Perrin


  • Les portraits, fouillés et saisissants, de vingt-six personnalités, connues et moins connues, qui ont fait le régime de Vichy.

    Au long de quatre années, dans un pays occupé, il s'est trouvé des hommes qui ont entendu, en dépit ou à cause des circonstances, diriger ou orienter la vie du pays au nom d'une légalité et d'une légitimité nouvelles, après soixante-dix ans de république : les hommes de Vichy, dont vingt-six sont ici présentés à frais nouveaux. Personnalités plus ou moins expérimentées, vieux politiques et jeunes technocrates, le régime né de la défaite, que tous acceptent, a recruté dans des milieux très différents. Ici, des pacifistes venus de la gauche, comme Marcel Déat et Paul Marion, là des gens de droite, souvent extrême, tels que Xavier Vallat et Raphaël Alibert, des croisés de l'Europe nouvelle, comme Benoist-Méchin et Fernand de Brinon, des notables traditionalistes - Joseph Barthélemy et Lucien Romier - et encore des têtes d'oeuf bardés de diplômes, tels Pierre Pucheu et Jean Bichelonne, enfin de nouveaux venus en quête d'un destin, comme Du Moulin de Labarthète et François Mitterrand. Etudier les hommes de Vichy, c'est mettre fin à la vision de ce régime comme un bloc dans l'espace et dans le temps, c'est tordre le cou à la croyance dans la cohérence d'une vie.

  • Peut-on décider de ne plus être juif ? Et au delà, peut-on changer d'identité ? Une nouvelle réflexion d'envergure sur la "Question juive" au XX e siècle.
    Peut-on décider de ne plus être juif ? Et au delà, peut-on changer d'identité ? Une nouvelle réflexion d'envergure sur la "Question juive" au XXe siècle.

    Avec Comment le peuple juif fut inventé ?, Shlomo Sand relançait en 2008 la réflexion sur la "Question juive". En interrogeant les choix identitaires d'une trentaine d'intellectuels européens majeurs qui ont voulu se convertir du judaïsme vers le christianisme au XXe siècle, ce livre est de même nature. Il propose de plus, en filigrane, une réflexion féconde sur des enjeux essentiels pour nos sociétés, notamment sur les questions d'identité, de tolérance ou sur la place des minorités.
    Car les parcours d'Henri Bergson, Simone Weil, Jean-Marie Lustiger, Max Jacob, Edith Stein ou Etty Hillesum et leurs conversions révèlent en réalité de quoi sont faites les sociétés européennes. Il apparait que quel que soit leur éloignement de la religion juive et la force de leur conviction chrétienne, tous ces penseurs ont continué à se sentir juifs.
    Alors que le désir de créer son propre chemin est une impulsion qui résonne chez bon nombre de nos concitoyens, suivre les trajectoires individuelles atypiques des convertis illustres permet de mieux comprendre pourquoi les juifs restent juifs : même quand ils se sont détachés de la religion, les sociétés européennes ne cessent de les renvoyer à la judaité, donc à leur particularité. Ils interrogent ainsi la capacité d'une société à tolérer la différence.

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