FeniXX réédition numérique (Hubert Laporte)

  • Il sera un prédateur et un créateur. Olivier va tenter d'échapper à la morale de ses parents, il va la laisser de côté, sous le coude ; il sait que plus tard il en aura besoin. Déjà très fort pour relier les idées entre elles, il se met à penser le monde en artiste du réel. Sa logique et son esprit critique le lancent à l'assaut de la forteresse argent en un calcul imparable. Le système qu'il vient de bâtir dans sa tête est d'une audace inouïe, d'une précision d'ajusteur. Il sait que plus loin, sans oublier aucun paramètre en route, ailleurs dans le raisonnement, et à l'endroit où il l'a prévu des mois à l'avance, c'est-à-dire quelque part dans l'âge adulte, il aura résolu son équation géniale. Olivier, le narrateur et le héros du livre, est à peine adolescent quand commence le récit, mais déjà il se heurte à l'inertie sociale : il a le pressentiment que son étoile est de la faire refluer mais qu'il y faudra l'énergie d'un géant. Or, il le sait à présent, il ne dépassera pas un mètre soixante-cinq. Il faudra donc qu'il compense, qu'il trouve ses points de repère, qu'il décide de sa vie par lui-même, qu'il soutienne seul son point de vue, qu'il garde pour lui sa stratégie diabolique... en attendant.

  • Voilà un Polar pas tout à fait comme les autres, car, outre le suspense à chaque page, c'est aussi une belle histoire d'amour, que va vivre la narratrice de la première partie. Elle sera si intimement mêlée au drame, que la suite nous en sera contée par son amie, qui à son tour mènera l'enquête. De Paris aux Pyrénées, avec des péripéties à Marseille, Toulouse et Bordeaux, c'est l'aventure qui balade le lecteur, en se posant cette question : Et, si c'était elle ?

  • « Il ne faut pas s'y méprendre, s'il paraît écrit à la plume Sergent-Major, le premier roman de Jean-Pierre Alaux ne trouve pas sa source aux bons sentiments de l'adolescence. Quand Thomas, instituteur sans vocation, débarque dans ce village du Quercy, il ne maîtrise ni l'enseignement ni les pulsions exacerbées qui vont naître de sa liaison avec France, une aristocrate désoeuvrée mariée à un diplomate en exil. Les passions qui s'installent à l'ombre du château de Bellegarde ont le goût acidulé de la perversité. Au creuset de cette passion coupable vient se lover Geoffroy, adolescent sournois enclin à quelques penchants singuliers et délictueux. Cette ambiguïté cultivée par des amants perfides suscitera « l'acte » irréversible qui donne à ce roman toute sa texture émotionnelle et résolument contemporaine. Homme de radio - et donc de mots ! - Jean-Pierre Alaux démontre avec ce récit que l'écriture est sa seconde nature. » Yves Salgues - Le Figaro Madame

  • Je pensais avoir réussi. Et pourtant. Ça se résume en quelques phrases, en quelques mots même. Un mariage, deux enfants adorables, Sophie et Éric. Deux petites têtes blondes qu'il faisait bon caresser. Une femme que j'aimais, et dont je croyais être aimé. Une situation enviable à l'étude, avec en supplément, un portefeuille d'assurances acquis peu après mon mariage, que je me suis mis à développer avec acharnement. Et un jour, le vrai visage de celle que j'aimais m'est apparu, lorsqu'un soir, rentrant de tournée, j'ai trouvé la maison vide, avec les deux mômes en larmes, abandonnés par leur mère partie à l'aventure avec un amant. Salope. Elle n'était pas partie les mains vides, le coffre lui aussi était vide et ce fric était celui de la compagnie d'assurances. Je me suis retrouvé ruiné, et en plus, cité en justice par la compagnie, parce que civilement responsable des fonds détournés. Verdict : dix-huit mois de prison ferme. C'est à ce moment que le déclic se produisit en moi. Un jour, devant une porte de prison où je devais rester dix-huit mois, je n'eus pas le courage d'appuyer sur la sonnette. Je fis demi-tour, et commençai ma cavale, devenant un marginal à part entière. Puisqu'il y aurait prison à faire, autant que ce soit pour quelque chose. Que de chemin parcouru depuis ce premier soir où chez mon ami Bernard j'abandonnai tout ce qui était moi, pour devenir Jean-Baptiste PATIN. Une braise qui tombe de la cheminée m'arrache à mes pensées me ramenant à la réalité. Je suis loin d'en avoir terminé avec mon programme et bien vite, chassant les regrets, je redeviens le fauve qui ne cesse de chasser.

  • Traumatisé par une enfance marquée par le divorce de ses parents, le personnage de roman préfère sa soeur à sa propre femme.

  • En toile de fond il y a la guerre du Golfe, déclenchée durant l'hiver 91, comme une dérision de plus. Edouard se sait en marge de l'actualité, dans le fossé, loin de ces foutus événements, comme tous ceux de sa génération mal à l'aise de ne pas participer au grand désordre mondial. On pourrait s'en accommoder, à 30 ans, entre Bordeaux et les escapades en Dordogne, entre le négoce des voitures anciennes et une compagne enseignante, sagement sensuelle. Mais voilà, ce 17 janvier, si les alliés ont attaqué l'Irak, décidant de libérer le riche Koweït, Edouard trouve sa fiancée morte, tuée, pense-t-il, par ce rouquin anonyme et malade, trafiquant de sentiments, joueur désespéré qu'il va désormais suivre, rechercher, fuir, accompagné de force par Colombe, une toute jeune fille, elle aussi en quête de repères.

  • Michel Laborde-Chamagne hérite de la Multinationale que lui transmet son père. Au cours d'un voyage en Quercy, il cherche à savoir comment son grand-père, Antonin Chamagne dit Tonin, né dans un abri de berger dans des conditions dramatiques, est devenu fondateur du puissant Empire Industriel qu'il va désormais gérer lui-même. Ce qui n'était que curiosité devient fascination pour cet aïeul qu'il découvre au fil des livres de comptes presque trop bien tenus : à travers sa vie et sa légende, il erre à la recherche de lui-même et de ses racines. Michel découvre comment ce paysan asocial a le génie des affaires, revendant des fortunes ce qu'il achète pour rien, sachant tirer argent de tout. Comment cherchant à venger l'enfant martyrisé qu'il a été, il devient un redoutable manipulateur. Comment, digne d'un joueur d'échecs, il conçoit une stratégie imparable pour s'enrichir. Comment, sous le regard noir et la peau tannée par les étés dans la Bouriane, il a, dans sa pensée, la précision d'un tireur d'élite et l'appétit d'un renard.

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