Le Livre de Poche

  • On connaît l'intérêt passionné du romancier d'Amok et du Joueur d'échecs pour les zones inexplorées et obscures de l'esprit humain.
    Biographe érudit et passionnant, il évoque ici trois figures historiques qui ont été parmi les premières à s'y aventurer.
    À la fin du xviiie siècle, le magnétiseur Mesmer s'intéresse à l'hypnose.
    Un siècle après, Mary Baker-Eddy, une Américaine, fondatrice d'une secte, prétend guérir par l'extase de la foi.
    Dans le même temps, à Vienne, Freud donne naissance à la psychanalyse. Trois expériences auxquelles l'histoire et la science devaient donner leur juste place, mais qui toutes trois marquèrent leur temps.
    Dans ce livre trop méconnu, témoignage de son inlassable curiosité intellectuelle, le grand écrivain autrichien nous convie à une réßexion fondamentale sur les pouvoirs de l'esprit.

  • Kleist, Hlderlin, Nietzsche : trois destinées fulgurantes et sombres, où les éclairs du génie créateur illuminent des vies brèves, en proie à l'excès, à la démesure, à la folie.
    Comme il l'a fait dans Trois poètes de leur vie, Stefan Zweig rapproche ici ces figures animées par un même mouvement intérieur. Pour ces errants, à peu près ignorés de leur vivant, la pensée ou la création ne sont pas cette sereine construction d'un idéal d'harmonie et de raison dont Goethe donne l'exemple accompli ; elles ne peuvent naître que dans le corps à corps avec un démon intérieur qui fait d'eux les fils de Dionysos, déchiré par ses chiens.
    C'est en romancier, grâce à l'intuition et à la fraternité d'âme, que l'auteur d'Amok et du Joueur d'échecs, fasciné par les dimensions les plus mystérieuses de l'esprit humain, mène ces évocations, dont bien des pages sont d'inoubliables morceaux littéraires.

  • « Poètes de leur vie », Casanova, Stendhal et Tolstoï le furent en recréant littérairement leur existence, en se prenant eux-mêmes comme matériau de leur oeuvre.
    Mais alors que le premier se raconte naïvement, de façon anecdotique, pour le plus grand plaisir du lecteur, l'« égotiste » Stendhal a une tout autre visée : c'est en psychologue lucide et perspicace qu'il observe et démonte en lui les mécanismes de l'amour, du bonheur ou de l'échec. Tolstoï, enfin, fait de l'autobiographie une véritable quête spirituelle, éthique et religieuse.
    Ces trois tentatives, qui reflètent autant de tempéraments, de ressaisir le temps et le destin sont revécues de l'intérieur par le grand écrivain autrichien, psychologue et moraliste profond, de Vingt-quatre heures de la vie d'une femme et de La Confusion des sentiments. 

  • Si la physique classique a largement contribué à modeler nos conceptions et nos représentations de la réalité, la théorie de la relativité et la théorie quantique introduisent aujourd'hui des bouleversements décisifs qui sont en train de transformer jusqu'à notre mode de pensée. Avec L'idée du déterminisme, Alexandre Kojève propose la première analyse fouillée de ces mutations mentales que nous vivons chaque jour. Un travail philosophique sans équivalent qui, non seulement livre une subtile étude comparée des grands systèmes scientifiques, mais encore fournit les éléments d'une réflexion stimulante sur les remaniements de quelques-unes des notions clefs de la science contemporaine. Un texte majeur de l'un des grands philosophes français de ce siècle.

  • En 1991, Marcel Conche accepta de répondre par écrit à une trentaine de questions posées par la philosophe Lucile Laveggi. « Sur le bonheur, sur l'illusion, sur l'apparence, sur la beauté, sur la guerre et sur la politique, sur la foi et l'incroyance, sur Parménide et tels autres sujets, j'ai répondu avec bonne foi dans les limites de ma perception sincère de la vérité [...]. Je crois que mes évidences d'alors seraient, nuancées et enrichies, encore les miennes aujourd'hui. »

  • Cet ensemble de textes est, pour l'essentiel, ce que Marcel Conche appelle le « nécessaire retour aux Grecs ». Cela signifie, en substance, penser le monde selon nos seules ressources, celles de la raison, en laissant de côté les idées religieuses (« Dieu », « l'âme immortelle », etc.). Il se trouve que la philosophie moderne (à l'exception notable de Spinoza) a toujours été un mélange de rationalité et de théologie. Dans cet ouvrage, Marcel Conche essaie de renouer avec l'innocence grecque qui tenait la « Nature » - et non le Dieu biblique - pour cause de toutes choses.

