Lethielleux Editions

  • Le langage chrétien fait souvent appel au vocabulaire de la grâce. On dit s'en remettre « à la grâce de Dieu » comme à sa providence. On dit aussi que « Dieu fait grâce », qu'il remet les péchés « par grâce », que l'homme vit « au gré de sa grâce ».Cependant, la grâce est un terme qui fait partie de ces vocables, comme l'âme ou la providence, qui sont devenus obscurs ou étranges à beaucoup. Pourtant ce terme est irremplaçable ; la théologie, pour ne pas dire la foi, ne peut se formuler sans lui. C'est que l'homme, en effet, selon la révélation biblique, est appelé, par une faveur divine gratuite qui est la grâce, à une destinée supérieure, que l'on qualifiera de surnaturelle. On mesure que cette manière de parler de grâce, de surnaturel, de faveur, de gratuité et de révélation recouvre une doctrine très riche, que ces quinze études ne prétendent pas épuiser, mais tentent de mettre en lumière.De longueurs inégales, ces quinze leçons cherchent à circonscrire l'étendue et la portée du mot grâce dans la tradition catholique. Il recèle probablement le secret le plus intime du christianisme.
    Professeur de théologie et directeur de la Revue thomiste, le frère Philippe-Marie Margelidon, o.p., dirige le studium de théologie des dominicains de la province de Toulouse.

  • « Plus peut-être que celle de l'homme d'autrefois, la mentalité contemporaine semble s'opposer au Dieu de miséricorde, et elle tend à éliminer de la vie et à ôter du coeur humain la notion même de miséricorde. » Ces mots de saint Jean-Paul II résument bien la raison pour laquelle le thème de la miséricorde s'est de plus en plus imposé dans l'enseignement du Magistère.Il existe pourtant dans notre société une véritable promotion de la compassion, qui semble même être devenue la seule norme admise pour construire une éthique. De fait, cette disposition touche à ce qu'il y a de plus intime à l'homme, son agir moral et sa dignité de personne humaine. Elle ne peut laisser indifférent.Pour répondre aux appels de l'Église comme aux défis que lance la société contemporaine, cet ouvrage s'attache à dégager les principaux aspects de la vertu de miséricorde. Comment passer d'un simple sentiment à une vertu efficace ? La miséricorde se rattache-t-elle à la justice ou à la charité ? Est-ce une vertu essentiellement chrétienne ou existe-t-il une miséricorde naturelle ? Quel rôle joue-t-elle sur le plan social? Voilà les questions auxquelles ce livre tente de répondre en scrutant la pensée de saint Thomas d'Aquin.
    Né en 1983, le père Jean-Baptiste Cazelle est entré au monastère bénédictin de Notre-Dame de Fontgombault en 2003. Il a achevé ses études de théologie à l'institut Saint-Thomas-d'Aquin (Toulouse) en 2018.

  • On dit souvent que le mal n'est pas justifiable, qu'il ne peut être réduit à une solution simple, tant il demeure incompréhensible. Il est scandale et provocation pour la conscience humaine. Or, la question de Dieu donne à celle du mal des proportions redoutables qui ne placent cependant pas la raison dans l'incapacité de dire quelque chose d'intelligible et de sensé sur ce qui apparaît à la fois comme un problème et un mystère. La théologie, qui est exercice de la raison dans la lumière de la foi, n'est pas condamnée à se taire. Dieu, certes, est inconnu en lui-même, et le mal demeure irréductible à toute entreprise de réduction, mais, à partir de tout ce que nous pouvons affirmer de Dieu par la raison et par la réflexion croyante, il est possible de donner quelques repères à ce qui demeure pour l'esprit un défi. Ces balises ne cherchent pas à justifier ou expliquer le mal, mais sont comme des tentatives raisonnées de comprendre et dégager de l'intelligibilité dans ce qui se présente, surtout en christianisme, comme un rapport difficile à penser : Dieu et le mal.
    Professeur de théologie et directeur de la Revue thomiste, le frère Philippe-Marie Margelidon, o.p., dirige le studium de théologie des dominicains de la province de Toulouse.

