Littérature générale

  • Suzanne El Farrah El Kenz relate dans ce récit émouvant, mené dans une langue alerte et sobre, l'histoire de son exil et, notamment, le retour avec son fils vers une certaine maison du Néguev située aux proches limites de Ghazza. C'est la maison natale de sa mère défunte à laquelle sont attachés tant de souvenirs rendus douloureux par la spoliation.

    Écrit comme un journal, à la première personne du singulier, La Maison du Néguev offre le regard d'une femme qui sait croquer la grande histoire en deux mots et trois images, sans dramatisation ni pathos, sur le ton de la confidence tranquille ou apaisée, avec autant de gravité et de pertinence que d'humour.

    (L'auteure, qui est aussi professeur de langue arabe et qui a vécu les trois premières années de sa vie à « Ghazza », choisit d'écrire « Ghazza » avec un
    « h » et deux « z », parce que cette transcription graphique est plus fidèle à l'arabe sur le plan phonétique. Le lieu est aussi un nom.)

  • Ce conte fantasmagorique nous entraîne sur les traces de Christophe Colomb. À ses côtés, nous naviguons sur la mer Océane, vaste et mystérieuse, vers l'ouest, toujours vers l'ouest, obstinément, pour atteindre l'Orient tant rêvé. Robert Finley imagine le parcours, les tempêtes, les craintes de l'équipage ; il retrace les observations notées dans le journal de bord de Colomb, les descriptions étranges de ce territoire inconnu que Colomb croit être Les Indes, désignant ainsi, accidentellement, le Nouveau Monde.

    Ce livre, « écrit dans une langue d'une extrême précision, émaillée d'images qui ne cessent d'éblouir », s'appuie sur des documents d'époque et met en lumière le pouvoir à la fois créateur et destructeur du langage. Les signes, les mots, les lignes tracées sur une carte sont des « distorsions circonspectes » de la réalité, des représentations de ce que nous percevons du monde qui nous entoure. « Les bons navigateurs doutent toujours, non de la présence des choses, mais de ce qu'ils voient et comprennent. Les bons navigateurs sont toujours perdus. Mais Colomb est un visionnaire et les visionnaires ne sont pas de bons navigateurs. Ils habitent un monde beaucoup plus simple : celui de ce qu'ils connaissent simplement. »

    Robert Finley donne au voyage de Colomb sa véritable dimension épique et, au-delà de la découverte d'un nouveau monde, c'est toute la question de la grande aventure humaine, en quête de sens et de vérité, qu'il aborde dans Les Indes accidentelles.

  • Ce recueil de brèves nouvelles aurait pu s'intituler: naître, vivre et mourir. Ou : de la naissance jusqu'à la mort. Plus de 80 microfictions inspirées du quotidien et des hasards qui le bouleversent. Des personnages dévoilés à l'occasion d'événements imprévus, anodins ou tragiques. Des textes réalistes dans lesquels pointe une touche d'humour. La vie dans tout ce qu'elle contient de fragilité, de beauté et parfois même d'absurdité.

  • Ce roman choc raconte la vie tumultueuse d'une famille nord-vietnamienne ballottée par les caprices de l'Histoire et aux prises avec sa propre folie. À travers un récit teinté d'humour, on découvre les aventures rocambolesques d'un clan familial dans sa longue migration, depuis l'Indochine française, la guerre du Vietnam et jusqu'à son exil à Montréal. Saisissant portrait de quatre générations dans un univers où tous les repères s'écroulent.

    Le personnage pivot de ce récit romancé est le cousin Daniel, qui meurt du sida à Montréal en 1986 et dont personne ne mentionne plus le nom. Du grand-père opiomane jusqu'à ce jeune cousin homosexuel, tous vivent dans leur chair les blessures de la guerre. Avec leurs faiblesses et leurs rêves, ils se débattent pour survivre à la désintégration de leur monde ordonné, disparu dans les vents du changement.

    C'est la guerre vécue de l'intérieur avec ce qu'elle entraîne comme débordements et excès. Pas de statistiques, pas d'images de bombardements. Non. On se cache dans un garage, on dort entassé sur la paille, on s'enfuit dans des rizières, on continue de travailler, de jouer, de se droguer, d'aller au restaurant, de rire, et on baise plus souvent qu'à l'habitude pour oublier ou faire semblant que la vie continue, on n'a plus de règles ni de contraintes, la honte et la peur du scandale ont disparu.

    Un roman hypnotisant qui allie l'historique et l'intime.

