FeniXX réédition numérique (Verdier)

  • Ce livre d'Armand Gatti n'est pas un récit, ce livre n'est pas un essai, pas même un poème ; ce livre, issu d'un manuscrit sans cesse réécrit par son auteur, est une mise en mouvement : "C'est un livre qui en toutes ses pages est un livre en train de s'écrire. Le temps de l'écriture et celui de la lecture ne font qu'un. Ouvrir ce livre, c'est accéder directement au temps de l'écriture. Non pas livre-objet. Non pas livre-oeuvre. Nous lisons ce qui est en train de s'écrire. Devant nos yeux. Et même si, d'un coup, nous sautons cinq cents pages, ce sera pour nous retrouver, encore, dans le présent de l'écriture." Extrait de la préface de Michel Séonnet

  • Résistant ; arrêté ; condamné à mort puis gracié ; puis déporté dans un camp au bord de la Baltique ; puis évadé ; puis engagé dans les parachutistes britanniques pour ce qui sera, en Hollande, parmi les plus durs combats de la Libération ; à la fin de la guerre Gatti se lance dans le journalisme. Le jour, il court les salles des tribunaux. Fait enquête sur enquête. Mais la nuit, il redescend dans le camp. Il écrit Bas-relief pour un décapité. Une oeuvre (roman ? poème ?) dont il ne reste que quelques pages. Pour tenter de conjurer les démons du camp. En vain. L'enfant-rat porte l'empreinte vive de cet échec comme de l'impossibilité de faire taire la voix qui, obstinément, convoque l'ancien concentrationnaire sur la place des appels du camp. Sur cette place des appels, il n'y a plus d'hommes. Que des chiffres. Des matricules. Dans « L'enfant-rat » aussi. Chaque personnage est un chiffre. Mais c'est pour tenter d'inverser les signes de la défaite. Ce qui dans le camp niait chaque existence devient dans la pièce possibilité d'existences multiples.

  • Quels liens unissent les personnages de ces récits ? Dans l'espace d'une Amérique désuète, ils vivent des aventures ordinaires. Ces diverses péripéties désignent un moment de l'existence et interrogent avec la même obstination un destin qui semble se dérober.

  • Dans Problèmes de la poétique de Dostoïevski Bakhtine fait apparaître le roman dostoïevskien comme espace polyphonique où des voix porteuses de sens et d'existence s'affrontent et se composent. Il le fait ainsi apparaître, dans sa structure formelle même, comme espace de, l'interhurmain (Buber) et l'offre dès lors à une interprétation philosophique nouvelle. Mais c'est la pensée d'Emmanuel Lévinas qui est requise pour que l'on comprenne la manière dont l'interhumain se structure chez Dostoïevski : il s'y joue comme rapport à l'autre homme, qui, « plus près de Dieu que moi » (E.L.), me commande et m'oblige, qui, Très-Faible et Très-Haut, m'est à la fois le Désirable et l'Indésirable. Il s'y noue finalement autour de l'épreuve ultime du meurtre, j Meurtre au bout duquel cependant s'éclaire le visage d'une Sonia, s'éclaire le Visage humain où est inscrite l'interdiction du meurtre. Le roman déploie ainsi l'interhumain comme espace où, dans le risque de l'excès du mal, un Bien passe énigmatiquement. Il déploie littérairement la Question de l'Autre.

