Littérature générale

  • H. Leivick décide à 71 ans de revenir sur les années de cachot qu'il a connues à 18 ans.Dans une première partie, H. Leivick se souvient des six années passées dans un cachot obscur, de ses camarades de détention, révolutionnaires, juifs et non juifs. Il se souvient également des prisonniers de droit commun, dont certains avaient assassiné des Juifs. Des flash-back sur son enfance, son éducation traditionnelle puis son engagement politique parsèment le récit, alimentés par des dialogues intérieurs émouvants avec son père.Dans la deuxième partie, H. Leivick raconte le voyage à pied, puis en bateau-prison vers la Sibérie, traversé par une galerie de portraits et de réflexions sur l'existence et la résistance à l'oppression.

    Né en Biélorussie, H. Leivik (1888-1962) reçut une éducation juive traditionnelle et s'engagea très jeune dans le mouvement révolutionnaire. À 17 ans, il prit part à la révolution avortée de 1905 contre le pouvoir tsariste. Il purgea six ans de cachot et fut envoyé en 1912 en Sibérie. Il parvint à s'échapper et gagna New York en 1913 où il vécut le reste de sa vie.Grande figure morale, il est connu en tant que poète, dramaturge et essayiste. Dans les bagnes du tsar est son seul récit.

  • Nancy, la thérapeute désormais seule ; Larry, la rencontre d'un soir ; Daffy, la petite fille malheureuse depuis que son papa a quitté la maison et a refait sa vie en Israël ; Ruth, la femme devenue veuve qui s'interroge sur ces années passées avec un Israélien trop robuste ; Tom, le petit garçon pas comme les autres que sa maman cherche à protéger envers et contre son mari, envers et contre les institutions. Qu'ont tous ces personnages en commun ?Avec la délicatesse de sa langue, l'auteur va révéler les liens noués entre eux autour d'une forêt américaine, modifiés par l'Histoire ou par les histoires personnelles, par un besoin d'évasion ou par la nécessité de l'exil, par la question du retour au pays natal.Après Comme deux soeurs (2016), Rachel Shalita confirme ses talents de conteuse.

    Rachel Shalita est née en 1949, un an après la création de l'État d'Israël, dans un kibboutz. Elle vit à Tel-Aviv. Spécialiste d'éducation artistique et de communication visuelle, elle a longtemps enseigné à la prestigieuse école des Beaux-Arts Beith Berl.

    Sa première nouvelle, "Un coeur de pierre", a été primée en 2011 par le quotidien israélien Haaretz. Son premier roman, Comme deux soeurs (l'Antilope, 2016 - parue en poche chez Points en juin 2017), a reçu le prix de la Wizo 2016.

  • Alors qu'il vogue vers l'Amérique en compagnie de Sholem-Aleikhem, le narrateur raconte les malheurs qui sont arrivés à son fils pendant la Première Guerre mondiale à Krushnik, une bourgade de l'est de la Pologne. Alors que l'armée allemande occupe la bourgade jusqu'alors sous domination russe, les autorités allemandes cherchent un autochtone pour faire office de maire. Se doutant que rien de bon ne sortirait de cette distinction, tous les notables, tant polonais que juifs, trouvent un moyen de se défiler ; le sort tombe sur le fils du narrateur.

    Comme souvent chez Sholem-Aleikhem, cette situation tragique provoque des éclats de rire. Au-delà du rire, l'auteur parvient à décrire, dans une verve extraordinaire, les relations entre Juifs et Polonais, Juifs et Russes, Juifs et Allemands.

    Sholem-Aleikhem, né en Ukraine le 2 mars 1859, mort à New York le 13 mai 1916, est l'un des écrivains yiddish les plus populaires. Il fut l'auteur d'une oeuvre prolifique dont Tèvyé le laitier qui a inspiré la comédie musicale Le Violon sur le toit.

  • « Et qu'est-ce que vous faites de tous ces prépuces ? je demande méfiant.- T'inquiète pas, on ne gâche rien, mange ta soupe.Vomir, ce n'est pas beau, donc je me retiens, et lui, il rigole. C'était peut-être une plaisanterie. « Où est-ce qu'on trouve des calamars dans les égouts ? », je me demande en extirpant avec la langue des restes de fibres coincés entre mes dents. J'essaie de sourire, mais mon visage se tord et je sens la salive s'accumuler. »Varsovie, années 2010. Sous une trappe au fond de sa cave, un couple découvre les zombies de Juifs assassinés pendant la Deuxième Guerre mondiale. Des centaines d'ombres en guenilles sortent de sous la terre et réinvestissent leur ville lancée dans la frénésie consumériste.La nuit des Juifs-vivants ose soulever une question refoulée : comment vivre au-dessus des cadavres des trois cent mille Juifs du ghetto de Varsovie exterminés ? Avec ce roman à l'humour féroce, l'auteur se livre au passage à une critique à la tronçonneuse de la société polonaise contemporaine.

  • Londres. Un homme raconte sa relation amoureuse et érotique avec un homme marié.
    Pour retenir son amant, pour s'assurer qu'il reviendra, il lui prépare cookies et gâteaux. Le narrateur n'hésite pas à en donner les recettes afin de renforcer la sensualité de la relation. Sept recettes de petites douceurs parsèment donc le roman. Il s'organise ainsi une narration où se mêlent homo-érotisme et sensualité, les cookies et les gâteaux sortant tout juste du four quand l'amant arrive.

    Entre scènes à l'érotisme cru et recettes de petites douceurs gourmandes, la relation amoureuse évolue dans toutes ses composantes passionnelles.

    Sept petites douceurs est une ode à l'amour, à l'harmonie des corps, à la relation de l'homme avec la beauté et l'art, et aussi à l'exil.

    Shaun Levin est né en 1963, en Afrique du Sud où il a passé son enfance. En 1978, il a suivi ses parents en Israël. En 1995, il s'est installé à Londres. Il vit à présent entre Londres et Madrid.
    Dans son oeuvre, il aborde les thèmes de l'immigration, des expériences traumatiques ainsi que la question de l'identité, en particulier à travers la sexualité.
    Paru en français
    Un voyage à Arras : vie et mort d'Isaac Rosenberg (Christophe Lucquin, 2014)
    Le garçon en polaroïds (Signes et balises, 2018)

  • "Ils avaient déjà pris place pour le Seder de la Pâque quand on sonna à la porte. Qui pouvait bien actionner la sonnette et violer les lois de ce jour de fête ? À cette heure-ci, certainement pas le facteur, et il était trop tard pour un vendeur d'encyclopédies. Cela n'étonna personne qu'Elisha se lève pour aller ouvrir la porte. Qui d'autre osait introduire dans son foyer sa vie extérieure, en cette soirée de Pessah ?
    « Katrina ! »
    Comme il le craignait, sa vie extérieure se tenait devant lui."

    Fils d'un prestigieux rabbi hassidique de New York, Elisha est attiré par le savoir universel. Il s'inscrit à l'université où il fait la connaissance de Katrina, une étudiante non juive. Bientôt amoureux de la jeune fille, il est en proie à un terrible dilemme : poursuivre le message porté par la mystique et la philosophie hassidique, ou bien suivre la voie de l'université et faire sa vie avec Katrina.
    À travers l'histoire d'Elisha, le roman fait découvrir une autre vision du milieu juif ultra-orthodoxe, contraignant dans sa pratique, magique dans son message.

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