Arts et spectacles

  • Ceci n'est pas un traité musicologique mais les mémoires d'un auditeur libre venu renier le testament musical de cette humanité nocturne qui va de Wagner à Daft Punk. Et poser une fois pour toutes la question : comment des ténèbres du xxe siècle a pu surgir la lumière de Monteverdi, Purcell, Lully, Vivaldi, Bach, Haendel... et tant d'autres ?
    Fallait-il que chute monstrueusement le genre humain pour mériter d'entendre, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, la voix miraculeuse d'Alfred Deller ? Le chaos assourdissant de ce monde serait-il le détonateur de ce retour en grâce de la voix qu'incarnent la Billie Holiday de Versailles Agnès Mellon ; la reine du jour Sandrine Piau ; la gitane de Pleyel Patricia Petibon ; la comète Jaroussky et ses coruscantes coloratures ?
    "Sans la musique, la vie serait une erreur" disait Nietzsche. Rectification : sans le baroque, la musique serait une erreur ! »
     
    Thomas A. Ravier 

  • « Moi-même et mes amis des Cahiers du cinéma (c'est-à-dire Claude Chabrol, Jacques Rivette, François Truffaut et Jean-Luc Godard), nous allions presque tous les soirs à la Cinémathèque voir des films. C'est là que j'ai vu la grandeur du cinéma ; et que j'ai voulu le dire aussi grand que la littérature, la peinture et les autres arts. »
    Éric Rohmer

    En 1955, Éric Rohmer, qui n'est encore que critique, publie une étude retentissante dans les Cahiers du cinéma : « Le celluloïd et le marbre », enquête sur les arts observés du point de vue du dernier-né d'entre eux, le cinéma.
    En octobre 2009, alors que son oeuvre, devenue l'une des plus importantes de son époque, est achevée, il donne un entretien-fleuve à Noël Herpe et Philippe Fauvel. C'est l'occasion pour lui de reprendre sa réflexion sur la littérature, la peinture, la musique, l'architecture, confrontées cette fois à son expérience de cinéaste - mais aussi de livrer quelque chose de son intimité intellectuelle et sensible.
    Ce volume réunit les deux temps. Il met en vis-à-vis le texte de jeunesse et la parole du vieil homme jetant un dernier regard sur ce qui fut le coeur de sa vie : ce qu'il a nommé, naguère, le goût de la beauté.


    Éric Rohmer (1920-2010) est l'auteur et le metteur en scène de vingt-cinq longs métrages, du Signe du Lion aux Amours d'Astrée et de Céladon, en passant par Ma nuit chez Maud, Le Genou de Claire, Pauline à la plage, Les Nuits de la pleine lune, Le Rayon vert ou Conte d'été.

  • L'oeuvre de Jacques Demy a marqué le cinéma français.
    Ce livre qui reprend les textes de ses chansons, connues et inédites, révèle un poète, un écrivain.

  • Aucune figure de l'histoire du cinéma n'a été à la fois vilipendée et adulée comme Roberto Rossellini (1906-1977). Fondateur du néoréalisme avec Rome ville ouverte, inventeur du cinéma moderne avec Paisà, précurseur de la Nouvelle Vague avec Voyage en Italie, pionnier d'une télévision utopique avec La Prise de pouvoir par Louis XIV, il a été le héros d'un cinéma né de la sensibilité et de l'intelligence de l'individu, indépendant des clichés et de l'industrie. Cette biographie, la première du cinéaste, fait découvrir un homme de passions, charmeur irrésistible, intellectuel cosmopolite, homme de la Renaissance et du XXe siècle, maître à penser, aventurier romain, qui a le premier affirmé que le cinéma était affaire de morale. Tag Gallagher a passé quinze ans à enquêter sur la réalisation et la réception - tumultueuses toutes deux - des films de Rossellini, parlant à tous ceux qui l'ont connu. Sa recherche dissipe bien des mythes de l'histoire du cinéma. Rossellini a vécu intensément dans le présent ; sa vie et ses films sont inséparables. Vittorio Mussolini, Anna Magnani, Federico Fellini, Ingrid Bergman, François Truffaut, Jean Rouch et bien d'autres sont parmi les personnages qui croisent son chemin. Auteur de l'étude critique John Ford, The Man and His Films, saluée comme le meilleur livre sur Ford, Tag Gallagher publie en France dans les revues Trafic et Cinéma. Traduit de l'anglais (États-Unis) par Jean-Pierre Coursodon.

