre parole répond aux autres, aux situations, au monde, à nous, à Dieu. Nous répondons de nous et de ce que nous serons. Comment décrire ces divers modes de la parole comme réponse ? Comment penser le lien de la réponse et de la responsabilité ? Qu'en est-il de la lutte entre réponses adverses ? Tels sont les enjeux de ces réflexions conduites sous la forme de conférences données par l'auteur dans le cadre de l'Institut catholique de Paris en janvier 2007.

  • La philosophie consiste à donner un autre nom à ce qui a été longtemps cristallisé sous le nom de Dieu » : quel sort réserver à cet énoncé de Merleau-Ponty ?Ces Leçons, qui se focalisent sur quelques désignations emblématiques de l'absolu dans la philosophie moderne, ...

  • « Les critiques de la métaphysique ne s'attachent plus aujourd'hui à la réfuter, car cela supposerait ce qui est justement en question, à savoir que ses propositions soient falsifiables. De Nietzsche à Derrida en passant par Heidegger, on s'attache plutôt à la "dépasser" ou à la "déconstruire", c'est-à-dire à la déborder ou à mettre à nu sa structure, tout en laissant subsister dans sa massivité incontournable l'événement qu'elle représente... On voudrait, dans ces quelques leçons prononcées dans le cadre de la Chaire Étienne Gilson, s'interroger sur les raisons d'une telle attitude, qui n'est qu'apparemment iconoclaste, et montrer que ces raisons sont aussi anciennes que la métaphysique elle-même, donc co-essentielles à son projet. Cela ne signifie pas que la métaphysique résiste, pour les avoir anticipées, à toutes les tentatives de déconstruction, mais que le moment herméneutico-critique de la déconstruction est inhérent à sa fonction proprement métaphysique de dépassement. » Pierre Aubenque

  • Préalable à toute histoire du sujet que l'on prétendrait mener sur la longue durée, la présente enquête part d'un fait textuel : l'invention de la substantivation « le moi » par Pascal, qui lui-même prend acte de l'expression cartésienne inédite d'ego ille. Le moi n'est pas un donné premier et intemporel, mais résulte du doute porté à son point extrême - c'est pourquoi l'Antiquité et le Moyen Âge l'ont ignoré. Aussi notre enquête ne s'inscrit-elle pas dans la continuité des études sur les commentaires du De Anima. Elle ne se confond pas davantage avec celles des origines de la subjectivité puisque, avant même d'être déterminé comme sujet, c'est-à-dire comme fondement, le moi est obtenu par le travail de ce que Husserl appelle réduction phénoménologique. Le moi n'est donc identifiable ni à l'âme, ni à l'entendement, ni à la conscience, ni à l'individu, ni à la personne, ni même au soi. Et ce n'est qu'en le distinguant de tous ces avatars que l'on pourra répondre à l'interrogation de Husserl : « Que peut-on entreprendre, dans une perspective philosophique, avec l'ego ? » Ce livre analyse ce qui permet l'invention du moi, aussitôt occultée par l'individu de Leibniz ou le soi de Locke, et met en lumière ce qu'elle inaugure : car la première question posée au moi, par Pascal comme par Descartes, n'est pas celle de savoir ce qu'il est mais celle, existentielle, de savoir qui il est.

  • Si la sagesse, comme sagesse du sens, appartient à une vie heureuse, elle répond au Désir inoubliable qui nous meut. Cependant, le Désiré approche sans supprimer l'obscurité qui enveloppe sa lumière. Il reste énigmatique, même si nous devons le nommer le Beau, le Bon, l'Unique ou Dieu. L'Aimé ne se révèle qu'en tant que cherché et à chercher. Pour orienter la recherche, il n'y a que l'admiration et l'amour envers les hommes, la terre, l'histoire et les cultures, qui proclament sa présence sans jamais nous permettre de le percevoir ou comprendre. Les philosophes qui l'ont cherché ont découvert qu'il excédait leurs articulations savantes. Quelques-uns, comme Hegel, ont essayé d'inscrire sa présence dans l'horizon d'une compréhension universelle, mais d'autres, comme Platon et Bonaventure, plus fidèles à l'expérience vitale, ont compris qu'il faut un désir excédant tous les désirs pour l'atteindre sans l'enfermer dans les dimensions de quelque savoir logique. En effet, bonté, donation, se donner et communication semblent plus adéquats que la contemplation de l'être et ses dérivés pour s'adresser à l'Aimé, celui qui se fait connaître en créant par son souffle, parle par les sages et guide vers la paix d'une union heureuse. Dans un esprit plus platonicien et bonaventurien que hégélien ou heideggérien, les chapitres de ce livre esquissent la possibilité d'une orientation qui joigne la reconnaissance d'une longue et grande tradition avec l'espoir toujours nouveau d'une sagesse aussi nouvelle qu'ancienne.

  • Les questions de l'être et de Dieu sont sans cesse reprises. E. Gilson parle très justement de "constantes" mais sans en problématiser la nature. On est passé d'un savoir de l'être à une réflexion sur la possibilité de ce savoir et pour finir sur l'être interrogeable comme tel.

  • Au coeur du bouddhisme se trouve un grand trésor de réflexion philosophique, à la fois dans la dialectique subtile de l'école madhyamaka et dans les grands Soutras mahayana. Ces conférences, prononcées dans le cadre de la chaire de métaphysique Étienne Gilson (Institut catholique de Paris), réfutent les interprétations qui ne voient dans le bouddhisme qu'un ensemble de stratégies pragmatiques. Pour engager cette tradition, elles conseillent aux philosophes occidentaux de recourir à leurs penseurs critiques les plus puissants, tels Hegel, maître du concept, et Heidegger, maître du phénomène. Elles montrent ainsi que le bouddhisme est non seulement une philosophie radicale - qui aboutit à la sagesse de la vacuité - mais aussi une philosophie intégrale qui sait concilier la vérité ultime avec les réalités conventionnelles, la sagesse de la vacuité avec la pratique de la compassion.

  • La réflexion étonnante sur Dieu, "pensée de la pensée" et "souverain bien" qu'élabore Aristote manifeste une rigueur et une profondeur qui appellent la plus grande attention critique. Ces six conférences, prononcées dans le cadre de la Chaire de métaphysique Étienne Gilson durant l'année 2007-2008, montre cette perception divine sous des jours différents et complémentaires.

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