La Table ronde (réédition numérique FeniXX)

  • En quête des « ancêtres » de la Radio, Pierre Descaves s'est arrêté à ces « pionniers », il s'agit de la première équipe qui, entre les années 1924-1927, rédigea le premier journal par « Téhessef », c'est-à-dire le Journal parlé. A ces véritables découvreurs des ondes, l'autorité militaire avait concédé, fin 1923, sous le pilier Nord de la Tour Eiffel un local, promu « studio », un assez minable débarras, baptisé « La Guitoune » par les collaborateurs de Maurice Privat et où bientôt se pressa un Tout-Paris, plus curieux que convaincu. A ses propres Souvenirs, Pierre Descaves s'est réservé une place dans la collection qu'il dirige à La Table Ronde : « Quelques pas en arrière ». Leur titre : Quand la Radio s'appelait « Tour Eiffel » en limite la durée, et restitue avec pittoresque le personnel... et les clients (les futurs « chers z'auditeurs ») de cette forme jusque-là inédite d'information et de commentaires. Avec une exubérance toute méridionale, Maurice Privat animait cette équipe. Personnage étonnant, de courtaude nature, et très vif-argent, toujours en avance d'une idée et à la traîne d'un paiement, et que le mémorialiste évoque avec sympathie. Un jour Pierre Descaves lui disait : « Privât, tu ressembles à Balzac », l'autre de répondre : « Oui... J'ai toutes ses dettes ». En guise de mise au point, le moment est venu de rendre hommage à ce « pionnier », surtout lorsque d'abusifs usurpateurs réclament la gloire de sa « découverte ». Quand la Radio s'appelait « Tour Eiffel » : livre bouillonnant de vie et d'anecdotes : Cet Académicien qui ne pouvait pas parler devant le micro sans avoir sucé des boules de gomme ; l'interview du chien de l'assassin ; le fameux « cours des cuirs ». Autant d'évocations pleines d'humour qui font revivre la « belle époque » de la Radio, cette tisseuse d'ondes, quand elle osait balbutier son nom.

  • Dans "La Nouvelle Race", Michel de Saint Pierre publiait, l'an dernier, les résultats d'une vaste enquête menée durant plus de deux ans auprès de notre jeunesse scolaire et estudiantine. Le succès du livre fut considérable et immédiat, et l'on peut y voir la preuve que le problème des jeunes intéresse et inquiète le public. "La plupart d'entre ces garçons et ces filles ne trichent pas", disait Michel de Saint Pierre, en guise de conclusion. Et pourtant, aujourd'hui, c'est la faune des blousons noirs, voire des délinquants juvéniles, qu'il est venu chercher. Car si, dans sa majorité, la jeunesse française lui semble de bon métal, il n'en est pas moins vrai que les violences la sollicitent - et que, par la faute de l'État, de la société, des parents, des éducateurs, la petite tache noire des adolescents dangereux va s'élargissant... D'une part, la politique a brusquement envahi la vie estudiantine, bouleversé les Facultés, les collèges, - parfois, même, le plastic a remplacé la dialectique. Et surtout, au sein des établissements où l'on enseigne, le jeune nationalisme et le jeune communisme s'opposent, dans une atmosphère de tension croissante. D'autre part, à côté de la jeunesse "normale" (qui est elle-même passablement déboussolée) existe une jeunesse de l'ombre, vivant dans un monde à part qu'elle s'est créé : elle se replie sur elle-même et se tait ; puis, tout à coup, s'exprime en termes de violence. Blousons noirs, gris ou dorés, chaque jour, pillent, frappent, détruisent, tant à Paris qu'en province. Le fait est qu'en 1954, 13.000 garçons et filles mineurs sont passés en justice ; en 1960, ils furent 26.000, soit exactement le double. Combien seront-ils en 1970, si l'on ne supprime pas les causes profondes de ces excès, de ce désespoir ? Michel de Saint Pierre veut tenter de répondre à ces questions d'une manière constructive - non sans dresser l'impressionnant tableau d'un danger trop souvent méconnu...

  • Depuis dix ans, professionnellement, Philippe Bouvard hante les coulisses et la scène de la vie parisienne. Son bleu de travail, c'est le smoking. Ses horaires de « bureau » correspondent à la durée des galas, des générales et des premières. Lorsqu'il a un jour de repos, il passe la soirée chez lui avec cette frénésie que d'autres mettent à sortir de temps en temps pour rompre la monotonie des jours. Depuis dix ans aussi, Philippe Bouvard fait des « papiers parisiens ». C'est-à-dire qu'il distille dans les colonnes d'un grand quotidien du matin, Le Figaro, des propos badins, quelquefois venimeux, mais où le poison lui-même se doit d'être mousseux comme le champagne qui sert de doping obligatoire à toutes les manifestations du « gai Paris ». Parfois aussi, se dégageant du tourbillon mondain, changeant de département, il aborde à d'autres rivages et se trouve saisi par des inquiétudes qui, sans être métaphysiques, l'amènent à se poser des questions sur des problèmes autres que ceux engendrés par la chute d'un vaudeville ou la mort d'un vieux comédien. Il était fatal qu'un jour, il s'aperçoive qu'on ne peut pas tout dire dans un journal. Pendant un an donc, du 1er janvier 1961 au 31 décembre de la même année très exactement, il a noté chaque matin ses impressions de la veille. Ces Carnets mondains sont à base d'« indiscrétions subjectives ». On y trouvera ce que l'auteur n'a pas pu ou pas voulu dire le jour-même.

