Langue française

  • « Ce sont eux, ces témoins qui ont vraiment écrit l'histoire, des Juifs de Tunisie entre novembre 1942 et mai 1943. Ce sont dans ces récits que quelques historiens ont puisé leurs sources depuis soixante-dix ans. Nous devions tous les éditer ou les rééditer pour les rendre disponibles. Ces témoignages sont particulièrement précieux pour celui qui veut monter dans la machine à remonter le temps et en ces lieux où les Juifs tunisiens étaient taillables et corvéables et où leurs persécuteurs rêvaient de massacres que seule leur victoire pouvait provoquer, ou de déportation rendue impossible par le manque de navires et par la domination de la Navy. À ces obstacles auxquels se heurtait la barbarie nazie, ajoutons la réserve de la population arabe encadrée par les forces de police de Vichy. « Ces récits sont éclairés par le remarquable appareil critique de Claude Nataf qui réussit brillamment à faire de ces pages de mémoire des pages d'histoire, car il corrige, il précise, il informe, et il renseigne partout où il faut se poser des questions. Sans Claude Nataf, on lirait ces centaines de pages dans le doute , il nous guide, nous éclaire d'un bout à l'autre de cette traversée du semestre où les Juifs de Tunisie ont frôlé de très près la Shoah, et dont leurs voisins, les Juifs de Libye, ont été victimes. »

  • Voilà plus de vingt-cinq ans que Sarah Montard raconte inlassablement, en particulier aux jeunes, ce qu'elle a vécu durant la Seconde Guerre Mondiale. Comment, avec sa mère, elle s'est évadée du Vél' d'Hiv au premier soir de la rafle, le 16 juillet 1942, comment une dénonciation les précipita en mai 1944 au coeur de la tourmente nazie: à Drancy, dans l'enfer d'Auschwitz-Birkenau puis au camp de Bergen-Belsen où elles seront libérées le 15 avril 1945. Livrant enfin aujourd'hui son témoignage écrit, Sarah a choisi de s'adresser tour à tour aux êtres chers à son coeur, entremêlant le récit de sa vie de femme et de mère profondément marquée par la Shoah, et celui de son adolescence brisée. Ce texte fort délivre un message de courage et d'espoir dont la portée est universelle.

  • Quatre-vingt lettres écrites à son épouse par le Dr Mass, interné au camp de transit de Drancy du 16 octobre 1941 au 31 juillet 1943, nous font entrer dans l'intimité d'un médecin de la cité ouvrière de Maisons-Alfort victime de la persécution antisémite. Pour sa femme Élisabeth et leur fille Gabrielle qu'il aime profondément, le Dr Mass nourrit l'espoir d'une libération, alors que planent parmi les internés juifs, la famine, la terreur d'être fusillé comme otage puis, à partir de mars 1942, la peur d'être déporté. Aucune des protections que pourraient lui valoir son passeport roumain, la Roumanie étant un allié du Reich, ni même son état de santé précaire ou sa volonté de tromper ses bourreaux ne lui épargnent la déportation. Envoyé dans les mines de charbon de Jaworzno, Zacharie Mass, à bout de force, est transféré à Auschwitz-Birkenau où il sera gazé et son cadavre brûlé. Cet ouvrage saisit de l'intérieur ce que fut la vie dans le camp de Drancy, où transitèrent la grande majorité des déportés juifs de France durant la Seconde Guerre mondiale.

  • Le récit de la vie d'Albert Bigielman est celui d'un « titi parisien » de Ménilmontant, né dans une famille juive émigrée de Pologne. La quiétude de son enfance est bouleversée par la déclaration de guerre : son père s'engage dans la Légion étrangère puis est fait prisonnier. Resté avec sa mère et son petit frère, Albert est le témoin de la transformation de son quartier sous l'Occupation et des persécutions antisémites, qu'il subit lui-même : il est finalement raflé avec sa mère (4 février 1944) et interné au camp de transit de Drancy durant trois mois. Le statut de prisonnier de guerre de son père lui vaut d'être déporté avec sa mère comme otage au camp de Bergen-Belsen. Là, il survit grâce à elle et son amour maternel.

