Les éditions Pulsio

  • Certaines critiques qualifient ce livre d'érotique et disent : «Il fallait bien l'humour raffiné d'un Apollinaire pour raconter cette histoire démesurément obscène tout au long de laquelle se succèdent les scènes les plus énormes de pédérastie, de saphisme, de vampirisme ou de scatomanie...» D'autres, dont l'auteur de ces lignes, pensent que ce roman est l'incarnation de la pornographie et de la violence dans ce qu'elles ont de plus vil, de plus répugnant. Le sadisme règne en maître et l'écoeurement ne peut que gagner le lecteur, même très averti.
    Édition Ebooks libres et gratuits

  • Dialogues destinés à l´éducation des jeunes Demoiselles.
    L´ouvrage se présente comme une série de dialogues retraçant l´éducation érotique et sexuelle d´une jeune fille de 15 ans. Une libertine, Mme de Saint-Ange, veut initier Eugénie « dans les plus secrets mystères de Vénus ». Elle est aidée en cela par son frère (le chevalier de Mirvel), un ami de son frère (Dolmancé) et par son jardinier (Augustin).

  • Une seule figure, sous des formes variées, occupe l'oeuvre de Sacher-Masoch : la femme aux fourrures et au fouet, qui fait de l'homme son esclave. À cette figure est liée une jouissance qu'il nomme « suprasensuelle » : « Je trouve, écrit-il dans La Vénus à la fourrure, un attrait étrange à la douleur, et rien ne peut plus attiser ma passion que la tyrannie, la cruauté et surtout l'infidélité d'une belle femme. Or je ne puis m'imaginer sans fourrures cette femme, cet étrange idéal né d'une esthétique du laid, l'âme d'un Néron et le corps d'une Phryné. » Cet idéal, qui lui valut de donner son nom au masochisme, Sacher-Masoch a tenté de le réaliser dans sa vie, notamment dans son mariage avec Wanda. Mais la réalité a déçu les attentes de l'imagination, et l'oeuvre, autant que de l'exigence du fantasme, témoigne de l'absence de l'idéal : « Si cette femme était dans ma vie, elle ne serait pas dans mes livres. » Pourtant, elle est dans l'histoire, elle hante « le grand livre de l'histoire du monde » qu'écrivent avec le sang des victimes les tyrans hommes et femmes : plus que la cruauté de la femme et la haine qui sépare les sexes, c'est la cruauté de l'histoire et la jouissance énigmatique des victimes que met en évidence l'humour de Sacher-Masoch.

    Claude RABANT, « SACHER-MASOCH LEOPOLD VON - (1836-1895) », Encyclopædia Universalis (http://www.universalis.fr/encyclopedie/leopold-von-sacher-masoch/)

  • L´Histoire de Dom Bougre, portier des Chartreux est un roman libertin de 1741 attribué à l´avocat Gervaise de Latouche. Dom Bougre désignerait le célèbre moine débauché abbé Desfontaines et décrirait ses aventures rocambolesques, libertines et licencieuses. Sous couvert d'une dénonciation de la luxure du clergé au XVIIIe siècle, ce roman érotique avance l´idée même d´une liaison étroite entre bonheur et libre expression de la sexualité. Il se caractérise par la vivacité des scènes et la fausse naïveté de son style. Ce roman a connu une réédition en 1778 sous le titre de Mémoires de Saturnin (Paris, Cazin). (soucre : Wikipedia)

