Fayard

  • CHAIRE D'HISTOIRE DES POUVOIRS EN EUROPE OCCIDENTALE, XIIIe-XVIe SIÈCLE 
    « Nous avons besoin d'histoire car il nous faut du repos. Une halte pour reposer la conscience, pour que demeure la possibilité d'une conscience - non pas seulement le siège d'une pensée, mais d'une raison pratique, donnant toute latitude d'agir. Sauver le passé, sauver le temps de la frénésie du présent : les poètes s'y consacrent avec exactitude. Il faut pour cela travailler à s'affaiblir, à se désoeuvrer, à rendre inopérante cette mise en péril de la temporalité qui saccage l'expérience et méprise l'enfance. Étonner la catastrophe, disait Victor Hugo, ou avec Walter Benjamin, se mettre à corps perdu en travers de cette catastrophe lente à venir, qui est de continuation davantage que de soudaine rupture. »
    Patrick Boucheron est historien. Il est notamment l'auteur de Léonard et Machiavel (Verdier, 2008), Conjurer la peur : Sienne, 1338. Essai sur la force politique des images (Seuil, 2013), Prendre dates (avec M. Riboulet, Verdier, 2015) et a dirigé l'Histoire du monde au XVe siècle (Fayard, 2009). En août 2015, il a été nommé professeur au Collège de France, titulaire de la chaire d'Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècle.

  • L'Afrique a pendant plusieurs siècles été vue, imaginée, fantasmée par les Européens comme un continent sauvage, ténébreux, matière première des récits d'aventures et d'exploration teintés d'exotisme, qui ne laissaient pourtant entendre qu'une seule voix, celle du colonisateur. Il faut attendre le milieu du xxe siècle pour qu'une littérature écrite par et pour les Africains se révèle. De la négritude à la « migritude », il appartient aux écrivains noirs d'aujourd'hui de penser et de vivre leur identité artistique en pleine lumière.
     
    Alain Mabanckou est romancier, poète et essayiste. Ses oeuvres ont été traduites en une quinzaine de langues. Son premier roman, Bleu-Blanc-Rouge (1998), lui a valu le Grand Prix littéraire d'Afrique. En 2006, il obtient le prix Renaudot pour Mémoires de porc-épic. La même année, l'université de Californie (UCLA) le nomme professeur au département de littérature française et d'études francophones. Nommé pour l'année académique 2015-2016, il est le premier écrivain invité à la chaire annuelle de Création artistique du Collège de France.

  • Système immunitaire et dynamique du cerveau Nouv.

    Aux xixe et xxe  siècles, les découvertes en neurobiologie et en immunologie ont bouleversé la manière dont nous comprenions les interactions des êtres vivants avec leur environnement. Malgré ces avancées, il faudra attendre le tournant du xxie  siècle pour que le dogme de la séparation entre cerveau et système immunitaire soit discuté.
    Depuis une vingtaine d'années, les études attestent le rôle de cellules immunitaires du cerveau non seulement dans la construction et le fonctionnement de l'activité cérébrale, mais aussi dans l'apparition de pathologies neurodégénératives et psychiatriques. Il apparaît donc essentiel de cultiver une approche systémique qui vise à considérer le cerveau dans sa dynamique d'évolution et dans le contexte plus général du corps. Cette approche, qui cherche également à connaître l'origine des maladies, est une source d'espoir pour l'émergence de nouvelles voies thérapeutiques.
     
    Neurobiologiste, Sonia Garel dirige l'équipe Développement et plasticité du cerveau à l'Institut de biologie de l'École normale supérieure (ENS) à Paris. Depuis 2020, elle est professeure au Collège de France, titulaire de la chaire Neurobiologie et immunité.

  • «  Il y a, d'un côté, la vie qui s'écoule avec un commencement et une fin, et de l'autre, la vie qui fait la singularité humaine parce qu'elle peut être racontée. On pourrait ainsi parler de vie biologique et de vie biographique. L'espérance de vie mesure l'étendue de la première. L'histoire de vie relate la richesse de la seconde. L'inégalité des vies ne peut être appréhendée que dans la reconnaissance des deux. Elle doit à la fois les distinguer et les connecter. Les distinguer, car le paradoxe des femmes françaises montre qu'une vie longue ne suffit pas à garantir une vie bonne. Les connecter, car l'expérience des hommes afro-américains rappelle qu'une vie dévalorisée finit par produire une vie abîmée. C'est ainsi que se pose également la question des réfugiés et des migrants.  »
    Didier Fassin est anthropologue, sociologue et médecin. Professeur à l'Institute for Advanced Study de Princeton et directeur d'études à l'EHESS, il est titulaire de la chaire annuelle de Santé publique du Collège de France. Ses travaux, conduits sur trois continents, portent sur les enjeux politiques et moraux des sociétés contemporaines.