  • Odette Spingarn décrit ici le fonctionnement des différents camps de la « Solution finale » par lesquels elle est passée à partir de son arrestation avec ses parents, le 31 mars 1944, dans un village de Corrèze : la caserne de Périgueux, le camp de transit de Drancy, le camp d'extermination d'Auschwitz II-Birkenau - sa mère y décède -, un de ses sous-camps, le Kanada, où elle trie des vêtements de déportés assassinés, et enfin le camp-usine de Zschopau (Saxe, Allemagne), destination de son transfert du début octobre 1944. À l'approche des Alliés, en avril 1945, les travailleuses forcées sont entassées dans un train à destination d'un camp de la mort. À ce moment-là, Odette prend son destin en main et s'évade en sautant du train. S'ensuit une longue odyssée qu'elle nous relate par le menu. En définitive, elle est sauvée par une femme allemande. À son retour, grâce à sa jeunesse et à son inébranlable optimisme, Odette a su se reconstruire, étudier, mener une carrière et fonder une famille.

  • La solidarité est au coeur de la vie d'Eva. Cette femme polonaise, au dynamisme peu commun, s'est toujours investie dans ce sens. Dès septembre 1940 à Paris, où elle s'est mariée et a donné naissance à son premier fils, elle s'engage dans le groupe Solidarité, section juive du mouvement de résistance communiste de la MOI (Main-d'oeuvre immigré) rendu célèbre par l'Affiche rouge. Au même titre que ces héros de la Résistance, son arrestation est le résultat de filatures des Brigades spéciales françaises. Emprisonnée, comme la majorité de son réseau, elle est déportée en tant que juive. Son esprit de lutte l'invite à nouer des liens de solidarité et à constituer un groupe soudé.

  • Charles Palant a été arrêté à Lyon en août 1943, par la Gestapo, avec sa mère et sa soeur Lily âgée de 17 ans. Internés au Fort Montluc, ils sont déportés début octobre vers Auschwitz via Drancy , lui seul est revenu en 1945 après avoir connu la « marche de la mort » et la libération à Buchenwald.Dans son récit, Charles Palant, né en 1922 à Paris, raconte son parcours depuis son enfance dans le quartier populaire de Belleville où, comme sa famille, les Juifs immigrés vivaient alors nombreux. Le fil directeur de l'exposé lucide qu'il nous livre ici tient dans sa foi inébranlable en l'Homme, cette foi qui ne le quitta jamais, même au coeur des plus terribles épreuves.

  • Nicolas Roth est né dans la ville hongroise de Debrecen en 1927. Elevé dans la tradition orthodoxe, il verra à l'âge de deux ans sa soeur et son plus grand frère émigrer en France puis le second en Palestine.Son père, tailleur respecté dans la petite bourgeoisie environnante, l'élèvera avec sa dernière soeur dans un certain confort, mettant au premier plan les lois juives et l'étude du talmud.Il nous livre ici une description remarquable et détaillée de la vie d'une communauté juive en Hongrie après la Première Guerre mondiale et leur participation massive à l'effort de guerre, en nous décrivant tant ses désillusions que l'image qu'elle reflète à la population « magyar » non juive.

  • Les Juifs de Tunisie sont les seuls Juifs au monde à être tombés massivement sous le pouvoir de l'Allemagne hitlérienne et à avoir échappé à la Shoah. Pourtant l'anéantissement de cette Communauté était prévu, comme le prouve la présence à la tête des forces de police allemande du colonel SS Walter Rauff : responsable du programme des camions à gaz, il avait été envoyé en 1942 à Athènes à la tête d'un Kommando spécial dans la perspective de la victoire de l'Afrika Korps. Sa mission : la liquidation des Juifs d'Égypte et de Palestine. Soucieux de savoir précisément quel fut le sort des Juifs Tunisiens, nous avons entrepris de publier plusieurs témoignages de valeur.