  • Ces dernières années, la pensée thomiste a connu un renouveau remarquable, pourtant, il n'existe pas d'étude sérieuse de la christologie thomiste, en particulier dans le dialogue avec les grands thèmes de la christologie moderne. Le Seigneur Incarné considère les thèmes centraux de la christologie dans une perspective métaphysique. Une attention particulière est accordée à l'union hypostatique, à la connaissance et à l'obéissance de Jésus, à la passion et à la mort du Christ, à sa descente aux enfers et à sa résurrection. Cependant, le livre cherche également à faire avancer une interprétation de la christologie thomiste dans un contexte moderne. L'enseignement de Thomas d'Aquin, donc, est au centre de l'étude, mais il est mis en conversation avec divers théologiens modernes, tels que Karl Barth, Karl Rahner et Hans Urs von Balthasar. Ce travail a pour objectif ultime de suggérer comment la théologie catholique peut se développer fructueusement dans les conditions modernes, et s'engager dans des controverses contemporaines. La conclusion du livre fournit une réflexion systématique sur la nature de la christologie en tant que discipline théorique et historique.
    Thomas Joseph White, prêtre dominicain, est directeur de l'Institut Thomiste de l'Angelicum à Rome et professeur de théologie. Il a fait ses études de doctorat à l'Université d'Oxford et a publié plusieurs livres et articles, notamment The Light of Christ, An Introduction to Catholicism (Washington, DC: 2017). Il est membre de l'Académie Pontificale de Saint-Thomas et co-rédacteur du périodique Nova et Vetera (édition anglaise).

  • La pratique et la notion d'initiation ont des racines plus vieilles que le christianisme. Elles naissent en milieu païen, dans la Grèce archaïque. Depuis, la notion a été reprise et réinterprétée dans diverses traditions, dès l'Antiquité et jusqu'à nos jours. Actuellement, l'idée d'initiation désigne tout à fait globalement « les premiers pas » dans à peu près n'importe quelle discipline ou activité. Or, à voir de plus près, il s'agit plus précisément « du premier pas », « le pas décisif », essentiellement cultuel et communautaire, par lequel un sujet est agrégé à un nouveau corps social.La notion d'initiation n'est pas biblique, et les auteurs chrétiens des premiers siècles paraissent éviter délibérément le vocabulaire typique lié aux pratiques d'un paganisme encore bien vivant, alors qu'à la même époque les modalités d'intégration de la communauté chrétienne - essentiellement rituelles et communautaires - se fixent.Le thème de l'initiation chrétienne est relativement récent : il date de la fin du XIXe siècle. L'un des rituels majeurs de l'Église catholique en porte d'ores et déjà le nom. Cette étude se pose trois questions : qu'est-ce que l'initiation en tant qu'acte humain, en-deçà de la polyvalence actuelle du terme ? En quoi la pratique appelée « initiation chrétienne » est-elle une initiation ? Comment la Révélation de Dieu en Jésus Christ appelle-t-elle une pratique de ce genre ?
    Jean-Marie Brauns (1969) est Docteur en théologie. Prêtre de la Compagnie de Saint-Sulpice, il enseigne au séminaire Saint-Sulpice d'Issy les Moulineaux.

  • Quel sort Dieu réserve-t-il aux enfants morts sans baptême ? Qui n'a, un jour, fait face à cette douloureuse interrogation ? La mort naturelle d'un enfant lors d'une fausse-couche, la mort provoquée d'un enfant par avortement, la mort enfin d'un enfant né, mais non encore baptisé, ne laissent pas indifférent le théologien. Comment, sans céder à un sentimentalisme sans fondement, vivre cette épreuve dans l'Espérance ?Le Catéchisme de l'Église catholique publié en 1992 n'a pas repris l'affirmation traditionnelle, mais qui ne remonte qu'au XIIe ou XIIIe siècle, de l'existence d'un lieu, les Limbes, où ces enfants, privés à jamais de la vision de Dieu, jouiraient d'un bonheur purement naturel ; en revanche, il a proposé de les confier à la miséricorde de Dieu, « qui veut que tous les hommes soient sauvés » (1 Tm 2,4).Après avoir examiné les réponses apportées par les Pères de l'Église et les scolastiques à la question, l'ouvrage s'attache à dégager les éléments susceptibles d'amener l'Église à affirmer un salut conféré par Dieu aux enfants morts sans baptême. D'un point de vue pastoral, il propose la voie d'une intercession pour le salut de ces enfants à ceux qui n'ont pas pu ou voulu leur accorder la grâce du sacrement du baptême.Abbé du monastère bénédictin Notre-Dame de Fontgombault depuis août 2011, Dom Jean Pateau est né en 1966 ; il est entré à l'abbaye en 1990 après avoir enseigné la physique et la chimie en classes préparatoires durant deux ans. Ses études de théologie, achevées à l'Institut Saint-Thomas d'Aquin (Toulouse), l'ont conduit à se pencher sur le sort des enfants morts sans baptême.

