Nature & Plein air

  • Depuis 2013, une bactérie en provenance du continent américain décime les oliviers centenaires du sud-est de l'Italie. Son nom obscur - Xylella fastidiosa - semble entretenir le mystère qui pousse une espèce vivant en harmonie dans son milieu naturel d'origine à semer la désolation ailleurs, comme le fit le champignon invasif responsable du mildiou de la pomme de terre, à l'origine de la famine qui tua un million d'Irlandais au milieu du XIXe siècle, ou le phylloxéra, puceron ravageur des vignes françaises dans les années 1860-80.

    L'emblématique pathogène Xylella est l'un des représentants les plus redoutés des nombreuses espèces exotiques envahissantes - micro-organismes, animaux et plantes invasives - qui se propagent à la surface du globe en suivant les voies de circulation d'une mondialisation par trop négligente. Affectant non seulement l'agriculture mais aussi la santé publique - à l'image du moustique-tigre, vecteur des virus de la dengue et du chikungunya -, ces bio-agresseurs invasifs sont synonymes de graves nuisances écologiques pour les écosystèmes et la biodiversité, tel le charançon, nuisible aux palmiers de la Côte d'Azur, les grenouilles-taureaux fatales aux reinettes, ou la plante jussie, cauchemar des milieux aquatiques...

    Une enquête pour mieux cerner ces prédateurs, comprendre le phénomène de prolifération invasive et mettre en lumière les acteurs méconnus de l'épidémiosurveillance engagés dans la détection et la lutte contre ces nouveaux fléaux.

  • Le marché de l'eau en France demeure opaque. Pour la plupart des habitants des plus grandes villes, la facture est souvent invisible, car noyée dans les charges collectives. Sait-on pourtant que le véritable prix du mètre cube d'eau en France est de 1,50 euro, quand le prix moyen payé par les abonnés en France est de 3,98 euro par m3 ?

    Petits arrangements, conflits d'intérêts, corruption... Au terme d'entretiens menés, entre autres, avec Marc Laimé, consultant indépendant spécialisé dans l'eau et l'assainissement, et Jean-Luc Touly, syndicaliste de Veolia et principal opposant à la gestion privée de l'eau, Thierry Gadault lève le voile sur les scandales soigneusement dissimulés en Île-de-France, en Guadeloupe, en Avignon ou à Lourdes, où sociétés privées et élus locaux s'entendent au détriment des usagers.
    Une enquête édifiante sur une situation intolérable à l'heure où, avec le changement climatique et l'apparition de nouvelles pollutions chimiques, la gestion de l'eau devient cruciale.

  • En 2011, lorsque surgit une question relative à la pollution des nappes phréatiques dans le nord de la France par une substance chimique - le perchlorate - retrouvée dans l'eau du robinet au niveau des anciens champs de bataille de 14-18, le doute s'installe : y aurait-il un lien avec la Grande Guerre ? Là-bas, près de Verdun, en pleine forêt, rien ne pousse. Exception visible, ou n'a-t-elle fait qu'échapper au crible de l'oubli ? Que se cache-t-il sous terre, entre preuves et soupçons ?

    À la fin de la Première Guerre mondiale, on estime au total, plus d'1,5 million d'obus chimiques et 300 000 obus explosifs ont ainsi été éliminés dans la Meuse, près de Verdun. L'usage, la destruction et le recyclage de cet arsenal cyclopéen constituent aujourd'hui un héritage toxique centenaire. La Meuse n'est ni un cas ni un département isolé : ailleurs, d'autres lieux ont assimilé le traumatisme tellurique de la Grande Guerre.

    L'enquête historique et environnementale de Daniel Hubé, géologue de métier mais surtout par passion, ne figure dans aucun livre. Sa mission ? Faire émerger du passé des questions enfouies. Ses pérégrinations l'ont conduit vers des spécialistes des munitions, puis à se plonger dans les archives, en France et à l'étranger, avant de s'armer de drones pour restituer l'un des derniers secrets de la Grande Guerre et, ainsi, "évaluer la matière à panser".
    Un document unique qui pose, aujourd'hui plus que jamais, la question des pollutions de guerre et des désastres écologiques liés aux conflits du XXe siècle.

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