Perrin

  • Une vision d'ensemble de la vie des hommes et des femmes du Moyen Age, des invasions barbares à la Renaissance.

    Entre " Naître " et " Mourir ", les vingt-deux chapitres de ce livre scandent l'existence des hommes et des femmes du Moyen Age, depuis les invasions barbares jusqu'à la Renaissance. Pour raconter, avec son talent coutumier, le quotidien du peuple comme des grands, Jean Verdon embrasse tous les thèmes.
    L'on découvre ainsi que l'on ne se marie pas par amour et que les futurs époux n'ont pas leur mot à dire. La sexualité tient pourtant une place significative au sein du couple et certains textes, connus des milieux cultivés, attestent l'existence d'un art érotique. Les quantités de nourriture et de vin ingérées impressionneraient nos contemporains fervents de diététique, mais des conditions de vie plus dures que de nos jours entraînent une dépense énergétique plus importante. A ceux qui prient, ceux qui combattent et ceux qui travaillent - les paysans, qui constituent l'essentiel de la population - s'ajoute, avec le développement des villes, le monde des artisans et des marchands. Sur eux tous la religion exerce une forte emprise, elle structure la société. Malgré les " malheurs du temps ", les hommes savent s'amuser, profiter des instants de loisir plus fréquents qu'on ne l'imagine. Ils se déplacent beaucoup, parfois longtemps, des mois, voire des années.
    Un panorama sans équivalent, riche et fascinant.

  • Le récit et l'analyse magistrale de la première guerre moderne, par le plus grand historien de la guerre de notre temps.0500Occultée par la vision littéraire antagoniste deLa Case de l'oncle Tomet d'Autant en emporte le vent, la guerre de Sécession demeure méconnue. Elle fut pourtant un conflit majeur qui marque le passage de l'ère napoléonienne du combat, centré sur la bataille, à la "guerre totale" Pour raconter cette guerre sans précédent, il fallait un historien d'envergure internationale. Dans la lignée de ses synthèses renommées sur les deux guerres mondiales, John Keegan retrace les grandes batailles (Bull Run, Gettysburg) et le duel des généraux (Lee contre Grant), mais il fait aussi une large part aux enjeux stratégiques, à l'analyse psychologique et à certains aspects trop souvent négligés comme l'approvisionnement, la géographie militaire ou le rôle des Noirs dans le conflit.
    La victoire du Nord industriel contre le Sud rural marqua au fer rouge la jeune République, mais la baptisa aussi comme grande puissance en lui conférant un messianisme démocratique, assis sur le progrès économique, qui allait lui ouvrir les portes de la domination du monde. Ce livre qui fera date permet ainsi de comprendre comment la déchirure de deux peuples fonda une nation.

    Sir John Keegan, né en 1934, est actuellement le meilleur historien de la guerre. Sa nouvelle approche de l'histoire militaire, qui va au-delà du récit des faits, révèle la dimension humaine du combat. Parmi ses ouvrages, tous publiés chez Perrin, figurentL'Art du commandement,La Première Guerre mondialeetLa Seconde Guerre mondiale.0300 Avec cette nouvelle histoire  à la fois très documentée et très claire, Keegan nous livre aussi une vision passionnante de l'Amérique au milieu du XIXesiècle. Il remet à juste titre en question beaucoup d'idées reçues telles que : États du Sud peuplés de propriétaires d'esclaves, vision hollywoodienne de la vie des Sudistes (riches planteurs et non masse de blancs pauvres et sans esclaves), guerre longuement préparée, soldats bien entraînés...
    Il nous explique aussi l'impact de cette longue guerre sur la situation économique, la psychologie et l'évolution des comportements, en particulier pour les femmes dont le rôle très important modifia le statut et la perception qu'elles avaient d'elles-mêmes, dans le Sud comme dans le Nord.

  • Ce livre entend proposer d´autres perspectives pour comprendre le déroulement même des faits, en replaçant la Révolution française dans la continuité de l´histoire nationale depuis 1770, date qui vit le monde basculer dans un moment révolutionnaire allant du Pérou jusqu´à Varsovie, en suivant les hésitations et les reclassements des courtisans et des aristocrates, du clergé et de la noblesse provinciale, des élites urbaines et des prolétaires, au fur et à mesure des affrontements entre ces groupes. La démarche suivie vise en effet à réinterpréter événements, manifestations et démonstrations, autant que déclarations et discours des acteurs les plus connus.