  • Palawan est l'histoire d'une bouleversante quête d'identité. Dès la première page, l'authenticité des lieux et des personnages captive l'attention.
    Lang Co, Vietnam, 1979. Par une nuit sombre, seule au milieu d'inconnus, la jeune Kim embarque à contrecoeur dans un bateau. Le rafiot, à la dérive pendant des jours, atteint finalement Palawan, un camp de réfugiés des Philippines où s'entassent des Vietnamiens venus de la mer, les Boat People. Le long jeu de l'attente commence alors. Kim n'hésitera pas à mentir sur son identité pour quitter cet enfer.
    Des années plus tard, au Connecticut, transformée en Américaine dans sa famille adoptive, elle demeure hantée par son désir de retrouver ses soeurs et sa mère. Elle raconte aux uns et aux autres toutes les tristes histoires qu'ils veulent entendre et s'invente un passé. Mais sa véritable histoire lui échappe. Ses recherches la conduiront de Montréal à Los Angeles puis, à nouveau à Palawan, où vivent encore, dans les années 90, des réfugiés indésirables qui n'ont pu quitter le camp. Leurs récits bouleversants l'obligeront à se rappeler ce qu'elle avait choisi d'oublier et l'aideront à faire la paix avec elle-même.

  • Ce recueil de six nouvelles se penche sur des destins tragiques. On y croise un médecin respecté qui s'avère être tout sauf respectable; un homme en apparence inoffensif qui fut autrefois un bourreau sans pitié; une enseignante qui voit sa vie bouleversée par la guerre; une mère qui attend désespérément le retour de son fils. Tous ces personnages ont une histoire à raconter, une histoire qui peut cacher de bien sombres vérités. Les fins heureuses se font rares, mais n'en est-il pas ainsi de la vie?

    Une des nouvelles se déroule ici, à l'aéroport de Vancouver. Une autre se passe ailleurs, à New York, dans la rue près d'une boîte de jazz. Une autre encore, dans le métro. Et plusieurs, là-bas, loin de nous, en Syrie et en Thaïlande.


    Exclusion, misère, désarroi, trahison, guerre. Marie-Célie Agnant pose un regard plein de compassion sur la condition humaine où bourreaux et victimes se côtoient. Un livre poignant qui ébranle bien des préjugés.

  • Yvon Paré nous entraîne dans l'univers de la grande romancière Nicole Houde. Il imagine des rencontres entre les personnages de ses propres romans et ceux de Nicole Houde, provoque des confidences improbables. Sa plume alerte et sensible invente ainsi un dialogue passionnant entre deux univers romanesques si différents et si proches. Dans des conversations puisées à même leurs oeuvres, Yvon Paré explore les origines de l'écriture chez Nicole Houde comme chez lui.

    L'Orpheline de visage : une rencontre entre deux écrivains, une reconnaissance, une amitié littéraire au-delà des mots et de la vie, une parenté d'âme et d'esprit.

  • Il y a le Paris des romantiques et celui des amoureux. Le Paris des Années folles. Le Paris des poètes et le Paris de Dany Laferrière. Il y a aussi le Paris des grandes gares, le Paris des attentats, le Paris de toutes les cultures et celui des migrants. Et il y a ce Paris de tous les jours, dans ses bruits quotidiens et dans l'inattendu des rencontres, ce Paris où Marie Ouellet a vécu 10 ans, ce Paris qui l'habite toujours.

    Accompagnées de 44 dessins de Lisa Burg, ces 44 « courtes scènes », instants fugitifs dérobés au temps qui court, proposent une galerie de portraits captés sur le vif par une promeneuse à l'écoute de la rumeur de la ville. Au fil de ses promenades, elle jette un regard attendri sur les passants qu'elle croise, les vendeurs de journaux au coin des rues, les saltimbanques dans le métro et les Parisiens qui discutent inlassablement dans les cafés.

  • Johanne traverse une grave crise face au vieillissement. Elle remet en question ses choix de vie : sa carrière de comptable, ses multiples amants, beaucoup plus jeunes qu'elle, son divorce, ses relations problématiques avec son fils homosexuel et sa fille anarchiste.

    Un crâne, qui figure parmi ses nombreux objets personnels, devient son confident, une sorte de fétiche un peu bizarre... cela n'est pas sans inquiéter son fils et sa fille qui se demandent si leur mère n'aurait pas besoin de voir un psy. Non seulement Johanne traîne-t-elle Gaston (nom attribué à ce crâne) partout où elle va, causant parfois de grands malaises, elle établit en plus de curieuses relations avec un collègue de bureau, des personnes sans domicile fixe et la veuve d'une victime de guerre.