  • Combinatoire Nouv.

    En combinatoire, ce ne sont pas tant les problèmes et les résultats qui ont un intérêt, mais plutôt les méthodes et les techniques qu'il faut développer pour les résoudre. Certains problèmes sont simples à énoncer alors que les solutions sont complexes ; ou bien nous utilisons des hypothèses faibles, mais les conséquences peuvent être d'une richesse surprenante ; certaines démonstrations sont courtes et faciles à comprendre, mais ingénieuses et difficiles à découvrir. Bien que les objets étudiés, comme les graphes ou les familles de sous-ensembles d'un ensemble fini, présentent un intérêt purement mathématique, les résultats s'appliquent à de nombreux autres domaines, tels que l'informatique, l'économie ou l'épidémiologie.
    Timothy Gowers est combinatoricien. Il a enseigné à l'University College de Londres et à l'université de Cambridge, ainsi qu'à Princeton et à la Royal Society de Londres. Récipiendaire de la médaille Fields (1998) et chevalier de l'ordre de l'Empire britannique pour ses services rendus aux mathématiques (2012), il a été nommé professeur au Collège de France, titulaire de la chaire Combinatoire, en mai 2020.

  • S'il n'est jamais superflu de rappeler que les sociétés africaines sont faites de la même étoffe historique que toutes les sociétés, c'est parce que les passés de l'Afrique sont restés longtemps méconnus. Être historien ou archéologue de l'Afrique, dès lors, consiste à désencombrer le passé autant qu'à en saisir la diversité  : richesse de la littérature orale et de la documentation écrite, pluralité des langues et des religions, inventivité technique et sociale, cohabitation des formes politiques. Attentif aux multiples trajectoires historiques qui s'y manifestent, François-Xavier Fauvelle invite à écouter ce que nous apprend l'histoire de l'Afrique.
     
     
    François-Xavier Fauvelle a dirigé le Centre français d'études éthiopiennes à Addis Abeba, de 2006 à 2009, et le laboratoire Traces à l'université de Toulouse Jean-Jaurès, de 2013 à 2017. Depuis 2019, il est professeur au Collège de France, titulaire de la chaire d'Histoire et archéologie des mondes africains.

  • «  La diversité biologique chez l'être humain est immense : de notre apparence physique à nos capacités à digérer certains aliments, en passant par nos relations avec les pathogènes ou nos vulnérabilités à certaines maladies. Mais quels sont les facteurs qui façonnent cette diversité  ? Quelle est la contribution de l'environnement et de la génétique à la diversité phénotypique observée chez les humains d'aujourd'hui  ? Comment l'histoire démographique de notre espèce et la sélection naturelle façonnent-elles la diversité génétique des populations humaines  ? Ma leçon inaugurale a pour objet de montrer comment toutes ces questions sont abordées dans mes recherches sous l'angle de l'évolution et de la génomique humaine.  »Lluis Quintana-Murci est généticien des populations. Directeur de recherche au CNRS et professeur à l'Institut Pasteur, il est mondialement reconnu pour ses travaux sur la diversité du génome humain et son approche pluridisciplinaire intégrant la génétique des populations, l'épidémiologie et l'immunologie. Il est professeur au Collège de France, titulaire de la chaire Génomique humaine et évolution, depuis avril  2019.

  • Depuis plus de cinquante ans, des chercheurs du monde entier collaborent à une vaste entreprise de description et d'analyse des langues humaines au sein de ce qu'on a appelé la «  linguistique générative  ». La question fondatrice de ce programme de recherche est liée au caractère illimité des capacités linguistiques. Elle conduit à la formulation d'hypothèses sur la combinatoire syntaxique, son noyau invariant, les mécanismes de variation à travers les langues ainsi qu'à la production d'une cartographie précise des structures étudiées. Bien que complexes, ces structures peuvent être ramenées à l'application récursive de mécanismes extrêmement simples, objet d'étude du Programme Minimaliste. Ce domaine de recherche se nourrit aussi des études très éclairantes sur l'acquisition du langage menées dans un cadre interdisciplinaire de sciences cognitives.
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    Luigi Rizzi est linguiste. Il a enseigné dans plusieurs institutions européennes et américaines (universités de Sienne et de Genève, École normale supérieure d'Ulm, MIT, UCLA). En juin 2019, il a été nommé professeur au Collège de France, titulaire de la chaire Linguistique générale.