    Ce qui est postulé est que rien n´a étéénigmatique, ni l´éclatement de la «Révolution », ni l´usage de la «terreur », ni les atrocités en Vendée ou l´entrée dans des guerres de conquête. Tout s´explique par les rapports de force entre factions et partis antagonistes, mais aussi par les résonances, parfois imprévues, des « journées » ou des batailles.

    Se dessine ainsi l´itinéraire d´une aventure collective qui s´engage presque unanimement dans une entreprise de régénération et qui se transforme peu à peu, sous l´effet des conflits et des rivalités, des malentendus et des trahisons, en une authentique révolution, voulant créer un monde nouveau. Les contraintes imposées par une guerre inexpiable, où la défaite signifiait la disparition de la nation, radicalisèrent les choix au point de changer la nature même de la Révolution, de diviser entre eux ses partisans et de la faire évoluer, chaotiquement, entre coups d´Etat et révolutions de palais. Si bien, qu´en définitive, tout s´acheva lorsqu´en rétablissant la paix un général ambitieux imposa aussi un nouveau régime.

  • Si les images de la guerre de 1870-1871 sont nombreuses - Napoléon III à Sedan, les barricades de la Commune, la charge des cuirassiers de Reichshoffen -, sa réalité et ses enjeux sont méconnus. Pourtant, les conséquences du premier conflit franco-allemand de l'ère moderne sur l'Europe sont immenses. Citons, à titre d'exemple, le cas de l'Alsace-Lorraine, perdue par la France lors de cette guerre. Elle n'aura de cesse de la réclamer, jusqu'à la Première Guerre Mondiale.
    Pour nous donner à comprendre ce conflit essentiel, Alain Gouttman a ouvert tous les dossiers : les circonstances du déclenchement du conflit, le déroulement des opérations jusqu'aux capitulations de Sedan, Metz et Paris, les raisons de la suprématie allemande lors des combats, les répercussions de la guerre dans les opinions publiques françaises et allemandes, la Commune de Paris...
    Ainsi se dessine une synthèse appelé a devenir une référence sur le sujet, tant dans la richesse des apports que par les capacités de narration de son auteur.

  • L'histoire des Phéniciens, à la fois explorateurs et commerçants, est peu connue : quel paradoxe pour ce peuple, ingénieux inventeur de l´alphabet, d´avoir transmis aussi peu de traces écrites ! Leur littérature notée sur des papyrus a disparu. Et pourtant cette civilisation a fait rêver ses contemporains - juifs notamment, les a effrayés parfois à l'instar des Romains et des Grecs qui en firent des êtres cruels pratiquant le sacrifice humain. Leurs clients sont pharaons, assyriens, et leurs navires sillonnent la Méditerranée chargés de produits de luxe et courants comme du vin, de l'huile, du blé, des minerais....J. Elayi ressuscite la Phénicie antique, ensevelie sous les villes modernes du Liban et quelques-unes de Syrie et d'Israël. Elle fait revivre cette zone privilégiée de contacts entre l'Orient et l'Occident, ses célèbres comptoirs comme Carthage ou Bizerte et ses cités phares (Byblos, Tyr, Sidon, Arwad et les autres). Écrit par la plus grande spécialiste française de l'histoire de la Phénicie, au fait des derniers développements de la recherche, ce livre se lit comme un roman.
    Pour comprendre la genèse de ce pays, l'auteur commence son récit avant sa fondation, en 1200, pour montrer ce qui s'est joué dans cette région lorsqu'elle était peuplée par les proto-Phéniciens. Le temps de sa splendeur s'écoule sur plusieurs siècles jusqu'en 883 durant lesquels la Phénicie s'épanouit lors d'une exceptionnelle période d´indépendance. Puis la Phénicie passera tour à tour sous la domination de l'Empire assyrien de 883 à 610, puis sous la coupe de l'Empire babylonien de 610 à 539 et enfin sous la domination perse de 539 à 332. C'est la date à laquelle on arrête traditionnellement son histoire car elle est conquise par Alexandre de Grand et intégrée dans le monde grec hellénistique.