  • Alain-André Bernstein, né de parents juifs en mars 1940, est caché dans une famille catholique du Val de Loire dix jours seulement après sa naissance. Grâce à la correspondance conservée par sa mère et retrouvée à sa disparition, il reconstitue ici sa petite enfance dans la campagne sous le régime de l'État français. Des lettres de sa famille d'accueil émanent l'amour et toute l'attention portée à l'enfant qui s'éveille à la vie dans un monde où d'aucuns veulent sa mort du seul fait qu'il est né Juif. Elles permettent aussi de comprendre l'attitude et la compassion des gens honnêtes de la France profonde vis-à-vis du soi-disant « problème juif ». La famille Breton ne voit qu'une famille injustement traquée à laquelle il faut porter secour

  • Au sortir de la guerre, Charles Mitzner ne peut évoquer les atrocités dont il fut le témoin et la victime qu'auprès de ses camarades de déportation. Cet homme pourtant volubile et d'une précision toute scientifique fait le choix de ne partager son expérience qu'au sein du petit cercle de ceux qui survécurent à la folie exterminatrice nazie. Né à Paris dans une famille juive, Charles Mitzner est un jeune soldat au moment de la défaite française. L'appel du gaullisme trouve chez ce fervent patriote un écho favorable. Revenu à la vie civile, il travaille à Grenoble comme technicien spécialisé dans la radioélectricité. Il met alors ses compétences au service de la Résistance.

  • À l'aide de témoignages soutenus par un appareil critique extrêmement précis, il est possible de faire oeuvre d'historien. La Tunisie est un pays que la Shoah européenne a effleuré de son souffle et où les persécutions subies par les Juifs du fait des Allemands ont été, hélas, bien réelles, même si les nazis n'ont pu infliger au judaïsme tunisien le traitement spécial réservé aux populations juives tombées sous leur domination. Sachant à quoi ils avaient échappé, les Juifs tunisiens ont eu le tact de ne pas insister sur les souffrances et les angoisses qu'ils ont endurées. Il nous a paru nécessaire de publier, en trois volumes de notre collection, des récits rédigés dès la libération de la Tunisie en mai 1943. Le premier témoignage est celui de Robert Borgel, avocat au barre

  • La famille Bernard n'a pas été épargnée par l'occupation allemande : Tristan Bernard, célèbre homme de lettres, arrêté à Nice avec son épouse, n'a été finalement libéré de Drancy qu'à la suite d'interventions d'amis fidèles (Sacha Guitry, Arletty). Son fils, le dramaturge, Jean-Jacques Bernard a subi une terrible captivité dans le camp allemand de Compiègne, où la famine et le froid ont entraîné la mort de dizaines d'internés juifs. Quant à son petit-fils François-René, il n'est pas revenu du camp de Mauthausen où il a été assassiné par les nazis. Jean-Jacques Bernard a été libéré avec quelques autres internés de Compiègne en mars 1942 à l'article de la mort.

  • Lorsqu'il rédige son Journal, Otto Gerard Fischl (né en 1929) est un adolescent juif en pleine croissance caché avec sa famille. Celle-ci a été rattrapée en France par l'idéologie qui lui avait fait fuir Prague (Tchécoslovaquie) en 1938. Grâce à des contacts, sa mère a rencontré à Paris leur sauveur, M. Stacke, un compatriote d'origine catholique, père de famille nombreuse, implanté dans un village de Charente, Salles-d'Angles. Celui-ci accepte de donner refuge à Otto et à son petit frère, Lixi (Alex), qu'il reçoit le 14 juillet 1942 alors qu'à Paris se prépare la rafle du Vél' d'Hiv'. Leurs parents les rejoignent quelques jours plus tard. Otto ne commence toutefois son Journal que le 19 octobre 1943. Ainsi nous introduit-il dans tout ce qui anime sa « captivité » qui a duré plus de deux ans. Pour tromper l'ennui et l'angoisse d'être dénoncé, Otto confie à son Journal avec acuité, intelligence et humour, la vie tumultueuse de la maisonnée, agitée par les rapports conjugaux des Stacke, mais aussi ses nombreuses lectures, les nouvelles de la guerre, et ses réflexions qui parfois touchent à la philosophie. Ce Journal évoque naturellement celui d'Anne Frank tant les parallèles sont là : l'âge, les origines d'Europe Centrale, l'instruction et les valeurs humanistes, la confrontation à la situation d'être cachés en famille avec « les autres », le sens de l'observation des enfants qui s'exerce sur ceux qui les entourent et les fascinent, sans omettre l'aspiration au monde extérieur.

