FeniXX réédition numérique (Saint-Germain-des-Prés)

  • Auteur d'une douzaine de pièces de théâtre et de dramatiques, Gabriel Cousin est joué, traduit, étudié un peu partout. Plusieurs thèses de Doctorat ont été soutenues sur son travail (Washington, Londres, Prague). Mais le succès de cette oeuvre dramatique ne doit pas nous faire oublier Gabriel Cousin poète. Ouvrier métallurgiste dès l'âge de 13 ans, athlète, professeur d'éducation physique et sportive, conseiller technique et pédagogique pour l'art dramatique, auteur d'un processus pédagogique d'éveil à la créativité, animateur pour l'expression et la communication, il vit maintenant sur une colline du Lauragais. Cousin a su écrire des poèmes engagés du côté de la fraternité. En 1958, son recueil "L'ordinaire amour" prouvait qu'il était possible - en même temps que les grands thèmes - de nommer les choses simples de la vie, sans banalité. Georges Mounin put alors parler de « cette tranquillité dans les grands sujets, chez un de nos meilleurs poètes contemporains », Adamov saluer « quelque chose de neuf, de vaste et de sûr ». Au milieu du fleuve est la suite et l'accomplissement de "L'ordinaire amour". « Je lirai désormais tout ce que je verrai de ce poète ! » lançait Supervielle. Et Claude Roy écrit que « Cousin démontre qu'il y a aussi des sentiments, des émotions modernes qui attendaient que la poésie s'en empare et que le poète les dise. » Et Jean-Claude Brisville « qu'il transmue en or la plus humble réalité ». Aujourd'hui, Pierre Emmanuel commence sa lettre-préface d'Au milieu du fleuve par ces mots : "Vous avez toujours été, vous êtes de plus en plus un poète de l'amour."

  • Tout poème, chez Alain Borne, est l'équivalent d'un supplice déjoué. La vie devait lui infliger une souriante horreur, mais il le cachait. Il s'élevait au-dessus de ses pièges et c'était un enchantement de blanc et de froid qui, parfois, nous valut aussi des proses marquées de douleur et d'ineffable. Celui à qui Alain Borne s'adressait en écrivant, n'était pas celui à qui il parlait dans la vie. Il y avait dédoublement, mais la coupure était faite. Il restait là, stoïque dans le spectacle qui nous dévalue, feignant encore d'entrer dans le jeu quand le jeu se retirait de lui. Jusqu'au jour de la débandade. Tout d'un coup, Borne refusa nos présences. Sa chambre en apprivoisait d'autres. Inconsolé de ce que rien ne ressemblait à son rêve, il n'acceptait pas non plus de devenir l'épouvantail que font de nous l'alcool et l'âge. Un monde de poussière recouvrit Borne qui n'était plus fait pour le nôtre. A-t-il su qu'il quitterait les hommes à l'aube d'un pullulement et d'une robotisation grotesques ? Il avait dit : « Pour mon portrait de mort, ma pose est déjà prise ». Déjà il avait rejoint son pays d'exil, nous laissant le soin de pousser inutilement le rocher.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Auteur d'une douzaine de pièces de théâtre et de dramatiques, Gabriel Cousin est joué, traduit, étudié un peu partout. Plusieurs thèses de Doctorat ont été soutenues sur son travail (Washington, Londres, Prague). Mais le succès de cette oeuvre dramatique ne doit pas nous faire oublier Gabriel Cousin poète. Ouvrier métallurgiste dès l'âge de 13 ans, athlète, professeur d'éducation physique et sportive, conseiller technique et pédagogique pour l'art dramatique, auteur d'un processus pédagogique d'éveil à la créativité, animateur pour l'expression et la communication, il vit maintenant sur une colline du Lauragais. Cousin a su écrire des poèmes engagés du côté de la fraternité. En 1958, son recueil "L'ordinaire amour" prouvait qu'il était possible - en même temps que les grands thèmes - de nommer les choses simples de la vie, sans banalité. Georges Mounin put alors parler de « cette tranquillité dans les grands sujets, chez un de nos meilleurs poètes contemporains », Adamov saluer « quelque chose de neuf, de vaste et de sûr ». Au milieu du fleuve est la suite et l'accomplissement de "L'ordinaire amour". « Je lirai désormais tout ce que je verrai de ce poète ! » lançait Supervielle. Et Claude Roy écrit que « Cousin démontre qu'il y a aussi des sentiments, des émotions modernes qui attendaient que la poésie s'en empare et que le poète les dise. » Et Jean-Claude Brisville « qu'il transmue en or la plus humble réalité ». Aujourd'hui, Pierre Emmanuel commence sa lettre-préface d'Au milieu du fleuve par ces mots : "Vous avez toujours été, vous êtes de plus en plus un poète de l'amour."

