Minuit

  • La connaissance de soi est à la fois inutile et inappétissante. Qui souvent s'examine n'avance guère dans la connaissance de lui-même. Et moins on se connaît, mieux on se porte.

    Ce texte est paru en 1999.

  • Asphyxiante culture

    Jean Dubuffet

    Lorsqu'en 1968 parut la première édition d'Asphyxiante culture, Jean Dubuffet ne prenait pas en marche le train de la mode. Ses positions étaient anciennes, exprimées dès 1946 dans son Prospectus aux amateurs de tous genres.
    Aujourd'hui encore la culture institutionnalisée, publicitaire, continue de régner dans l'attente de cette autre, souhaitée par Jean Dubuffet, qui désignerait « l'actif développement de la pensée individuelle ».

    Asphyxiante culture est reparu aux Éditions de Minuit en 1986.

  • Proust

    Samuel Beckett

    Paris, juin 1930, Samuel Beckett a vingt-quatre ans. Il finit sa seconde année en tant que lecteur d'anglais à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm. Avec Whoroscope il vient de remporter un concours - lancé par Richard Adlington et Nancy Cunard qui dirigent les éditions Hours Press à Paris -, pour le meilleur poème de moins de cent vers ayant pour sujet le temps. Adlington et Cunard apprennent alors qu'à Londres les éditions Chatto & Windus envisagent de publier une monographie sur Marcel Proust. Ils proposent cette commande à Samuel Beckett qui accepte.
    Samuel Beckett reproche aux critiques littéraires de pratiquer volontiers « des hystérectomies à la truelle » et pour son Proust ce n'est certes pas oeuvre de critique littéraire qu'il entend faire. Il ne se livre pas non plus à une analyse académique en bonne et due forme : c'est là un genre qu'il ne goûte guère, il est à mille lieues de tout formalisme et de toutes conventions universitaires. C'est en écrivain accompli que Samuel Beckett s'exprime et s'affirme déjà ici.
    Cet ouvrage nous ouvre des perspectives nouvelles aussi bien sur l'oeuvre de Marcel Proust que sur celle, alors encore à venir, de Samuel Beckett lui-même. C'est un acte de compréhension où se révèlent tout à la fois l'oeuvre comprise et celui qui la comprend.

    Publié en français en 1990, traduit de l'anglais et présenté par Edith Fournier.

  • Sortir du noir

    Georges Didi-Huberman

    « ... il crée de toutes pièces, à contre-courant du monde et de sa cruauté, une situation dans laquelle un enfant existe, fût-il déjà mort. Pour que nous-mêmes sortions du noir de cette atroce histoire, de ce "trou noir" de l'histoire. »

  • Ce texte a été publié aux Éditions de Minuit en 1989, puis en 1991 suivi de Peintres de l'empêchement.

    - Le Monde et le Pantalon : écrit en français au début de 1945, à l'occasion des expositions d'Abraham et de Gerardus van Velde respectivement aux galeries Mai et Maeght. Première publication sous le titre « La peinture des van Velde ou Le monde et le pantalon », dans la revue Les Cahiers d'Art, 1945-1946, avec six reproductions noir et blanc d'Abraham van Velde et neuf de Gerardus. Son titre vient d'une plaisanterie reprise en 1957 dans Fin de partie et citée en exergue :

    « Le client. - Dieu a fait le monde en six jours, et vous, vous n'êtes pas foutu de me faire un pantalon en six mois.
    Le tailleur. - Mais, Monsieur, regardez le monde, et regardez votre pantalon. »

    - Peintres de l'empêchement : article en français sur Bram et Geer van Velde. Première publication dans la revue Derrière le Miroir, n°11-12, juin 1948.

  • Trois dialogues

    Samuel Beckett

    Si Samuel Beckett assiste souvent aux discussions du groupe des artistes et des écrivains qui s'est formé, à Paris en 1947, autour de la revue de langue anglaise Transition que dirige Georges Duthuit, il n'aime guère y prendre directement part. C'est davantage dans une correspondance suivie, et au cours de conversations en tête à tête avec Georges Duthuit, qu'il se livre à un échange d'idées sur l'art en général et la peinture en particulier. En 1949, Samuel Beckett résume ces nombreux échanges et les transpose en trois dialogues imaginaires sur Tal-Coat, Masson et Bram van Velde.

    Ce recueil est paru en 1998, traduit de l'anglais en partie par l'auteur, en partie par Edith Fournier.

  • Du plaisir d'écrire à la joie de vivre, et inversement. Du plaisir des mots au plaisir tout court, et vice versa.
    Le choix des mots est affaire sérieuse. Il signale toujours une certaine forme d'adoption - ou de refus - des choses, d'intelligence ou de mésintelligence de la réalité.

    Le Choix des mots, paru en 1995, est suivi de La Joie et son paradoxe.

  • Récit d'un noyé

    Clément Rosset

    Pendant que des médecins travaillaient à me maintenir en vie, à la suite d'une noyade qui aurait dû finir fatalement, j'ai vécu, ou rêvé, ou halluciné, des aventures si extraordinaires que l'idée m'est venue d'en rapporter au moins quelques-unes.

  • « La parution récente du livre posthume de Louis Althusser, L'avenir dure longtemps suivi de Les Faits (Éditions Stock / IMEC, 1992), m'incite à noter, comme en marge, quelques souvenirs et réflexions sur une période et un homme que j'ai connus à la fois de très près et de très loin. De très près, car j'étais, de 1961 à 1965, élève à l'École normale supérieure et, comme philosophe, directement en contact avec Althusser qui assurait, assez "théoriquement" il est vrai - non au sens althussérien mais au sens courant du terme - la préparation au concours d'agrégation de philosophie. De très loin, car j'étais complètement indifférent à l'effervescence intellectuelle qui régnait alors à l'École et autour de la personne d'Althusser, dont je décidai immédiatement de "sécher" les cours, moins par mépris de ceux-ci que par refus instinctif de m'associer au petit groupe de ceux qui les suivaient.
    L'alliance, chez Althusser, de la plus extrême lucidité et de la plus totale folie - alliance "contre nature", j'y reviendrai, qui fait d'Althusser un cas, au sens où l'on parle d'un "cas Wagner" ou d'un "cas Nietzsche" - m'a paru digne de réflexion. Ce cas est en effet doublement instructif, éclairant d'un même coup de projecteur ce qu'il peut y avoir de plus raisonnable et de plus insensé dans le fonctionnement du cerveau humain. »
    Clément Rosset

    Cet essai est paru en 1992.

  • Pour Eric Chevillard

    Collectif

    Ouvrage dirigé par Pierre Bayard.

    Puisque Éric Chevillard s'obstine au fil de ses livres, à coups de raisonnements absurdes, de refus des conventions narratives et d'invention de formes aberrantes, à construire une oeuvre qui ne ressemble à aucune autre, peut-être est-il temps pour les critiques de s'intéresser à ce cas singulier de folie littéraire et d'étudier ses textes.
    P. B.

    Table des matières :
    Bruno Blanckeman - L'herméneutique du fou
    Tiphaine Samoyault - Rendre bête
    Dominique Viart - Littérature spéculative
    Pierre Bayard - Pour une nouvelle littérature comparée

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