Gallimard

  • Le populisme au secours de la démocratie ? Nouv.

    D'où vient la crise qui paralyse lentement mais sûrement les démocraties et qui provoque en retour les sursauts populistes ? Sur la base d'études approfondies de l'opinion, Chloé Morin dégage les principaux facteurs qui ont créé cette situation. Les règles du jeu politique ont changé sans que son personnel s'en soit avisé. La défiance des citoyens envers les pouvoirs s'est installée sans que ses sources soient véritablement saisies et combattues.
    Le « séparatisme » fait des ravages, mais il n'est pas seulement là où l'on croit. Il est aussi le séparatisme des élites par rapport aux peuples, ou encore le fait des tribus dont le numérique encourage la fermeture sur elles-mêmes.
    Tels sont les vrais périls qu'affronte aujourd'hui la démocratie et qui soulèvent les passions populistes. Au lieu de dénoncer celles-ci comme une menace, soutient Chloé Morin, il faut savoir y lire un rappel de nos régimes à leur inspiration d'origine.
    Tels sont les vrais périls qu'affronte aujourd'hui la démocratie et qui soulèvent les passions populistes. Au lieu de dénoncer celles-ci comme une menace, soutient Chloé Morin, il faut savoir y lire un rappel de nos régimes à leur inspiration d'origine.

  • C'est de l'intérieur que François Cornut-Gentille, député de la Haute-Marne depuis plus de vingt ans, a vécu ce qu'il appelle « la mystérieuse disparition de la force de gouverner ». Il dresse un tableau saisissant de cette impuissance croissante des gouvernements successifs à répondre aux problèmes du pays.
    La raison fondamentale en est l'impossibilité de s'appuyer sur des diagnostics pertinents et approfondis, montre-t-il. Qu'il s'agisse de l'état réel du système éducatif ou du système sanitaire, de la situation des prisons, des réalités de l'immigration, l'État est aveugle. Il multiplie les gesticulations sous forme de lois d'annonce sans prise sur les questions qu'il prétend traiter.
    La conclusion s'impose : l'organisation institutionnelle actuelle ne permet pas de sortir de cette impasse. Il faut concevoir de nouvelles institutions pour y remédier. François Cornut-Gentille propose dans cet esprit l'établissement d'une assemblée qui serait chargée exclusivement de cette fonction de diagnostic, à charge pour le Parlement et l'exécutif de définir et de mettre en oeuvre les solutions.
    À l'heure d'une élection présidentielle qui s'annonce chargée d'incertitudes, cet essai vigoureux constitue une contribution éclairée et constructive au débat public.
    François Cornut-Gentille est l'auteur de

  • Le Débat a 40 ans ! Comme à chacun de ses anniversaires décennaux, en 1990, en 2000, en 2010, la revue propose un numéro spécial consacré au bilan en profondeur du chemin parcouru, que ce soit sur le plan des idées ou sur le plan des transformations du monde et des sociétés.Car ce qui avait motivé la création de la revue en 1980, le sentiment d'un changement d'époque qui nécessitait l'élaboration de nouveaux instruments intellectuels pour l'appréhender, n'a cessé de se confirmer depuis lors. Ces quarante dernières années, on le mesure de mieux en mieux avec le recul, ont même été celles d'un basculement historique d'une ampleur tout à fait exceptionnelle, avec la mondialisation économique et financière pour commencer, mais aussi un renouvellement complet du paysage international, entre la disparition du bloc soviétique et l'ascension de la Chine, le surgissement avec les technologies numériques d'une troisième révolution industrielle ou la mise en place d'une société rebâtie autour de l'individu. Au moment où la crise sanitaire du Covid-19 provoque un nouveau bouleversement d'ampleur mondiale, la nécessité de faire le point s'impose plus que jamais.C'est l'ensemble de ces évolutions et de ces ruptures que ce numéro s'emploie à jauger. Il multiplie pour ce faire des éclairages synthétiques et incisifs dus aux meilleurs connaisseurs, en les accompagnant de retours sur les débats auxquels ces différents événements et phénomènes ont donné lieu. Ainsi fournit-il à la fois une mémoire de ce que fut ce moment d'histoire et une boussole pour s'orienter dans l'actualité.Les auteurs :Pierre Beckouche, Pascal Bruckner, Hélène Carrère d'Encausse, Michel Crépu, Philippe Delmas, Bénédicte Delorme-Montini, Charles-Henri Filippi, Claude Frochaux, Marcel Gauchet, Adrien Goetz, Mara Goyet, Ran Halévi, Nathalie Heinich, Philippe d'Iribarne, Jean-Noël Jeanneney, Philippe Joutard, Jacques Julliard, Ivan Krastev, Zaki Laïdi, Jacques Mistral, Pierre Nora, Pascal Ory, Krzysztof Pomian, Alain Rey, Gabriel Robin, Nicolas Vanbremeersch, Pierre Vermeren, Michel Winock.