  • Tout poème, chez Alain Borne, est l'équivalent d'un supplice déjoué. La vie devait lui infliger une souriante horreur, mais il le cachait. Il s'élevait au-dessus de ses pièges et c'était un enchantement de blanc et de froid qui, parfois, nous valut aussi des proses marquées de douleur et d'ineffable. Celui à qui Alain Borne s'adressait en écrivant, n'était pas celui à qui il parlait dans la vie. Il y avait dédoublement, mais la coupure était faite. Il restait là, stoïque dans le spectacle qui nous dévalue, feignant encore d'entrer dans le jeu quand le jeu se retirait de lui. Jusqu'au jour de la débandade. Tout d'un coup, Borne refusa nos présences. Sa chambre en apprivoisait d'autres. Inconsolé de ce que rien ne ressemblait à son rêve, il n'acceptait pas non plus de devenir l'épouvantail que font de nous l'alcool et l'âge. Un monde de poussière recouvrit Borne qui n'était plus fait pour le nôtre. A-t-il su qu'il quitterait les hommes à l'aube d'un pullulement et d'une robotisation grotesques ? Il avait dit : « Pour mon portrait de mort, ma pose est déjà prise ». Déjà il avait rejoint son pays d'exil, nous laissant le soin de pousser inutilement le rocher.

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  • Le poète propose une écoute de ce que Roland Barthes appelait le bruissement de la langue

  • « De chair et d'os » se divise en trois parties : la première laisse apparaître l'angoisse comme viscérale que Marcel Migozzi avait toujours masquée, et que l'idée de la mort relance. La seconde partie du livre photographie le réel ambiant, ses objets familiers, les cieux aimés, la haie, un fer à cheval, comme un exercice à la fois de sympathie et de thérapie. La troisième partie réunit les textes engagés d'un « communiste fidèle » : l'Espagne, le Chili, les travailleurs émigrés, les nombreuses rancunes contre le capital. Tout est précis, original, sans folklore, passé au filtre d'une émotion et d'un art personnels.

  • Christian Dif fut l'élève du lycée Marceau à Chartres (1965-1972), puis étudiant en droit à Paris. Il décida de quitter la vie à 23 ans, en 1977. « Suicide philosophique », dit son grand-père, Edouard Delbos, qui nous a fait parvenir ce manuscrit, fut le confident de Christian et, à ce titre, accepta de faire la préface de ce livre. Ce recueil présente l'essentiel des poèmes et des aphorismes écrits par le jeune homme entre 14 et 21 ans. On trouva un monceau de papiers brûlés, inutilisables, dans la cheminée de sa chambre, après sa mort volontaire. Découvrant ses poèmes dans le Poésie I consacré aux « Nouveaux Poètes maudits », André Pieyre de Mandiargues a pu écrire : « Du strict point de vue de la poésie, celui par le langage duquel je suis le plus émerveillé, est Christian Dif. Mystique si l'on veut, magique si l'on préfère, son chant prend des accents qui conviendraient à une opération de transfiguration de la mort. Ainsi je ne peux faire moins que citer ces trois vers : Horizon, qu'illumine dans une mêlée d'astres l'oiseau de l'origine en sa veillée de feu, l'acte de mourir grandit et prend un sens. »

  • À l'assaut de son propre « Donjon » - si loin de lui-même -, Yves Gasc rencontre la solitude. Il ne s'habitue pas à cette machine debout, hésitante, parfois lâche, toute bourrée d'organes. Occasion pour vanter les charmes de la mémoire secrète, presque toujours dans des décors de ville. Mais le livre évoque aussi la Nuit comme la seule patrie libre, celle du sommeil et des songes, et les nuits des « corps sans noms » où « caresser les fruits de fortune », ou l'être élu par le solitaire. Cela va jusqu'au rêve de fusion totale dans l'ultime étreinte. Ici, la quête d'amour se corse d'une aventure intérieure - que le poète le veuille ou non, -, d'une recherche de sa propre identité, d'une série de questions posées à « l'autre », avec un peu de cette terreur qu'on met à se reconnaître. En même temps le plaisir fait fête, agite et insulte en exhibitionniste le funèbre : désir d'être nu « devant la mort promise ». Amertume domptée, canalisée, devenue finalement vibrante : il reste un espoir pour Yves Gasc. Le devenir d'un homme nouveau, débarrassé du meurtre, de la guerre, de la torture, c'est dit nettement, même si cet infini convoité reste solidement laïc. Les moyens mis en oeuvre par le poète sont attachants en ce sens qu'Yves Gasc reste en arrière-fond une sorte de classique épuré. En fait, pour lui, le « moderne » n'est pas lié à une mode langagière, mais à une qualité de secret qu'on laisse entrevoir. Cette vibration de cristal que rend un coeur authentique résonne ici. Jean Breton