  • « "Pitchipoï" un nom étrange qui sonnait mal à nos oreilles, nous juifs provençaux bercés dès notre enfance par le patois méridional de Mémé Cohen dont le mari était aconier, un métier typiquement marseillais, avec sa barque de ravitaillement destiné aux bateaux du port de Marseille. C'est à Drancy, le camp de transite où notre famille fut internée, que nous devions faire connaissance avec ce mot de Pitchipoï. Nous ne pouvions en connaître l'origine : la culture yiddish polonaise dans laquelle il désigne un petit village imaginaire. Nous ne savions encore moins ce qu'allait être la réalité de cette destination inconnue des internés de Drancy. Lorsque nous la découvrîmes, tout espoir s'évanouit : c'était Auschwitz ! » Denise Toros-Marter

  • Il est fréquemment arrivé après la Shoah que des couples se forment sur un terrain de douleur commune. Fanny et David, enfants juifs pris dans la tourmente exterminatrice nazie, partagent plus que le traumatisme des persécutions et la disparition de leurs proches, ils ont en commun le même univers - le Paris du XIe arrondissement -, la même culture séfarade et la même langue : le judéo-espagnol de leurs ancêtres turcs et saloniciens. Tous deux ont vu leurs pères être victimes de la rafle dite « du XIe arrondissement » (20 août 1941), à la suite de laquelle la cité de la Muette inachevée devint le camp d'internement de Drancy : ils seront déportés treize mois plus tard et exterminés.
    /> Soixante-dix-sept lettres échangées par leurs parents lors de la détention à Drancy sont à l'origine de cette entreprise de mémoire qui a conduit Fanny et David à s'engager dans la recherche de leurs racines séfarades et à travailler sur leurs souvenirs. Grâce à ce livre, fruit de dix ans d'efforts, Fanny (décédée en 2001) et David ont creusé avec leurs mots une sépulture digne pour leurs chers disparus, ces disparus auxquels les nazis refusaient l'existence au-delà même de la mort, jusque dans les mémoires.

  • Andrée Salomon (1908-1985) est l'une des grandes figures de la Résistance juive en France. Elle fut responsable de l'action sociale de l'oeuvre de Secours aux Enfants. Après s'être engagée au service de la communauté juive d'Alsace, elle a rejoint la Résistance dès 1940. Dans la zone sud, elle a sauvé un grand nombre d'enfants en les faisant sortir des camps d'internement de Gurs, de Rivesaltes et des Milles et en les plaçant dans les maisons de l'OSE. Elle organisa des départs vers les États-Unis et mit sur pied des filières clandestines vers la Suisse et l'Espagne. Par la suite, elle confiera les enfants à un autre réseau de l'OSE, le circuit Garel, pour les placer sous de fausses identités, ans des institutions religieuses. Cet ouvrage reconstitue son parcours à partir du manuscrit inédit de ses mémoires, de plusieurs entretiens enregistrés et des souvenirs de ses plus proches assistantes. On lira également une quarantaine de lettres de reconnaissance venues du monde entier et rendant hommage à cette « femme de lumière » dont la générosité et l'héroïsme permirent à toute une génération d'enfants de se construire un nouvel avenir.

  • Evadée du Vel' d'Hiv' retrace la rafle des Juifs parisiens de juillet 1942 opérée par des policiers français « zélés ». Anna a alors 20 ans et des rêves de jeune fille plein la tête. Elle est arrêtée à son domicile le 16 juillet et conduite au Vélodrome d'Hiver. Pressentant une issue fatale, elle n'a qu'une idée en tête : s'enfuir et rejoindre ses proches, que dans un sursaut de conscience elle avait pris soin de cacher. Les conditions extrêmes de détention, la faim, la soif et la maladie ne la détourneront jamais de ses objectifs. Par deux fois, elle échappe à la mort grâce à une remarquable présence d'esprit et à la complicité de quelques uns, policier, médecin et ouvrier.

  • Eté 1943. En plein coeur de la guerre, Nicole et Jacques, membres de l'Organisation de secours des enfants, cachent des enfants juifs. Deux ans durant lesquels ils parviennent à soustraire 200 enfants juifs de l'antisémitisme. Mais le bonheur ne tient qu'à un fil... Le destin les rattrape: Nicole et ses enfants adoptés sont arrêtés et déportés à Auschwitz. Jacques, lui, est arrêté à Lyon, torturé et interné au Fort de Montluc avant de s'échapper du train qui le menait vers Drancy.