  • Pendant longtemps, l'histoire de la théologie catholique a présenté les XVIIe et XVIIIe siècles comme le temps d'une suprématie de saint Augustin. La réalité est beaucoup plus complexe. Le catholicisme de l'âge classique se caractérise par un pluralisme doctrinal qui permet la confrontation de nombreuses écoles théologiques, dont celle de saint Thomas. Rédigé par l'un des meilleurs spécialistes actuels de l'histoire des idées religieuses de l'époque moderne, le présent ouvrage est consacré, à travers différentes études, à la définition du périmètre doctrinal caractéristique du thomisme des XVIIe et XVIIIe siècles.
    Né en 1972, ancien élève de l'École nationale des chartes, agrégé et docteur habilité à diriger des recherches en histoire moderne, ancien membre de l'École française de Rome, Sylvio Hermann De Franceschi est directeur d'études à la Ve section (Sciences religieuses) de l'École Pratique des Hautes Études (PSL) et directeur du Laboratoire d'études sur les monothéismes (UMR 8584). Il a notamment publié La Puissance et la Gloire. L'orthodoxie thomiste au péril du jansénisme (1663-1724) : le zénith français de la querelle de la grâce (2011).

  • Cet ensemble d'études concerne plusieurs questions actuellement débattues autour du presbytérat et du diaconat et qui ne font pas l'objet d'un consensus unanime. Malgré la diversité des points de vue exprimés ces huit chapitres sont homogènes sur le fond et manifestent une authentique unité doctrinale. L'articulation presbytérat et diaconat qui en constitue le coeur permet de mieux saisir ce que chaque degré comporte de spécifique au double plan de la fonction (agir) et de la consécration (être), de la mission et de la sainteté dans l'Église. Quelques annexes fournissent des éléments de discussion à propos du diaconat féminin, de l'ordination des femmes et du célibat ecclésiastique. 
    Avec les contributions d'Henry Donneaud, Damien Troupeau, François Daguet, Damien Logue, Gilbert Narcisse et Philippe-Marie Margelidon.
    Sous la direction du père Philippe-Marie Margelidon, dominicain, docteur en théologie. Le père Margelidon est professeur de théologie dogmatique  au Studium dominicain de Toulouse, à la faculté de théologie de l'Institut Catholique de Toulouse et à l'Institut Saint Thomas d'Aquin. 

  • « Dieu veut que tous leshommes soient sauvés » (1Tm2,4), et cette volonté il la réalise par son« seul médiateur » (1Tm2,5), le Christ Jésus, son Fils. Le salut s'entenddonc, nécessairement, comme une certaine appartenance à l'unique Église duChrist : le salut est pour tous, par le Christ et dans l'Église.Aussi est-il légitime des'interroger. Comment les non-chrétiens peuvent-ils être sauvés ? Quelleest alors leur situation dans le mystère de l'Église, hors de laquelle iln'y a pas de salut ? Faut-il distinguer une situation différente entre lesnon-chrétiens athées, agnostiques ou indifférents et les non-chrétiens fidèlesd'une religion non-chrétienne ?À ces questions, et à quelquesautres, on trouvera dans ce livre des réponses formulées dans un style clair,précis, et aussi simple que possible. Oui « hors de l'Église il n'y pas desalut » car, d'une certaine manière, tous les sauvés, chrétiens ou non,appartiennent à l'unique Église du Christ. C'est de cette« ecclésialité » qu'il s'agit de rendre compte ici.
    L'abbé Jean Arfeux est prêtre dudiocèse de Toulouse. Après avoir obtenu une Licence en théologie dogmatique àl'université de Fribourg, il prépare actuellement, dans la même université, undoctorat en ecclésiologie sous la direction du Père Benoît-Dominique de laSoujeole.

  • La définition de la sacramentalité de l'épiscopat est parmi les apports majeurs du concile Vatican II. On peut s'étonner qu'une réalité aussi fondamentale, touchant à la structure même de l'Église, intervienne bien tard dans l'histoire. L'examen historique de la question, et notamment des impasses dans lesquelles elle a pu être engagée en Occident, montre qu'une telle définition ne peut être dégagée que dans le cadre plus large de l'ecclésiologie, qui est bien celui de la Constitution Lumen Gentium. Cette même définition permet également de fonder la réalité collégiale de l'épiscopat.De plus, la sacramentalité de l'épiscopat est définie dans un texte où l'Église elle-même tout entière est présentée comme une réalité sacramentelle. Les deux réalités sont donc appelées à s'éclairer mutuellement.La définition de la sacramentalité de l'épiscopat, et partant de la collégialité, permet ainsi une considération globale du sacrement de l'ordre comme « sacrement du ministère apostolique » selon l'expression du Catéchisme de l'Église Catholique, jouant un rôle de premier plan dans la construction du corps ecclésial. Cela est en outre éclairé par les recherches exégétiques des cinquante dernières années, notamment les travaux d'A. Feuillet, mettant en valeur la simultanéité de l'institution de l'Église et du ministère apostolique.Le P. Roland Varin est prêtre de la Société Jean-Marie Vianney. Il est formateur au séminaire d'Ars et enseigne notamment l'ecclésiologie. Il prépare actuellement un doctorat sur la sacramentalité de l'Église, à l'ISTA (Institut Saint Thomas d'Aquin), affilié à l'Institut Catholique de Toulouse (ICT).

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