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  • Remarqué par « Le Monde », dès 1971 - « Crucifixion alsacienne » fut imprimée plus de 500 000 fois, en revues et anthologies -, voici que Jean Paul Klée, en son troisième recueil, élargit son souffle et son chant : de l'Alsace natale (qu'il a enfin quittée !) vers Paris, vers Louvain, Nuremberg, Lyon, et surtout Casablanca, où il fête ses 40 ans ; loin d'une Europe qui, hélas, menace... Faisons (enfin) la PAIX ! Crions ! Vite !

  • Chez ce poète très jeune nous surprend sans cesse la profondeur, cérébrale et comme viscérale, de l'inspiration. L'être humain - l'homme - dans sa sexualité, sa bisexualité, ses désirs, ses aspirations les plus enfouies, nous est révélé. Il y a là un exhibitionnisme qui est vérité. Guy Authier va au fond de toutes les sources de la physiologie, de la pensée, des mobiles. Il veut être de niveau avec le désordre des Seres. Ses visions, ce qu'il note, ébranlent la transe la plus significative de l'humain, ses régions les plus « monstrueusement magnétiques ». Il y a du rituel dans son exposition des festins sexuels. On a l'impression d'une quête, d'un itinéraire, hallucinés. Mais tout cela est contrôlé parce que Guy Authier sait ce qu'il veut, ce qu'il veut dire, sans fausse honte. C'est un révélateur, un démystificateur, et ce nouveau recueil propose une mystique du corps, de son pouvoir réflexe et de ses abîmes. Univers effrayant mais salubre parce qu'il se montre sous une totale lumière, sans économie ni mesure. Il faut prendre cet étonnant témoignage tel qu'il est, comme on le fait, par ailleurs, de la poésie « beat. »

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  • Quelques lettres à ses parents ou à des amis nous révèlent ses goûts littéraires : Lautréamont en premier, ensuite Éluard, Baudelaire, Brecht, Aragon, Beckett, Ronsard, Follain, Neruda, Paz. « Je cherche dans la poésie, écrivait-il le 2 juillet 1975, une évasion légale, homologuée, reconnue et recommandée, mais qui n'en est pas moins totale. » Médicaments et alcools l'aidaient à lutter contre sa « névrose d'abandon » (lettre du 26 novembre 1975). L'expression « gagner sa vie » lui paraissait grotesque. Il avouait devant la vie en société : « Il est surtout impossible de s'écarter des schémas » (11 janvier 1975). Dans un climat surréaliste, André Brun exprime un rapport personnel à l'absurde et à son corollaire, l'humour noir. Voici une révolte qui exprime une totalité passionnelle, dans des formules souvent inoubliables, mais arrachées - en quelque sorte malgré l'auteur - à un tréfonds d'originalité, de souffrance, de beauté convulsive et de terreur. Ici la littérature accepte de transcrire une expérience du monde sans ratures ni mensonge.

  • Avec Chair et soleil, Jean Breton rédigeait le carnet de bord d'un adolescent émerveillé par la vie et, en même temps, profondément navré par elle. L'Eté des corps, renouant non sans jubilation avec le vécu bouillonnant et le poème à long souffle, chantait les désirs et les déboires du citadin appâté par les néons des crédits, des promesses, et se retrouvant « coincé entre son salaire, sa sueur et ses interdits ». Jean Breton avançait dans la confession, selon Yves Martin, jusqu'aux limites du possible. La violence du constat s'interdisait la caution de la poésie engagée. Je dis toujours adieu, et je reste, mettant une sourdine à l'effervescence érotique, filmait des tableaux de la campagne, comme pour imposer à l'écriture une cure d'objectivité et de fraîcheur. Vacarme au secret tentait de concilier liberté de ton, érotisme vainqueur et ironiste et maîtrise de l'image « délivrée », avec un certain laconisme, non sans accepter une part inévitable de mystère. L'Equilibre en flammes essaie d'accorder, avec quelque distanciation, les thèmes habituels de l'oeuvre et un autre appel, peut être venu de haut, de l'obscur, de l'infra, mais revu et corrigé par le désir. Le recueil, qui ne renonce pas à la quête de l'amour, propose des rencontres avec des peintres, ouvre les pages d'un premier retour en Provence et s'exprime en détails sur un art poétique.