  • Retail apocalypse. Cette expression désigne la vague de fermetures d'un grand nombre de magasins aux États-Unis depuis une dizaine d'années. En France, le mouvement n'a pas la même ampleur mais l'essor du e-commerce concurrence les ventes 'physiques' et contribue à faire progresser la vacance commerciale en centre-ville et dans certaines galeries marchandes.
    Pour autant, l'avenir des marchés, des boutiques, des centres commerciaux, des friperies, des brocantes, des grands magasins ou des librairies n'est pas scellé. En dépit de la digitalisation des courses, de la remise en cause de la distribution de masse et de l'apparition de nouvelles normes de consommation, le magasin demeure un lieu d'approvisionnement central.
    Il est également un lieu social et assume d'autres fonctions capables de garantir son existence. À travers une vingtaine de chapitres exposant les résultats d'enquêtes sociologiques, cet ouvrage propose une contribution originale au débat en mettant en évidence les fonctions symboliques et l'utilité sociale du magasin. Que fait-il à l'individu? Que vient y chercher celui-ci que les plateformes ne peuvent lui assurer ?
    Ni complainte du progrès, ni tract poujadiste de défense des petits commerçants, cet ouvrage examine les raisons qui poussent chaque individu à consacrer en moyenne deux heures quarante par semaine aux achats hors de son domicile.

  • L'islam et la démocratie ; une révolution intérieure Nouv.

    Yadh Ben Achour envisage dans ce livre le "défi démocratique" qu'ont aujourd'hui à relever les sociétés musulmanes. Un défi d'autant plus crucial à ses yeux qu'il est un fervent défenseur de l'universalité démocratique. Il se montre très critique à l'égard des faux-semblants de la prétendue 'démocratie islamique' et en appelle contre elle à la longue tradition de l'islam libéral, dont il fait remonter les racines aux penseurs classiques de l'islam, Averroès en tête. L'obstacle principal à la démocratisation dans les sociétés musulmanes actuelles, montre-t-il, est constitué par un phénomène plus social que religieux, "l'orthodoxie de masse". Ce qui ne l'empêche pas de déboucher sur une conclusion optimiste : une révolution intérieure est en cours, par laquelle s'opère une lente appropriation des valeurs démocratiques au sein du peuple des croyants.

  • À la fois fer de lance du progressisme et haut lieu du conservatisme, patrie de #MeToo mais aussi de Donald Trump, les États-Unis n'en finissent pas d'étonner et de surprendre. Tous les quatre ans, l'élection du président focalise l'attention, d'abord sur les personnalités candidates aux primaires, puis sur celles des deux challengers. Leurs noms nous sont familiers, mais nous connaissons souvent moins bien leurs idées et les philosophies qui les portent. Pourtant, elles irriguent nos mentalités et continuent d'exacerber les imaginations au-delà des frontières.
    De la question de l'immigration à celle de l'assurance santé, de la problématique de l'avortement à celle de l'environnement, des tensions interraciales au fléau de la violence, Didier Combeau explore ici les fractures qui parcourent la société américaine et se traduisent par un rejet de plus en plus viscéral de l'adversaire politique. Il donne en termes simples les clefs indispensables à la compréhension du subtil fonctionnement du fédéralisme, de l'équilibre des pouvoirs, et d'un système électoral sujet à polémiques, qui peine à asseoir la légitimité d'un président parfois élu à la minorité des voix.
    L'étude des joutes qui opposent conservateurs et progressistes se prolonge dans une réflexion sur l'identité politique et nationale du premier soft power mondial.