  • Quand le couple s'affranchit du mariage ! On étudie traditionnellement le couple à travers le prisme du mariage. Or celui-ci n'est qu'une forme de couple parmi d'autres, rejetant à la marge ce qui lui échappe : concubinage, amour libre, Pacs, relation extraconjugale, mais aussi fratrie, compagnonnage médiéval ou amitié exclusive. Notre imaginaire associe pourtant Castor à Pollux plus qu'à sa femme Hilaïre, Montaigne à La Boétie et Rodin à Camille Claudel. D'abord multiples, les unions se sont progressivement cristallisées autour de la notion d'amour héritée d'une conception chrétienne et exclusive du couple. Cette alliance indissoluble, révolution qui ne s'est pas imposée sans heurts, a inscrit le couple idéal dans la durée. Mais en définitive, qu'est-ce que le couple ? Comment se forme-t-il et sur quoi repose-t-il ? Les enjeux de nos sociétés modernes (libération de la femme, reconnaissance de l'homosexualité...), l'évolution des mentalités (libertinage, individualisme...) et les récentes réformes législatives (Pacs, mariage pour tous...) ont-ils modifié sa conception ? Entreprenant de lui rendre son ampleur, Jean Claude Bologne retrace pour la première fois son histoire de l'Antiquité à nos jours. Concise et clairvoyante, cette grande synthèse élargit le champ de réflexion d'un sujet de tout temps fondamental. Car si l'institution matrimoniale est en crise, le couple comme nouvelle forme de sociabilité n'a jamais été aussi florissant.

  • Jacques de Voragine, dominicain mort en 1298, archevêque de Gênes, est l´auteur d´une somme qui, après la Bible, a donné lieu au plus grand nombre de manuscrits au Moyen Age :La Légende dorée. Ce prodigieux ouvrage, maintes fois commenté, n´a pas livré tous ses secrets. Loin de se borner à rapporter la légende édifiante des saints du calendrier, il porte une ambition bien plus considérable, estime Jacques Le Goff : celle de christianiser le temps, et de montrer comment Dieu, à travers le temps et par son bon usage, peut enchanter le monde. Ainsi le temps divin et le temps humain dialoguent dans un mouvement perpétuel qui est celui de la vie même du chrétien, saint ou non. A ce titre,La Légende dorée, best-seller absolu, a joué un rôle déterminant dans l´élaboration de la culture européenne.

  • Les croisades ou la mobilisation intense des forces vives de tout l'Occident de 1096 à 1229 pour reconquérir la Terre sainte.
    Une croisade, c'est quelques centaines de " croisés ", des chevaliers, conduisant, encadrant, nourrissant et protégeant une multitude de " pèlerins ", hommes, femmes et enfants. En 1096-1097, ils ont parcouru ensemble plus de mille kilomètres pour atteindre Constantinople et y trouver quelques jours de repos, puis autant en Asie avant de voir les murailles de Jérusalem, plus de trois ans après leur départ, et de s'en emparer comme ils s'emparèrent d'Antioche après un siège de plusieurs mois. Nous n'avons pas assez dit à quel point cette Terre sainte redevenue chrétienne a mobilisé les forces, l'énergie et l'argent de l'Occident. Chaque année, plusieurs flottes de grosses galères et de navires d'Italie, de Provence et de Catalogne apportaient des milliers de pèlerins qui, bien souvent, se battaient aux côtés de chevaliers et des hommes de pied ou aidaient à la construction des châteaux. Trois rois de France, Louis VIII, Philippe Auguste et Saint Louis, ainsi que trois empereurs germaniques, ont abandonné leur pays pendant de longs mois pour apporter aide aux Francs de Terre sainte et tenter de regagner les territoires repris par l'ennemi. Philippe Auguste est demeuré absent du 4 juillet 1090 à fin août 1091 et Saint Louis pendant plus de cinq ans. La reine Marguerite de Provence l'accompagnait ; deux enfants royaux sont nés en Orient et, tout ce temps, le royaume de France fut gouverné par des conseils tenus à Saint-Jean d'Acre. Richard Coeur de Lion fut retenu prisonnier sur le chemin du retour par Léopold d'Autriche pendant près de deux ans et eut bien du mal à reprendre le pouvoir, son frère, Jean sans Terre, refusant de lui laisser une place usurpée en son absence. L'empereur Frédéric Barberousse s'est noyé le 10 juin 1090 en voulant passer à cheval un fleuve dans les montagnes du Taurus, et Frédéric II, vainqueur du sultan Malik al-Kamel, s'est fait couronner roi de Jérusalem le 18 mars 1229.
    C'est cette épopée qui s'est déroulée en six expéditions successives étalées de 1096 à 1229 que nous raconte ce livre.L'auteur, médiéviste reconnu, ne nous livre pas le récit de chaque croisade l'une après l'autre, mais nous offre un tableau embrasant de manière synthétique l'ensemble des faits, de tout ordre, liés aux croisades. Brillant, maîtrisé et toujours original.