  • Le krach de  1987 ou la crise financière de 2008 sont des événements incompréhensibles dans le cadre de l'économie néo-classique. Leur survenance a montré les limites, voire le caractère néfaste de cette théorie.
    Spécialiste de physique statistique, Jean-Philippe Bouchaud est l'un des pionniers de l'éconophysique, qui applique les concepts et méthodes de la physique statistique aux systèmes économiques et aux marchés financiers, envisagés comme des systèmes complexes, sièges de phénomènes d'imitation, de contagion, de panique collective. De même que les interactions entre molécules peuvent conduire à des comportements émergents inattendus, la transsubstantiation de l'individu dans le collectif est un ingrédient fondamental pour comprendre certaines crises socioéconomiques ou financières.
    Jean-Philippe Bouchaud est président et directeur de la recherche de Capital Fund Management. Membre de l'Académie des sciences, il est professeur invité sur la chaire annuelle Innovation technologique Liliane Bettencourt du Collège de France, créée avec le soutien de la fondation Bettencourt-Schueller. 
     

  • «  Notre amour historiquement situé de la littérature nous impose paradoxalement, comme premier devoir, de nous arracher à l'historicité de cette même littérature. C'est au nom de la littérature que nous devons nous détacher de celle-ci. Voilà pourquoi il nous faut d'un seul mouvement construire et explorer la bibliothèque mondiale ou totale -  et je dis bien bibliothèque mondiale, et non pas littérature mondiale. On lit la littérature mondiale, mais on lit dans la bibliothèque mondiale, on vit dans la bibliothèque du monde  : deux attitudes radicalement différentes.  »
    Ancien élève de l'École normale supérieure et agrégé de lettres classiques, William Marx est philologue, historien et critique de la littérature. Il a été professeur de littérature comparée à l'université Paris Nanterre. Ses derniers ouvrages parus sont La Haine de la littérature et Un savoir gai (Minuit, 2015 et 2018). Depuis octobre  2019, il est professeur au Collège de France, titulaire de la chaire Littératures comparées.

  • Le krach de  1987 ou la crise financière de 2008 sont des événements incompréhensibles dans le cadre de l'économie néo-classique. Leur survenance a montré les limites, voire le caractère néfaste de cette théorie.
    Spécialiste de physique statistique, Jean-Philippe Bouchaud est l'un des pionniers de l'éconophysique, qui applique les concepts et méthodes de la physique statistique aux systèmes économiques et aux marchés financiers, envisagés comme des systèmes complexes, sièges de phénomènes d'imitation, de contagion, de panique collective. De même que les interactions entre molécules peuvent conduire à des comportements émergents inattendus, la transsubstantiation de l'individu dans le collectif est un ingrédient fondamental pour comprendre certaines crises socioéconomiques ou financières.
    Jean-Philippe Bouchaud est président et directeur de la recherche de Capital Fund Management. Membre de l'Académie des sciences, il est professeur invité sur la chaire annuelle Innovation technologique Liliane Bettencourt du Collège de France, créée avec le soutien de la fondation Bettencourt-Schueller. 

  • En suivant deux fils rouges, l'histoire des grandes révolutions de la physique au xxe  siècle et l'abstraction progressive du concept de symétrie, de son usage ordinaire en géométrie à son application aux lois de la physique, cette leçon inaugurale aborde un des défis majeurs de la physique actuelle, celui de réconcilier la relativité d'Einstein et la mécanique quantique, théories amplement vérifiées empiriquement et pourtant incompatibles.
    C'est peut-être dans une symétrie immense, décrite en théorie des groupes par des groupes très particuliers, que réside la clé pour formuler cette théorie plus fondamentale de la gravitation, qui pourrait permettre la grande synthèse avec la mécanique quantique.
    Marc Henneaux est physicien, professeur à l'Université libre de Bruxelles puis au Collège de France où il devient titulaire, en décembre 2017, de la chaire Champs, cordes et gravité. Il dirige également depuis 2004 les instituts internationaux Solvay de physique et de chimie.