  • L'identité n'est ni une notion molle, signifiant tout et n'importe quoi, ni, à l'opposé, une réalité substantielle qu'il suffirait d'observer. S'appuyant sur la compilation de nombreux travaux produits dans différents domaines (anthropologie, sociologie, psychologie sociale, psychanalyse, histoire), cet ouvrage de synthèse montre qu'il s'agit d'une expérience à la fois importante et dûment structurée, ainsi que d'une notion parfaitement utilisable. Mais il faut pour cela s'abstenir de réduire la question de l'identité à un camp politique, ou à la seule dimension de l'identité nationale, ou encore à une conception essentialiste et unidimensionnelle : ce pour quoi la meilleure façon de comprendre l'identité est d'en passer par ce qu'elle n'est pas. Au terme d'une telle analyse, la notion d'identité apparaît comme non seulement compréhensible mais utile, en tant qu'elle permet de mettre en évidence les conditions d'une cohérence de soi dans les différents régimes d'existence, du plus individuel au plus collectif.

  • Quarante ans révolus après ses débuts, l'expérience libérale engagée dans les années 1980 demeure une énigme. Le débat qui l'entoure, limité à ses partisans et ses détracteurs, méconnaît la genèse et la nature de cette expérience. Ils sont d'accord, en fait, pour y voir un retour aux sources du capitalisme, célébré par les uns et combattu par les autres. Or, c'est au contraire un capitalisme très différent de son modèle originel qui s'est inventé à cette occasion, montre Jean-Luc Gréau.
    Il s'appuie sur une double mainmise des financiers et des juges sur les entreprises et les États, dont les pouvoirs économique, financier et législatif ont été réduits à la portion congrue. Mondialisation et financiarisation vont ainsi de pair. La création de valeur pour l'actionnaire se révèle, à l'usage, comme la raison d'être de la mondialisation.
    Un nouveau système financier a vu le jour dans ce cycle qui justifie de parler d'une révolution bancaire. Elle s'est traduite par la déresponsabilisation des banques commerciales et la privatisation des banques centrales.
    Cet engrenage est une menace fatale tant pour les peuples et les États que pour l'écosystème. Leur sauvegarde réclame un changement de cap radical, plaide Jean-Luc Gréau pour finir. Il en indique les pistes.

  • La crise française (suite) :
    Dominique Labbé - Dominique Andolfatto, Crise des retraites: un contre-modèle social
    Philippe Genestier, Redistribuer avant même de produire? Le mythe d'un gisement inépuisable de richesses
    Sébastien Hua, Le désarroi réprimé des élites

    Robert Holcman, Le paradoxe hospitalier français. Trop d'hôpitaux tuent l'hôpital

    Troubles dans la mondialisation (suite) :
    Richard Labévière, La mondialisation, c'est la mer. La France face à la nouvelle géopolitique des océans
    Pierre Bellanger, Trois empires et un garde-manger
    Todd Gitlin, Le salut par le pécheur. Comprendre la base de Trump

    Apprendre à lire et à écrire aujourd'hui :
    Kyrill Nikitine, Apprendre à écrire à l'âge numérique
    Sarah Goutagny, Ce qu'écrire veut dire. Sur les origines culturelles des inégalités scolaires
    Laurent Ségalant, Petit bilan pour une longue carrière de maître d'école

    La gauche face à l'avenir :
    Benjamin Vendrand-Maillet, La gauche face à la nouvelle génération
    Nicolas Leron, La gauche à l'épreuve de l'Europe. La voie de la double démocratie européenne
    Chloé Ridel, Pour une démocratie de la technique
    David Djaïz, Capitalisme, démocratie, soutenabilité: l'impossible équation?
    Dan Aleph, Savoir, vouloir, pouvoir... dans l'anthropocène
    Alexandre Escudier, Pour un 'républicanisme soutenable'. Sortir du cycle néolibéral
    Sophie Pornschlegel, Les dilemmes de la social-démocratie allemande. Entre néo-conservatisme et rétro-socialisme
    Anna Gromada, Pourquoi la gauche est-elle faible en Pologne?

