Sciences humaines & sociales

  • Le millésime de 1989, l'un des plus riches en événements de l'après-guerre, restera celui de la chute du mur de Berlin et des bouleversements à l'Est. Malgré l'écrasement du « printemps de Pékin », la démocratie semble, à nouveau, progresser dans le monde en cette année du Bicentenaire de la Révolution française qui, ailleurs, est aussi celle de la mort de Khomeiny, du séisme à San Francisco et, en France, de « la polémique sur le foulard islamique ».
    Cet ouvrage, comme ceux consacrés à 1986, 1987, et 1988, rassemble les chronologies mensuelles qui paraissent dans « Le Monde » au cours de l'année, enrichies d'un index détaillé. Un ouvrage de référence. Un instrument de travail commode. Le rappel indispensable d'un passé encore présent.

  • Si, avec le temps, d'aucuns distinguent - dans l'histoire - des mouvements profonds, les contemporains ne perçoivent que des sauts de puce.
    En 1996, une paix précaire s'est instaurée en Bosnie, mais l'heure de la démocratie n'a encore sonné ni en Serbie, ni en Croatie. Les élections présidentielles ont permis, à la Roumanie, de tourner la dernière page du communisme, mais la Tchétchénie est toujours en guerre, même larvée. L'Union européenne annonce, pour bientôt, la monnaie unique, mais de plus en plus nombreux sont ceux qui s'interrogent sur le coût social de la politique des devises fortes.
    Des permanences, en revanche, il semble bien que les contemporains en voient quelques-unes : un message universaliste des États-Unis, qui conjugue ouvertement démocratie et intérêts nationaux étroits ; une Asie où la Chine entend redevenir la puissance dominante et soucieuse, à Hong Kong notamment, d'écraser toute velléité de pluralisme ; un Proche-Orient, où la paix ne cesse de buter sur des politiques inspirées par des orthodoxies.
    Mais l'an 1996 aura, hélas, une fois encore prouvé que si tous les continents, dans la société des nations, sont égaux, il en est qui le sont moins que d'autres : l'Afrique, notamment, où des millions de réfugiés ont été laissés dans la plus totale déréliction, et qui a vu les puissances nanties chipoter sur l'organisation d'une intervention militaire internationale à but humanitaire puis, finalement, tout annuler à quelques semaines des fêtes de fin d'année. Preuve, s'il en est, que vivent toujours des damnés de la terre.
    Depuis 1986, les chronologies établies par le service documentation du Monde, sont rassemblées chaque année en un volume. Enrichies d'un index détaillé, elles sont devenues un outil indispensable pour tous ceux qui, par curiosité ou nécessité étudiante ou professionnelle, souhaitent se remémorer les détails de l'histoire en train de se faire.

  • Voitures piégées, enlèvements, tortures et disparitions, bombardements aveugles de quartiers civils, déplacements forcés de population : la guerre qui a frappé le Liban depuis 1975 semble nous avoir habitués aux massacres et lassé nos bonnes volontés au point qu'on juge comme un moindre mal l'occupation du pays par la Syrie. Comme si la violence libanaise était le produit mystérieux d'une barbarie dont nul n'est responsable, ni les grandes puissances, ni Israël et les pays arabes, ni les chefs de guerre libanais ; à moins qu'on ne l'explique par la dichotomie simpliste qui opposerait « chrétiens » et « musulmans ». Prenant clairement le contre-pied de ces approches unilatérales et partisanes, cet ouvrage est le premier qui offre une information complète sur les données historiques et sociologiques de la question libanaise, dans leurs aspects locaux, régionaux et internationaux sur plus d'un siècle. L'auteur brosse ainsi le tableau des problèmes complexes posés par la fin de l'Empire ottoman et la lutte qui s'ensuivit pour le contrôle de cette région stratégique. Il met à jour les ressorts du jeu subtil mené aujourd'hui par les grandes puissances et les différentes forces régionales, en particulier celles de l'exclusivisme et du fondamentalisme religieux, d'Israël à la monarchie saoudienne et à la révolution iranienne. Georges Corm se livre également à une analyse très fine du comportement des communautés, des conflits qui les traversent et les opposent, dans ce qu'il appelle la « culture de la discorde ». Il permet enfin de comprendre pourquoi le Liban est toujours d'actualité.

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