  • La marquise de Merteuil et le vicomte de Valmont se jouent de la société pudibonde et privilégiée dans laquelle ils vivent. Se livrant à la débauche, ils ne cessent, tout au long du livre, de se narrer leurs exploits au travers des lettres qu´ils s´envoient, car ils ne se fréquentent pas ouvertement, et qui constituent le corps de l´intrigue. Mais, pour rivaux qu´ils soient, ils n´en sont pas pour autant à égalité. Le vicomte de Valmont est un homme et, à ce titre, il peut se montrer un libertin flamboyant au grand jour et sans retenue. Les lettres qu´il écrit à la marquise de Merteuil ne sont que le récit triomphant de ses aventures. Il n´en va pas de même pour cette dernière. Si elle se doit de rivaliser avec le vicomte sur le terrain des aventures d´alcôve, la marquise de Merteuil, de plus, est contrainte à la dissimulation. Son statut social (elle est marquise), matrimonial (elle est veuve) et son sexe (elle est une femme dans un monde dominé par les hommes) l´obligent à la duplicité et à la tromperie. Si le vicomte use aussi de ces armes, ce n´est que pour séduire puis pour perdre, en les déshonorant, les femmes dont il fait la conquête. Il ne fait que prendre un chemin aisé qui ne transgresse que la morale de son époque. Pour être son égale, la marquise de Merteuil doit, en plus, réussir à s´extraire du rôle qui lui est dévolu. Elle a déclaré la guerre aux hommes et, se voulant « née pour venger [son] sexe » (lettre LXXXI), elle utilise toute son intelligence pour conserver son indépendance, ses amants et sa réputation2. Toute la force du roman réside dans la double narration de ces deux intrigues entremêlées. Le récit de leurs aventures libertines respectives, de leurs stratégies et de leurs péripéties mais aussi le combat qu´ils se livrent l´un contre l´autre. Un combat qui apparaît tout d´abord comme un jeu de séduction pour ensuite se transformer en rivalité destructrice. En définitive, les deux combattants se prendront mutuellement ce qu´ils ont de plus précieux. Le vicomte mourra en duel après avoir succombé à l´amour de madame de Tourvel dont il aura pourtant causé la perte. Le brillant libertin agonisera en amoureux désespéré d´avoir détruit celle qu´il aimait. La marquise de Merteuil perdra sa réputation, que toute sa vie elle s´était attachée à préserver, sa fortune, en perdant un procès et sa féminité qu´une petite vérole flétrira en la défigurant. (source : Wikipedia)

  • « Le dessein de ce roman est nouveau sans doute ; l´ascendant de la Vertu sur le Vice, la récompense du bien, la punition du mal, voilà la marche ordinaire de tous les ouvrages de cette espèce ; ne devrait-on pas en être rebattu ! Mais offrir partout le Vice triomphant et la Vertu victime de ses sacrifices, montrer une infortunée errante de malheurs en malheurs, jouet de la scélératesse ; plastron de toutes les débauches ; en butte aux goûts les plus barbares et les plus monstrueux ; (...) n´ayant pour opposer à tant de revers, à tant de fléaux, pour repousser tant de corruption, qu´une âme sensible, un esprit naturel et beaucoup de courage ; hasarder en un mot les peintures les plus hardies, les situations les plus extraordinaires, les maximes les plus effrayantes, les coups de pinceau les plus énergiques, dans la seule vue d´obtenir de tout cela l´une des plus sublimes leçons de morale que l´homme ait encore reçue ; c´était, on en conviendra, parvenir au but par une route peu frayée jusqu´à présent. »

  • Les premières aventures amoureuses d'un jeune homme ignorant tout des subtilités du monde aristocratique sont ici racontées. Quand il se rend à l'Opéra, il n'y arrive pas en retard comme il se doit, croyant ingénument y aller pour assister à une représentation, quand personne n'y vient que pour observer, s'informer des nouvelles, entreprendre quelque discussion dans le monde : certainement pas pour voir un spectacle. S'étonnant de tout, le narrateur (qui endosse le personnage du héros) est manipulé par la comtesse de ..., bien plus au fait que lui du code implicite du libertinage. (source : Wikipédia)

  • Pour créer le personnage de Fanny Hill, Cleland s´est inspiré de Fanny Murray, une prostituée de 17 ans qui était l´idole des aristocrates londoniens. Sous la plume du romancier, Fanny raconte ses expériences à travers deux longues lettres où elle décrit sa vie misérable à la campagne, son arrivée sans le sou dans la capitale, son initiation dans une fameuse maison close puis sa spécialisation dans les orgies les plus débauchées. D´abord pure et innocente, elle acquiert vite l´expérience suffisante pour comprendre comment profiter au mieux de sa situation. Fanny devient une forte femme, intelligente, clairvoyante. Loin d´être une incontrôlable nymphomane, Fanny ne dédaigne pas le plaisir, mais elle place aussi la vertu au-dessus du vice, ne perdant jamais de vue le fait que ses nombreuses expériences lui ont surtout permis de trouver sa place dans le monde et n´ont pas fait d´elle une débauchée.