  • Bienvenue dans le monde de la politique d'identité, qui, d'Amérique jusqu'ici, est en passe de devenir notre horizon commun. Selon la bonne nouvelle identitaire répandue chaque seconde par le brouhaha de la communication et le babil des "réseaux sociaux", nous agissons, vivons et pensons en tant que catégories, au besoin croisées (par exemple homme blanc juif, LGTBQ) et volontiers blessées. Comme le révèle son expérience américaine et préfiguratrice, qui diffuse à partir du foyer des universités, la politique d'identité conforte l'avènement d'un despotisme démocratisé, où le pouvoir autoritaire n'est plus entre les seules mains du tyran, du Parti ou de l'État, mais à la portée d'êtres manufacturés et interconnectés que traversent des types de désirs totalitaires. Cet ordre mondialisé est une dictature moralisatrice qui distribue les prébendes en fonction du même, qui remplace le dialogue par le soliloque plaintif et la vocifération, qui interdit, qui censure l'inattendu - dont les arts - au nom du déjà dit et des comme-nous.
    Malgré son succès grandissant, une telle entreprise peut encore être défaite, à condition, du moins, d'en vouloir comprendre les manifestations contemporaines.

  • États-Unis :
    Adam Tooze, La fin du siècle américain?
    Paul Zajac - Célia Belin, La nouvelle gauche américaine
    Maya Kandel, Le conservatisme national américain. La nouvelle droite américaine et le monde
    Roman Bornstein, Ingérence numérique, mode d'emploi

    Chine :
    Emmanuel Dubois de Prisque, L'indistinction du politique et du religieux en Chine. Un problème contemporain
    Daniel Arlaud, Faut-il avoir peur des nouvelles routes de la soie?
    Dominique de Rambures, Le pivot chinois de Vladimir Poutine

    Georges Le Guelte, Pourquoi moderniser les arsenaux nucléaires?

    Europe :
    Pascal Bruckner, L'Europe mourra de ses vertus
    Thierry Chopin - Yves Bertoncini, Macron l'Européen : de l'Hymne à la joie à l'embarras des choix
    Emmanuel Droit, L'irrésistible ascension de l'AfD. La fin de la 'démocratie heureuse' en Allemagne?

    Bernard Bonnelle, Juger le droit d'asile

    Du 'port-colonial' au 'décolonial' :
    Sylvie Taussig, Descartes dans la pensée décoloniale. Une histoire alternative de la philosophie?
    François Jacquesson, L'Europe d'Edward Said et la passion 'communautaire'
    Catherine Coquery-Vidrovitch, Cheikh Anta Diop et l'histoire africaine

  • L'islam est devenu une religion française. Parce que c'est la première religion pratiquée de France. Parce que les musulmans de France sont français pour les trois quarts d'entre eux. Parce que la France peut être une terre fertile pour le renouveau théologique et intellectuel dont l'islam a tant besoin. La religion musulmane enfin est un problème français parce que c'est au nom d'Allah que le terrorisme frappe la France ou que certains tentent d'imposer une vision du monde alternative au projet républicain.
    Le livre d'Hakim El Karoui explore les pratiques, les croyances et les comportements des musulmans de France, grâce à l'exploitation minutieuse de la grande enquête réalisée en 2016 par l'Institut Montaigne. Il décortique la stratégie de diffusion de l'islamisme et les ressorts de son succès. Il analyse enfin les mécanismes qui conduisent petit à petit intellectuels et commentateurs à tomber dans les pièges des islamistes : réduire l'islam à l'islamisme pour encore et toujours imposer une seule et unique vision de l'islam.
    Il y a pourtant une voie, explorée dans ce livre, qui doit permettre à l'islam de trouver sa place sereinement dans la République grâce à une nouvelle génération qui émerge peu à peu, fruit de l'assimilation à la française, ici réhabilitée. C'est cette nouvelle génération qui doit mener la contre-insurrection culturelle dont l'islam a besoin, en France bien sûr, mais aussi dans le monde musulman.

  • La vulgarité est omniprésente aujourd'hui. Elle s'exprime dans les manières, le langage, l'accoutrement, les arts ; on la rencontre dans la foule comme dans les élites, et jusqu'au sommet de l'État ; elle prolifère dans la publicité, les médias, sur Internet et les réseaux sociaux. Qui plus est, elle s'affiche sans vergogne, elle est assumée, souvent agressive même.
    Cependant, malgré son essor et son aggravation, malgré les désagréments qu'elle engendre, la vulgarité n'a jamais fait l'objet d'un examen systématique. Ce livre entreprend de réparer cet oubli. Pour saisir au mieux son sens, l'ouvrage enquête sur les critiques très vives que la vulgarité suscite depuis deux siècles et les remèdes qui furent mis en oeuvre, en vain, pour la prévenir. Il part à la recherche d'un nouvel antidote en remontant aux sources qui la rendent possible et autorisent, voire encouragent son déploiement.
    La vulgarité est le fruit d'une modernité intempérante et sa propagation reflète les errements de la postmodernité. L'examen des principes fondateurs de l'Occident contemporain met au jour les ressorts profonds du phénomène et suggère la voie à suivre pour nous prémunir contre lui.
    Au-delà de la vulgarité, il s'agit de relever la tête face à la radicalisation de la modernité, qui dévoie le projet d'émancipation qu'elle porte et contrarie l'épanouissement de notre humanité.

