La Découverte (réédition numérique FeniXX)

  • Les générations ont beaucoup à nous apprendre sur nous-mêmes. Privilégiées ou sacrifiées par l'Histoire, elles forgent leur identité au contact des événements politiques, des mutations économiques, sociales et culturelles qui marquent leur jeunesse. Dans ce livre passionnant, synthétisant un grand nombre d'enquêtes sociologiques et d'opinion, Bernard Préel brosse l'histoire des générations récentes et celle de leurs relations. Relations complexes où se jouent, souvent sur fond d'incompréhensions et de conflits, des questions centrales : la transmission des valeurs et du patrimoine, les relations au sein du couple et de la famille, le rapport au travail et à la consommation. Le choc des générations propose ainsi à chacun de se confronter au portrait de sa génération. Dans cette fresque vivante, souvent drôle, Bernard Préel réserve une place particulière aux enfants du baby boom, Il montre en effet que, depuis leur révolte, en Mai 68, les rapports entre les générations se sont brutalement inversés. La jeunesse moderne - la génération Gorbatchev et, plus encore, la génération internet - ne se contente plus, en effet, de se rebeller. Elle dicte désormais sa loi aux générations précédentes et, en particulier, à celle de ses parents qui, obsédés par la peur de vieillir, s'approprient la culture jeune de leurs enfants. Avec le risque qu'un jour prochain, ces derniers instruisent le procès de leurs parents, enfants gâtés des Trente Glorieuses.

  • En Afrique, au Moyen-Orient ou dans les républiques de l'ex-Union soviétique, des organes de presse sont directement utilisés pour lancer des appels à la haine et à la violence. Devant la montée de ces médias de la haine, Reporters sans frontières, une organisation de défense de la liberté de la presse dans le monde, a envoyé des journalistes dans une dizaine de pays, pour enquêter.

  • Pour la population juive de France pendant l'Occupation, il fallait, soit se conformer à une législation assassine, soit désobéir et courir les risques de la clandestinité. L'auteur est historien et fut animateur de la résistance juive communiste pendant la guerre.

  • Effectuant une analyse critique des principales propositions pour l'emploi des responsables politiques français (Balladur, Chirac, Seguin, Barre...), l'auteur, inspecteur du travail, et membre du Parti socialiste depuis 1994, plaide pour une politique différente. dont il dresse les grandes lignes.

  • Le tiers monde est - et sera longtemps encore - rural, malgré la forte urbanisation qu'il connaît depuis une vingtaine d'années : en l'an 2000, un habitant sur deux vivra dans les campagnes, et assurera l'alimentation des villes. C'est dire l'importance à venir des campagnes dans l'économie du tiers monde. Mais celui-ci est multiple : quoi de commun entre les zones désertiques du Sahel et la pampa argentine, entre les hauts plateaux andins et les rizières de l'Asie du Sud-Est, entre le Nord-Est brésilien et la Chine ? L'auteur connaît bien ces différentes situations, et mène dans ce livre une étude comparative et prospective des enjeux économiques, sociaux, culturels et environnementaux qui se nouent dans les campagnes. Deux réalités accablent ces continents : la pauvreté, sans cesse grandissante des paysanneries, et la fragilisation des solidarités villageoises. Jacques Chonchol propose, pour faire échec à la pauvreté, de revaloriser l'aspect rural, d'encourager une industrialisation appropriée aux campagnes et aux paysans, de favoriser l'émancipation des femmes qui sont à la base des cultures, de rétablir les nécessaires équilibres avec l'écosystème. Mais ces diverses propositions doivent être resituées dans leur contexte, et c'est pourquoi l'ouvrage effectue, chapitre après chapitre, un véritable tour du monde. Le déficit alimentaire, les problèmes fonciers, l'intervention de l'État, l'enseignement agricole, l'influence du modèle occidental de développement, les structures familiales, l'échange inégal ville/campagne, etc., différent d'une région à une autre. La ville, la modernité, la division internationale du travail, lancent de véritables défis aux communautés rurales. Les réponses sont à formuler et à mettre en oeuvre dès aujourd'hui.

