Langue française

  • La conférence des oiseauxFarid-ud-Din `Attâr fut l'un des plus grands poètes mystiques de cette époque glorieuse du soufisme où la quête divine atteignit des sommets inégalés. Rûmi, Hallaj, Saadi furent ses pairs.Parmi ses nombreuses oeuvres, La Conférence des oiseaux est la plus accomplie. Elle relate le voyage de la huppe et d'une trentaine de ses compagnons en quête de Simorgh, leur roi. De multiples contes, anecdotes, paroles de saints et de fous les accompagnent. « Lis ce livre, chercheur, tu sauras où aller, dit le poète. Savoure-le longtemps et tu seras nourri. Car il a de quoi t'étonner. Tu le lis une fois et tu crois le connaître, mais non ! Lis-le cent fois, cent merveilles nouvelles ébahiront ton oeil »La Conférence des oiseaux est un de ces livres qui se savourent et se fréquentent comme des amis nourriciers.Farid-ud-Din `AttârOn sait seulement de lui qu'il est né à Nichãp~ur, en Perse, probablement en 1140, qu'il fut apothicaire, qu'il voyagea beaucoup et qu'il mourut en 1230.Adapté par Henri Gougaudd'après la traduction du persan de Manijeh Nouri

  • Si Rimbaud (1854-1891) incarne, comme aucun autre poète, les interrogations et les espérances liées aux pouvoirs du verbe, et si ses écrits, comme sa personne, continuent dinspirer les temps modernes, cest que sa parole demeure, au sens propre, une Révélation.Poète le plus innocent mais aussi le plus lucide, aussi proche des hérésiarques que des Chartreux, Rimbaud est peut-être lun des premiers mystiques de la langue française, quil a su élever, dans lordre de la poésie, au rang dune mystique en elle-même.Ce livre met en lumière comment, pour Rimbaud, lessentiel nest pas darracher au néant ce qui ne peut lui échapper, mais de rendre à chacun sa frange la plus inaliénable d« éternité ».Stéphane BarsacqNé en 1972, il est écrivain. Parmi ses derniers livres : Cioran, Éjaculations mystiques (Seuil).

  • Le Hassidisme, ce mouvement qui est né au XVIIIe siècle dans le peuple juif dispersé aux confins de l'Europe centrale et orientale, n'a constitué ni une doctrine ni une idéologie. Il a été avant tout une façon d'être, de voir, et de vivre.
    Au départ, un visionnaire solitaire : Israël Baal Shem-Tov, le Maître du bon nom. Aux Juifs opprimés par des siècles de persécution, il lance un étonnant appel à la joie. Et ses disciples, le grand Maguid, Levi-Yitzhak de Berditchev, Israël de Rizhin ou Rabbi Nahman de Bratzlav, à travers un étrange réseau de communications et de successions, vont surgir ici et là, susciter les enthousiasmes, animer des communautés.
    Leur histoire, leurs histoires, se sont inscrites dans les coeurs, et transmises de groupe en groupe et d'homme à homme. Et Élie Wiesel, enfant, à Szeged, dans les toutes dernières années précédant la guerre qui allait voir anéantir ces mêmes communautés; écoutait, à la veillée du Shabbat, les vieillards parler de leurs Rabbis, et son grand-père évoquer la mémoire de ces hommes qui trouvaient Dieu non dans la pénitence mais dans une célébration.
    A son tour, Élie Wiesel transmet aujourd'hui ce qu'il a reçu, aussi fidèlement que possible, mais avec ferveur, et en y prêtant sa voix et son accent. Car le Hassidisme est une flamme qui brûle toujours, pour lui et pour beaucoup.

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