Sciences humaines & sociales

  • La postérité de Dante s'explique par la dimension universelle que revêtent son expérience personnelle, ses espoirs ou ses doutes, livrant une interrogation intemporelle sur le statut même du sujet humain. Dans ce voyage métaphysique qu'est la Divine Comédie, le poète décrit la métamorphose de l'individu du sensible au spirituel, la naissance d'un sujet authentique, capable à la fois d'accepter sa condition mortelle et d'accéder à ce que Dante nomme, au Paradis, le trasumanar. Ce néologisme par lequel il traduit une expérience de dépassement du soi et de l'humain est sans doute la clef de lecture à partir de laquelle son oeuvre prend sens : déceptions amoureuses, condamnations ou exil, elle manifeste le long chemin parcouru par cet « esprit pèlerin », de l'humain vers le surhumain. Une métamorphose de soi qui est aussi une métamorphose de l'amour sous toutes ses formes. Didier Ottaviani est agrégé de philosophie, maître de conférences à l'ENS-Lyon.

  • Principal représentant du confucianisme philosophique en Chine, Zhu Xi (1130-1200) a réalisé la synthèse de plus de dix-sept siècles de tradition lettrée, s'inscrivant dans un courant connu en Occident sous le terme néoconfucianisme. Né sous la dynastie Song (960-1279), période de renouveau dans tous les domaines après un millénaire marqué par le bouddhisme et le détachement du monde, Zhu Xi remet au premier plan les préoccupations éthiques et morales propres au confucianisme où perfectionnement individuel, éducation et engagement au service de l'État sont étroitement liés. Il élabore un système philosophique centré autour de la notion de « Principe » ou « raison des choses », qu'il associe aux énergies matérielles. Il est considéré comme le plus important penseur confucéen après Confucius. Son influence a été considérable et s'est exercée également en Corée et au Japon.Roger Darrobers, enseigne à l'université Paris Ouest-Nanterre. Membre du Centre de recherche sur les civilisations de l'Asie orientale (CRCAO), il a notamment traduit : Proverbes chinois (« Points Sagesses », 1996), et Mémoire scellé sur la Situation de l'empire de Zhu Xi (Les Belles Lettres, 2013).

  • La sagesse nest-elle pas une intruse dans le colloque entre Nietzsche, gagné par la folie, et Dionysos, le dieu de livresse panique ? Ces antipodes de la raison et de la mesure sont si exotiques aux yeux grecs ou chrétiens ! Et pourtant... Le philosophe et le dieu nous invitent moins à accepter le monde tel quil a été, est et sera, quà le vouloir infiniment tel. Les mortels habitent la terre : ceux qui, parmi eux, sont suffisamment forts pour être pénétrés de cette évidence vivent sans haine ni ressentiment le temps qui leur est imparti par les Parques comme une éternité. Ils savent quils sont innocents de ce dont les accusent les clergés religieux ou humanitaires ; ils peuvent donc rire avec les Célestes et « respirer une atmosphère de hauteur » : « La glace est proche, la solitude est énorme mais voyez avec quelle tranquillité tout repose dans la lumière ! voyez comme lon respire librement ! » (Ecce Homo).Né en 1968 en Rouergue. Nietzsche ou la sagesse dionysiaque est son neuvième livre.

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