  • François Recanati offre un panorama de la philosophie analytique et, plus spécifiquement, du sous-domaine qui en a longtemps constitué le coeur  : la philosophie du langage, dans l'évolution de laquelle il discerne trois grandes phases. La première phase a donné naissance à la sémantique formelle et la seconde à la pragmatique, deux disciplines qui ont profondément renouvelé la linguistique. La troisième phase, correspondant à la période actuelle, voit la philosophie du langage fusionner avec la philosophie de l'esprit au sein d'une théorie générale des représentations qui renoue avec le projet peircien d'une théorie générale des signes.
    François Recanati a été directeur de recherche au CNRS, directeur d'études à l'EHESS et directeur d'un laboratoire interdisciplinaire hébergé par l'École normale supérieure. Membre de l'American Academy of Arts and Sciences et de l'Academia Europaea, il a enseigné dans de nombreuses universités étrangères (dont Berkeley, Genève, Harvard et St Andrews). Depuis avril  2019, il est professeur au Collège de France, titulaire de la chaire Philosophie du langage et de l'esprit.

  • Chaire Mondes francophones 2018-2019
    «  Dire Haïti et sa littérature autrement, c'est se demander, à travers les mots de ses écrivains et de ses écrivaines, quel éclairage peut apporter aujourd'hui au monde francophone, sinon au monde tout court, l'expérience haïtienne. Comment, à partir d'un fait historique de l'ordre de l'impensable, à savoir une révolution victorieuse, menée dès la fin du xviiie  siècle par des hommes et des femmes transplantés d'Afrique en Amérique et réduits en esclavage, se met en place une civilisation dont la littérature sera un élément majeur. Comment, dans l'impasse qui suit cette révolution, ces hommes et ces femmes dépossédés, déplacés, déstabilisés linguistiquement, n'ont pas cessé de dire ou d'écrire un rêve d'habiter, démontrant par là même que la littérature commence souvent là où la parole devient impossible.  »
    Yanick Lahens est une écrivaine haïtienne. Ses romans ont reçu de nombreuses récompenses, notamment le prix Femina en 2014. Son enseignement au Collège de France en 2018-2019 a inauguré la chaire annuelle Mondes francophones, créée en partenariat avec l'Agence universitaire de la francophonie.
     

  • Du calcul au vivant, il y a un fossé que la biologie des systèmes ose franchir en instaurant un dialogue entre deux sciences a priori opposées  : l'informatique et la biologie. Le calcul, comme phénomène naturel, d'une part, et comme langage de programmation, d'autre part, ouvre de larges perspectives en matière de compréhension du vivant. Cette nouvelle approche, au sein de laquelle le langage Kappa joue un rôle majeur, permet de modéliser, représenter et simuler les comportements cellulaires et moléculaires. Si l'application de ces concepts informatiques au fonctionnement et à l'organisation du vivant pourrait contribuer à la guérison de maladies systémiques comme le cancer, elle entend aussi parvenir à penser mathématiquement la complexité biologique.
     
     
    Chimiste de formation, Walter Fontana est professeur de biologie des systèmes à la Harvard Medical School (États-Unis) depuis 2004. Il a été nommé sur la chaire annuelle Informatique et sciences numériques du Collège de France, créée en partenariat avec l'Inria, pour l'année académique 2019-2020.

  • Ce que l'État social nous donne à voir, c'est tout à la fois l'armature de solidarités qui en un siècle ont profondément transformé nos manières de vivre ensemble, et le jeu de forces puissantes qui ébranlent cet édifice institutionnel et menacent de le mettre à bas. Ce sont ces forces qu'il s'agira d'essayer de comprendre, ainsi que leur impact prévisible. Mais avant d'analyser les maux qui assaillent l'État social on commencera par prendre la mesure de sa grandeur historique et institutionnelle. Partant du témoignage de Franz Kafka, qui consacra sa vie professionnelle à la mise en oeuvre de la loi sur les accidents du travail en Autriche-Hongrie, Alain Supiot nous propose un diagnostic de l'État social en Europe et nous aide ainsi à réfléchir aux solutions qui pourraient permettre de le réformer.

