Eres

  • La démocratie confinée ; l'éthique quoiqu'il en coûte Nouv.

    Comment avons-nous vécu les expériences de cette année incertaine, inquiétante, qui a déstabilisé nos repères, dérouté nos chemins, appauvri nos quelques certitudes, ruiné des existences et qui nous confronte désormais à des décisions difficiles ? Comment penser un après alors que la crise est encore là pour un longtemps et qu'elle a éprouvé notre démocratie dans ses valeurs essentielles ? Dans cet ouvrage, l'auteur reprend ses analyses qui constituent un retour sur les temps forts de cette première année de pandémie, sur les modalités de gouvernance, le processus décisionnel avec ses conséquences à tous les niveaux de la vie sociale. Du fait de sa position d'observateur engagé au plus près du terrain, il a contribué à nombre de réflexions portant notamment sur les choix en réanimation, la vie en ehpad (et là où les vulnérabilités humaines et sociales sont les plus fortes), les arbitrages institutionnels et les initiatives de proximité. Emmanuel Hirsch explore les divers aspects des réalités de la pandémie, scrute le processus décisionnel souvent défaillant, permet de comprendre ce qu'a été l'intelligence pratique des « invisibles » de notre République, héros pour quelques semaines et oubliés depuis. Son livre interroge la gouvernance solitaire et entre experts d'une circonstance imprévisible qui aurait d'emblée justifié une concertation publique. En cette situation exceptionnelle, la vie démocratique a été confinée alors que lutter contre un phénomène de cette ampleur n'est possible qu'en mobilisant l'ensemble des composantes de la société. Au-delà d'un constat rigoureux, le propos est critique et engagé, car l'un des objectifs de ce livre est de donner à penser comment vivre le long terme d'une crise globale révélée par le choc d'une pandémie.

  • La maison de l'après cancer Nouv.

    « Il est des récits ou des témoignages qui ne se commentent pas ; l'humain nous y révèle le plus précieux de ce qu'est le sens d'une vie.

    Dès les premières lignes, nous voilà confidents de l'intimité d'un lieu où se murmure et se partage un essentiel, parfois autrement que par les mots, de vie à vie. Alain Toledano, le bâtisseur de La maison de l'après-cancer, est un médecin cancérologue. Il connaît les fragilités humaines, les douleurs de l'âme, ces parcours de vie déroutés, ces désordres et ces renoncements, ces lentes dérives, l'incapacité d'encore penser et d'avoir à dire. S'il est parmi ceux qui développent aujourd'hui les technologies les plus innovantes dans les traitements du cancer, son intelligence de l'humain l'a porté à innover, à créer un lieu d'humanité.

    Ici, on résiste ensemble, les uns avec les autres, les uns pour les autres, avec la maisonnée, ces soignants qui eux aussi ont compris l'importance de ces moments de sollicitude, d'engagements et de partages vrais. » Emmanuel Hirsch

  • Depuis quelques années, un nouvel humanisme, une éthique et un droit de la vulnérabilité sont en train de naître sous nos yeux. Mais qu'est-ce que la vulnérabilité ? Pourquoi cette idée prend-elle tant d'importance aujourd'hui dans les débats politiques, juridiques, philosophiques et éthiques ? Comment comprendre qu'une politique de protection des personnes vulnérables puisse devenir aussi source d'exclusion, voire de restriction des droits ?

    Fruit d'un travail entre chercheurs et acteurs de terrains engagés dans les domaines du droit, de la psychanalyse, de la santé, de l'éducation et du travail social, cet ouvrage resitue la notion de vulnérabilité dans son contexte d'apparition historique, culturel et philosophique. Il soulève les problèmes et les opportunités que pose son usage dans le champ social. Tout en évitant le piège d'en  faire l'éloge, les auteurs analysent à quelles conditions une prise en compte renouvelée des vulnérabilités en société peut être vue comme une bonne nouvelle.

  • En nous, peu à peu, le doute s'est insinué : cette humanité dont le paradigme, plus ou moins idéalisé, a structuré le rapport des Occidentaux à eux-mêmes et aux autres existe-t-elle encore ? A-t-elle jamais existé et si oui depuis quand ? Et si oui encore, quels sont ses traits distinctifs ? Ces traits sont-ils universels (au sens de identiques toujours et partout) ? Constate-t-on dans la modernité un effacement ou une déformation, un délitement ou une transformation de ces traits ?