  • Partir, emboîter le pas des bergers, c'est expérimenter un genre de panthéisme extrêmement païen et retrouver la trace des dieux anciens [...]. L'élection de la planète tout entière pour son périple vaut condamnation de ce qui ferme et asservit : le Travail, la Famille et la Patrie, du moins pour les entraves les plus visibles [...]. Asocial, insociable, irrécupérable, le nomade ignore l'horloge et fonctionne au soleil ou aux étoiles, il s'instruit des constellations et de la course de l'astre dans le ciel, il n'a pas de montre, mais un oeil d'animal exercé à distinguer les aubes, les aurores, les orages, les éclaircies, les crépuscules, les éclipses, les comètes, les scintillements stellaires, il sait lire la matière des nuages et déchiffrer leurs promesses, il interprète les vents et connaît leurs habitudes. Le caprice gouverne ses projets.

  • Noms propres, ou le livre des livres. Emmanuel Lévinas nous offre ses exercices de lecture. Kierkegaard, Proust, Agnon, Martin Buber, Edmond Jabès, Jacques Derrida, Jean Wahl, etc. Un philosophe et ses proches. A sa manière aussi : un récit des filiations.

  • Un siècle après la mort de Nietzsche, notre époque n'a toujours pas examiné en quoi sa philosophie était porteuse d'immenses révolutions. Entre lui et nous, en effet, s'intercalent plusieurs types de parasites : une soeur qui dénatura son héritage, deux guerres et des idéologies qui brandirent son nom pour servir des causes qu'il aurait, à coup sûr, récusées, et, plus gravement, une impressionnante série de lectures de mauvaise foi et d'interprètes mal intentionnés... Tout ceci contribue à produire de Nietzsche une image fausse, floue, dangereuse - qu'il était urgent, à tous égards, de rectifier. C'est à cette tâche que s'emploie Michel Onfray dans ce texte inédit, qui date de 1988. Pour l'auteur hédoniste du Traité d'athéologie - qui a toujours revendiqué ce que sa réflexion devait au Gai savoir -, il s'agit là d'un formidable exposé du nietzschéisme originel et d'une émouvante « reconnaissance de dette » à l'endroit d'un philosophe majeur. D'où cette « introduction à Nietzsche » dont le ton se veut, à la fois, pédagogique et empreint de gratitude. 

  • Bernard-Henri Lévy poursuit, ici, la série de ses Questions de principe. Cette fois, c'est le recueil des années 2012-2018 du « Bloc-notes » qu'il donne à lire. Ces textes sont parus, chaque semaine, dans l'hebdomadaire Le Point - et ont été repris, du Corriere della Sera au País, du Wall Street Journal au Guardian ou au Spiegel et à beaucoup d'autres, dans toutes les langues et sur tous les continents.
    Des massacres en Syrie à la guerre d'Ukraine, de l'élection de Trump à celle de Macron, de la montée de l'antisémitisme à la guerre des deux islams, du réveil de l'Iran à la guerre de Libye, ce sont les événements majeurs de notre temps qui se trouvent passés au crible. On y lira aussi des chroniques de livres, des voyages dans l'oeuvre d'écrivains célèbres ou méconnus, des reportages, des portraits pris sur le vif, des réflexions philosophiques. Dans ce tableau d'une époque dans tous ses états, à la façon de l'oeil du cyclone qui reste immobile dans les turbulences du monde, la plume de l'écrivain, à travers ces péripéties, s'enfièvre mais ne tremble pas.

  • INEDIT - NOUVELLE EDITION
    C'est en disciple que Michael de Saint Chéron entreprit de « converser avec un Emmanuel Levinas au soir de sa vie ». Conversation pleine de crépuscule et d'espérance, de tendresse et d'admiration. Il y est question de la place du féminin dans son acheminement vers une transcendance de l'altérité, du concept du temps dans la philosophie de Bergson, de Paul Ricoeur, de sa vision de la « fin de l'histoire » à l'heure où s'écroulait l'empire communiste d'Occident. Dans une seconde partie, l'auteur propose une réflexion sur la phénoménologie du visage et la problématique de la déconstruction, de la rupture, dans l'oeuvre de Levinas. Pour ce faire, il interroge les oeuvres de Sartre, Ricoeur, Malraux, mais aussi Kant, Heidegger et Derrida. Une approche résolument novatrice de la pensée du grand philosophe se déploie dans ces pages.

