EuroPhilosophie Éditions

  • Quels liens unissent le droit et la violence ? Peut-il y avoir une violence pure de cette relation au pouvoir ? C'est en 1921 que Walter Benjamin se pose ces questions, et publie « Pour une critique de la violence ». Partant des situations les plus concrètes que lui donne à penser la politique, il emmène son analyse dans le champ du mythe, de la théologie, inaugurant une articulation nouvelle entre le concept de violence et la philosophie du langage. Ce travail se propose d'analyser ce texte ligne à ligne afin d'en rendre la vivacité philosophique, la force politique, et le mystère poétique.

  • Ce texte introduit la série consacrée aux théories et aux pratiques de la « Nouvelle Gauche » italienne (Nuova Sinistra) ; on y reconstruit les transformations sociales et les débats politiques qui animèrent l'Italie de l'après-guerre, et qui donnèrent lieu au développement de ce courant politique jusqu'à sa dissolution. La signification actuelle des expérimentations et des positions de la Nuova Sinistra est analysée par une comparaison avec des courants théoriques français.

  • À quelles conditions construire une critique sociale en prise avec de nouvelles vulnérabilités et micro-fractures sociales ? À partir des travaux d'Emmanuel Renault, de John Dewey et de Michel Callon, ce livre vise à cerner des conditions cognitives et normatives inhérentes à une telle critique en ce que celle-ci a à s'articuler à une déstabilisation des cadres normatifs institués, mais aussi des conditions pragmatiques qui visent à mobiliser la critique depuis les paroles et pratiques des acteurs de première ligne en cherchant à mieux cerner leurs capacités.

  • La première partie de cet essai tente de rattacher les travaux de Pierre Bourdieu (spécialement les Méditations pascaliennes) à un certain style philosophique de la pensée, entre Kant (relu par Foucault) et Spinoza (revu par Deleuze). Ouvrant aux problèmes politiques les plus contemporains (la précarisation d'une part toujours croissante du public estudiantin), la seconde partie consiste en une relecture, articulée sur le thème de la temporalité, d'ouvrages plus anciens (Les Héritiers et Algérie 60).

  • Cet ouvrage comporte une série d'études sur la question de la violence dans la pensée du XXe siècle. Chaque étude interroge à sa façon la circularité critique que la question de la violence introduit entre pensée politique et anthropologie. À partir d'Arendt, de Fanon ou d'Althusser, de Deligny ou de Girard, de Deleuze ou de Balibar, chacune met en question la possibilité d'une fondation anthropologique de la politique, et la possibilité d'un discours anthropologique qui ne présuppose déjà une politique.

  • Sont rassemblées les communications prononcées lors du colloque « Violence, guerre et État chez Gilles Deleuze », organisé les 3 et 4 mars 2011 à l'Institut de Philosophie et de Théorie Sociale de Belgrade. Elles contribuent à réarticuler l'inventivité conceptuelle de Gilles Deleuze, seul et avec Félix Guattari, à des problèmes classiques de la pensée politique moderne et contemporaine. Par des approches diverses, tous rencontrent le problème de la violence, et des tensions, irréductibles, mais dont on verra d'un texte à l'autre les déplacements, entre son institutionnalisation et sa désinstitutionnalisation, et la part ambivalente qu'y prend l'État, appréhendé à la fois comme l'Institution des institutions et comme l'Autre du phénomène institutionnel.