  • Mémoires de 68 constitue le premier guide recensant l'ensemble des fonds disponibles déposés dans les lieux publics ou privés, relatifs à cette décennie intense, allant de 1965 à 1975, c'est-à-dire depuis la fin de la lutte contre la guerre d'Algérie jusqu'au moment de la retombée des mouvements « gauchistes ». Cet ouvrage est le fruit d'une collaboration entre la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BDIC) et de l'association « Mémoires de 68 ». On y trouve les sources documentaires existantes, en France et dans quelques pays étrangers, sur cette histoire plurielle : mouvements de contestation et de libération à visée révolutionnaire ou encore expériences communautaires rassemblant ouvriers, étudiants et paysans, hommes et femmes, Français et immigrés, maoïstes, trotskistes, anarchistes et situationnistes... Loin de toute commémoration nostalgique, ce livre se veut support pour la mémoire et pour la recherche. D'utilisation aisée grâce à deux index, cet ouvrage comprend trois parties : description des sources écrites (classées par régions, départements, pays, lieux d'archivage), inventaire des sources iconographiques et audiovisuelles, recensement des travaux inédits.

  • Au début des années quatre-vingt, Armand Gatti a déjà écrit quarante pièces de théâtre, il a réalisé six films, il a connu la plupart des pays du monde, des guerres, des maquis... Tout porte à penser - et d'ailleurs la demande lui est clairement exprimée - que le temps est venu de prendre du recul, de faire oeuvre autobiographique. Gatti ne dit pas non. Le poème est la forme la plus apte à répondre à l'énigme du « je ». Mais la part en trop, toujours, vient dérégler les perspectives, multiplie les possibles, impose l'image - d'où le scénario. Enfin, la forme théâtrale s'avère nécessaire. Trois genres donc, pour un même texte qui constitue, tant par la manière que par le contenu, un véritable portrait de l'homme et de l'écrivain.

  • Une poésie de Bruges où le je lance vers le il ses passerelles d'ombres...

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Depuis le début de ce siècle circule à Cavanac, près de Carcassonne, un manuscrit anonyme qui relate en détail une biographie, celle de Pierre Sourgnes, dit l'Antougnou. Le « roman » nous apprend qu'à la suite du différend qui l'opposa à sa mère à propos d'une passion amoureuse, le jeune homme, dans l'été de 1837, prit le maquis ; sa carrière de brigand, riche en coups d'éclat s'acheva tragiquement quatre ans plus tard... Dans la multitude des récits que suscita la brièveté intense de cette vie, Dominique Blanc et Daniel Fabre ont isolé les trois canevas qui donnent à ce destin un sens tout différent. La « vérité » de l'Antougnou n'est que le système complet de ces variantes : il est tour à tour criminel monstrueux, bandit d'honneur et passionné révolté contre l'ordre du village, selon la position que chaque narrateur, chaque groupe social lui assigne. Depuis une vingtaine d'années, ethnologues et historiens débattent du bandit, opposant la réalité de ses méfaits aux prestiges illusoires de sa légende ou remplaçant la singularité insaisissable du brigand par l'anonymat du brigandage. Le cas de l'Antougnou invite à déplacer la perspective. La biographie du brigand est bien le lieu où s'affrontent toujours des fictions contradictoires mais elle offre aussi, depuis le XVIIIe siècle, l'occasion de fonder, sur l'écrit et l'image, un héros singulier autour duquel se cristallise toute l'histoire autochtone.

  • Auschwitz n'est pas « seulement » la défaite de l'homme de ce temps, c'est la défaite de la possibilité même de l'homme. Un retour au tohu-bohu initial. À l'avant de tout langage. Et donc à sa mise en question radicale : échouée à ce point-là l'humanité n'a-t-elle pas perdu toutes ses possibilités de dire ? Si Auschwitz reconduit à l'avant-Verbe - à l'incapacité de nommer -, qui (quoi) peut désormais assurer de la possibilité du Verbe ? L'obstination à vouloir malgré tout « entrer dans le silence des 1 059 jours d'Auschwitz » va conduire Gatti - le contraindre - à instituer les Alphabets comme seuls personnages possibles de ce drame parce que cette abstraction est le seul moyen de donner une expression réaliste de ce que fut Auschwitz, de ce qu'il est. Si l'Innommable est la question d'Auschwitz - son drame de fumées et de cendres -, seuls les Alphabets sont à même d'en débattre - et peut-être de lui trouver une issue.

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