  • Ce nouveau livre de Luuk van Middelaar fait suite au Passage à l'Europe publié précédemment dans la "Bibliothèque des Idées" en 2012. Son fil conducteur est la série de crises qui ont secoué la construction européenne depuis la grande crise financière de 2008 : la crise de l'euro, la crise ukrainienne, la crise des réfugiés, la crise du Brexit, et enfin la crise atlantique ouverte par l'élection de Donald Trump en 2016. Autant de chocs qui ont mis à l'épreuve les fondements de l'édifice et qui ont obligé les différents acteurs du processus européen à improviser pour maintenir la cohérence d'une union en proie à de puissantes forces contraires. Cest la leçon de politique incorporée dans ce travail d'équilibriste que Luuk van Middelaar s'efforce de dégager. Une nouvelle Union a pris forme dans les faits. Il faut aujourd'hui en saisir la nature pour assurer son avenir.

  • Notre conjoncture historique ramène au devant de la scène une série de questions sur ce que fut l'expérience politique du XXe siècle. L'anniversaire de la révolution d'octobre 1917 fournit l'occasion naturelle de les examiner. Cet essai s'efforce d'y apporter des réponses précises. Qu'est-ce que le populisme ? Une idéologie de synthèse qui permet à la droite de trouver le chemin des classes populaires en adoptant un style de gauche. Qu'est-ce que la radicalité ? Une mythologie qui rapproche les extrêmes dans un rejet commun de la réforme et du compromis et facilite, le cas échéant, la circulation de l'un à l'autre. Dans certaines conditions de température et de pression politiques, la radicalité de gauche ou la radicalité populiste peuvent accéder au pouvoir. Elles en font alors un usage qui satisfera, en proportions variées, le goût de l'absolu qui anime les radicaux et la servitude volontaire qui anime les populistes. Cela donne ce qui mérite le nom de "catastrophe".

  • Une thèse communément admise voudrait que le développement économique spectaculaire de la Chine et l'expansion d'une classe moyenne qu'il entraîne favorisent tôt ou tard une libéralisation de son régime politique et une évolution plus ou moins douce vers la démocratie. Est-ce si sûr ? Jean-Pierre Cabestan montre la fragilité de cette thèse en regard du fonctionnement réel du système politique chinois et de ses rapports avec la société. Il expose les raisons qui rendent beaucoup plus probable le maintien d'un régime autoritaire et modernisateur dirigé sans partage par le Parti communiste, la principale étant le large consensus des élites autour de ce projet.

  • Le débat

    Collectif

    Bernard Cazeneuve, La grande transformation écologique : un projet républicain

    La République macronienne face à ses défis :
    Nicolas Roussellier - Marcel Gauchet, Macron an II : une année de crises (un échange)
    Henri Weber, Où va la macronie?
    Zaki Laïdi, L'Europe au défi du moment gaullien

    Camille Dejardin, Réforme du bac : destruction créatrice ou chaos annoncé?

    Questions françaises :
    Pierre Avril, De la domination présidentielle sous la Ve République
    Dominique Labbé - Dominique Andolfatto, Un échec français : la démocratie sociale
    Niels Planel, La fracture territoriale

    Maxime De Blasi, Environnement, population, niveau de vie. Le triangle des incompatibilités

    Crise française, crise de l'État :
    Jacques Chevallier, Devenir de l'État : vers la fin de l'exceptionnalité française?
    Nicolas Roussellier, Vers un divorce entre l'État et la démocratie? Les politiques publiques comme problème
    Arnaud Teyssier, Quand l'État n'arbitre plus la guerre civile. Les non-dits et vrais enjeux d'une crise
    Maryvonne de Saint Pulgent, L'État malade de sa complexité
    Noël de Saint Pulgent, L'usager face aux services publics
    Alain Guery, L'État partout et nulle part. Entre crise effective et retrait programmé

    3 Autres éditions :

  • Une nouvelle génération par elle-même :
    Benjamin Vendrand-Maillet, En quête d'avenir
    Lucie Roblot, Vertige de l'amour
    Vincent Dedrie, Les nouveaux hussards
    Charles Murciano - Antoine Armand, 'Nous avons choisi l'État'. Actualité de l'intérêt général
    Marius Amiel, Malaise sur le marché du travail
    Paul Duan - Adrien Aumont, Pourquoi l'entreprise ? (un échange)
    Alexandre Devecchio, Politique : où en sont les nouveaux enfants du siècle?