  • La modernité déferle sur notre monde, elle nous envahit pour notre salut ou pour notre infortune. Elle est devenue une référence presque obsessionnelle pour les hommes d'État du tiers monde, comme pour les dirigeants soviétiques ou chinois, pour les eurocrates, comme pour les chefs d'entreprise, pour les stratèges nucléaires, comme pour les théologiens, pour les gens de médias, comme pour les experts en ingénierie sociale, pour les vendeurs de lessive, comme pour les urbanistes. C'est ce moment planétaire que le présent essai tente d'analyser, en prolongeant la réflexion proposée il y a six ans dans De la modernité. La modernité-monde s'inscrit, et se met en scène, dans des lieux de modernité, des lieux dont l'image fortement symbolique ouvre ici chaque chapitre et introduit ses analyses : Hongkong et Beaubourg, les stades géants et la forêt amazonienne en feu. Notre modernité-monde est là et bien là. Il y a ceux qui aiment, ceux qui sont plutôt révulsés, ceux qui réfléchissent, ceux qui ne se résignent pas au grand lâchez-tout, ceux qui sont prêts à s'adapter avec réalisme, ceux qui s'acharnent à chercher une issue, une alternative... De la modernité, que faut-il avoir le courage de remettre en cause, ainsi notre gaspillage, notre profusion, nos privilèges face à la misère du monde ? Et que faut-il plutôt s'efforcer de maîtriser lucidement, notamment dans le domaine des innovations technologiques ? J'espère communiquer au lecteur ma conviction que la première question est au moins aussi importante que la seconde.

  • Face aux déchaînements d'horreur en Algérie, l'opinion internationale semble tétanisée. Beaucoup d'observateurs disent : on ne comprend pas, on ne sait pas ce qui se passe vraiment. [...] Le rapport de Reporters sans frontières - Algérie, la guerre civile à huis clos - dénonce l'étrange inaction du pouvoir dans la recherche des assassins de journalistes, l'impitoyable censure qu'il exerce sur la presse, et l'interdiction de fait qu'il a imposée de toute enquête indépendante sur les violences ; le rapport de mission de la FIDH - La levée du voile : l'Algérie de l'extrajudiciaire et de la manipulation, établi à partir de témoignages particulièrement accablants recueillis sur place, montre que la lutte légitime de l'État algérien contre le terrorisme est menée, depuis 1992, en violation complète des conventions sur les droits de l'homme dont il est pourtant signataire (pratique généralisée de la torture, séquestrations arbitraires et disparitions, exécutions sommaires, milliers de prisonniers d'opinion, exactions encouragées des milices, etc.) ; - le rapport de l'organisation américaine Human Rights Watch - Algérie, des élections à l'ombre de la violence et de la répression - revient, à l'issue d'une mission sur place, sur les conditions très particulières des élections législatives du 5 juin 1997 (exclusion de certains opposants, censure, climat de violence, etc.) ; - et, enfin, le rapport d'Amnesty International - Algérie : la population civile prise au piège de la violence - analyse les exactions des groupes armés d'opposition, le rôle singulier des milices d'autodéfense armées par le pouvoir, le mur du silence construit par ce dernier pour entraver les enquêtes indépendantes, et l'indifférence de l'opinion internationale. Un ensemble de textes sans équivalent, qui ne permettra plus de dire : On ne savait pas.

  • Reconstruire un pouvoir politique : réaliser cet objectif conditionne tout progrès de société. Or les partis politiques qui visent à exercer le pouvoir d'Etat ne se posent pas encore la question. En sollicitant les commentaires, reproduits ici, d'une dizaine de personnalités d'horizons très divers, l'auteur montre que le débat est possible et peut être fructueux.

  • Dans ce livre d'entretiens, Michel Charzat, maire du XXe arrondissement de Paris explique à Claude Neuschwander, consultant auprès des collectivités locales et des organisations de l'économie sociale, que la démocratie locale, école et creuset de l'autonomie, est le moyen nécessaire, sinon suffisant pour stimuler un nouvel appétit de démocratie chez nos concitoyens.