  • Une synthèse claire sur un sujet complexe, l'histoire d'un phénomène spirituel et politique marqué par une résistance obstinée à la violence du pouvoir, et dont bien des échos demeurent actuels.

    Personne ne s'est jamais réclamé du jansénisme. Le terme est une injure. Il transforme en sectateurs d'un obscur évêque du XVIIe siècle, Jansenius, ceux qui se voient comme les plus fidèles disciples de saint Augustin, les seuls catholiques véritables. Né au temps du baroque, le jansénisme a marqué de son empreinte spirituelle et culturelle le Grand Siècle puis les Lumières. Les engagements religieux, politiques, sociaux des jansénistes ont traversé la révolution et laissé des traces dans les siècles suivants. Dans la mémoire commune cependant, le jansénisme demeure un moment de la culture classique, entre Pascal et Racine. Il renvoie aussi aux religieuses de Port-Royal résistant au nom de leur conscience contre toutes les autorités, de l'Eglise et de l'Etat.
    Aucune autre forme de contestation religieuse, à l'intérieur du catholicisme, n'a eu de telles conséquences ni une pareille postérité. Cette grande synthèse s'attache à en souligner la diversité ; la pluralité est une force qui permet à cette mouvance de renaître après des périodes de persécution. Les débats théologiques, les arguments judiciaires, les condamnations et les procès ne suffisent pas à rendre compte du rayonnement du jansénisme, de sa diffusion dans tous les milieux. En persécutant les vieilles religieuses, en détruisant le monastère, en chassant les morts de leur cimetière, Louis XIV a, bien involontairement, contribué à légitimer leur révolte. Construit sur une surévaluation de temps historiques glorieux, le jansénisme critique le présent et annonce parfois l'avenir avec les armes du passé.


  • L'histoire de la marine Française, des capétiens à nos jours, par un historien amiral.

    En France, nation foncièrement terrienne, la marine a souvent été perçue comme une institution un peu insolite, voire marginale, que l'on délaisse dès que s'accumulent les menaces sur les frontières du Nord et de l'Est. Et pourtant, l'histoire de la marine de guerre française, du XIIIe siècle à nos jours, est riche d'enseignements, marquée certes par des revers, mais également par des moments de gloire. Si la défaite de Trafalgar ou le sabordage de la flotte à Toulon en 1942 sont bien des épisodes douloureux, ils ne doivent pas masquer les incontestables réussites de Richelieu ou Napoléon III, comme la qualité et les exploits des hommes de la Royale au XVIIIe siècle.
    Rémi Monaque embrasse tous les aspects de la question - politique, technique, stratégique... - et dessine les grandes lignes de sept siècles d'histoire. La rivalité franco-britannique sur mer apparaît ainsi comme centrale, tandis que le passage de la marine à voile à celle à vapeur marque une rupture profonde. Enfin, grâce aux témoignages recueillis comme à sa propre expérience, l'auteur explique les dernières évolutions du XXe siècle, notamment le développement de l'aéronavale et la place centrale de la marine dans la dissuasion nucléaire. Une synthèse magistrale.

  • Les conciles ont toujours eu pour objet de définir, préciser ou réaffirmer la doctrine de la foi et de redresser ou réformer la discipline de l´Eglise. Le premier, connu sous le nom de « concile de Jérusalem », se tint en 49, soit une quinzaine d´années après la mort du Christ. A partir de ce moment, l´Eglise prit l´habitude de se réunir en conciles dont on distingue plusieurs genres : provincial, plénier ou national et oecuméniques (ou universel). Ce dernier type de concile, objet de ce livre, rassemble les évêques de l´oïkouménè (soit l´ensemble de la « terre habitée »). Son caractère universel fait qu´il peut imposer ses décisions à toute l´Eglise sous l´autorité souveraine du pape sans lequel il ne peut rien dans la mesure où c´est lui qui le convoque et ratifie ses décisions. L´histoire de l´Eglise est jalonnée de 21 conciles oecuméniques, depuis celui de Nicée I en 325 jusqu´à celui de Vatican II en 1962-1965. Chacun d´entre eux est ici raconté, l´accent étant mis sur la description du processus conciliaire : convocation, délibération, définition et promulgation. Passer au crible ces assemblées à vocation universelle permet de montrer comment le corpus doctrinal du christianisme s´est forgé au fil des siècles. C´est dire que l´histoire des conciles oecuméniques concerne aussi l´histoire de nos sociétés.