  • Chaire Droit, culture et société de la Rome antique
    Le droit est le produit d'une société en même temps qu'il aspire à lui donner des règles qui résistent au temps  ; il est à la fois dans l'histoire et en dehors d'elle. Cela vaut particulièrement pour Rome, où le droit a évolué, en grande partie, sous la forme d'un dialogue rationnel et argumenté, établi par les juristes dans un présent dilaté créé par l'écriture. Historiciser le droit signifie alors assumer le point de vue des Anciens eux-mêmes, et relier les écrits des juristes aux champs discursifs proches dont ils nourrissaient leur pensée -  rhétorique, philosophie, histoire, poésie.
    Cette leçon inaugurale nous convie ainsi à découvrir la pensée juridique romaine au fil des textes antiques et modernes, du Digeste de Justinien au Songe du Vergier en passant par les Métamorphoses d'Ovide, pour mieux saisir la beauté sévère de ce droit devenu ensuite commun à une grande partie de l'Europe.
    Dario Mantovani, après avoir été professeur de droit romain à l'université de Pavie, où il a fondé le Cedant, est titulaire de la chaire Droit, culture et société de la Rome antique au Collège de France.

  • Peut-on évaluer le risque d'avoir une maladie en lien avec nos gènes, nos comportements ou notre environnement  ? L'épidémiologie, qui étudie la répartition et les déterminants des maladies dans la population, permet de répondre à ces questions. Le développement fulgurant de cette science, dans la seconde moitié du xxe  siècle, a permis de faire des progrès considérables dans l'identification des facteurs de risque des maladies cardiovasculaires et de nombreux cancers. Les progrès du séquençage du génome humain au début du xxie  siècle et, d'une façon plus générale, l'accès aux données massives (big data) ont révolutionné la recherche en épidémiologie tout en lui imposant de nouveaux défis scientifiques et éthiques.

  • Collection «  Leçons inaugurales  », Collège de France
    François Héran
    Migrations et sociétés
    Quatrième de couverture [1097 signes]
    Les migrations internationales, au-delà des épisodes spectaculaires qui polarisent l'attention et soulèvent les passions, sont une composante ordinaire de la dynamique des sociétés, mais continuent de faire l'objet de visions très contradictoires. Si l'analyse démographique permet de cerner l'ampleur des migrations, il faut mobiliser d'autres disciplines pour saisir toutes leurs dimensions -  géopolitique, historique, anthropologique, économique, mais aussi juridique et éthique. Car les migrations, liées à l'origine aux besoins des économies nationales, sont de plus en plus alimentées par la logique des droits universels. Une mutation à la fois décisive et fragile.
    François Héran a mené un double parcours à l'Ined, qu'il a dirigé de 1999 à 2009, et à l'Insee, où il a mené de vastes enquêtes sur l'évolution de la société française, en y intégrant la dimension migratoire. Il dirige désormais l'Institut Convergences Migrations porté par huit institutions sous la conduite du CNRS. Depuis janvier  2018, il est professeur au Collège de France, titulaire de la chaire Migrations et sociétés.
     

  • La caméra est une sorte de fétiche. Ce n'est pas seulement une machine à reproduire, capable de répliquer le mouvement, la couleur et la texture parallèlement à un dispositif d'enregistrement du son. C'est une machine qui a acquis, dans la seconde moitié du xxe  siècle, le pouvoir d'un objet cérémoniel qui atteste que l'événement a réellement eu lieu. La caméra devient le chroniqueur de notre époque, elle est en ce sens le fétiche moderne par excellence. Filmer, c'est prendre une série de décisions qui déterminent non seulement ce qui sera inclus dans le cadre, mais aussi ce qui n'y sera pas. Cela signifie que nos choix comprennent une part de mise à distance. (A.G.)
    Amos Gitaï est cinéaste. Dans les années  1970-80, il a réalisé plusieurs documentaires, dont  House, censuré par la télévision israélienne, avant de tourner  Esther, son premier long métrage de fiction (1985). Récipiendaire du prix Roberto Rossellini en 2005, du Léopard d'honneur du 61e  festival de Locarno et du prix Robert Bresson de la Mostra de Venise en 2013, il est le premier cinéaste nommé à la chaire annuelle de Création artistique du Collège de France.

