FeniXX réédition numérique (Arléa)

  • De Rurutu à Tahiti, de Maupiti à l'île de Pâques, une odyssée pacifique, un voyage sentimental, avec l'échec pour prix de la guérison.

  • « Là où je vis, le balcon ouvre sur les quais. J'entrevois des fragments de fleuve comme des morceaux de réglisse entre les hangars. Les nuits d'été font lever des odeurs de vase. Je peux dire que je dors dans le lit de la Garonne. On se parle peu, on cherche le sommeil dans les mêmes roulis, on partage le songe anxieux des marées. On se raconte nos belles sirènes d'autrefois... Les grands fleuves fécondent les rives, fondent les villes, nourrissent les riverains, et parfois les noient. Ils favorisent les échanges commerciaux et ils fournissent du rêve à façon. Être né de la lèvre d'un fleuve ou d'une rivière, c'est tomber d'un livre, c'est venir au monde avec la prescience de vérités qu'ignoreront toujours les enfants des contrées arides. C'est être confié, dès le berceau, à l'université des embruns où enseigne le vieil Héraclite. »

  • Le relief, la couleur, la nuance des jours au cours de vacances qui devaient être les dernières du temps de paix.

  • On trouve dans chaque ville tropicale, écrit Tillinac, un bar vers lequel chacun converge à l'heure dite, par une pente spontanée, pour y regarder passer le temps et vérifier l'état de son âme exilée. A Cayenne, c'est le Bar des Palmistes sur la place du même nom. L'auteur y retrouve, quand il faut, le répit du punch créole et une manière d'immobilité flapie propre à certains lieux. Que fait-on si loin de la Corrèze ? Lassé des querelles françaises et des insuffisances hexagonales, Denis Tillinac s'est enfui quelque temps vers la Guyane en compagnie des oeuvres de Bossuet en format de poche et de Léopold, ami de toujours et tiers mondiste précautionneux. Cayenne et les rives plus lointaines du Maroni et de l'Oyapok retentissent encore de leurs querelles philosophiques et de leurs réconciliations très solennelles. Cette belle cavale, en tout cas, n'introduit pas un « barbare en Asie » mais, peut-être, un hussard en Amazonie. Colères et tendresses emmêlées, escapades l'oeil ouvert dans la grande forêt des orpailleurs, méditations amères sur ces vestiges écoeurants du bagne ou cette « île du Diable » qui - pour notre honte - vit souffrir Dreyfus... Un écrivain gagne toujours à sortir de chez lui. L'auteur de Maisons de famille renoue ici, superbement, avec une tradition toujours prometteuse : celle du voyage littéraire.

  • Le voyage vers une ville du nord du Soudan, d'un médecin appartenant à une organisation humanitaire.

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