  • Les femmes, paraît-il, seraient partout et toujours porteuses d'un pacifisme marqué par une sainte horreur de la violence, tandis que la guerre serait une activité exclusivement masculine. Ce stéréotype a masqué, dans l'histoire du Moyen Âge, la présence de combattantes conscientes et actives. L'enquête débute avec l'apparition des premières cavalières de l'âge féodal et leur participation aux croisades, et se clôt avec la figure de Jeanne d'Arc, à la fois réelle et idéale. Des femmes, aristocrates pour l'essentiel, partagèrent l'idéal chevaleresque de l'époque, organisèrent des tournois, furent intégrées dans les ordres militaires de chevalerie. Dans la littérature, les chevaleresses prennent la forme de " belles guerrières ", les Neuf Preuses de la légende. Ces guerrières de fantaisie trouvent un écho dans les authentiques exploits de certaines dames à qui les hommes n'ont guère à remontrer. Ainsi le Moyen Âge n'a pas été aussi " mâle " qu'on l'a pensé.



    Agrégée et docteure en histoire et en histoire de l'art, Sophie Cassagnes-Brouquet enseigne l'histoire médiévale à l'université de Toulouse-Le Mirail. Elle a notamment publié La Passion du livre au Moyen Âge, Les Romans de la Table Ronde, premières images de l'univers arthurien et La Vie des femmes au Moyen Âge.

  • Le titre de ce livre est un clin d´oeil avoué à Levi-Strauss et à son ouvrage le Cru et le cuit (Plon, 1964). Ici le cru et la cuite sont racontés dans tous les sens : car boire, seul ou en groupe, selon les usages et les codes, est aussi un acte social, ancré dans notre Histoire.

    Les mots du boire et les gestes du buveur sont décortiqués, analysés et contextualisés. Sur la table (des matières), figurent toutes les boissons, toutes les personnes. Sur deux mille ans, l´auteur nous promène, à l´allure hésitante et joyeuse de l´ivrogne, de cabaret en café, du domicile à la rue, d´une classe sociale et d´une profession à l´autre (vigneron, bouilleur de cru, paysan, industriel de l´alcool, ouvrier, bourgeois, médecin), entre les deux sexes et parmi les catégories d´âge (les « jeunes »). Nous apparaissons comme une nation alcoolique. Attention, le terme « alcoolique » signifie d´abord qui a un rapport à l´alcool ; la pathologie ne vient que de l´excès.

    Tous buveurs donc, et depuis longtemps. Mais le buveur d´eau mérite un chapitre, si grande est sa complexité : il peut être consommateur d´eau par nécessité, par goût, par dépit, par esprit militant de la cause antialcoolique. Par ailleurs, le buveur d´alcools alterne, suivant les possibilités du moment, vin, vin bio, cidre, bière, apéritifs, digestifs, ... et eau naturellement. Ainsi verrons-nous poindre le « buveur gaulois », le « buveur médiéval », le « buveur moderne », jusqu´au contemporain « buveur new look ».

  • " À votre santé ! " Cette phrase prononcée lors de chaque célébration est riche de sens : elle suppose, symboliquement, que le vin peut être le garant de notre équilibre. Bien plus qu'un simple produit de consommation, le vin s'immisce dans notre culture, notre société et notre histoire depuis toujours. Dans la Bible, il semblait déjà indispensable. Pour repeupler le monde après le Déluge, Noé commença par planter une vigne. Plus tard, au Moyen Âge, trinquer était une marque de confiance, ce geste prouvant que les verres n'étaient pas empoisonnés. Aujourd'hui, le vin est de plus en plus assimilé à un produit toxique, les campagnes de sensibilisation dans les médias ne cessant de se multiplier, mais il est toujours extrêmement populaire et présent. Pour en cerner tous les enjeux, Didier Nourrisson s'intéresse aux différentes représentations du vin à travers une grande synthèse chronologique qui s'étend de l'Antiquité à nos jours. En considérant tous les types de vin - de raisin, de noix ou encore de palme -, l'auteur étudie ce breuvage qui tisse du lien entre les hommes. Ceux qui produisent, vendent et consomment le vin sont les héros de ce livre.

