Philippe Rey

  • Depuis plus d'un demi-siècle, Dominique Fernandez a tissé un lien intime avec Rome, une complicité qu'il souhaite partager ici. Dans ce texte alerte et foisonnant, il nous raconte les hauts lieux du monde antique, comme le Forum romain, la via Appia ou le Colisée ; évoque les figures puissantes et d'un raffinement extrême que furent Néron et Hadrien ; ouvre les palais de la Renaissance et les villas entourées de leurs jardins ; dégage l'essence de l'art baroque en contemplant l'architecture imaginative et la décoration théâtrale des églises ; découvre les beautés surprenantes du Vatican ; débusque les chefs-d'oeuvre de Caravage et de Bernin ; flâne sur les collines qui surplombent la ville, ou le long du Tibre, fleuve sauvage qui la traverse. Ce riche portrait de la cité est animé par les souvenirs de nombreux personnages rencontrés au détour des palais ou des cafés. Surgissent ainsi les figures de Pasolini, Moravia, Morante, Fellini, Levi, Bassani et tant d'artistes de cet âge d'or de la création italienne que Dominique Fernandez a connus personnellement. Ce parcours révèle bien des aspects secrets de la Ville éternelle, et c'est avec bonheur que le lecteur place ses pas dans ceux d'un inlassable et passionné « piéton de Rome ». Photographies du cahier central par Ferrante Ferranti « ROMA est l'inverse exact d'AMOR. Rome est à la fois un lieu où l'on aime et un objet d'amour. Personne ne peut ne pas aimer Rome. »

  • Un roman foisonnant dans les mornes de Guadeloupe. Léonce, jeune homme plein de qualités et travailleur, traîne une infirmité de naissance, un pied-bot qui éloigne de lui les femmes. Mais sa persévérance et ses mots d'amour passionnés finissent par séduire Myrtha, jeune fille d'une grande beauté. Les jeunes gens se marient, ont des enfants, leurs affaires prospèrent, et tout aurait pu se poursuivre sans encombre... Cela aurait été sans compter sur la drive - ou errance - des esprits, les mauvais augures, les rumeurs et les malédictions lancées par les coeurs haineux et les âmes vengeresses. Page après page, Gisèle Pineau nous conduit sur les hauteurs de mornes broussailleux, au coeur de jardins créoles, dans les rues de Pointe-à-Pitre, sur les bancs de l'église, sur les routes de Haute-Terre. Elle nous ouvre les portes des croyances locales et laisse s'échapper ces contes fantastiques qui ourlent magistralement le destin des hommes. Grand Prix des lectrices de Elle 1994 Prix Carbet de la Caraïbe 1993

  • De ton enfance misérable en Italie, tu as puisé l'énergie de mener une vie d'artiste et de combat en Amérique. Belle, intelligente, tu as vingt ans quand le photographe Edward Weston fait de toi son modèle, son amante, et surtout son élève. Amie de Diego Rivera, tu lui présentes Frida Kahlo, tu participes à la postrévolution au Mexique et parcours le pays avec ton appareil, sans oublier de multiplier les aventures amoureuses, avec un appétit de vie et un superbe mépris des conventions. Chassée du Mexique, tu t'exiles dans le sombre Berlin des années 30, avant de gagner Moscou où ton aveuglement sur les purges staliniennes reste encore un mystère... Et tu décides soudain de ranger tes objectifs pour te consacrer à ton engagement politique. Pourquoi abandonner ta passion ? Pourquoi avoir renoncé à ta liberté, pour devenir une militante aux ordres du parti communiste ? Durant la guerre d'Espagne, tu préfères soigner les blessés jusqu'à l'épuisement plutôt que couvrir le conflit. Ton activité artistique n'aura duré que sept ans, c'est peu, mais ces années suffisent à te faire reconnaitre comme l'une des plus grandes photographes de ton temps. Sur ta tombe à Mexico, les mots de Pablo Neruda rappellent combien ton oeuvre est encore vivante : Tina Modotti, ma soeur, tu ne dors pas, non, tu ne dors pas. Bernadette Costa-Prades

  • « Londres est un labyrinthe de pierre et de chair, dédale dans lequel s'égare même le Londonien le plus aguerri... Je ne suis pas un Virgile prêt à conduire des apprentis Dante dans un royaume circonscrit et circulaire. Je ne suis qu'un Londonien trébuchant qui désire en guider d'autres sur des chemins empruntés ma vie durant. » Ce livre explore l'histoire de Londres et des Londoniens depuis la préhistoire jusqu'à nos jours. L'urbanisme, les petits métiers, la violence de la foule, les pubs, le music-hall, le sexe, les bruits de la ville, les recettes de cuisine, les guerres, les enfants: voici quelques-uns des thèmes traités dans les soixante-dix-neuf chapitres de l'ouvrage. Cette structure thématique fait l'originalité du livre, formant un véritable kaléidoscope qui met en regard toutes les facettes du Londres d'hier et d'aujourd'hui. Pour réaliser cet ouvrage de référence, Peter Ackroyd a réuni une somme exceptionnelle de documents, depuis les premières archives publiques jusqu'aux graffitis. Dans la métropole gigantesque, qui réunit tout et son contraire, se croisent maquerelles, poètes et gentilshommes, architectes, bateliers, et même une riche Saxonne du temps des Vikings. Tous sont les héros d'anecdotes ou de récits qui nous permettent de cerner, page après page, l'esprit de Londres. C'est aussi un guide que nous offre l'une des plumes les plus brillantes de la littérature anglo-saxonne: une invitation à flâner au hasard des rues pour découvrir, derrière chaque pierre, les strates de passé qui font la mémoire de Londres.