  • La question de ce petit livre est simple : peut-on aller au-delà du constat de crise et d'impuissance dont le philosophe se fait le prophète depuis plus d'un siècle ? Peut-on parler de la science sans complexe d'infériorité, de Dieu sans obscurantisme, d'existence sans tomber dans la banalité du café du commerce, de politique sans consacrer le cynisme, de morale sans faire dans le sermon ? Bref, la philosophie peut-elle aider à faire comprendre et à dépasser les apories du temps présent qu'elle a fait siennes, comme un malade ressasse sa propre maladie pour se donner le sentiment qu'ainsi il peut la mettre à distance à défaut de la vaincre ?
    Toutes ces questions sont aujourd'hui les nôtres, et il ne faut pas avoir peur de parler des grands problèmes qui agitent les hommes depuis l'aube des temps, car si la philosophie a un sens, c'est bien en ce qu'elle seule envisage les questions ultimes dans une plus ou moins grande systématicité selon les époques.

  • Ce volume rassemble des textes écrits par Bernard-Henri Lévy entre 2011 et 2016, et qui témoignent d'une philosophie en acte. Articles, conférences, discours, préfaces, tribunes : toutes ces formes sont mobilisées pour questionner et analyser les turbulences du monde d'aujourd'hui. On retrouve, à travers neuf grands thèmes, les engagements et les personnalités qui sont chers à l'auteur : la philosophie et les maîtres disparus, la politique et les bouleversements internationaux (l'Ukraine, la Syrie, Daech), la religion et « l'esprit du judaïsme », l'art et la littérature. Au fil des pages se dessine en creux le portrait d'un philosophe-artiste engagé, qui réfléchit moins sur son identité que sur celle de son époque et sur les crises qu'elle doit affronter.

  • Aux confins du monde, entre Inde et Pakistan, le soulèvement d'un peuple à l'ombre des grandes puissances. « Les Indes rouges » sont le démontage lucide et rigoureux d'une insurrection de la liberté. Premier ouvrage de Bernard-Henri Lévy, introuvable depuis dix ans.

  • Rimbaud, la fulgurance d'un destin hors du commun. Alain Borer est parti sur les traces du poète, explorant à son tour les lignes de fuite qui l'ont conduit en Abyssinie. Jusqu'aux lieux désormais consacrés de sa mythologie, Aden et Harar. Enquête érudite, récit de voyage, roman philosophique ou poème d'aujourd'hui, Un sieur Rimbaud rassemble les figures contrastées d'un personnage énigmatique et fascinant. La vie de Rimbaud comme une épopée.

  • Après vingt ans de croissance mais aussi de perte des espoirs de la Libération, le mouvement de Mai mit en cause un type de société et de culture. Il ne fut pas seulement un mouvement de révolte et de rupture : il annonça l'entrée de la culture dans le champ politique et la fin de la séparation entre vie publique et vie privée. Mais cette signification centrale de son action fut en partie cachée par lui-même : alors qu'il ouvrait sur l'avenir, il recourut à des mots et à une idéologie hérités du passé. Il y a trente ans, comme aujourd'hui encore, s'opposent, parmi les contestataires de l'ordre établi, ceux qui en appellent à un État interventionniste ou révolutionnaire et ceux qui veulent reconstruire l'action politique sur un nouvel état des protestations sociales et des demandes culturelles. Mais le message de Mai peut être mieux compris aujourd'hui, au moment où nous sortons d'une longue période de refus de l'avenir pendant laquelle ne pouvaient s'opposer qu'un libéralisme brutal et la défense corporative d'intérêts acquis. Nous comprenons mieux l'importance d'un mouvement qui a modifié presque tous les aspects de notre vie collective.

  • Les étapes de la vie, jadis bien définies, sont aujourd'hui devenues confuses, opaques et désordonnées. Peut-on espérer y remettre un peu de (bon) sens ? C'est le défi de ce livre, élaboré à partir des chroniques que l'auteur a rédigées pour Philosophie Magazine durant trois ans. Il s'agit de penser, étape par étape, la manière dont se construit aujourd'hui une vie d'individu - si possible réussie - jusqu'à son terme inéluctable, avec l'exigence d'être soi-même à tout âge. Guidé par les grandes philosophies du passé, on y trouvera l'esquisse d'une sagesse des passages : pourquoi naître, grandir, mûrir, vieillir, et finalement ... mourir ?