  • Le second tome (1796-1807) de la trilogie-évenement de Dominique de Villepin. "Passionné depuis toujours par Napoléon et par l'époque, j'ai préféré privilégier l'analyse de la chute plutôt que la "gloire de l'Empire'. Car, bien qu'ébloui par le soleil d'Austerlitz, je pressentais qu'il ne s'agissait que d'un "soleil noir'.
    "Pour comprendre la chute, il faut partir du sommet, et plus précisément disséquer la décennie triomphale qui relie le point de départ de Lodi à l'apogée de Tilsit. Et ses deux choix majeurs accomplis au zénith de la gloire : l'hérédité rétablie avec le sacre de 1804 ; le pari de la conquête avec le Blocus continental fin 1806.
    "Ce livre, remanié sans cesse depuis 2002, se nourrit d'une conviction fortifiée par l'expérience personnelle de la solitude du pouvoir, de sa fragilité, de son immense complexité, enfin de son caractère foncièrement tragique, appuyé sur les ressorts de la peur et du rêve. " D. de V.
    " Bien documenté, magnifiquement écrit de surcroît, avec une élégance de style qui ne fait aucune place aux envolées lyriques, Le Soleil noir de la puissance n'a pas que l'apparence d'un ouvrage d'historien ; il l'est, pleinement. " Elie BARNAVI, Marianne

  • La grande synthèse attendue sur la "Première Guerre mondiale", qui a marqué le début du déclin de la France et consacré l'Angleterre comme première puissance mondiale.

    Consacré au conflit le plus emblématique de la rivalité franco-britannique au XVIIIème siècle, l'ouvrage associe l'histoire militaire et diplomatique à une analyse de la culture politique des puissances belligérantes. Son ambition est de montrer que la guerre de Sept Ans, loin de limiter ses effets au bouleversement de l'ordre européen et à la domination maritime et coloniale britannique, s'est également traduite par des mutations politiques capitales en France, en Grande-Bretagne et dans les colonies d'Amérique.
    Après une première partie qui expose les enjeux et les caractéristiques d'un conflit né en Amérique et qui s'est ensuite étendu à l'Europe et au reste du monde, l'étude aborde les premiers mois de la guerre, souvent négligés par l'historiographie, qui voient la France dans une position militaire favorable et l'Angleterre, alors en difficulté sur les champs de bataille, en proie à une grave crise politique. Les premiers revers de l'armée de Louis XV en Allemagne marquent le terme de ce " moment français ". Examinées dans une troisième partie, les victoires britanniques en Amérique (perte du Canada français) et dans le reste du monde sont replacées dans le contexte politique et idéologique qui les a vu naître. L'ouvrage s'attache notamment à décrire la politique de William Pitt, principal responsable de la guerre au sein du Cabinet britannique, et celle de son rival, le duc de Choiseul. L'étude s'achève par une partie qui examine les bouleversements des rapports de force ainsi que les effets de la guerre sur les opinions et la politique des puissances combattantes. Un chapitre aborde un aspect de la guerre peu traité jusqu'alors : l'effort de propagande mené par la France, la Prusse et la Grande-Bretagne.
    Les mutations de la culture politique en Europe et en Amérique du Nord constituent le fil rouge de l'ouvrage. Contestant la position traditionnelle de l'historiographie soutenant que la guerre de Sept Ans n'aurait suscité que de l'indifférence, l'ouvrage s'attache à décrire la vague de patriotisme qui se développe en France et d'en souligner les enjeux fondamentaux. À la fin de la guerre, un patriotisme de type radicalement nouveau, mobilisant des Français qui ne se considèrent plus simplement comme les sujets du roi, mais comme des citoyens, a vu le jour. La monarchie, défaite, ne s'en relèvera. C'est le commencement de la fin pour l'Ancien-régime.

