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  • La fascination actuelle pour le portage, qui va des écharpes indiennes aux pagnes à l'africaine, en passant par les Snugli, Tonga et autres porte-bébés kangourous, pose à nouveaux frais la question de la relation entre la mère et son bébé. Pourquoi porter bébé et comment ? Quelles sont les vraies qualités du portage ? Ces pratiques de portage, culturellement marquées, sont-elles vraiment de retour ou simples effets de mode ? Quel lien entre portage, allaitement, cosleeping et tous ces autres phénomènes très actuels autour des bébés et des liens d'attachement ? Mères, sages-femmes, pédiatres, psychologues, psychanalystes, anthropologues exercent sur le portage leur regard critique. Régine Prieur est sage-femme et psychologue clinicienne à Toulouse.

  • Ce numéro ne sera  pas disponible en version papier. Vous pouvez accéder à sa version numérique sur le site de Cairn.info, en cliquant ici   Sa Majesté le bébé est-elle en passe de trouver son maître ? Ces variations spiralées sont dédiées à ce puissant rival : « l'enfant du dedans » des parents, l'embryon/foetus des professionnels. Depuis la fin du deuxième millénaire dans de nombreux pays industrialisés, les progrès technologiques du diagnostic anténatal exposent publiquement ce nouvel acteur, resté jusque là dans l'intimité du sein maternel à l'abri d'une invisibilité sacrée. Entre rencontres échographiques et menace de révélation d'une anomalie, parents et soignants imposent désormais à l'embryon/foetus, une place de « sujet » virtuel du premier chapitre prénatal de sa biographie familiale et médicale. Autrefois, dans un contexte sanitaire précaire, cette virtualité humaine de l'enfant de la grossesse était quasi aveugle et prudemment investie avant les rituels d'accueil postnatals dans la communauté ; aujourd'hui, parfois dans des conditions de transparence scientiste, cette virtualité est en risque de surexposition et de surinvestissement : parents et soignants bénéficient-ils alors de rituels séculiers symboliquement efficaces pour apprivoiser l'actualité éblouissante de cet E-baby conquérant ? Et, au delà de la période périnatale, quelle est donc l'empreinte, toute la vie durant de cette « relation d'objet virtuelle » inaugurale ? Quelles en sont aussi les réminiscences quand l'ex embryon/foetus/bébé devient parent « enceint » ? Quelle est donc enfin la tonalité singulière de la tragédie des parents qui aspirent sans succès à cette relation (parents infertiles...) ou pour qui elle est interrompue (mort prénatale spontanée, interruption de grossesse...) ? Existe-t-il des alternatives (adoption, voies sublimatoires...) ? Vivant, mort ou imaginaire, l'E-baby des parents et des soignants est une pièce essentielle du puzzle de notre modernité que ce numéro 60 de Spirale se propose d'explorer. Sa publication sur Internet lui donnera un medium interactif à la mesure de ses enjeux contemporains. 4/2011

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