  • Archives d'un procès : Klaus Barbie, ou le retour de la mémoire. Un exceptionnel document à verser aux dossiers de l'Histoire. Tout y est. Depuis le rapport de ce que furent le nazisme et l'Occupation en France, la chronologie des faits et des événements jusqu'au suivi du procès lui-même. Acteurs, témoins victimes : tous parlent, tous racontent, tous témoignent. Des textes de Serge Klarsfeld, Emmanuel Lévinas, Claude Lanzmann, Bernard-Henri Lévy, Léon Poliakow, Élie Wiesel, Marek Halter, Samuel Pisar, et de beaucoup d'autres hommes qui, à un titre ou à un autre, ont tous autorité pour intervenir.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Le catholicisme donne parfois le sentiment d'avoir réussi son aggiornamento. Pourtant, les années Jean-Paul II et Benoît XVI sonnent comme une revanche : celle des intransigeants. En l'espace de deux pontificats, les voilà devenus les nouveaux soldats du Vatican au détriment des ordres anciens et plus encore des catholiques modernistes. Jusqu'où ira ce virage ? Jusqu'à faire du concile de Vatican II une parenthèse ? Jusqu'à Vatican moins II ? C'est ce qu'ont voulu savoir Caroline Fourest et Fiammetta Venner en enquêtant sur les relations complexes qu'entretient Rome avec trois courants sulfureux du catholicisme contemporain : l'Opus Dei, la Légion du Christ et les traditionalistes.

  •  Quel est le rapport entre la matière qu'expérimente le physicien, celle avec laquelle travaille le chimiste, et la matière qui nourrit les spéculations du philosophe ? Pour répondre à cette question, nous avons demandé à d'éminents spécialistes de disciplines différentes de faire le point, à la lumière de leur pratique et de leurs connaissances. Les physiciens et des chimistes, qui représentent les « sciences dures » de la matière, et les philosophes (penseurs, alchimistes, psychanalystes et neurobiologistes), qui représentent les « sciences molles » de la matière, ont accepté d'exposer leurs perspectives. Si physiciens et philosophes, alchimistes et chimistes, artistes et théologues, neurobiologistes et psychanalystes ne partagent pas, à ce sujet, la même conception, ils montrent le rôle important que la matière joue dans leur recherche ; ceux dont les théories s'affrontent, corme les alchimistes et les chimistes, les neurobiologistes et les psychanalystes, dévoilent également ce qu'ils partagent avec ceux qu'ils contredisent. Ce livre offre aussi la possibilité de comprendre le rapport des sciences à la matière tout en révélant, en même temps, la part de science, de savoir et même d'illusion que véhiculent toutes les expressions de ce concept, énigmatique entre tous.

  • Avec la dénomination de « sciences cognitives », on entend désormais l'ensemble des disciplines qui s'appliquent à étudier les comportements intelligents - celui des hommes, des animaux ou des machines -, et à analyser les supports matériels qui paraissent conditionner ces comportements - le cerveau ou l'ordinateur, par exemple. En moins de trente ans, elles se sont imposées comme des sciences à part entière et ont insufflé un dynamisme nouveau à la pensée philosophique, comme à la recherche scientifique. Dans des pages éclairantes, où le souci de la pédagogie ne fait jamais défaut, Georges Vignaux explique la genèse, les méthodes et les finalités de ces sciences. Abordées sous l'angle de la linguistique, de la psychologie, de la biologie ou des neurosciences, elles révèlent leurs ambitions, leurs présupposés, les perspectives qu'elles offrent à la philosophie, à l'anthropologie, à la sociologie, à la robotique ou à l'ergonomie. « Les Sciences cognitives, une introduction » est un panorama complet des enjeux philosophiques et scientifiques de la modernité. Une nouvelle manière de comprendre ce que penser veut dire.

  • À l'aube du troisième millénaire et à l'heure des grands bouleversements de l'économie mondiale, qu'en est-il aujourd'hui de l'industrie française ? Made in France est le premier document qui propose un diagnostic complet sur l'état réel de notre économie, la première étude qui mesure les véritables capacités de notre appareil industriel à affronter, d'un côté, la compétition européenne, et, de l'autre, la compétition mondiale. Partant d'une investigation approfondie, au cours de laquelle ils ont consulté des centaines d'experts internationaux, de chefs d'entreprise, de responsables syndicaux et politiques, Dominique Taddei et Benjamin Coriat dressent un bilan lucide de la situation et proposent un ensemble cohérent de solutions pour oeuvrer dans le sens d'un renforcement durable de la machine productive nationale. Loin des polémiques stériles et des controverses partisanes, « Made in France » s'impose comme l'instrument de travail et de réflexion indispensable à une juste reconnaissance des questions qui, désormais, se posent à tous ceux voulant apprécier l'avenir industriel de la France. Cet ouvrage est issu d'une mission confiée aux auteurs par le ministère de l'Industrie et du Commerce extérieur et le Commissariat général du Plan.

  • La cas Flaubert passé au tamis de la psychanalyse. Ou le « roman familial » d'un écrivain hors du commun. Texte majestueux et lecture érudite. Marthe Robert nous révèle l'insaisissable Flaubert.

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