    Ces interrogations s'inscrivent dans la continuité du questionnement porté par Michel Foucault il y a 50 ans. Les auteurs le reprennent et le transforment, à partir de cet objet intime et toujours étranger que le corps constitue pour chacun et pour les autres.

    C'est donc du corps qu'il s'agira ici, au sens non seulement du corps propre, mais également du corps pulsionnel, imaginaire, malade, etc. Quelles projections anthropomorphiques sont à l'oeuvre dans les inventions technologiques de l'intelligence artificielle et des biotechnologies ? Quels sont les enjeux subjectifs de la demande de maîtrise technologique sur le corps en matière de génie génétique, prothèses, ou lutte contre le vieillissement ? Comment les dispositifs machiniques interfèrent-ils dans la vie affective du sujet et la construction de son image ? Quels rapports de pouvoir sont impliqués dans les techniques génétiques et les appareillages prothétiques ?

    C'est à l'élaboration de ces interrogations que concourt ce travail collectif.

  •  

    À l'occasion de ce procès qui s'est terminé le 21 août 1947, le monde entier a découvert l'ampleur et l'horreur des expérimentations médicales qui ont été réalisées sur des hommes, des femmes et des enfants dans les camps de concentration. Les questions d'ordre éthique soulevées par les experts médicaux de l'accusation et les réponses qu'ils ont apportées aux arguments des accusés et de leurs avocats ont servi de fondement au Code de Nuremberg.

    La rédaction du Code de Nuremberg constitue un événement d'une portée historique fondamentale à la fois sur les plans juridique et médical. Il fixe pour la première fois la légitimité des expériences médicales, tout en mettant en place des limites destinées à protéger les personnes qui y participent grâce à l'instauration du « consentement éclairé ». Il annonce la naissance de la bioéthique moderne.

    Cette réédition en poche rappelle les valeurs intangibles de l'éthique biomédicale. À l'épreuve de l'histoire, l'exigence de conscience et de responsabilité s'impose comme un devoir.

  • Jacques Ellul, penseur indépendant, à l'écart des modes et des fausses querelles, internationalement connu, poursuit avec cet ouvrage paru à la fin de sa vie sa réflexion et son analyse de notre société technicienne foncièrement intolérante. Au-delà du juriste, du philosophe, du sociologue, du théologien, c'est plutôt l'homme qui bouscule ici les idées reçues concernant tous ceux qui dérangent l'ordre établi (délinquants, malades mentaux mais aussi chômeurs, personnes âgées et tous ceux qui ne veulent ou ne peuvent produire) et nous engage à changer le cours de choses et à réagir contre l'exclusion, la ségrégation de membres du corps social qui, de plus en plus nombreux, pourraient devenir majoritaires.  

  • Dans un contexte de médicalisation et de contrôle de la fin de vie, les évolutions législatives engagent à une réflexion nécessaire sur certaines pratiques d'euthanasie ou assimilées. Reconnaître à la personne le droit de refuser un traitement qu'elle estimerait incompatible avec ses valeurs et de décider des conditions de sa mort peut être considéré comme le strict respect de son autonomie.
    Une telle position suscite néanmoins nombre de dilemmes éthiques, notamment lorsqu'il s'agit d'une personne en situation de vulnérabilité. Dans ce contexte, comment s'exerce l'arbitrage d'une décision qui peut aboutir à sa mort anticipée ? Lorsque certaines législations évoquent le « droit à la mort dans la dignité » pour des personnes atteintes de lourds handicaps, de la maladie d'Alzheimer ou de souffrances psychiques, ne renonçons-nous pas à des devoirs de sollicitude et de solidarité à leur égard ?
    Cet ouvrage réunit les meilleures compétences afin d'aborder en profondeur cette délicate question de la demande d'euthanasie. Elle suscite dans bien des circonstances des réponses hâtives ou des procédures révélatrices d'une insuffisance de réflexions à la fois argumentées, prudentes et responsables.

