Métailié

  • Tous les soirs au Tram 83 on voit débouler les étudiants en grève et les creuseurs en mal de sexe, les canetons aguicheurs, les touristes de première classe et les aides-serveuses, les biscottes et les demoiselles d'Avignon, la diva des chemins de fer et

  • Le glacis

    Monique Rivet

    Laure a vingt-cinq ans lorsqu´au milieu des années 50 elle est nommée, en pleine guerre d´Algérie, professeur de lettres dans un lycée d´une petite ville de l´Oranais. Cette guerre, qu´elle ne comprend pas, la désoriente, puis lui fait horreur. Elle ne comprend pas davantage la société qu´elle découvre, une société cloisonnée où les conformismes se côtoient en toute hostilité et qu´elle choque par la liberté de ses réactions ; d´emblée elle s´y fait des ennemis, au point de se mettre en danger.
    « Le temps où j´ai habité la ville était le temps de la violence. Le temps de ce que le langage officiel déguisait d´un intitulé pudique : les "événements", quand l´homme de la rue disait : la guerre. La guerre d´Algérie.
    Ce pays, je ne lui appartenais pas, je m´y trouvais par hasard. J´y étais de guingois avec tout, choses et gens, frappée d´une frilosité à fleur de peau, incapable d´adhérer à aucun des mouvements qui s´y affrontaient. Cette guerre, je ne la reconnaissais pas, elle n´était pas la mienne. Je la repoussais de toutes mes forces. Si j´avais eu à la faire... - s´il avait fallu que je la fasse, aurais-je pu la faire aux côtés des miens ? » Monique Rivet avait l´âge de Laure quand elle a écrit ce texte, vibrant, sobre et vital, témoin de son regard de femme très jeune sur une guerre que personne ne voulait reconnaître. Ce roman n´a jamais été publié auparavant.

  • Le flamboyant Étienne Marsant a été une immense star avant son infarctus. Aujourd'hui, il ne boit plus, ne fume plus, ne tourne plus, il s'ennuie et accepte de présider un festival de cinéma de seconde zone à Colombey-les-Deux-Églises. Tout près, à Chaumont, s'ouvre le procès d'Abdelkader Fournier, un petit voyou qui a cambriolé une douzaine de succursales bancaires armé d'un faux revolver et de beaucoup de fair-play. Le terrible président de la cour d'assises surnommé le boucher de la Haute-Marne est bien décidé à le faire enfermer à perpétuité. Son avocat, ténor du barreau dépressif, rêve de raccrocher la robe. Devant l'injustice manifeste du président et son habileté à manipuler témoins et jurés, il décide de se retirer. Tous les projecteurs sont allumés, le spectacle peut commencer.

  • Peut-on changer d'identité en même temps que de pays? Quand il se retrouve à Shanghai François Lizeaux a vingt-quatre ans et des rêves plein la tête. Fort de sa seule connaissance de la langue chinoise, il arrive dans un monde dont il a beaucoup rêvé, mais dont il ne sait à peu près rien. Qu'importe! Le jeune homme a bien l´intention de se faire une place au sein de cette ville gargantuesque et fébrile, où il se sent étrangement chez lui. Au consulat de France, où il exerce la fonction d'interprète, sa bonne volonté lui vaut pourtant très vite quelques déconvenues. Taillable et corvéable à merci, il découvre, au fil de ses missions, l'univers sans gloire des expatriés. Peu à peu, l'écart se creuse avec ses compatriotes. Si bien que l'interprète, qui s'est familiarisé avec les modes de vie locaux, se rapproche insensiblement de ses interlocuteurs chinois. Ingénu et roublard, il va se lancer dans des activités louches mais lucratives qui ne tarderont pas à le dépasser. Jusqu'au jour où son amour pour la belle An Lili le fera basculer du côté chinois, du moins le croira-t-il. Car il n'est pas si facile de se défaire de ses origines, pas plus qu'il n'est aisé de se fondre dans la culture de l'autre, au risque de se perdre. Un grand danger dont le héros de cette histoire à la fois cocasse, cruelle et troublante fera les frais. Inventif, plein d'ironie, le style de Stéphane Fière rend compte avec brio des métamorphoses de son personnage. Son récit tour à tour drôle et féroce, nous entraîne dans une Chine parfaitement vraisemblable, où se joue un épisode de la mondialisation.