    Jean-Marie Lacrosse - Frédéric Cohen, Le foot, miroir du politique. Nostalgie ou retour de la volonté collective?

    Migrations : départs et arrivées :
    Stephen Smith, La 'jeune Afrique' : reconnaissance d'un continent
    Achille Mbembe, Purger l'Afrique du désir d'Europe
    Charles Piot, L'aventure ambiguë de la migration
    Didier Leschi, Migrations : France incertaine, Europe éclatée

    La France bousculée par l'islam :
    Jean-Pierre Obin, L'islamisme à l'école
    Fabrice Garniron, Les gauches face au terrorisme djihadiste. Sidération, déni et 'antiracisme différentialiste'.
    Caroline Eliacheff - Thierry Baranger, Les enfants de retour de la zone irako-syrienne. Un défi pour la société

    Avec le recul de l'Histoire :
    Tony Corn, Global Colbert
    Ran Halévi, Tocqueville et l'expérience aristocratique de la liberté

  • Le cycle démocratique, vieux de deux siècles, est-il arrivé à son terme ? On pourrait le penser à en juger par les signes inquiétants que constituent la poussée des populismes, la défiance des citoyens, la montée de l'abstention électorale. Et si la démocratie telle que nous la connaissons se révélait en fin de compte inadaptée aux conditions sociales nouvelles créées par la mondialisation ? Telle est l'interrogation que poursuit Raffaele Simone dans ce livre. La démocratie, explique-t-il, repose sur une série de "fictions" - la liberté, l'égalité, la souveraineté, la majorité - qui vont contre la 'politique naturelle' à base d'inégalité et de rapports de force. Avons-nous encore les moyens de domestiquer ces données ? Ou bien ne sont-elles pas irrésistiblement ramenées par un ensemble de facteurs qui vont des illusions mêmes produites par les fictions démocratiques aux évolutions du capitalisme et au règne des médias ? Vers quel modèle politique ces tendances puissantes nous dirigent-elles ?

  • En dépit de certaines apparences, l'immigration ne constitue pas le principal sujet de cet ouvrage. Ce dont il est essentiellement question, c'est la crise interne à la nation française, une crise tout à la fois politique et morale, une crise de notre projet républicain aussi bien que de notre identité collective.

    La variété de ses symptômes permet d'appréhender cette crise sous de multiples angles, de l'éducation aux institutions en passant par l'économie. Si l'immigration formera ici la pierre angulaire du raisonnement, ce n'est pas pour lui prêter un rôle causal, ni même pour lui donner la primauté parmi les enjeux contemporains, mais parce qu'elle nous tend un formidable miroir. Quand on l'envisage dans toutes ses implications, on voit paraître la France telle qu'elle vit et se pense aujourd'hui : c'est comme une bobine que l'on déroule.

    Il s'agira donc, en dénouant minutieusement ce fil emmêlé, d'exposer les ressorts de nos difficultés présentes afin de cerner les moyens de les surmonter. Nos atouts sont évidents, mais le temps presse.

  • D'ou l'art moderne peut-il tirer cette impunité qui le met 'r l'écart du jugement, le délivre de l'obligation d'etre utile, le soustrait au devoir de rendre des comptes 'r la communauté ? L'artiste serait-il l'homme qui ne répond de rien ? Cette impunité est liée au privilcge accordé depuis un siccle 'r l'avant-garde censée incarner le progrcs et la révolution. L'analyse historique de Jean Clair montre que l'avant-garde s'est non seulement modelée sur les utopies politiques d'extreme droite autant que d'extreme gauche, mais qu'elle en a aussi fourni les principaux articles de foi. Elle a partagé leur violence, leur haine de la culture et, finalement, depuis les années soixante, érigé le dogme anti-humaniste en programme d'action. Au moment ou s'épuise, avec la notion meme d'avant-garde, la créativité qui était supposée lui etre liée, les artistes revendiquent le double avantage d'incarner l'insoumission aux pouvoirs publics tout en se faisant largement subventionner par eux. Cet essai retrace la généalogie d'une perversion. Il s'inscrit dans la discussion, voire la polémique, ouverte depuis quelque temps sur la nature de l'art contemporain et les critcres de son jugement.