  • «  Que peut-on encore apprendre aujourd'hui de ces voyages, réels ou virtuels, qui sont autant de moyens de faire circuler les regards, les images et les valeurs  ? Quelle représentation de l'homme l'Europe a-t-elle forgée et transmise, au seuil de la modernité  ? Répondre à ces questions implique une incursion dans le riche domaine d'une iconosphère qui n'a pas encore livré tous ses secrets. Cette recherche suivra deux axes principaux. Le premier concernera la thématique des frontières et de leur transgression. Le second interrogera la formation, par-delà traverses et entraves, d'une tissure d'une toile dirait-on aujourd'hui , fruit d'un enchevêtrement incessant de formes, de couleurs, de représentations et de figurations.  »
     
    Victor I. Stoichita est historien de l'art et écrivain. Actuellement professeur d'histoire de l'art à l'université de Fribourg (Suisse), il a été invité dans plusieurs universités prestigieuses, notamment à Harvard, Gttingen, Francfort, Bologne, ou encore à l'EHESS à Paris. Il a été professeur invité sur la chaire européenne du Collège de France pour l'année académique 2017-2018.
     

  • L'ambition de ce cours est de parler de la musique même, de tenter de cerner l'émotion qu'elle suscite, voire de trouver les moyens de la prolonger. C'est donc de musicologie qu'il s'agira, au sens le plus simple : un discours sur la musique. Mais peut-être faudrait-il dire les musicologies, tant la discipline est fragmentée et tant sont divers les angles sous lesquels on étudie la musique. Presque toutes les disciplines professées au Collège de France auraient leur mot à dire : acoustique, archéologie, économie de la musique, sociologie de la création et de la réception des oeuvres, histoire des institutions musicales, littérature comparée. L'enjeu est bien de comprendre de l'intérieur l'oeuvre d'autrui, de l'aborder avec empathie, d'être touché par elle. Peut-être est-ce là le moyen d'approcher le secret de grands compositeurs (Berlioz, Schumann, Debussy, Dukas...) qui ont su, chacun à leur façon, évoquer leur propre musique et celle d'autrui dans un discours simple et sans excès de références techniques. Ce secret tient à une approche où domine l'intuition.

  • Le terme «  matière molle  » désigne les formes intermédiaires de la matière, entre les états solide et liquide, qui comprennent aussi bien les cristaux liquides et les polymères que les milieux colloïdaux. Parce qu'ils sont sensibles à la moindre perturbation, les objets mous ont une physique singulière. Jouant avec les échelles, la physique de la matière molle convoque à la fois la physique statistique, l'hydrodynamique et la thermodynamique. Elle s'applique aussi aux systèmes biologiques, nous aidant à comprendre et à modéliser des processus complexes comme le transport intracellulaire, la division et la motilité cellulaires, l'adhésion des cellules et certains aspects de la biologie du développement ou du cancer.
     

  • Cette leçon inaugurale raconte l'expérience qu'a représentée pour Philippe Aghion l'élaboration d'une nouvelle théorie - schumpétérienne - de la croissance économique : une théorie de la croissance par l'innovation et la destruction créatrice, qui fait constamment dialoguer la modélisation avec l'analyse empirique, et qui place la dynamique de l'entreprise au coeur du processus de développement.Cette leçon aborde quelques grandes énigmes de la croissance : le rôle de la concurrence et celui de la politique industrielle ; le « paradoxe argentin » et les trappes de sous-développement ; la relation entre innovation, inégalités et mobilité sociale ; ou encore l'apparente stagnation séculaire des économies développées. Enfin la leçon propose une nouvelle façon à la fois de penser les politiques de croissance et d'apprendre sur les mécanismes de la croissance à partir des erreurs de politique économique.
     Philippe Aghion est professeur au Collège de France, sur la chaire d'économie intitulée « Institutions, innovation et croissance ». Titulaire d'un doctorat, d'un PhD en économie de l'université Harvard, il a enseigné au Massachussetts Institute of Technology, à l'Université d'Oxford, à University College London et à l'Université de Harvard. En 2001, il a reçu la Yrjo Jahnsson Award qui récompense le meilleur économiste européen de moins de quarante-cinq ans. Ses travaux portent principalement sur la théorie de la croissance et l'économie de la connaissance. Il est notamment l'auteur de Endogenous Growth Theory, avec Peter Howitt (MIT Press, 1998 ; Dunod, 2001), Competition and Growth, avec Rachel Griffith (MIT Press, 2006), Inequality, Growth, and Globalization, avec Jeffrey Williamson (Cambridge University Press, 1999) ; L'Économie de la croissance (Economica, 2010) ; Repenser L'État, avec Alexandra Roulet (Seuil, 2011) ; et Changer de modèle, avec Gilbert Cette et Élie Cohen (Odile Jacob, 2014). 

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