  • Baltiques

    Philippe Meyer

    La mer Baltique est peu connue des Français. Ses immenses horizons font pourtant rêver, l´ambre de ses rivages porte bonheur, ses femmes sont belles et son histoire a été en partie mêlée à celle de la France, en particulier au XVIIe siècle. Mais cette mer n´est pas uniforme, elle est plurielle. On en distingue trois : la Baltique allemande, la baltique scandinave, la Baltique slave et finno-ougrienne. Ces trois domaines ont connu deux mille ans de vicissitudes et de déchirements, entrecoupés par des périodes de paix qui ont vu éclore une véritable civilisation. L´ouvrage décrit avec précision à la fois les relations des pays riverains entre eux ainsi que l´impérialisme des grands Etats -Allemagne et Russie, dans une moindre mesure France et Grande-Bretagne -, qui n´ont cessé de vouloir contrôler, voire annexer, ces rivages. A présent, l´espace baltique est en paix, solidement ancré à l´Europe. Son histoire est un chapitre incontournable de l´histoire du monde et de l´Occident.

  • En 1682, Versailles devient la résidence permanente de la cour et du gouvernement. Là, au sein du palais aux espaces multiples et à travers des intervenants de tous ordres, du valet au monarque, se déploie une subtile géostratégie, d'apparence immobile et en fait toujours en mouvement. Mécanique de cour, processus de décision, répartition des services, préséances et disgrâces, tout n'existe que par et pour le souverain, y compris dans le domaine artistique, où Versailles exerce un rayonnement incomparable. Le système et le cadre légués par Louis XIV à ses successeurs se maintiennent jusqu'en 1789, où la situation nouvelle révèle leur inadaptation.
    Voici, expliqués par un éminent spécialiste, le fonctionnement du siège de la monarchie absolue durant un siècle et les ressorts d'un pouvoir masqués par une perpétuelle représentation.



    Docteur ès lettres, Alexandre Maral est conservateur en chef au château de Versailles, chargé des collections de sculpture. Il a été l'un des commissaires des expositions " Louis XIV : l'homme et le roi " (2009-2010) et " Versailles et l'antique " (2012-2013). Parmi ses ouvrages : La Chapelle royale de Versailles sous Louis XIV (2002) et, aux éditions Perrin, Le Roi-Soleil et Dieu. Essai sur la religion de Louis XIV (2012).

  • Une nouvelle histoire de Berlin qui fait voir physiquement la capitale de l'Allemagne à travers les grands événements qui l'ont constituée.
    L'histoire de Berlin est une extraordinaire aventure humaine dont la connaissance éclaire celle de l'Europe contemporaine. Son histoire éclaire aussi celle d'un grand peuple qui a su se doter d'une culture remarquable ; le passé de presque toute l'Allemagne en a dépendu. Berlin a été successivement une bourgade slave puis un bourg allemand construit sur une terre aride et survivant par son commerce et la volonté inébranlable de la famille noble ayant reçu des empereurs germaniques la ville et ses terres avoisinantes, la province du Brandebourg. Cette famille, les Hohenzollern, a réussi à s'élever dans la hiérarchie nobiliaire, successivement, margraves, princes-Electeurs, grand Electeur, rois de Prusse et empereurs germaniques. En même temps, le bourg berlinois est devenu leur capitale et celle des immenses territoires qu'ils ont su rassembler autour d'elle, s'étendant des territoires baltes du Memel jusqu'aux anciens domaines romanisés du Rhin, et de la mer du Nord et de la Baltique aux sources du Danube.
    En 1918, Guillaume II abdique et le IIe Reich s'écroule. Commence pour Berlin le dernier siècle tragique marqué successivement par le nazisme, la destruction de 1945 et la séparation de la ville entre un Est soviétique et un Ouest démocratique ; séparation incarnée par le fameux "mur". Sa chute rend à l'Allemagne son unité et à Berlin son aura internationale.

  • Alors que le Grand Louvre, créé il y a vingt-cinq ans, attire aujourd´hui 8 millions de visiteurs par an, voit ses collections s´enrichir constamment par achats et donations (création d´une salle Islam en 2012) et connaît un rayonnement international remarquable (installation d´une succursale à Abou Dhabi), il était temps de lui consacrer une histoire digne de son nom. Histoire architecturale depuis Philippe Auguste, dont le château ressuscité est une impressionnante découverte ; histoire décorative témoins des différentes étapes du palais et qui se complète aujourd´hui par l´appel à des artistes contemporains ; histoire politique des événements survenus dans ces murs, révolutions, assassinats ou triomphes ; histoire des collections retraçant l´afflux au fil des ans, depuis cinq siècles, de centaines de milliers de chefs-d´oeuvre, de l´Egypte aux grands maîtres de la peinture.