  • La langue française - écrite ou parlée - est malade : les enfants ne savent plus lire ni écrire, l'orthographe se perd, la France compterait même deux millions d'analphabètes... Qui n'a entendu ces lamentations, devenues aujourd'hui lieux communs ? Elles expriment un profond désarroi devant l'évolution de notre langue. C'est pour tenter de mieux la comprendre que les auteurs - cinq linguistes, membres de l'Association pour la recherche et l'expérimentation sur le fonctionnement du français (APREF) - ont écrit ce livre. Ils présentent ici les résultats d'enquêtes approfondies sur quelques points particulièrement sensibles : la lecture à l'école et les formes d'expression que l'institution scolaire néglige, les véritables difficultés de la lecture (30 % des Français seulement savent vraiment lire !), la diversité et les formes du français des travailleurs migrants, le rapport des non cultivés au beau langage et au discours abstrait. Dans tous ces domaines, les auteurs apportent des informations originales qui passionneront tous ceux que préoccupe le sort de la langue française. Ils montrent que le handicap - quand il existe - n'est pas là où on l'attendait. Et que le poids des normes linguistiques et sociales imposées par ceux qui savent parler joue un rôle trop souvent sous-estimé. Ce livre est aussi un plaidoyer pour une révolution dans les esprits : les priviligiés du langage devraient d'abord apprendre à écouter et à lire les autres, dans toute leur diversité, à ne plus corriger ce qui n'a pas besoin de l'être.

  • La guerre d'Algérie a reposé, de façon plus aiguë que jamais, le problème de l'objection de conscience, sous toutes ses formes : désertion, refus d'obéissance, insoumission. Maurice Maschino ne se considère pas comme un « objecteur de conscience » au sens habituel du terme ; il n'eût pas refusé, en d'autres temps, de faire son service militaire. Mais il est l'un de ces jeunes français « réfractaires » qui n'ont pas accepté de combattre en Algérie. Il explique dans ce cahier pourquoi il n'a pas jugé possible de porter les armes contre ceux qu'il nomme ses frères. « Le Refus » est le récit sincère, scrupuleux même, d'une lente prise de conscience. Instituteur à vingt ans aux confins marocains, puis professeur dans des lycées berbères et arabes, Maurice Maschino a appris à connaître le peuple d'Afrique du Nord, puis à l'aimer et à le comprendre, à vivre enfin quotidiennement son drame. C'est cette expérience personnelle qu'il s'efforce de livrer, le plus simplement possible.

  • La génération sortie de Mai 1968 a rejoint les casernes. Plongée dans ce monde archaïque de la peur et du mépris qui n'avait rien à lui dire, elle a redécouvert le sens de l'insolence qu'est la démocratie en actes. Le choc était inévitable, cent fleurs ont éclos. Que sont ces comités de soldats encore si mystérieux pour les civils ? Qui en sont les militants ? Meneurs ? Irresponsables ? Payés par Moscou ? ou par le pouvoir ? Et le syndicat de soldats ? Comment l'armée, forteresse inébranlable, a-t-elle pu se révéler comme un maillon faible sans projet, sans consensus, sans réponse autre que la répression, efficace mais bornée ? Qui répondra aux questions posées par les soldats ? N'a-t-on pas perçu la crise de doute chez les militaires professionnels et la crise de confiance dans la « nation » ? L'armée pourra-t-elle résister quand la parole du débat et la pratique de la démocratie l'auront envahie ?

  • Demba Diallo, avocat de Bamako, a été successivement délégué de la Guinée aux Nations Unies, puis chargé de représenter le Mali dans diverses grandes Conférences internationales au cours des dernières années. De formation et de conviction marxistes, il a voulu, avec ce livre, redéfinir dans leur sens théorique comme dans leur application pratique des mots en apparence simples mais dont il a été fait trop souvent usage, en Afrique comme ailleurs, de façon inconsidérée : indépendance et socialisme, par exemple. Reprenant les expériences vécues des grandes luttes pour l'indépendance (les révolutions soviétique, chinoise, vietnamienne), précisant les principes qui définissent un véritable État socialiste (s'appuyant notamment sur les travaux du Cercle Taleb-Moumié et de la revue Partisans), il veut ainsi donner, et en premier lieu aux militants africains eux-mêmes, des bases solides et claires qui leur permette de construire cette Afrique qui est aujourd'hui, de manière cruciale, en question.

