Entreprise, économie & droit

  • Karine Clément, sociologue et enseignante à l'université Paris 8, a longtemps séjourné en Russie où elle a effectué de nombreuses enquêtes dans une douzaine d'entreprises. Elle en a ramené des témoignages qui nuancent à la fois le tableau noir d'un monde en voie de disparition et l'image colorée d'une population qui se « débrouillerait » et regorgerait de ressources et d'inventivité. Elle explore la vie quotidienne des ouvriers russes et scrute leur subjectivité en leur cédant la parole. Elle nous montre comment ils parviennent, malgré les contraintes qui pèsent sur eux, malgré le poids des rapports de domination, à se forger des espaces d'autonomie individuelle ou collective. Artisans de la chute de l'Ancien Régime, les prolétaires russes ont été sommés d'être libres, en même temps qu'on les privait des moyens de leur liberté. Et tout en perdant les protections des ouvriers soviétiques, ils ont hérité de leurs chaînes. Une fois de plus, ils ont été floués par l'histoire. Le régime ne s'est libéralisé que pour mieux continuer à les exploiter. La tâche est d'autant plus facile que les nouveaux maîtres du Kremlin manient à leur aise la ficelle historique qui permet de jeter le discrédit sur une classe ouvrière qui passe pour avoir été la « classe dirigeante » de l'État soviétique. Là où l'on ne voit souvent dans la Russie d'aujourd'hui que désordre et instabilité, l'auteure nous propose des logiques explicatives d'ensemble où l'instabilité est au coeur de la logique du système qui s'est mis en place sur les décombres de l'URSS.

  • Souvenons-nous de ces jours d'octobre 1993 où les avions d'Air France ont cessé de voler. Le pays vit alors au rythme du conflit le plus important de l'histoire de la compagnie nationale. La détermination des personnels est telle que, deux jours durant, la France est presque totalement isolée du reste du monde par la voie des airs. Quelques mois plus tard, les personnels, pourtant sortis victorieux de leur bras de fer avec le gouvernement, approuvent par voie de référendum la nouvelle orientation du P.-D.G. de la compagnie. Aujourd'hui, entre fusion et filialisation, Air France navigue dans un ciel qui ne cesse de se déréglementer et annonce son intention de se séparer de 10 000 agents sur les 45 000 que compte la compagnie. Ce livre invite le lecteur à un singulier voyage. Le vol qui vous est proposé éclaire tout à la fois les causes du conflit de 1993, du oui au référendum et du maintien des tensions et des conflits au sein de la compagnie. Il est temps d'attacher vos ceintures. Le décollage approche. Le voyage consiste en une exploration de l'environnement tumultueux dans lequel sont entrés le monde du ciel et les agents qui le peuplent. L'avenir d'Air France, de ses salariés et du service public du transport aérien est en jeu. Au terme de ce vol, pour ceux qui croient encore au ciel, la suite du voyage s'annonce pleine de turbulences !

  • Recueil de textes du journaliste Victor Fay (Le Monde diplomatique et La critique socialiste) qui s'est penché sur la question de l'autogestion, notamment en Yougoslavie après la Seconde Guerre mondiale.

  • Omniprésent dans les procédures de légitimation des hiérarchies sociales et des formes de pouvoir, le travail est l'éternel silencieux, hormis dans des situations de crise. Les auteurs tentent une synthèse des divers aspects du rapport au travail à la lumière des travaux de recherche récents dans le domaine.

  • L'ambition du mouvement AC est de déboucher sur une mobilisation sociale contre le chômage. Mais, pour agir ensemble, il faut débattre et clarifier les enjeux de la lutte contre le chômage. Ce livre, écrit par des syndicalistes, des économistes et des sociologues, voudrait y contribuer. Combien y a-t-il de chômeurs ? Quel est le coût du chômage pour la société ? Comment se répartissent les richesses dans notre pays ? Trois documents font le point sur ces questions. Le débat s'ouvre ensuite autour de quatre grands thèmes : réduction de la durée du travail, contrainte extérieure, intensité du travail, citoyenneté sociale. Un texte lance le débat, et il est suivi de réactions et de contributions.

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