  • En 1996, la fermeture de l'usine Chausson de Creil, programmée dans le secret par la direction dès 1991, a marqué les esprits. Malheureusement, les problèmes soulevés à cette époque se sont amplifiés et généralisés : l'actualité révèle presque tous les jours des licenciements massifs. La réédition de cet ouvrage est donc devenue une évidence qui nous rappelle qu' « une fermeture ou des licenciements ne constituent pas seulement des faits quantifiables : nombre d'emplois perdus, nombre de personnes reclassées, mises en préretraite, indemnités financières, formations offertes, déménagements éventuels. Ils représentent autant d'épreuves, de ruptures, de traumatismes, de pertes ? de repères, d'identité ? qui s'effacent derrière les impératifs économiques, financiers, les diktats de la modernisation, les nouvelles règles du jeu de la mondialisation ». D. L. Cet ouvrage, qui se lit comme un roman, apporte des éléments concrets pour comprendre les transformations objectives et subjectives du monde du travail dominé aujourd'hui par les politiques managériales modernisatrices qui, si elles misent sur l'individualisation à outrance et la mobilisation de la subjectivité des salariés, privilégient les critères économiques et financiers en les déconnectant de leurs incidences humaines. Danièle Linhart est sociologue, directeur de recherche au CNRS 

  • Quelles sont les ressources pour l'action en milieu de travail ? Autour de cette question centrale en clinique du travail, diverses approches alimentent des perspectives communes.

    Cet ouvrage contribue au développement de la clinique du travail entendue comme métaphore de l'engagement de l'homme dans le monde, comme confrontations aux réalités matérielles et symboliques, comme espace où le lien social, l'intersubjectivité ont pour centre et mobile l'action, les objets et les fins poursuivies. Référés à la clinique de l'activité, à la psychodynamique du travail, à la psychologie sociale clinique, à la sociopsychanalyse, à la sociologie clinique..., les auteurs rendent compte de recherches réalisées dans des secteurs professionnels variés - hôpitaux, industrie, restauration, banque, aide à domicile, élevage industriel, animation et éducation, services publics...

  • Les États généraux de la bioéthique se sont ouverts le 18 janvier 2018. Décider que la concertation ne devait pas se limiter à la révision de la loi relative à la bioéthique du 7 juillet 2011, c'était affirmer qu'une certaine bioéthique d'hier est révolue.

    D'autres enjeux bioéthiques ont fait irruption sur la scène publique et constituent les nouveaux territoires et les nouveaux terrains de la bioéthique. Si les neurosciences suscitaient déjà des réflexions portant sur de possibles interventions sur le cerveau, pour « réparer, transformer et augmenter », désormais l'intelligence artificielle, l'usage des données de masse, la robotisation nous imposent la responsabilité de renouveler notre pensée de la bioéthique.

    Est-il envisageable de poser un cadre législatif à des innovations disruptives qui bouleversent nos conceptions de l'environnement, du vivant, de l'humain, de notre rapport à l'autre et au monde ? Est-on capable de concevoir un humanisme pour temps d'artificialisation, de numérisation ou de vitrification de notre humanité ? Quelles valeurs et quels critères opposer à l'enchantement d'une promesse d'invulnérabilité et de dépassement d'une condition humaine, considérée par certains indigne, voire révocable ??

  • La complexité croissante de la vie en société rend le changement social plus difficile. La transaction sociale constitue un bon outil pour comprendre et changer le monde. En 1978 et 1980, Jean Remy, Liliane Voyé et Émile Servais publiaient l'ouvrage fondateur de la transaction sociale, depuis longtemps épuisé, Produire ou reproduire ? en écho au débat qui opposait Pierre Bourdieu, défenseur de la reproduction de la société, à Alain Touraine, pour lequel il y avait production d'une société nouvelle par les mouvements sociaux. Entre ces deux visions incompatibles, les trois auteurs imaginaient des rapprochements ponctuels et partiels, ou transactions sociales.

    Contrairement à la transaction économique, la transaction sociale fait passer les valeurs avant les intérêts. Elle ne fait pas disparaître les conflits mais les « apprivoise » : la transaction sociale génère des compromis acceptables qui permettent de coopérer malgré des désaccords persistants. 

    En rendant les textes majeurs accessibles à un large public, cet ouvrage en montre la fécondité comme outil d'analyse de la réalité sociale. Sa conceptualisation s'est enrichie et complexifiée en quarante ans grâce notamment aux travaux du comité de recherche « Transactions sociales, cultures, émancipation » de l'Association internationale des sociologues de langue française (AISLF) .