  • Être juif, est-ce seulement naître juif ? Le génocide hitlérien a donné une réponse historique à cette question. Des Juifs français, hongrois, polonais, roumains pouvaient croire, avant les camps d'extermination nazis, qu'ils se confondraient s'ils le voulaient avec les autres citoyens de leur pays. Les nazis, qui ont détruit l'espace culturel des communautés juives de l'Europe de l'Est et désigné tous les Juifs comme membres d'une race unique, ont, par l'action exterminatrice, créé un événement-matrice à partir duquel se reconstitue l'unité historique des survivants. Le sionisme revendique, par l'existence de la terre « retrouvée », un moyen de survie collectif dont la formulation idéologique est sans doute antérieure au nazisme, mais dont la réalisation politique concrète n'aurait pu aboutir sans le génocide. Israël est-il aujourd'hui l'État du peuple juif tout entier ? La Diaspora est-elle vouée à disparaître ? Le peuple « errant », qu'on pouvait croire à vocation minoritaire, se veut-il désormais majoritaire dans sa totalité ? N'y aurait-il plus de Juif que sioniste ? Richard Marienstras suggère autre chose : un fonds culturel, une histoire, des traditions, une volonté collective de se perpétuer - bref, un lien qui rattache entre eux des Juifs français, hongrois, polonais, américains... et dont une part passe sans doute par Israël. Mais combien ne se reconnaissent pas pleinement, tant s'en faut, dans la réponse qui veut que tout peuple devienne un État-nation ? Dire, écrire cela aujourd'hui, alors que se trouve mise en question l'existence de l'État d'Israël et celle du peuple palestinien n'est pas aisé. Pour l'avoir dit et écrit, Richard Marienstras a été critiqué aussi bien par les sionistes que par certains groupes d'extrême-gauche, et c'est aux uns et aux autres qu'il s'adresse : « Si l'on me demande aujourd'hui : "Faut-il aider les Tziganes (ou les Catalans, les Basques, les Bretons, les Indiens, les Slovènes, les Juifs, les Arméniens...) à survivre en perpétuant et en approfondissant leurs différences ?" je dirai qu'il le faut. Je ne chercherai pas à savoir - car il y a trop de haine et d'arrogance dans une telle curiosité - si ce groupe est un peuple, une nation, une tribu, une classe, une caste, une secte, un fossile ou un vestige. Ni si l'obstination qu'il met à s'éterniser convient au progressisme du moment. Les cultures ne sont pas des toupies. Il me suffit que le groupe existe, qu'il travaille à maintenir, à renouveler, à recréer son identité, et qu'il ne le fasse pas exclusivement en parasite. La volonté de vivre n'a pas à prouver son droit à la vie. C'est la volonté de détruire, c'est l'acquiescement à la mort qui doivent désormais fournir leurs preuves. »

  • Depuis plus de dix ans qu'associations, groupements et commissions gouvernementales se sont donnés pour objet la lutte anti-bidonville, le nombre des familles vivant en bidonvilles dans la région parisienne a augmenté de 20 % si l'on compare les deux recensements officiels, 1966 et 1970 (ce dernier publié dans la presse en 1971). Le 23 avril 1971, une nouvelle fois, un enfant a brûlé vif dans une de ces baraques. Devant une telle situation, toutes les formes d'aides apportées aux immigrés, dans la mesure où elles ne privilégient pas la revendication du logement, concourent à masquer l'étendue de ce problème et son importance primordiale. Les travailleurs étrangers, eux, ne s'y trompent pas. Entre la période où furent réalisés les enregistrements rassemblés dans ce livre et maintenant, la prise de conscience de leur exploitation s'est encore plus nettement affirmée. La reconnaissance de leur droit au logement ne doit désormais plus relever d'« actions généreuses » mais doit s'inscrire dans le cadre d'une nouvelle politique sociale du logement en France.