  • Comment comprendre la nature de l'érotisme des anciens Chinois - si différent de celui des sociétés occidentales - sans se pencher sur l'art exceptionnel qu'il a inspiré ? Celui-ci s'est surtout développé, à partir du VIIe siècle, à l'époque de l'émergence des riches villes commerçantes où vivait une des sociétés les plus raffinées du monde. S'y épanouissait une véritable « culture courtisane » animée par des artistes, des auteurs dramatiques, des poètes. Jacques Pimpaneau replace l'érotisme chinois dans son contexte culturel et souligne l'influence des religions et des événements historiques sur la vie amoureuse. Ferdinand Bertholet, après avoir raconté les grandes étapes qui l'ont mené à créer en deux décennies la plus importante collection d'art érotique chinois au monde, s'attache à commenter les oeuvres reproduites dans un volumineux cahier hors-texte en couleurs. Le lecteur, ainsi initié, entrera dans l'intimité de ces « jardins du plaisir » et se verra offrir un accès à l'harmonie voluptueuse d'un monde perdu. Le printemps vient au monde, les fleurs se colorent, Votre taille si souple s'agite à mon rythme, Le bouton de votre fleur s'ouvre à moitié, Les gouttes de ma rosée font s'épanouir votre pivoine. Cao Xueqin

  • Elle a onze ans et se retrouve par un été humide et chaud dans l'immense maison de sa grand-tante Ester, « la maison du Révérend » à Ransomville, un bourg de campagne « où tout le monde va à l'église mais où personne ne croit en Dieu ». Négligée par sa mère qui s'est séparée de son mari pour des raisons non avouées, la petite fille, isolée et sevrée d'affection, est fascinée par son cousin Jared, 25 ans, étudiant en théologie, un être mystérieux et d'une cruauté raffinée.
    Dans ce désert des âmes et des sentiments, que hantent un grand serpent noir, un vautour prédateur et des portraits de Jésus, Josie se laisse emmener par le diabolique Jared au bord du crime et d'une sordide histoire d'amour - dont seule une Joyce Carol Oates, au plus efficace de ses talents de magicienne, pouvait la sauver.

  • Lorsque, venue de Guadeloupe, Sybille arrive à Paris avec son jeune fils Marcello, elle trouve hospitalité et affection auprès de Lila. Extravagante et merveilleuse Lila, tour à tour cocasse et pathétique, hantée par trop de souvenirs... Tandis que Sybille songe aux hommes disparus de sa vie, Lila se souvient de son amour pour Henry, fils d'une cuisinière noire et d'un riche héritier blanc des Caraïbes anglaises, rencontré dans la liesse de la Libération. Marcello grandit entouré des fantômes des hommes qui ont traversé la vie des deux femmes. Lorsqu'il apprend que son père est encore en vie, il décide de rejoindre la Guadeloupe pour le retrouver. Après son départ, Lila n'aura plus qu'une idée en tête : se rendre en Amérique et retrouver son fils. D'un bord à l'autre de l'océan, d'un bout à l'autre du temps, malgré les dénégations, subsiste pourtant l'amour, cette âme prêtée aux oiseaux qui se rit des interdits en dénouant les jeux du destin et des tragiques vanités des hommes.

  • « Tout mon être était d'Afrique du Nord, berceau historique des tribus berbères. C'est à quarante cinq ans passés que j'ai pris la pleine conscience de cette lointaine appartenance. Il était temps d'amorcer un rapprochement, de partir à la découverte, de comprendre pour mieux aimer. Mais avant d'entreprendre le voyage, j'ai voulu récapituler ce que je savais. J'ai remonté le fil de mon existence pour repérer ce que je n'avais pas vu, pas saisi, de ce monde berbère qui m'avait fait signe sans que je lui réponde. La mémoire offre de beaux voyages, surtout quand on chevauche des mots. » C'est effectivement à un « beau voyage » que nous convie Éric Fottorino, une quête infiniment personnelle qui devient passionnante découverte : une région, une histoire, des traditions millénaires, une langue, un peuple, des peuples car, comme s'en amuse l'historien Gabriel Camps, il est finalement plus facile de citer les pays d'où ne viennent pas les Berbères, tant leurs origines sont partout, ou presque, du Nil à l'Afrique noire, de l'Inde aux contrées nordiques...
    De Ouarzazate à Fès, en passant par les gorges du Thodra, la vallée du Dadès et les dunes de Merzouga, Éric Fottorino raconte les Berbères, juifs et arabes, femmes façonnant l'argile et hommes cultivant la terre, artisans et commerçants, opposants politiques et cinéastes engagés... Il prolonge aussi la quête des origines qui est la sienne et qu'il a racontée dans ses deux ouvrages L'homme qui m'aimait tout bas et Questions à mon père, en allant vers la Tunisie de son père adoptif et le Maroc de son père naturel.

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