  • « Sans prétendre excéder jamais ce que peut le médiateur, sans confondre jamais son travail avec celui du psychologue ou du psychanalyste, a fortiori de l'avocat ou du juge, Claire Denis nous livre ici bien plus que le témoignage d'une longue expérience. Elle invente aussi une manière toute nouvelle de la faire partager, ne redoutant d'exposer ni les erreurs, ni les incertitudes, ni les réussites qui ont jalonné son parcours. Plaçant ainsi ceux qui la liront dans la situation d'apprendre par eux-mêmes, mais en leur donnant pour ce faire ses secrets, ses `tours de main', invitant à lire ses auteurs de prédilection comme à réfléchir sur les cas qui l'ont marquée, résumant de façon très claire chacune des étapes de la démarche, elle leur fait don d'un livre qu'elle a voulu avant tout utile. Il est destiné d'abord aux médiateurs ou aux futurs médiateurs et médiatrices. Mais il apportera à tous les professionnels de la famille qui ont à connaître des conflits privés, et se soucient de contribuer à leur résolution sans autoritarisme ni paternalisme, une moisson de réflexions et de suggestions. Pour nous tous, ce travail de retour sur soi, ou plutôt sur une pratique, par l'une des premières initiatrices de la médiation en France, est aussi une belle leçon d'énergie, de sensibilité et de générosité. » Irène Théry dans sa préface.

  • L'expression de société de service, de plus en plus employée, témoigne d'une transformation structurelle des économies contemporaines. Plaçant le service au coeur de la relation marchande, elle est déjà suspectée d'introduire de nouveaux rapports de domination et d'instiller des formes de servilité dans les échanges. Faut-il s'en défier ? L'auteur nous invite à penser les modes de structuration de la société de service. Dans ce processus en cours, d'autres rapports entre intérêt et solidarité se dessinent. L'observation de l'existant participe alors de la réflexion sur leurs devenirs possibles. Jean-Louis Laville est professeur au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), titulaire de la chaire Relations de service et codirecteur du LISE : Laboratoire interdisciplinaire pour la sociologie économique (CNRS-CNAM, Paris).
    />

  • La sensibilité du soignant : valeur ajoutée du soin en réanimation ? La philosophie comme outil pour aborder la dimension éthique de la réalité des soins. L'auteur fait discuter la réalité du soin avec les pensées philosophiques, parfois avec audace ou ambition, mais surtout sans prétention. L'objectif est de rendre visible ce qui se vit dans l'ombre, de montrer et comprendre la rugosité mais aussi et surtout la richesse du soin. En réanimation, parce que la technique occupe une large place, cette part du soin qui n'offre aucune visibilité, doit être valorisée. En tant que cadre infirmier, l'auteur s'y engage aux côtés de son équipe, et s'attarde sur les petites choses au plus près des réalités du soin.

  • Cet ouvrage explore et défriche le terrain délicat des violences évitables de façon à la fois concrète et théorique avec l'espoir que professionnels et chercheurs s'en saisissent. Les patients, leur entourage et les soignants sont souvent victimes de violences inhérentes à l'administration du soin, à son déroulé, au soin sans consentement, à la formation des futurs soignants, mais aussi à ce qui relève du tout-économique, du tout-évaluation dans le modèle hospitalier contemporain où se déploient des normes et des contraintes qu'il importe d'interroger. Cet ensemble de textes vise à identifier la part évitable de ces violences. Il dit aussi ce qui relève de l'impensable dans des lettres adressées par des patients ou des proches aux soignants, et aux institutions.
    />

  • Comprendre l'émergence et le développement exponentiel des groupes d'analyse de pratiques aujourd'hui dans les évolutions du monde du travail, repérer la place qu'ils occupent, les rôles qu'ils jouent, les contextes organisationnels dans lesquels ces groupes se multiplient ou au contraire sont empêchés, tels sont les principaux enjeux de cet ouvrage collectif.

  • La loi sur la fin de vie du 2 février 2016 rend désormais possible une assistance médicalisée assimilée par certains à l'aide active à mourir, ce que revendiquent depuis des années les apôtres du suicide assisté ou de l'euthanasie. De « nouveaux droits » y sont proclamés, comme celui d'éviter toute souffrance en décidant de mourir de manière anticipée, sous sédation profonde et continue. Pouvoir ainsi recourir aux dispositifs d'une mort à la demande, dans la minutie de procédures médico-légales, est-ce l'avancée démocratique attendue pour « mourir dans la dignité » ? Cette « dernière liberté » constitue-t-elle le nouveau modèle de la « bonne mort », une nouvelle éthique du « bien mourir » sous contrôle médical ?