    Le farfelu, l'absurde, le réalisme et différents niveaux de réalités se côtoient dans ce roman. Patricia Portella Bricka a le souci du mot juste, une écriture élégante, et un humour aux accents méditerranéens, teinté d'audace et d'autodérision.

  • Les textes de ce recueil retracent les étapes d'une adaptation à une nouvelle vie ailleurs. Ces fragments évoquent la perte brusque de repères, l'égarement, la solitude, puis l'envie de se laisser emporter finalement dans l'aventure de la découverte de soi, cet inconnu devenu autre dans un monde différent.

  • Au volant d'une vieille Acclaim, dans une enfilade d'autoroutes qui relient Montréal à San Francisco, Patrick Lafontaine, personnage principal de Roman, va retrouver Diane qui enseigne dans une université américaine. Elle voulait un enfant, il n'en voulait pas, elle est donc partie sans lui. Depuis, les choses ont changé.

    S'engageant ainsi dans un road trip à travers les États-Unis, avec pour seule compagnie son chien PaulMa et un trailer rempli de livres, Patrick laisse aujourd'hui derrière lui un homme traqué par les souvenirs. Au fil des kilomètres et des motels, il se remémore ce qui l'a dévoré : sa propre mère à qui il était soumis; une autre mère, Ivanna, qui lui confie la charge de son fils Roman alors qu'elle repart en Russie ; et Diane, mère en devenir, majestueuse, cassante, héroïque.

    Dans un mélange singulier de prose et de poésie, à la fois réaliste et métaphorique, voici un roman sur ce qui ne peut, ne doit se taire, et, surtout, sur ce que l'on doit s'inventer à soi-même pour renaître.

  • Dans une suite de scènes et d'épisodes éblouissants, les histoires de ce recueil naviguent entre l'humour et l'émotion, entre l'étonnement et l'absurde, et nous transportent d'une plage mexicaine à un village perdu de l'Amérique profonde, d'un party de bureau à la cérémonie d'une secte religieuse, d'une ferme d'élevage du saumon de la Côte-Ouest à une boîte de jazz en Australie, d'un restaurant chic à un port de mer où un vieil homme veut percer un trou dans son bateau.

  • Couvrant les années 1950 à 1980, les récits nous transportent, entre prose et poésie, entre réel et imaginaire, du Québec à Haïti, et de la France au Vietnam. De la cime d'un grand pin au trou d'un cimetière; d'un camping en bord de mer au béton d'un HLM, ou encore d'un balcon-prison jusqu'à la scène, côté jardin, de l'Académie Saint-Paul, ce sont autant d'images fortes, choc, qui se révèlent ici et trouvent leur juste place dans ce recueil d'histoires d'enfances plurielles, chacune étant unique, comme toute enfance.

  • Dans une société de l'image comme la nôtre, qui valorise la beauté, la jeunesse, la vitesse et la jouissance immédiate, comment et où trouver du sens quand on vit dans un corps différent, comme cet homme, confiné à son fauteuil roulant, qui a besoin de l'aide de préposés, de son frère et de la voisine d'en haut ?

    Cette question de sens, l'homme en fauteuil roulant en discute avec un ami, chercheur en génétique, qui a son idée toute faite sur la question, avec une ex-amoureuse, qui voit dans la vulnérabilité une source d'empathie, même avec Dieu, s'il existe bien sûr, qui tend à s'en laver les mains.

  • Dans les salles du Musée des beaux-arts de Montréal, Antoine et Cassandra se croisent souvent. Antoine se décide un jour à adresser la parole à Cassandra. Elle l'écoute, intriguée par cet homme fantasque, mais ne lui répond pas.

    Pour meubler le silence, Antoine raconte chaque samedi l'histoire de personnages féminins qui figurent sur certaines toiles exposées au musée.

    Mais pourquoi Cassandra est-elle incapable de sortir de son mutisme ? Et pourquoi Antoine s'entête-t-il tant à lui parler ?

    Ce roman évoque l'exil, la perte de repères et la reconstruction identitaire sur un nouveau territoire. Il évoque aussi la force de la bienveillance et de l'amitié.

  • L'Épingle à chapeau est un roman construit en multiples tableaux, des petits formats qui retracent les moments d'une vie, de l'enfance à la vieillesse. Images fugaces du temps écoulé qui s'emboîtent les unes dans les autres pour raconter l'histoire de Simone, une pianiste sensible à la couleur et à la musique des gens et des choses qui l'entourent.

  • Igor Slobovitch est un citoyen exemplaire qui obéit aux lois. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'il a été choisi comme candidat au prestigieux poste d'ambassadeur. Mais auparavant, il devra subir un difficile entraînement au Sénatorium, ce centre « de refonte de la pensée unique » qui anesthésie les angoisses et promet le bonheur.