  • Le coeur de l´homme d´affaires enlevé a été restitué à sa famille. Il a été arraché de sa poitrine selon la tradition des sacrifices aztèques, il est posé sur un socle portant le dessin d´une feuille mystérieuse. Des messages arrivent qui utilisent le calendrier aztèque et les vers d´un roi-poète pour annoncer les meurtres à venir. Des hommes politiques sont enlevés et sacrifiés. Le suspect boiteux porte le nom d´un botaniste mort depuis des siècles, les autorités du pays font preuve d´une mauvaise volonté manifeste... La police ne mettant pas toute l´énergie nécessaire à la résolution de ces énigmes, les recherches sont menées par un trio d´enquêteurs. Dans un gigantesque jeu de piste à travers la ville de Mexico et ses sites archéologiques, ils vont croiser un hippie spécialiste des plantes médicinales de la forêt lacandone, un vieil Américain qui dit avoir connu Zapata, et des Indiens qui ne vieillissent pas. Ce magnifique thriller qui plonge dans les racines de la culture mexicaine nous révèle les secrets de la mort programmée des cellules, parle de la nécessité de protéger les savoirs et les patrimoines botaniques indiens et nous fait vivre des aventures ébouriffantes sous la conduite d´un nouvel auteur, au style solide et brillant, fin connaisseur et amoureux du Mexique.

  • La mathématique, en particulier l'élégante topologie, peut-elle influencer toute une vie, un amour ? Comment Thomas Arville, la légende des prépas de Louis-le-Grand et de Normale sup, le successeur tout désigné de Cédric Villani, le futur lauréat de la médaille Fields, se retrouve-t-il à traîner sa peine comme prof de lycée dans une banlieue pourrie ?

  • Ailing a pu quitter la foule des ouvrières surexploitées grâce à sa beauté et à l'intelligence de son instinct de survie, elle a trouvé son marché : les hommes d'affaires français venus faire fortune à Shanghai et les expatriés au portefeuille bien garni ! Elle vit dans le luxe, est fascinée par l'argent et la consommation, mais gère sa vie comme une femme d'affaires avisée et fait fortune, jusqu'au jour où, engluée dans une dépression, elle décide de quitter Shanghai et les témoins de son ascension. Elle s'installe à Pékin et reprend ses activités à un niveau social plus élevé, mais dans le même vide intellectuel et affectif. Un jour cependant, un voisin très particulier s'installe en face de sa maison.
    Sous la forme d'un monologue interrompu par des conversations téléphoniques, des SMS et des mails, Ailing et ses amies nous révèlent une vision d'un cynisme rafraîchissant sur l'eldorado asiatique et sur les moeurs des hommes d'affaires et diplomates occidentaux.
    Inventif, plein d'ironie, le style de Stéphane Fière rend compte avec brio des alternances du coeur de son héroïne. Son récit tout à tour drôle et féroce nous emmène dans une Chine parfaitement vraisemblable, où se jouent les métamorphoses de nos sociétés mondialisées.

  • Laurent Kropst est élève en maths sup au Lycée Louis-le-Grand. Il doute qu'il existe un monde en dehors des colles de maths, des devoirs de physique et des blagues vaseuses de ses petits camarades. Au-delà de la dixième place au classement général, il ne connaît plus personne. C'est sa vie, son train-train, son sacerdoce. Jusqu'au jour où il prend une tôle monumentale en mathématiques. Pour lui, c'est la fin du monde : l'opprobre, la descente aux enfers au classement général, et surtout l'exclusion, la relégation dans un lycée de seconde zone à la fin de l'année. Il découvre alors qu'on peut changer son destin avec quelques mots et beaucoup de mauvaise foi.
    Dans la foulée, il rencontre des filles du lycée, des élèves d'hypokhâgne, elles lui font découvrir l'autre moitié du monde. Lui qui ne jurait que par les polynômes de Bernoulli se met à lire Proust et à causer Baudelaire à la cantine. Il se rend compte que s'échiner sur des théorèmes n'est pas la seule façon de parvenir à ses fins; l'ascenseur social emprunte d'autres voies, qui ne sont pas toutes très nettes peut-être, mais qui sont quelquefois bien plus rapides. Quand on n'est pas issu du sérail, on se doit d'être prêt à tout.
    Dans un style alerte et ironique, Emmanuel Arnaud nous livre ici un tableau générationnel, mais aussi une plongée singulière dans les méandres du raisonnement mathématique : son roman est une ode à l'intuition, qui réconcilie la science et la littérature.

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