  • Thérèse philosophe, ou mémoires pour servir à l´histoire du Père Dirrag et de Mademoiselle Éradice, plus connu sous le nom de Thérèse philosophe est un roman de 1748 à l'attribution contestée. Produit d'une audacieuse entreprise éditoriale à cheval sur l'actuelle Belgique et la France, il est vraisemblablement composite. On peut citer parmi les attributions les plus solidement étayées pour ses différentes parties celle à Jean-Baptiste Boyer d'Argens, ainsi que celle à Louis-Charles Fougeret de Monbron. Thérèse Philosophe rapporte la relation entre Marie-Catherine Cadière et Jean-Baptiste Girard, de quasi trente ans son aîné. Principalement considéré comme un roman pornographique, ce qui explique ses ventes massives dans la France du xviiie siècle où les oeuvres pornographiques réalisaient les meilleures ventes, ce roman des Lumières contient certaines idées des Philosophes.

  • Margot est une jolie «ravaudeuse» : elle reprise les bas sur le trottoir, dans un tonneau qui lui sert d'atelier, à même la rue. Mais la chance d'une vie plus confortable lui sourit lorsqu'elle devient... prostituée ! Dans un monde de paillardise, d'agitation et de bruit, où les frères de l'Eglise sont des maquereaux et les amoureux naïfs des pigeons bons à être plumés, Margot saura-t-elle trouver sa place ? Découvrez les turpitudes burlesques et érotiques de Margot : un roman libertin à la bonne humeur contagieuse.

  • Les Infortunes de la vertu est un conte philosophique de Sade, écrit en 1787. L'ouvrage est écrit entre le 23 juin et le 8 juillet 1787, alors que Sade est emprisonné dans la tour de la Liberté à la Bastille.
    Justine ou les Malheurs de la vertu, publiée en 1791, est la seconde version de cette histoire, qui sera elle-même suivie d'une troisième version, La Nouvelle Justine ou les Malheurs de la vertu, publiée en 1799.
    Le prénom de l'héroïne, Justine, est celui qui avait été donné à Catherine Trillet, domestique au château de La Coste en 1776.
    Le manuscrit des Infortunes de la vertu a été mis au jour en 1909 par Guillaume Apollinaire et a été publié pour la première fois en 1930.

  • L'oeuvre tout érotique d'André de Nerciat est typique des oeuvres libertines comme celles de Sade, sans cruautés criminelles. Bien loin du romantisme mal à l´aise avec le désir mal assumé, Nerciat est joyeux, convivial, imaginatif et débordant de vitalité vigoureuse. Rarement, jamais peut-être, la sexualité ne fut plus simple, plus disponible, plus immédiate et avec un bonheur d´arc-en-ciel.
    Il est l´auteur de plusieurs romans libertins, dont Félicia, ou Mes Fredaines.
    Extrait : « Ma chère Félicia, dit-il avec un peu de confusion, je suis fâché d´avoir troublé ton repos ; mais j´étais venu pour savoir comment tu te trouvais après ce terrible orage, et si tu n´en as pas été incommodée. Puis te voyant dans un désordre qui t´exposait à prendre quelque maladie, j´ai cru devoir m´approcher... Il faut te recouvrir. » En effet, il rejetait le drap sur moi et l´arrangeait avec la plus heureuse maladresse ; ses mains me parcouraient savamment. Je feignais beaucoup de reconnaissance : son empressement officieux alla jusqu´à me passer lui-même une chemise ; complaisance qui lui valut encore quelques jolis larcins, dont je ne lui sus point mauvais gré. Certain feu brillait dans ses yeux... Ah ! s´il m´eût aussi bien devinée !... Mais il ne hasarda qu´un baiser, un peu libre à la vérité pour un oncle ; je le rendis, je crois, un peu libéralement pour une nièce... Il s´en allait... Il hésita... J´espérais... Il s´en alla tout de bon.