    Les derniers temps d'une existence sont affaire intime ; ils relèvent de circonstances personnelles. Ils sont pourtant devenus l'enjeu de débats politiques et de décisions légales qui aboutissent aujourd'hui à de nouvelles pratiques médicales. Au-delà d'une promesse électorale et d'une concertation nationale n'ayant pu aboutir qu'au consensus provisoire d'un texte de loi ambigu et d'une application compliquée, nos responsabilités demeurent auprès de celui qui va mourir. N'aurait-il pas été alors plus sage et courageux de créer les conditions effectives d'un choix possible entre un accompagnement humain jusqu'au terme de la vie et une euthanasie par compassion ?

  • Cette réédition totalement revue et enrichie contribue à une appropriation des évolutions législatives portées par la loi du 2 février 2016 créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie (droits de la personne, sédation profonde et continue, souffrance, directives anticipées opposables, etc.). Les conditions du mourir interrogent à la fois nos obligations sociales et les exigences du soin. Alors que s'instaurent une nouvelle culture de la fin de vie, de nouvelles solidarités, quelles seront les incidences sur les pratiques professionnelles au service de la personne malade et de ses proches ? Ces situations toujours singulières, irréductibles aux débats généraux portant sur « la mort dans la dignité » justifient une exigence de clarification, la restitution d'expériences et la transmission de savoirs vrais.

    Dans une approche pluridisciplinaire, cet ouvrage associe les meilleures compétences pour proposer une synthèse rigoureuse et complète des réflexions et des expériences au coeur des débats les plus délicats de notre société. Il constitue une indispensable référence à destination des professionnels mais tout autant d'un large public, la concertation nationale sur la fin de vie ayant fait apparaître un important besoin d'informations dans ces domaines à la fois intimes et publics.

    Avec la participation de 110 auteurs, médecins, infirmiers, psychologues, psychanalystes, orthophonistes, psychomotriciens, sociologues, juristes, bénévoles, philosophes, anthropologues.

  • Quand commence le handicap ? Comment le définir autrement qu'avec les classifications conventionnelles ?  En philosophe, Anne-Lyse Chabert utilise sa propre expérience du handicap pour décrire la dynamique, véritable stratégie de la métamorphose, nécessaire au dépassement des contraintes du corps et de son environnement. Elle analyse ce phénomène de rééquilibrage propre au handicap, grâce à trois grilles de lecture liées aux concepts :

    - de normes de vie et ses dérivés normativité, normal/pathologique, santé, qui qualifient ce que l'individu mobilise pour atteindre une nouvelle forme de stabilité dans son espace corporel contraint par le handicap ;

    - d'affordance qui se réfère à l'utilisation des outils technologiques, interfaces pour favoriser la perception et l'action de l'individu sur son environnement

    - de capabilité, dérivé de l'économie, qui permet de décrire et d'évaluer la qualité de vie d'un individu en fonction de son contexte socio-économique et humain mais aussi des capacités qu'il peut y déployer

    Trois situations de vie différentes, celle d'un calligraphe devenu tétraplégique qui redéploie la même exigence d'expertise artistique après son accident, celle de jeunes aveugles qui apprennent à jouer au foot, ou encore celle d'une personne autiste qui a su retrouver une place dans la société, illustrent l'inventivité nécessaire pour transformer le handicap au fil des expériences de vie.

  • Lire l'entretien avec l'auteur (propos recueillis par Audrey Minart)

    Auprès de ceux qu'elle accueille et accompagne tous les jours dans le cadre de sa consultation, Nicole Landry-Dattée a appris que les enfants font preuve de réelles capacités à penser les questions existentielles. Ils nous donnent de grandes leçons de vie et d'amour. Cet ouvrage relate une expérience pionnière acquise au sein du groupe de soutien aux enfants de parents atteints de cancer. A l'écoute de ce qu'ils expriment, l'auteur tente de répondre aux questionnements des adultes : pourquoi ? quand ? comment parler aux enfants de ce qui arrive à leurs parents malades ?