  • Dès leur indépendance, les États-Unis s'étaient donné pour tâche d'inscrire dans la réalité américaine un idéal démocratique et universaliste. Pourtant la nation naissante écartait d'emblée les Noirs et les Indiens réservant ainsi à certains groupes ethniques privilégiés le bénéfice de ses institutions et de ses richesses. Ce livre étudie à travers l'histoire de certaines minorités la politique des États-Unis vis-à-vis des groupes qui ont été appelés à former la nation américaine : exclusivisme, appropriation des richesses, recherche d'une homogénéité nationale au prix du rejet des cultures allogènes. Vivre en marge, pour les minoritaires américains, c'est être relégué dans des réserves réelles ou symboliques, hors du circuit des richesses du pays, dans l'impossibilité de prendre pleinement part à la compétition que prétend leur offrir le capitalisme américain ; c'est être maintenu par la discrimination au bas de l'échelle économique et sociale ; « vivre en marge » c'est aussi être exclu de la « démocratie américaine » et se voir refuser l'accès à une culture détenue par la majorité. C'est être dépouillé de sa propre culture par le mépris qui lui est opposé. Mais ceux auxquels le nativisme et les idéaux uniformisateurs n'ont laissé de choix qu'entre l'assimilation ou l'exclusion mettent aujourd'hui en question les normes qui les excluent. Quelles que soient leur prise de conscience et la forme de leur combat, les minoritaires d'origine européenne, orientale, africaine ou aborigène réclament tous l'égalité inscrite dans les grands textes américains, une égalité qui passe par le droit à la différence et par la dignité retrouvée.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Ce livre répond à un souci : informer. Il faut, en effet, se souvenir de la campagne de presse qui a été menée par une certaine partie des médias : « avocat du diable », « avocat gauchiste aux manières efféminées et couvert de femmes », « ce qui accuse l'avocat de Baader ». Aussi avons-nous pensé nécessaire de rendre public le dossier de l'affaire. On y trouvera notamment mandats d'arrêt, réquisitoires, toutes les accusations qui ont été portées contre lui, les réponses de la défense et les décisions de la Chambre d'accusation. Enfin, nous avons jugé bon de replacer le déroulement de « l'affaire Croissant » dans son contexte : nous avons tenté de faire une brève analyse sur la situation des libertés en Allemagne et les réactions en France. En possession des éléments du dossier, les jugements de chacun seront alors fondés non plus sur la vision déformée qu'a voulu en donner une partie de la presse, mais sur les faits eux-mêmes. De plus, ce livre ne veut pas être un requiem, ni un enterrement, il veut être un élément d'information et de réflexion pour tous ceux qui sont attachés au respect des libertés. Il veut être un instrument de lutte et, plus particulièrement, de la lutte qui nous préoccupe aujourd'hui : celle menée pour la vie et la liberté de Klaus Croissant.

  • Ce livre réunit en un seul volume deux études parues dans la collection "Cahiers Libres" en 1965 et en 1967. L'auteur est algérienne musulmane ; née dans le Constantinois et élevée dans un milieu oulémiste dont son père, proche ami de Ben Badis, fut un brillant animateur, elle a fait des études supérieures de sciences et enseigne dans un lycée d'Alger. Elle a écrit « La Femme algérienne » alors qu'avec son mari, algérien, elle animait le magazine féminin de la radio d'Alger. Partant du projet de dresser un tableau de la condition féminine réelle en Algérie, au moment même où son "évolution" était à l'ordre du jour, elle devait susciter, à la publication de ce premier livre, des réactions diverses, en Algérie comme à l'étranger : approbations, encouragements, discussions, polémiques et même injures violentes... Le deuxième livre, « Les Algériennes », est né de l'expérience de cette confrontation. Fadéla M'Rabet y analyse à nouveau la nécessité d'une "évolution" de la situation de la femme algérienne : elle examine ce que recouvre cette notion d'évolution, par rapport aux traditions et à la personnalité arabo-islamique, et elle revient avec plus de force encore que dans le premier livre sur la réalité présente et ses conséquences : les mariages forcés, les suicides, les abandons familiaux, à l'heure du planning familial et de l'instauration du nouveau code de la famille.