  • Les Bijoux indiscrets est un roman libertin publié anonymement par Denis Diderot en 1748. L'édition est clandestine, sans nom d'éditeur, mais c'est le libraire Laurent Durand qui assura la publication. Cette allégorie, qui est la première oeuvre romanesque de Diderot, dépeint Louis XV sous les traits du sultan Mangogul du Congo qui reçoit du génie Cucufa un anneau magique qui possède le pouvoir de faire parler les parties génitales (« bijoux ») des femmes. On trouve un trope comparable, que Diderot doit avoir connu, dans le fabliau égrillard Le Chevalier qui fist parler les cons. L´idée même de faire parler l´appareil génital féminin, grâce à une intervention magique, se retrouve dans une histoire de Caylus datant de 1747.

  • L'Anti-Justine, ou les Délices de l'amour est un roman libertin de Nicolas Edme Restif de La Bretonne, paru en 1798. Restif a cherché à être l'anti-Sade, comme il l'annonce dans la préface : « Personne n'a été plus indigné que moi des sales ouvrages de l'infâme Dsds [Sade] ; c´est-à-dire, de Justine, Aline, le Boudoir, la Théorie du Libertinage, que je lis dans ma prison. Ce scélérat ne présente les délices de l´amour, pour les hommes, qu´accompagnées de tourments, de la mort même, pour les femmes. Mon but est de faire un livre plus savoureux que les siens, et que les épouses pourront faire lire à leurs maris, pour en être mieux servies ; un livre où les sens parleront au coeur ; où le libertinage n´ait rien de cruel pour le sexe des Grâces, et lui rende plutôt la vie, que de lui causer la mort ; où l´amour ramené à la nature, exempt de scrupules et de préjugés, ne présente que des images riantes et voluptueuses. » Il a voulu faire un « Erotikon », propre à rallumer les passions éteintes, sans verser dans la cruauté du marquis de Sade : « Pour remplacer la Justine et faire préférer L´Anti-Justine, il faut que celle-ci surpasse l'autre en volupté autant qu'elle lui cède en cruauté... » Le livre se présente comme de la main de Jean-Pierre Linguet, avocat au Parlement, entreprenant de raconter sa vie, son initiation et ses souvenirs. L´Anti-Justine, tel qu'il a été édité, est inachevé, mais le manuscrit original devait avoir une longueur double ou triple de ce que nous connaissons aujourd'hui. En effet, Restif commença l'impression du roman en mars-avril 1798, mais fut nommé sous-chef de bureau dans les services de la police vers mai de cette année, ce qui l'incita très certainement à la prudence. Il semble ainsi que seuls quatre exemplaires (conservés à la Bibliothèque nationale de France, le plus complet s'achevant en milieu de phrase, au début d'une seconde partie alors que sept ou huit sont annoncées) aient jamais été imprimés, rien n'indique qu'il y en eut d'autres. L'oeuvre, tombée dans l'oubli, ne refit véritablement surface que dans les années 1860. Il est à noter que, si Restif abhorrait Sade, Sade détestait de même Restif ; ainsi, le marquis écrivait à sa femme, en 1783, alors qu'il était incarcéré à Vincennes : « Surtout n'achetez rien de ce Restif, au nom de Dieu ! C'est un auteur de Pont-Neuf et de Bibliothèque bleue, dont il est inouï que vous ayez imaginé de m'envoyer quelque chose. »

  • Les Exploits d'un jeune Don Juan est un roman érotique écrit par Guillaume Apollinaire et publié en 1911 sous couverture muette. C'est un roman d'initiation amoureuse et sexuelle. Roger, un jeune homme de bonne famille, part accompagné de sa mère, de sa tante et de sa soeur, dans la propriété familiale située à la campagne. Là-bas, il va découvrir, à travers de nombreuses expériences, les plaisirs de la sexualité.