    Secrètement, les autorités rêvent du jour où le Sénatorium desservira l'ensemble du pays. « On peindrait des lignes colorées partout. Le destin de chaque individu pourrait ainsi être ordonné. Et la vie entière de chaque citoyen suivrait une seule ligne, tracée par le bureau central, jusqu'au lit de sa mort, la couleur ne s'effaçant que dans la tombe ou le crématorium. Oui, ce serait beau. »
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    Dans ce roman magnifiquement écrit, Fabrice P. Saint-Pierre nous entraîne dans un monde qui n'est pas sans rappeler ceux de Franz Kafka et de George Orwell.

  • Agrippée aux hanches de Yann, grisée par le vent et ses dix-sept ans, elle se sentait invincible sur la moto. Tout lui était permis.

    La journée était encore chaude. Je portais mes nouveaux pantalons fuchsia. Leur couleur vibrait dans la lumière. Mes longs cheveux flottaient, griffant l'air derrière moi.

    Aujourd'hui, clouée sur un lit d'hôpital, elle fait face à un choix déchirant. Depuis onze mois, médecins et infirmières s'activent à son chevet. Les opérations se succèdent. Pourra-t-elle marcher à nouveau ? Elle veut qu'on lui réponde, qu'on lui dise la vérité, qu'on cesse de la tenir dans l'ignorance. Elle n'a que faire du silence de son médecin et de la pitié de ses amis. Dehors, le monde continue de tourner. C'est l'année de l'Expo.

    Décidée à ne pas oublier la lutteuse qu'elle était avant ce soir de juin, elle rêve, elle aussi, de voyages et de découvertes.

    Ce roman, construit sous la forme d'un journal, explore le combat de cette jeune fille : décider de vivre demande quelquefois plus de courage que choisir de mourir.

  • Georges Guy est un fabuleux conteur qui ne manque pas d'ironie. Maniant la plume depuis six décennies, il nous transporte avec aisance des années soixante aux années deux mille. « À pas feutrés, dit-il, je suis entré dans le monde de mes personnages fictifs, et j'ai partagé joies et chagrins. »

    Dans la turbulence d'un Québec changeant, les personnages de La Terre promise sont à la recherche du bonheur, qu'ils soient de Montréal ou de Gaspésie. Attirés par la transgression des conventions sociales, ils se heurtent souvent à la solitude et au rejet de leur entourage. Les mentalités évoluent, mais pas les interdits...

    Les dix nouvelles de ce recueil sont à lire pour la finesse des observations, le pittoresque des personnages, le grand art de la narration et la justesse du portrait de société qu'elles nous offrent.

  • Nicolas Delisle-L'Heureux, tantôt grave, tantôt moqueur, parfois même satirique, déborde d'imagination. Ce roman, son premier, aux rebondissements multiples, construit comme un labyrinthe et peuplé d'une faune de personnages complexes et attachants, nous plonge dans l'univers du réalisme magique : le monde selon Jakob Labonté.

    Refusant de se conformer à l'individualisme bêtifiant et aux règles de la réussite personnelle à tout crin, Jakob Labonté se lance dans l'action contestataire malgré sa couardise. Contraint de prendre la fuite pour sauver sa peau, il quitte Saint-Henri et se réfugie dans une pourvoirie laissée à l'abandon au nord de Senneterre, en Abitibi. Cet endroit a connu autrefois des heures glorieuses et abrité une commune d'utopistes qui souhaitaient réinventer le monde. Jakob n'y trouvera cependant pas la paix, car son passé rebelle viendra le rattraper au fil des découvertes qu'il fera sur les anciens habitants des lieux et, surtout, sur lui-même.

  • Le titre aurait pu être : Les hauts et les bas de la vie commune. Les 9 nouvelles de ce recueil se concentrent en effet autour du thème de la disparition et de la perte à l'intérieur du couple et des relations amoureuses. Perte d'un amant, d'un mari, d'une épouse, désir de tout quitter ou de recommencer sa vie. On croit connaître les gens, mais souvent on ne sait rien, ou si peu de choses, sur leur monde secret, leurs rêves cachés ou perdus. Pourtant c'est là que se cache leur être profond qu'ils tiennent à l'abri des regards, par crainte ou pour se protéger. Il ne s'agit pas de mensonge, mais d'un moyen de se défendre pour des milliers de petits coeurs brisés.