  • Ce livre, fruit des entretiens entre un témoin et une historienne, offre le parcours remarquable d'un militant juif actif depuis l'entre-deux guerre jusqu'à nos jours. Depuis son enfance en Alsace, Georges Loinger est sensibilisé au danger que représentent pour la communauté juive les menées nazies au-delà du Rhin. C'est pour aguerrir la jeunesse aux épreuves qui se profilent qu'il s'investit dans l'éducation physique des futurs rabbins puis des étudiants de la toute jeune école Maïmonide à Paris. Prisonnier de guerre en 1940, il s'évade de son Stalag en Allemagne pour rejoindre sa femme confrontée à l'évacuation rapide de 123 enfants juifs venus d'Allemagne. Il se lance alors à corps perdu dans une autre aventure, celle de la résistance française dans le réseau Bourgogne.

  • Marie Rafalovitch a 14 ans quand sa vie bascule le 24 juillet 1944. Dénoncée par un voisin à Toulouse, elle est arrêtée par un milicien français et un membre de la Gestapo. Enfermée à la caserne Caffarelli avec des familles juives raflées, elle est déport

  • "Une adolescence volée par le nazisme, ainsi pourrait être résumée celle de Nicolas Rosenthal, exilé des siens dès 1938, en apprentissage alors qu'il n'a pas quinze ans, avant de franchir clandestinement la ligne de démarcation en juillet 1942. Le Journal qu'il écrivit en français à partir de 1940, choix de rupture avec sa patrie d'origine empoisonnée par le national-socialisme, s'adresse à ses parents qui paradoxale-ment méconnaissent cette langue, comme un pont spirituel constituant un défi aux bourreaux. Sans doute, ses parents ont-ils pu le feuilleter, en parler à leur enfant qui les rejoignit dans la déportation après un aller-retour tragique d'à peine deux mois entre Paris, les camps d'internement de zone " libre " et celui de Drancy. Manuscrit impressionnant par ses qualités descriptives d'une France encore largement rurale, du monde du travail et de démarches légalistes dans le Paris de l'Occupation, le Journal de Nicolas Rosenthal est plus que cela. Ses qualités littéraires, les résonances d'un coeur en mouvement en font un des grands textes d'introspection écrits à vif par les témoins de la Shoah." Michel Laffitte

  • Elle s'appelait Ida...
    Née en 1924 à Marseille dans une famille juive arrivée de Salonique (Grèce) au début du siècle, elle a vu sa jeunesse insouciante broyée par les menées exterminatrices nazies. Arrêtée le 9 mai 1944, déportée à Auschwitz II-Birkenau (convoi no 74), elle recouvra la liberté un an plus tard dans les Sudètes. Comme un signe, c'est un 9 mai, 68 ans plus tard, qu'elle nous a quittés.
    Elle a heureusement pu nous transmettre son témoignage, celui d'une femme énergique et courageuse, retranscrit après de nombreuses séances d'enregistrement et qui se révèle être un émouvant testament.
    Témoigner et transmettre ont été le combat de sa vie pour que ne se dispersent pas les cendres de la mémoire.

  • Francfort 1931. Hans Callmann, jeune banquier d'origine juive, mène une agréable vie mondaine quand un rêve prémonitoire le décide à quitter brusquement avec sa famille l'Allemagne dont il devine les noirs desseins. Après quelques années à Paris, la déclaration de guerre l'envoie dans différents camps (camps pour ressortissants étrangers, Légion étrangère...). Après une période de clandestinité, aidé en particulier par l'abbé Glasberg, il est arrêté à Lyon le 16 mai 1944, puis déporté du camp de Drancy à celui d'Auschwitz par le convoi n° 75, le 30 mai 1944. Mais au camp, sous les coups, il découvre aussi la bonté et la générosité. Il y entre athée et en sort profondément croyant. Le chemin dans l'enfer d'Auschwitz I sera pour lui le chemin de la foi. Par son témoignage, Hans Callmann, revenu vivant du camp de concentration nazi, rend grâce à Dieu et tente de ne pas succomber à la tentation de la haine, prônant la sagesse de la tolérance au nom de l'humanité. Hans, pendant ces années de détresse, a gardé en mémoire les mythes allemands qui avaient bercé son enfance et particulièrement celui de la Lorelei qui, aujourd'hui encore, d'après la légende, coiffe ses longs cheveux blonds sur un rocher au-dessus du Rhin. Mais ce n'est plus une fière jeune femme : comme lui, elle a pleuré de voir son pays, sa culture, sa langue avilis par le nazisme.

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