  • L'ascension du 9e Art :
    Nathalie Heinich, L'artification de la bande dessinée
    Benoît Mouchart, Le festival d'Angoulême, instrument de légitimation
    Philippe Dagen, Sens dessus dessous. Art contemporain et bande dessinée
    Pascal Ory, Une vie avec la BD (entretien)

    La conquête d'une place :
    Fabrice Piault, Naissance d'un marché
    Antoine Torrens, La bande dessinée en bibliothèque. La constitution d'une géographie inconsciente

    Éléments d'une histoire :
    Thierry Groensteen, 1833-2000 : une brève histoire de la bande dessinée
    Jean-Pierre Mercier, La bande dessinée américaine, entre mass media et contre-culture
    Benoît Mouchart, 2000-2017 : les mutations de la bande dessinée
    Jean-Marie Bouissou, Le manga en douze questions
    Benoît Mouchart - Jacques Tardi, Abattre les jours (entretien)

    L'écriture et l'image :
    Benoît Peeters, Une écriture spécifique
    Tristan Garcia, Enfance de la bande dessinée. L'art des images et des âges
    J. M. G. Le Clézio, Un enthousiasme d'enfance

    La folie Tintin :
    Pierre Assouline, Hergé sacré, sacré Tintin!
    Rémi Brague, Tintin, ce n'est pas rien!
    Jean-Luc Marion, Tintin comme système. Esquisse d'une interprétation
    Hubert Védrine, BD, histoire et géopolitique

    La BD à l'école :
    Cécile Gonçalves, La BD a sauvé mes cours de philo
    Vincent Marie, Fragments d'une guerre dessinée. La BD historique et la Grande Guerre
    Lucie Servin, La mémoire de la Shoah et sa représentation dans la BD
    David Vandermeulen, La BD et la transmission du savoir

  • En janvier 2015, la France fut prise par surprise. Mais elle s'est, aussi, surprise elle-même. Aux deux massacres ont répondu des centaines de "marches républicaines", dont la polémique autour de ceux "qui n'étaient pas Charlie" n'a pas réussi à occulter la profonde signification politique. L'événement est entré dans l'histoire. Il est entré aussi dans la géographie, sous le regard de l'étranger, lui-même témoin, acteur ou victime du drame. Drame, au reste, ou tragédie ? Le massacre à Charlie Hebdo a mis face à face deux radicalismes : une extrême gauche vieillissante et un extrémisme religieux pour l'instant en plein essor. Le massacre à l'Hyper Cacher a confirmé la violence d'une haine du Juif cultivée dans certains milieux "issus de l'immigration". On a déjà beaucoup parlé de Janvier 15. Et ce n'est pas près de finir. Ce qu'on essaye ici, c'est d'analyser ce qui s'est passé, ce qui se passe encore et, dans une certaine mesure, ce qui va se passer, au travers d'une douzaine de clés d'interprétation, qui vont de "Sidération" à Soumission, en passant par Liberté d'expression, Laïcité ou Religion (Guerre de). L'Histoire, "avec sa grande hache" (Georges Perec), a fait son travail. Un historien fait le sien.

  • Pourquoi les espoirs de voir enfin la démocratie s'épanouir dans un pays musulman sont-ils sans cesse déçus? Ce n'est pas qu'y manque le désir d'un pouvoir juste, d'un droit du peuple à la parole et du règne de la loi. Mais c'est la place que la démocratie donne au pluralisme des opinions, au respect des minorités, à la libre critique qui fait question. La crainte de la division, le désir d'obtenir une unité qui sans cesse se dérobe, la fascination pour la certitude, marquent le monde musulman depuis ses origines. Le Coran évoque sans cesse les preuves incontestables qui accompagnent son message, preuves face auxquelles il n'y a rien entre la soumission des croyants et le déni haineux d'infidèles honnis de Dieu. Dans un tel univers mental, comment les doutes, les divisions, les tâtonnements d'une démocratie pluraliste pourraient-ils être les bienvenus?

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