     « Ce livre d'expérience et de réflexion prend la dimension d'un témoignage philosophique. Il nous permet de puiser dans ces échanges avec les enfants la capacité d'assumer autrement nos responsabilités humaines et sociales  auprès et au service de la personne malade ainsi que de ses proches. Pour celles et ceux qui sont confrontés personnellement au cancer ou à d'autres maladies graves, ce document constituera également une source d'inspiration, un savoir, un mode d'accompagnement et peut-être de réconfort, dotés de la valeur d'un acte de vie. » Emmanuel Hirsch

  • Quoi de plus tragique que la maladie d'Alzheimer ? Maladie de la mémoire, elle engage et altère l'être, le sens du chez-soi, le langage et la communication, le jugement et le raisonnement, et mobilise des enjeux de reconnaissance de soi et des autres. Pourtant, la maladie d'Alzheimer n'efface pas tout d'une vie ! Face aux désastres humains qu'elle provoque sur les malades mais aussi sur les proches et la société, l'auteur défend une éthique du soin incarnée. Elle montre que l'esprit des de-mens est toujours  là, qu'il se manifeste par la persistance, la permanence d'une  intelligence souterraine affective et émotionnelle archaïque encore mobilisable.

    Partant d'une riche et longue expérience de terrain, ce livre fait dialoguer les patients, les notions philosophiques et les questionnements éthiques, dans le souci d'aider les soignants et les proches à partager, dans l'ici et maintenant, les moments clefs qui jalonnent l'évolution et l'accompagnement des malades d'Alzheimer, de la première consultation mémoire à l'entrée en institution et la fin de vie.

  • Le développement de la médiation durant ces trente dernières années est un véritable phénomène de société, né essentiellement dans une période de paix pour imaginer des solutions liées aux conflits et à leurs conséquences. Largement inspirée des techniques de communication et des psychothérapies, elle a été introduite dans la société civile et la justice dès les années 1970 dans les pays anglo-saxons. Fin 1983, Robert Badinter donna l'impulsion nécessaire pour créer la première structure de médiation pénale et d'aide aux victimes en France, dont Jacqueline Morineau a eu la responsabilité.

    Dans cet ouvrage très personnel, elle revient aux sources historiques, culturelles et spirituelles de la médiation humaniste qu'elle a développée, pratiquée et enseignée depuis trente-trois ans. Pour elle, tout conflit matériel cache une dimension profonde, qu'il faut s'attacher à débusquer. Souvent la dimension civile et commerciale de la médiation prend trop de place et la prive de l'espace à donner à la dimension humaine, qui est toujours en attente. Une victoire sans paix est une piètre victoire. Il faut oser descendre dans le labyrinthe de la vie pour répondre à la vraie demande.

    Cet ouvrage fait suite aux travaux de recherches pluridisciplinaires sur la médiation humaniste du CRMH (Cercle de recherche sur la médiation humaniste).

  • Cet ouvrage présente les conditions d'exercice de la sociologie d'intervention.A travers une approche méthodologique, théorique et épistémologique, il entend répondre à des questions auxquelles tous les praticiens de l'intervention (spécialistes des sciences humaines mais aussi consultants de toutes les disciplines) se trouvent confrontés. L'action du sociologue répondant à la demande socialerelève-t-elle de la science ? L'implication du chercheur est-elle compatible avec la rigueur de sa démarche? Quelles relations établir avec un commanditaire? Quelles sont les postures de l'intervenant? Comment se déroule une intervention? Quelles contraintes théoriques respecter? Quelle position adopter face à la notion d'expertise? Quelle vocation accorder à la connaissance produite? Des récits d'intervention viennent ici ponctuer les développements et fournissent des contours précis à cette sociologie d'intervention. Cet ouvrage est maintenant présent dans les bibliographies des étudiants. Il constitue un outil reconnu qui complète l'ouvrage récemment paru de l'auteur, Au-delà de la sociologie des organisations (érès, 2008)

  • Réunissant des chercheurs issus de différentes disciplines des sciences sociales, l'ouvrage offre un état des lieux, à la fois large et synthétique, rétrospectif, d'actualité et prospectif, des rapports complexes entre ruralité, environnement et nature. Dans cette perspective, il poursuit deux grands objectifs complémentaires:

    - revenir sur un certain nombre de problématiques « à rebonds » en revisitant des dichotomies classiques : nature-société, urbain-rural, cultivé-sauvage, protéger-développer, représentations-pratiques, etc. ;

    - discuter de problématiques territoriales qui ont émergé plus récemment, autour des enjeux d'environnement ou encore par rapport à la transition socio-environnementale.

    En remettant en question aussi bien une vision passéiste du rural (vu en soi comme conservatoire de traditions, de la nature, etc.) que la tentation de fin de l'histoire où le rural serait dissout dans un urbain généralisé, les auteurs renouvellent ainsi conjointement les études rurales et d'environnement françaises à l'heure des appels au « développement durable ».

empty