    Julie Bouchard s'applique à percer les secrets de ses personnages qui mènent tous, en apparence, des vies bien ordinaires. Elle le fait avec délicatesse, par fines touches, avec une justesse de ton rarement égalée et une éblouissante maîtrise de la langue, qui font de ce recueil un véritable plaisir de lecture.

    Dans certaines nouvelles, c'est le personnage qui raconte lui-même son histoire; dans d'autres, c'est un narrateur omnicient qui intervient parfois dans le récit, pour multiplier les pistes d'interprétation et explorer ce qui aurait pu advenir si... si...

    Un amant s'éclipse un vendredi soir glacial de décembre, une nouvelle mariée coule au fond de l'eau, une hôtesse de l'air cherche à laisser son mari, le docteur Francoeur, maintenant seul dans sa trop grande maison, descend des marches pour chercher son chapeau, mais trouve son fusil, pendant qu'un autre homme, Armand, les monte ailleurs pour chercher les lettres d'amour de Napoléon à Joséphine, sans oublier Joyce, qui se refait une beauté, Sylvia, qui se tait, Liliane, qui attend, Lorrie, qui souffre. Bref, beaucoup de peine, quelques désirs, une grande maison, très peu de sang.

    Se déconstruisent ainsi, sous les nuages de la vie, les histoires de Sylvia, d'Armand, de Patti, de Tom qui nous rappellent à quel point on ne connaît pas les gens avant de s'aventurer dans leur intimité.

    Julie Bouchard a l'art d'aborder les drames de ses personnages avec une pointe d'ironie et de fantaisie, ce qui ajoute au plaisir de la lecture. La vie peut aussi être légère... Même si le ciel de la vie est la plupart du temps nuageux... Un livre à conseiller aux milliers de petits coeurs brisés.

  • Poppy, mot anglais qui signifie en français : pavot, coquelicot, fait référence à l'opium et à son pouvoir hallucinogène. Poppy aussi, comme dans pop, papa.

    M. Keller, un entomologiste de renom se rend aux urgences : la plaie sur sa jambe s'est aggravée. Son histoire, révélée à petites doses par les différents protagonistes, est racontée avec réalisme, mais Jérôme Élie nous entraîne subtilement ailleurs, au-delà des événements, de « l'ordre des choses », dans un univers où la réalité se fissure, un monde où les repères habituels s'effacent. Les expériences vécues dans les rêves viennent alors ébranler ce que notre raison tient pour vrai. Où est la réalité? Qui peut prétendre la cerner avec certitude et exactitude?

  • Félicitations à Nicole Houde qui a reçu le 21 mars 2013 le Prix Hervé-Foulon du livre oublié pour son roman, La Maison du remous, paru originellement en 1986. Il est des oeuvres qui traversent le temps, et celle de Nicole Houde en est une. Lauréate de plusieurs prix littéraires, elle poursuit depuis la parution de son premier livre en 1983, une oeuvre d'une impeccable exigence et d'une remarquable unité de ton. Tous ses livres sont parus aux Éditions de la Pleine Lune.

    La présente réédition est accompagnée d'une préface de Robert Lalonde, qui écrit : « Ainsi entre-t-on dans la maison du remous où, comme dans la casa des Buendia de Cent ans de solitude, de Garcia Marquez, le temps tourne sur lui-même, où tout recommence sans cesse, puisqu'à mesure on a tout oublié. [...] Le cri de Laetitia, entendu pour la première fois il y a plus de vingt-cinq ans, résonne toujours, déchire l'oreille, serre le coeur. »
    Laetitia vit dans une famille où règnent ignorance, pauvreté et violence. Enfant gavée de silence, elle cherche sa langue propre, celle qui pourrait nommer ses désirs.

  • PORTRAITS D'ANCIENNES JEUNES FILLES, c'est l'histoire de la rencontre fortuite de trois inconnus esseulés dans les rues de Montréal. Rebelle, la jeune Josée a quitté sa famille et son village pour venir s'installer en ville avec sa guitare et ses pinceaux; Julien ne se console pas de la mort accidentelle de sa fille unique, et la vieille Rose, sage et digne, ne compte plus les disparus de son « passé périmé ». Peu à peu, leur amitié naissante va les transformer. Ensemble, timidement, ils apprennent à faire le deuil de leurs pertes. Le bonheur, parfois, se tient au fond du regard d'un ami, dans une main tendue ou dans un sourire.

    Sur ses toiles, pour déjouer le destin, Josée s'applique maintenant à redonner vie à d'anciennes jeunes filles disparues. Le bonheur, parfois, c'est aussi ne plus réclamer sa part de malheurs et se laisser emporter sur les ailes du désir...

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