  • Depuis un demi-siècle Madrid n'a cessé d'alimenter la chronique internationale tout en mobilisant l'attention de publics fort différents. Pourtant, il n'en a pas toujours été ainsi, et Madrid a connu de nombreuses périodes de médiocrité. Les gens qui ont quelque goût pour l'histoire et qui savent à peu près ce que fut le Siècle d'or connaissent mal les origines de la ville. Mayrit, la "mère des eaux", fut fondée par des musulmans et ne devint chrétienne qu'à la fin du XIe siècle. Curieusement, ce rôle de capitale est dû au choix d'un roi (Philippe II en 1561), confirmé par ses successeurs, aux dépens de villes alors plus importantes. Le peuple de Madrid ne joua aucun rôle dans cette décision, mais prit sa revanche en 1701 en approuvant le choix d'un Bourbon venu de France (Philippe V) pour succéder au dernier Habsbourg mort sans héritier (Charles II). Mais c'est seulement en 1808 qu'il devint un grand acteur de l'Histoire lorsqu'il déclencha l'insurrection contre l'occupant français. Il récidiva en 1936 en faisant échec au coup d'Etat des généraux. Après la dictature de Franco, il portera au pinacle son roi Juan Carlos pour avoir su faire entrer Madrid et l'Espagne dans l'ère d'une démocratie moderne et apaisée. A travers l'histoire de sa capitale, c'est l'histoire du pays et de l'évolution de la société espagnole que l'auteur raconte avec son talent habituel.

  • Comment le plus grand roi du monde, qu'on croyait éternel après 70 ans de règne, a organisé sa mort comme il avait organisé sa vie.
    1715-2015 : depuis trois siècles, la mort de Louis XIV n'a cessé de fasciner et d'émouvoir. Avant de quitter ce monde, le Roi-Soleil a organisé lui-même la mise en scène de son dernier crépuscule : une mort chrétienne, parfaitement maîtrisée et conçue comme le spectacle par excellence de l'absolutisme - " Je m'en vais, mais l'État demeurera toujours ". La mort du roi est venue interrompre le règlement d'importantes affaires, notamment en politique extérieure et dans le domaine de la religion. Pour mieux comprendre ces enjeux, le récit commence au 1er janvier 1715 et suit le roi dans ses dernières préoccupations. Rédigé sur les lieux mêmes qui ont été témoins de la mort de Louis XIV en 1715, le récit d'Alexandre Maral est fondé sur l'analyse des sources les plus fiables, notamment Dangeau et les frères Anthoine. Seul cet examen attentif permet de reconstituer au plus près le déroulement des événements : derniers divertissements du roi en 1715, progrès de la maladie, impuissance des médecins, intrigues de cour, souverain abandon de Louis XIV à la Providence. Un récit puissant.

  • Comment sont morts les principaux souverains qui ont fait la France de Charlemagne à Napoléon III ?
    Les meilleurs historiens actuels répondent pour la première fois à cette question dans des contributions qui conjuguent exigence scientifique et écriture

  • La preuve par l'histoire de l'Europe moderne qu'il est plus difficile de faire la paix que de gagner la guerre.
    En 1435, se réunit à Arras une sorte de congrès des trois forces belligérantes ? Anglais, Français et Bourguignons ?, pour examiner comment sortir de l'enlisement de la guerre de Cent Ans. Cette démarche concertée est une première en Europe. En 1878, Bismarck organise à Berlin un congrès général des puissances européennes, le dernier du genre, avant l'affrontement des nationalismes et la mondialisation des conflits. Durant quatre siècles et demi, les Etats de l'Europe ont été en guerre la majeure partie du temps, dans la perspective toujours proclamée et jamais atteinte d'établir enfin une paix durable entre eux. Mais chaque fois les instruments diplomatiques qui devaient y conduire ont été améliorés, de la paix de Vervins de 1598 jusqu'au congrès de Vienne de 1815, et l'idéologie de la paix a elle-même progressé. L'histoire de la paix est celle d'un combat toujours recommencé. Ce livre est la première synthèse qui lui soit consacrée, et propose ainsi une autre histoire de l'Europe.

empty