  • Teleny

    Oscar Wilde

    Teleny est un roman érotique publié à Londres en 1893. Teleny fut écrit d'abord en collaboration par Oscar Wilde et plusieurs de ses amis puis entièrement remanié par Oscar Wilde. Le roman se déroule à Londres à la fin du XIXe siècle, et dévoile sans retenue la nature et la complexité de la relation amoureuse entretenue entre Camille des Grieux et René Teleny. Ce texte est l'un des premiers textes pornographiques à parler explicitement de l'homosexualité en langue anglaise (le précédent était Les Péchés des Cités de la plaine de 1881). Son style littéraire recherché le rapproche aussi de la littérature de l'époque. Publié dans un premier temps clandestinement à Londres en 1893, il fut traduit à Paris en 1934 dans la collection Ganymède Club (Charles-Henri Hirsch).

  • Herman et la noble et fière Ernestine, deux jeunes amoureux, sont aux prises avec des libertins prêts à tout - même au crime - pour assouvir leurs désirs. Le comte Oxtiern, scélérat et débauché, et sa complice, Mme Scholtz, veuve au tempérament enflammé, ne reculent devant aucun mensonge, aucune vilenie. Mais le crime triomphe-t-il toujours ? La pureté et l'amour ne peuvent-ils vaincre le vice ?

  • Alice s'ennuie auprès de sa soeur qui lit un livre (« sans images, ni dialogues ») tandis qu'elle ne fait rien. « À quoi bon un livre sans images, ni dialogues ? », se demande Alice. Mais voilà qu'un lapin blanc aux yeux roses vêtu d'une redingote avec une montre à gousset passe près d'elle en courant. Cela ne l'étonne pas le moins du monde. Pourtant, lorsqu'elle le voit sortir une montre de sa poche et s'écrier : « Je suis en retard ! En retard ! En retard ! », elle se dit que décidément ce lapin a quelque chose de spécial. En entrant derrière lui dans son terrier, elle fait une chute presque interminable qui l'emmène dans un monde aux antipodes du sien. Elle va rencontrer une galerie de personnages retors et se trouver confrontée au paradoxe, à l'absurde et au bizarre...

  • "C'est une vérité universellement reconnue qu'un célibataire pourvu d'une belle fortune doit avoir envie de se marier..." Comme tous les autres, le plus célèbre des romans de Jane Austen n'a qu'un seul sujet : le mariage, ses raisons, ses sentiments, et la dépendance des femmes dans une bonne société régie par d'âpres rapports de classes. Combinant avec un brio particulier l'ironie et le romantisme, il conte le lent chemin l'un vers l'autre d'Elizabeth Bennet, spirituelle et généreuse demoiselle de modeste extraction, et de Fitzwilliam Darcy, aussi hautain que fortuné, à travers bals de voisinage, tasses de thé et promenades dans la campagne anglaise.