  • La violence, dans l'unification de son signifiant et dans la distribution de ses manifestations, dans la communication de ses mécanismes ou la différenciation de ses effets, demeure au centre des préoccupations de la pensée politique. La philosophie politique moderne l'a posée comme l'état premier à partir duquel, et face auquel devaient être déterminées les conditions de la vie collective sous une institution civile ; la violence devenait un moment paradoxalement constitutif, toujours déjà présupposé comme cela même qu'il fallait refouler, tenir à distance, ou civiliser, pour rendre possible son autre, État, Société, ou Liberté. La philosophie contemporaine ne cesse d'être convoquée par des situations et des conjonctures qui nous obligent à réinterroger les significations politiques de la violence à partir de ses seuils « impolitiques », et à réexaminer les partages topiques que l'on supposait permettre de fixer des bornes à la violence en en différenciant les économies, ou de garantir sa consistance politique en dialectisant les oppositions des contre-violences, et les transformations institutionnelles et subjectives correspondantes : les partages du privé et du public, du physique et du symbolique, du social et de l'étatique, du droit et de la police, du national et de l'international, du religieux et du laïc, etc. En revenant aussi bien sur les textes de nos différentes traditions philosophiques que sur les conjonctures passées et présente qui en convoquent le réexamen critique, ce sont ces zones impolitiques, d'indiscernabilité ou d'indécidabilité, que les contributions ici rassemblées proposent de soumettre à nouveau à la réflexion, lorsque l'institution de la violence (sa codification, sa symbolisation, sa régulation) se heurte à de l'in-instituable, ou lorsque la politisation de la violence bascule dans son contraire et tend à « libérer » une violence intraitable.

  • Ce travail, tout en partant des analyses de l'appareil scolaire dans Surveiller et punir, interroge la description que Foucault livre de l'école mutuelle comme ultime rationalisation disciplinaire de la « machine à apprendre ». Pour cela, il s'appuie sur les travaux d'Anne Querrien qui nous invitent à voir dans l'école mutuelle une pédagogie alternative, avant de finir par se demander, en faisant appel au Maître ignorant de Jacques Rancière, si une institution comme l'école peut être émancipatrice.

  • Cet ouvrage s'intéresse à l'articulation entre l'idéologie et le processus de subjectivation des individus dans l'histoire. Il montre que l'idéologie, comme réitération du désir profond de la vie, participe au processus de transformation des subjectivités historiques en situation d'aliénation en libérant l'attention prisonnière des contenus représentationnels et généralisateurs de la conscience pour la renvoyer vers le pouvoir d'inventivité de la vie.

  • Ce livre rassemble des contributions issues du séminaire de recherche Acegami (Analyse culturelle et études de genre : art, mythes, images) du Centre d'Histoire et Théorie des Arts de l'EHESS. Les contributions proposent une approche critique de la production de sens et d'idéologie inhérente au champ artistique et envisagent l'histoire de l'art comme un domaine traversé par des rapports de force mais aussi par des subjectivités multiples.

  • Nouveau Prométhée, l'homme contemporain ressent de la honte face à la perfection des instruments nés de sa propre main. Symptôme du nihilisme, ce sentiment révèle un décalage plus profond entre l'homme et son monde, système des instruments. Afin d'éviter une désastreuse conséquence, de nouveaux outils esthétiques et moraux doivent être inventés. Cet ouvrage se propose d'offrir une introduction aux concepts et arguments forgés par Günther Anders dans le cadre de sa critique originale de la technique.

  • L'ouvrage rassemble les textes des communications prononcées lors de la journée d'études « Idéologies de l'enfance et éducation dans le travail de Fernand Deligny. Anthropologie, pédagogie, politique » dans le cadre du 4ème Forum international de philosophie politique et sociale à Toulouse (5-15 juillet 2012), en partenariat avec l'Université de Liège notamment. Les questionnements à l'oeuvre au cours de cette journée ont trouvé leur origine dans le fait de prendre au mot le titre de l'ouvrage de Pierre-François Moreau, Fernand Deligny et les idéologies de l'enfance. Il en allait d'une appréhension spécifique de l'enfance, telle que l'appréhendent les premiers textes de Deligny, et de l'ensemble des idéologies qui s'inscrivent dans des processus d'éducation. Occupant le point de vue de la mise en échec du rapport éducatif, Deligny cherche à mettre en évidence d'autres types de procès de constitution subjective et d'institution du commun (« l'humaine nature ») permettant une double problématisation des modalités d'apprentissage et de la construction de rapports sociaux et d'une collectivité humaine. On peut se demander si une telle interrogation peut encore s'inscrire sous le signe d'une quelconque « pédagogie » ou « anthropologie », dans la mesure où elle remet en question l'idée même d'éducation comme celle d'être humain. C'est à cette question majeure que cet ensemble de contributions tente de répondre, en portant un regard attentif aux lieux d'inscription du travail de Deligny, ainsi qu'au champ des pratiques pédagogiques interrogeant la norme éducative depuis ce qui s'en écarte.

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