  • Depuis dix ans, professionnellement, Philippe Bouvard hante les coulisses et la scène de la vie parisienne. Son bleu de travail, c'est le smoking. Ses horaires de « bureau » correspondent à la durée des galas, des générales et des premières. Lorsqu'il a un jour de repos, il passe la soirée chez lui avec cette frénésie que d'autres mettent à sortir de temps en temps pour rompre la monotonie des jours. Depuis dix ans aussi, Philippe Bouvard fait des « papiers parisiens ». C'est-à-dire qu'il distille dans les colonnes d'un grand quotidien du matin, Le Figaro, des propos badins, quelquefois venimeux, mais où le poison lui-même se doit d'être mousseux comme le champagne qui sert de doping obligatoire à toutes les manifestations du « gai Paris ». Parfois aussi, se dégageant du tourbillon mondain, changeant de département, il aborde à d'autres rivages et se trouve saisi par des inquiétudes qui, sans être métaphysiques, l'amènent à se poser des questions sur des problèmes autres que ceux engendrés par la chute d'un vaudeville ou la mort d'un vieux comédien. Il était fatal qu'un jour, il s'aperçoive qu'on ne peut pas tout dire dans un journal. Pendant un an donc, du 1er janvier 1961 au 31 décembre de la même année très exactement, il a noté chaque matin ses impressions de la veille. Ces Carnets mondains sont à base d'« indiscrétions subjectives ». On y trouvera ce que l'auteur n'a pas pu ou pas voulu dire le jour-même.

  • En quête des « ancêtres » de la Radio, Pierre Descaves s'est arrêté à ces « pionniers », il s'agit de la première équipe qui, entre les années 1924-1927, rédigea le premier journal par « Téhessef », c'est-à-dire le Journal parlé. A ces véritables découvreurs des ondes, l'autorité militaire avait concédé, fin 1923, sous le pilier Nord de la Tour Eiffel un local, promu « studio », un assez minable débarras, baptisé « La Guitoune » par les collaborateurs de Maurice Privat et où bientôt se pressa un Tout-Paris, plus curieux que convaincu. A ses propres Souvenirs, Pierre Descaves s'est réservé une place dans la collection qu'il dirige à La Table Ronde : « Quelques pas en arrière ». Leur titre : Quand la Radio s'appelait « Tour Eiffel » en limite la durée, et restitue avec pittoresque le personnel... et les clients (les futurs « chers z'auditeurs ») de cette forme jusque-là inédite d'information et de commentaires. Avec une exubérance toute méridionale, Maurice Privat animait cette équipe. Personnage étonnant, de courtaude nature, et très vif-argent, toujours en avance d'une idée et à la traîne d'un paiement, et que le mémorialiste évoque avec sympathie. Un jour Pierre Descaves lui disait : « Privât, tu ressembles à Balzac », l'autre de répondre : « Oui... J'ai toutes ses dettes ». En guise de mise au point, le moment est venu de rendre hommage à ce « pionnier », surtout lorsque d'abusifs usurpateurs réclament la gloire de sa « découverte ». Quand la Radio s'appelait « Tour Eiffel » : livre bouillonnant de vie et d'anecdotes : Cet Académicien qui ne pouvait pas parler devant le micro sans avoir sucé des boules de gomme ; l'interview du chien de l'assassin ; le fameux « cours des cuirs ». Autant d'évocations pleines d'humour qui font revivre la « belle époque » de la Radio, cette tisseuse d'ondes, quand elle osait balbutier son nom.

  • Dans "La Nouvelle Race", Michel de Saint Pierre publiait, l'an dernier, les résultats d'une vaste enquête menée durant plus de deux ans auprès de notre jeunesse scolaire et estudiantine. Le succès du livre fut considérable et immédiat, et l'on peut y voir la preuve que le problème des jeunes intéresse et inquiète le public. "La plupart d'entre ces garçons et ces filles ne trichent pas", disait Michel de Saint Pierre, en guise de conclusion. Et pourtant, aujourd'hui, c'est la faune des blousons noirs, voire des délinquants juvéniles, qu'il est venu chercher. Car si, dans sa majorité, la jeunesse française lui semble de bon métal, il n'en est pas moins vrai que les violences la sollicitent - et que, par la faute de l'État, de la société, des parents, des éducateurs, la petite tache noire des adolescents dangereux va s'élargissant... D'une part, la politique a brusquement envahi la vie estudiantine, bouleversé les Facultés, les collèges, - parfois, même, le plastic a remplacé la dialectique. Et surtout, au sein des établissements où l'on enseigne, le jeune nationalisme et le jeune communisme s'opposent, dans une atmosphère de tension croissante. D'autre part, à côté de la jeunesse "normale" (qui est elle-même passablement déboussolée) existe une jeunesse de l'ombre, vivant dans un monde à part qu'elle s'est créé : elle se replie sur elle-même et se tait ; puis, tout à coup, s'exprime en termes de violence. Blousons noirs, gris ou dorés, chaque jour, pillent, frappent, détruisent, tant à Paris qu'en province. Le fait est qu'en 1954, 13.000 garçons et filles mineurs sont passés en justice ; en 1960, ils furent 26.000, soit exactement le double. Combien seront-ils en 1970, si l'on ne supprime pas les causes profondes de ces excès, de ce désespoir ? Michel de Saint Pierre veut tenter de répondre à ces questions d'une manière constructive - non sans dresser l'impressionnant tableau d'un danger trop souvent méconnu...

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