Langue française

  • « Bal-Trappe », récit de l'équipée du docteur Destouches, irascible prédicateur, de Mme Kérouér, veuve affolante, de Lola, ange à l'enfant, et d'Antoine, chauffeur malgré lui. Nos fantasmatiques personnages poursuivront, trois jours durant, de Bezons à La Rochelle, une Armée française qui ne se laissera pas rattraper.

  • Tout s'explique, il ne s'explique rien. Simplement, la main qui écrit mesure chaque pas qui le rapproche d'une femme. La voici qui vient, ruisselante de vinyle, mais n'empruntant au sexe que sa parure, sa lenteur. L'épaisseur du cil, le port des sandales hautes, vernies, assorties aux lèvres, sont les signes multipliés d'un événement qui peut se passer d'eux. La femme seule est l'événement de l'amour. Précédant le corps, le cliquetis des talons fait monter le coeur. Elle pousse la porte, tourne la clef. Maison close, yeux ouverts. La robe s'ouvre, cédant au coeur sa faim : le projet de l'ombre... P.N.

  • Le désespoir, oui, peut-être, mais un désespoir qui sifflote, les mains dans les poches, en marchant au bord des précipices. Il reste toujours la vie, celle qui même nue, mérite d'être vécue.

  • Auteur de l'ïle Maurice, L. Masson, 1915-1968, employait le verbe avec fluidité et poésie. Il aimait sa patrie spirituelle mais se sentait plus proche de la France.

  • Je sais rouiller, écrivait en 1982 Michel Conte. Mort à vingt-quatre ans (1960 - 1984), il a laissé entendre dans ses textes et poèmes un émerveillement triste sans égal et une volonté impérieuse de rénovation de l'acte poétique. Si la revue Delta, station blanche de la nuit put en son temps révéler une partie de cet accomplissement, Michel Conte ne publia de son vivant qu'une mince plaquette, Les Effets immédiats de la rouille (1984), à compte d'auteur. Cette rouille est devenue pour nous une patine. Patrice Beray et Jean Dutrait

  • Le pays jonglé est ce territoire de Midi-Pyrénées arpenté en nomade dont je cherche à aménager les traces d'un vivre poétique. Que cette recherche soit menée seul ou en partage avec d'autres importe peu. De même la forme qu'elle revêt : chant, film, récits, histoires chantées, ateliers d'écriture. Le terme générique du Pays Jonglé rend cohérents ces creusements multiples. Un flux d'écritures décloisonnées, en retard sur l'air du temps, décalées mais allant enfin à leur rythme ; où le désir les mène.

  • Au commencement le mot, le verbe, la seule arme qui ne désigne pas le pouvoir au bout du canon, la seule qui vaille qu'on vive : Gatti, poète. Pour le fils de l'immigré le langage est d'abord un combat. Et pas seulement avec l'ange. Quand les manuels des temps futurs retiendront que la langue de Gatti est l'une des plus belles de ce qui s'appellera alors la littérature française contemporaine, ce ne sera que triste justice. Mais comment dire ce qu'est la recherche du mot juste ? Le combat pour le mot juste, le mot du combat des justes. Le mot juste, c'est-à-dire le mot unique, au moment juste, comme celui qu'échangent les condamnés à mort dans une cellule de la prison de Tulle alors que tout va être dit : « Le matin s'est levé sur ce moment juste, racontera Gatti bien plus tard... Peut-être allions-nous mourir dans quelques heures. Mais si l'aventure devait s'arrêter là, ma vie était remplie. J'avais fait les rencontres essentielles. J'avais vécu ce qu'il y avait de vraiment important dans la vie. Plus tard je me suis aperçu que la vie était faite de ce type de rencontre. Le reste ce n'est que du temps qui s'écoule ». Gatti ou la quête de la parole errante. Ni un voyage, ni un itinéraire, ou alors celui du Grand Tchou ou de l'homme seul, sans fin ni terme, tout juste des étapes. Là où l'homme est plus grand que l'homme, où il prend enfin la mesure de sa démesure. Voici Dante Gatti, fils d'Auguste et de Lætitia, marchant à la poursuite de ses mots « comme si marcher était le but à atteindre ». Marc Kravetz

  • Des poèmes rythmés par des correspondances avec Maurice Henri, René Daumal, Artür Harfaux, Roger Vailland, Roger Gilbert-Lecomte.

  • Parti du journalisme, du grand reportage, de cette écriture de la vraisemblance des scènes d'histoire, Armand Gatti bouleversera le paysage dramaturgique du théâtre contemporain. La représentation théâtrale commence là où la question de qui suis-je et à qui je m'adresse abîme le miroir. Le colloque international organisé à l'Université Paris VIII en apporte la preuve. Il réunit autour d'Armand Gatti des amis de toutes nationalités : écrivains, philosophes, dramaturges, journalistes, comédiens, metteurs en scène, universitaires. Les conférences qui témoignent de l'homme et de son oeuvre permettent de saisir la fécondité et l'immense champ poétique, politique et esthétique qu'ouvrent trente ans de dialogue du théâtre d'Armand Gatti avec son siècle.

  • Les beaux enfants qui naissent dans ta bouche, - paroles de l'amour - sous l'arc de tes sourcils, - paroles du regard - ce sont les actes, corps et âme, du don de vivre et de créer qui sont en toi pour toujours depuis que le soleil de Mazamet t'a mise au monde... Jean Tardieu

  • Une habilitation du fétichiste - qu'on ne confondra pas avec un procès de béatification ni quelque démarche idéologique pour relever de déchéance un ressortissant dont la cité s'est toujours efforcée de ne presque rien savoir ; il s'agit d'évoquer pour quelques lecteurs rares ce qui pourrait être son statut et de suggérer qu'il partage de bien troublantes connivences avec celui que hante l'écriture. Jusqu'à proposer que l'écrivain ne serait qu'un fétichiste dévoyé. D.A.

  • Ce livre est étonnant. Une écriture verte et mûre qui ne tremble jamais. Qui grelotte pourtant du froid funeste que dégage la mort précoce. Une écriture qui bout de violence étouffée. Ce livre vit comme un ventre. Il saigne, pleure, exhibe des spasmes et des apaisements. Deux filles, femmes, enfants, s'y enfoncent, soudées, souillées, vierges initiées aux douleurs des peaux, aux plaisirs des fantômes d'hommes qui échouent en elles. Amitié d'un vibrant partage. Fêlure. Haine pétrifiée... Une femme meurt, l'autre continue. S'envole. C'est faible à dire, tout à fait dérisoire : ce texte est ce que je connais de plus éloigné de l'eau de rose... Ce premier roman de Christine François est une sorte de promesse inquiétante. Une fascinante plage ouverte sur le désert. Un roman cri, un fabuleux blasphème pour dieux inexistants. Il se lit comme un juron.

  • "L'enfant des principes ne ment jamais aux ours." Ce recueil de poésie de Pierre Peuchmaurd, illustré par Robert Lagarde, a été publié en 1994 par L'éther vague

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