  • Afin de fuir l'épidémie de peste noire qui ravage la ville de Florence en 1348, dix jeunes gens se réunissent : sept femmes, la plus âgée se prénommant Pampinée, la deuxième Flammette, ensuite Philomène, Émilie, Laurette, Neiphile, et enfin, Elissa, et trois hommes : Pamphile, Philostrate et Dionée (ces noms seraient inventés par l'auteur afin de protéger les personnages d'éventuelles critiques à la suite de leur fuite : que des jeunes femmes et hommes vivent ensemble sans parents ni chaperons n'était pas accepté. Mais la peste, qui subvertit toute la réalité et toute la vie, permet ce qui autrefois était intolérable). De même, l'auteur ne traite pas ses personnages dans leur psychologie profonde mais se contente de mettre en scène des protagonistes types : le curé, l'amoureuse désespérée, le mari trompé, etc. Alors qu'elle s'échappe de Florence, la brigade se réfugie dans une campagne où tout semble être idyllique tel un Éden terrestre. Boccace nous dépeint un lieu qui semble complètement hors du temps et de la réalité et qu'il décrit comme un « paradis terrestre » avec de nombreux détails, comme en témoignent les lignes suivantes : « Ce lieu était situé sur une montagnette, de tous côtés à l'écart de nos routes [...] en haut de la colline s'élevait un palais [...] il y avait de petits prés alentour, des jardins merveilleux, des puits aux eaux très fraîches » (Introduction à la Première journée). On constate que la Nature est omniprésente dans le récit et occupe une place fondamentale pour les personnages ; il est fait mention d'« oiseaux chanteurs, épars sur les vertes ramures », d'« herbes mouillées de rosée », d'une « vaste plaine sur la rosée des herbes », ainsi que d'une « guirlande de laurier » dans « le délectable jardin » (introductions à la Deuxième journée et à la Cinquième journée). Chaque jour nouveau débute par un lever de soleil poétique et coloré : « L'aurore déjà de vermeille qu'elle était, à l'apparition du soleil, devenait orangée » ou encore « tout l'orient blanchissait » (introductions à la Troisième journée et à la Cinquième journée). On voit en cette nature un univers protecteur où chacun peut trouver le repos de l'âme. Cet univers paisible forme un contraste prononcé avec l'atmosphère infectieuse de la ville contaminée par les épidémies. La précision des descriptions qui en sont faites dans certains passages rapproche le Décaméron du traité médical : « la propriété de la maladie en question fut de se transformer en taches noires ou livides qui apparaissaient sur les bras, sur les cuisses » ; « presque tous [...] dans les trois jours suivant l'apparition des signes mentionnés [...] trépassaient » (Introduction à la Première journée). La confrontation de ces deux aspects opposés que sont l'insouciance de quelques jeunes gens dans un jardin en fleurs et une population décimée par la peste noire, est un exemple de la figure de style dénommée antithèse. C'est, par ailleurs, l'une des tournures majeures du Décaméron.

  • Première partie.


    Cervantes déclare que les premiers chapitres sont tirés des « Archives de La Manche » et le reste traduit depuis l'arabe de l´auteur morisque Cid Hamet Ben Engeli, l´enchanteur qui tire les ficelles de don Quichotte tout au long du roman. C'était une méthode courante à l'époque à cause de la désapprobation dont le genre du roman faisait l'objet. L´intrigue couvre les aventures d'un pauvre hidalgo (gentilhomme) de la Manche, dénommé Alonso Quichano, et obsédé par les livres de chevalerie, qu'il collectionne dans sa bibliothèque de façon maladive. Ceux-ci troublent son jugement au point que Quichano se prend un beau jour pour le chevalier errant Don Quichotte, dont la mission est de parcourir l´Espagne pour combattre le mal et protéger les opprimés. Il prend la route, monté sur son vieux cheval, Rossinante, et accompagné d'un paysan naïf, Sancho Panza, monté lui sur son baudet, trompé par ses promesses de récompense extraordinaire. Don Quichotte passe pour un illuminé auprès de ceux qu´il rencontre. Il croit que les auberges ordinaires sont des châteaux enchantés et les filles de paysans de belles princesses. Il prend les moulins à vent pour des géants envoyés par de méchants magiciens. Il considère qu´une paysanne de son pays, Dulcinée du Toboso, qu´il ne rencontrera jamais, est l´élue de son coeur à qui il jure amour et fidélité. Sancho Panza, son écuyer, dont la principale préoccupation est, comme son nom l´indique, de se remplir la panse, estime que son maître souffre de visions, mais il se conforme à sa conception du monde, et entreprend, avec son maître, de briser l´envoûtement dont est victime Dulcinée. À la fin du deuxième volume, Don Quichotte, vaincu par le chevalier de la Blanche Lune (le bachelier Samson Carrasco), s´en retourne chez lui. Sancho le supplie de ne pas abandonner, lui suggérant de prendre le rôle de berger, souvent mis en scène dans des histoires bucoliques. Ayant abandonné la lecture de tout roman de chevalerie, il retrouve la raison et fait dès lors preuve de la plus grande sagesse, avant de mourir entouré de l´affection et de l´admiration des siens.

empty