  • Avocat arabe, citoyen de l'État d'Israël depuis sa création, Sabri Geries étudie dans ce livre écrit avant la guerre de juin 1967 la situation faite aux Arabes en Israël : lois d'exception qui régissent leur existence, vol de leurs terres, mesures arbitraires, insécurité permanente, humiliations voire même assassinats. Pour lui la solution du problème palestinien passe par la restauration de la vie politique du peuple palestinien agissant dans son espace géographique : le Moyen-Orient. La longue introduction d'Eli Lobel est l'oeuvre d'un économiste juif, citoyen de l'État d'Israël, lui aussi. Elle complète le livre de Sabri Geries par l'analyse de l'attitude des dirigeants sionistes envers le peuple palestinien depuis la guerre de juin 1967. Elle lui donne également sa dimension internationale à travers la problématique juive et le jeu de l'impérialisme. Ce livre est l'oeuvre commune d'un juif et d'un arabe qui n'ont pas écrit l'un à côté de l'autre, mais en militants révolutionnaires, parlent d'une même voix : le dialogue israélo-palestinien sera révolutionnaire.

  • Cet ouvrage est d'abord un essai d'analyse historique et théorique des idées et des réalités que recouvre le concept de médecine libérale. Le libre choix du médecin, la liberté de prescription des médicaments, la liberté d'installation sont libertés de quoi ? Libertés pour qui ? Et d'abord, sont-elles indépendantes des revenus des médecins ? Quel est le niveau de ces revenus ? Faut-il supprimer le Conseil de l'Ordre dont le rôle est important dans le maintien de l'idéologie qui masque les réalités économiques ? En quoi les médecins sont-ils concernés par la lutte de classes ? Ce livre n'est pas un « programme santé » ni un projet pour des « études médicales ». Mais il sera utile à tous ceux qui se préoccupent et de programme et d'études : militants syndicaux, politiques, étudiants. Car le sujet dont il traite ne concerne pas seulement les travailleurs sanitaires mais l'ensemble des travailleurs. La rigueur et la précision des analyses font de La médecine en question un instrument de combat. Les carences actuelles et les contradictions entre une véritable organisation de la protection de la santé et la société capitaliste attestent de l'actualité des réponses fournies par Guy Carreau.

  • Dans ce livre, Woungly-Massaga étudie les problèmes d'une révolution africaine, de la libération à l'édification nationale dans une perspective socialiste véritable. Membre du Comité révolutionnaire de l'U.P.C. (Union des populations du Cameroun), il doit à une longue collaboration avec les militants et les hommes politiques progressistes congolais une connaissance approfondie des problèmes du Congo. Cette position même de l'auteur n'est pas étrangère à l'originalité de son livre qui gagne en objectivité dans un contexte où, comme partout en Afrique Noire, les considérations tribales et régionales sont loin d'avoir perdu leurs droits. Massaga situe en effet dans une vision panafricaine des problèmes jusqu'alors abordés dans une optique nationaliste. Même ses jugements politiques les plus tranchants, notamment au sujet de la dictature militaire du commandant Ngouabi, dont le parallélisme avec le régime de l'abbé Youlou est particulièrement frappant, ne se départissent pas du souci d'offrir, aux militants congolais et africains en lutte un outil de travail objectif et sérieux. « La révolution au Congo » retrace l'histoire de l'ancien Royaume du Kongo (XIVe - XVIIIe siècles) à la dictature de Youlou qui a inspiré la décennie révolutionnaire (et l'éclaire), puis il étudie les problèmes politiques fondamentaux actuels. Ce livre répondra largement aux besoins des militants africains et de tous ceux qui s'interrogent de près ou de loin sur l'avenir politique africain.

  • Ce livre est le résultat d'une enquête effectuée en octobre-novembre 1967 dans les villages de plusieurs provinces du Delta du Fleuve Rouge (ex-Tonkin), région la plus peuplée de la R.D.V. Précédée d'une étude historique qui rappelle les données sociales spécifiques du Vietnam, cette enquête sociologique et économique constitue le document le plus complet sur le peuple vietnamien à l'heure de l'escalade. Elle ne s'y limite pas et c'est, de l'intérieur, depuis la période coloniale, à travers la Première résistance, la Réforme agraire, les réalisations de l'Indépendance, la collectivisation et l'escalade, l'histoire de la R.D.V., telle que l'ont vécue les paysans vietnamiens et les cadres du Parti et de l'État en contact avec la base.

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