  • J'aurai déposé près du lit ma chemise de laine et mes chaussures brunes j'emprunterai le passage de la veille au sommeil familier de ce pont trouvé en tâtonnant puis je pourrai mourir du corps ou revenir et me nourrir de peu j'aurai fréquenté les choses sensibles

  • Gabriel Cousin traite le thème de l'amour avec une simplicité grave, une émouvante humanité, un accent fervent et généreux. Cette poésie directe, ouverte à tous, nullement hermétique (ce qui n'exclut pas les plus subtiles recherches) captivera plus d'un amoureux : il y entendra la musique de son coeur. La réédition, aujourd'hui, de L'Ordinaire Amour version 1958, augmentée du double de textes : L'Ordinaire Amour, version 1981, poursuit le chant de ce que Gabriel Cousin nomme « la région connue mais inexplorée du couple ». « Il s'agit vraiment d'un tout, comme l'avoue d'ailleurs le titre : la rencontre, la naissance du désir, l'amour du couple, les grossesses, le travail et les fatigues dans le rapport au couple, les maladies, la mort, les enfants qui grandissent, la puberté, la fuite des enfants du foyer. Puis les parents vieillissant. Un face-à-face émouvant, vrai, avec les coups de pioche du temps, de rares brouilles, un autre désir pernicieux parfois, aussi. Mais il faut voir la discipline imposée, la puissance de la bonté, l'imaginaire si bien partagé à deux, fait rarissime. Cousin est l'interprète du couple dans sa vérité. La préface précise de Georges Mounin dit bien ce qu'il apporte à la poésie contemporaine. On n'a jamais parlé du désir respectueux, voire violent, entre époux ainsi, ni vu les enfants ainsi racontés par le père. Un beau livre, d'une rare unité. » Jean Breton.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • On pourrait classer Claire Laffay aussi bien parmi les auteurs cosmiques, bucoliques ou mystiques puisque ce poète chante la Nature terrestre et céleste comme se sentant la partie d'un Tout. Son Dieu, s'il n'est pas pesant, brille à travers ce qui le manifeste, dans un don de plénitude, dont rayonnent les poèmes qui composent ce recueil. « L'arbre fleuve » est un beau livre simple, original et tout pétillant d'une sérénité de l'âme que la littérature ne pourrait inventer. Claire Laffay, mariée aux paraboles, y vit la nature par tous les bouts, en gardant la tête tournée vers le haut, afin, sans doute, un jour de « boire aérienne l'origine ». Ce mimétisme au végétal, à l'écorce, à la sève agglutinant « l'alchimie terre et ciel », le poète se pose, en croyante discrète, le problème du bien et du mal, du bonheur, et ajoute parfois une dimension de fantastique à cette sorte d'offrande du monde au Créateur.

  • Guy Bellay dit toujours des choses simples : l'enfance, l'adolescence, ses fugues et sa « fureur », les êtres qui ont compté, les gosses de son école, les marques de la guerre, la femme et l'amour, l'amitié, le souvenir d'un voyage, d'un meeting, d'un aîné majeur. Mais un arrière-pays de plus en plus fécond se déploie derrière ces évocations de première nécessité. Si l'écriture reste familière et brève, avec de rares et hautes images, ce n'est jamais au détriment d'un certain mystère (qui fonde la poésie), voire d'un ton un peu ésotérique, parfois. Proche de Daniel Biga, de Gabriel Cousin, de Pierre Tilman, de Franck Venaille et du groupe de la revue Chorus des années 1962 1970, de Pierre della Faille, de Georges Godeau, Guy Bellay tente de porter à l'ébullition l'humain quotidien, d'en faire une trace pour tous, qui nous brûle. Le critique Georges Mounin termine ainsi sa préface de La liberté, c'est dehors : « Pour Guy Bellay, tout peut être dit. Tout peut être dit parce que ce n'est pas écrire qui est désespérant, c'est le vide entre deux émotions. Et c'est vrai pour le lecteur aussi. Les poèmes de Guy Bellay sont comme un miroir où le poète et le lecteur, côte à côte, communiquent parce qu'ils se regardent, et qu'ils regardent ensemble dans ce miroir ce que le poète a su voir, la vie, tout entière. » Jean Breton

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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