  • S'il y a une énigme dans les films d'Alfred Hitchcock, c'est celle, majeure, que génère le sexe féminin. Dans quelle mesure, dociles au souhait du Maître, les créatures de l'écran nous permettraient-elles d'accéder à son secret ? « Qu'est-ce qui me dicte le choix d'actrices blondes et sophistiquées ? Nous cherchons des femmes du monde, de vraies dames qui deviendront des putains dans la chambre à coucher », disait-il à Truffaut. Point n'est besoin de courir vers la prostituée sous prétexte de préserver la pureté conjugale, inutile dorénavant de scinder notre vie amoureuse en deux zones distinctes. Les voici, ces blondes qui, nous éblouissant depuis le ciel où scintillent et tournoient les étoiles - nous les sacrons et consacrons stars -, continuent d'opérer dans la chambre obscure de nos désirs. Et illustrent ce paradoxe légendaire : Hitchcock, ou l'homme qui en savait trop sur les femmes ? Serge Koster a publié de nombreux livres, dont les deux derniers, Léautaud tel qu'en moi-même (2010) et Je ne mourrai pas tout entier (2012), ont paru aux Éditions Léo Scheer.

  • Suivant son fil d'Ariane, Éric Duyckaerts expérimente l'errement (de sa pensée), convoquant tour à tour de grands noms de la culture classique (Le Vinci, Le Corbusier...) et des héros populaires (Tintin, Trenet...). Ici il réfléchit sur le mystérieux phénomène du mouvement des astres, là il interroge la pertinence de la mesure en art, ailleurs il dessine une esthétique de la promenadologie - où le vagabondage prend sa forme la plus concrète.
    Ce recueil composé de six textes constitue une réflexion sur la nature labyrinthique du savoir, à travers la philosophie, l'oeuvre d'art ou encore la mathématique, dont le point de départ est le plus souvent un questionnement sur les mots.
    Théorie des ensembles, paradoxes, métaphores, inventions plastiques... : une érudition plaisante et ludique qui, à l'instar des performances de l'artiste, cherche à décoder le langage, à mettre en relief les modes d'appréhension d'une réalité foisonnante, sans jamais se départir d'humour et de fantaisie.

    Éric Duyckaerts est né à Liège en 1953. Il élabore depuis le milieu des années 1980 une oeuvre où se mêlent des performances, des vidéos et des installations. Outre de nombreuses expositions et des publications en revues, il a écrit un roman, Hegel ou la vie en rose (1992, L'Arpenteur).

  • Pour toute une génération, la saga des films consacrés à Alien, « le huitième passager » est devenue emblématique du monde en devenir. La nature de sa monstruosité est si puissante qu'il a fini par pénétrer la pensée des philosophes dont il a marqué la jeunesse. Ce recueil s'attache ainsi à montrer l'épouvante que suscite notre rapport au réel, tel que nous l'avons domestiqué. Dans la violence de ce prédateur, nous nous percevons nous-mêmes, avec notre rage destructrice. L'alien est certes inhumain, mais il partage avec la proie que nous sommes un pouvoir d'anéantissement qui nous imite en tant qu'envahisseur de la nature.
    L'alien, meurtrier des dieux, nous extermine, mais laisse vivre les chats et les androïdes auxquels il est indifférent. Dans cette valorisation de l'animal et de la machine au détriment des humains, il semblerait que se dévoile une autre vie, sous les traits d'une femme. En elle, se rejouent une chance, une hybridation avec l'univers pour laisser monter comme une « nouvelle alliance », un nouvel avenir des machines associées aux hommes.

    Métaphysique d'Alien réunit des textes d'Elie During, Jean-Clet Martin, Raphaël Bessis, Charles H. Gerbet, Laurent de Sutter, Frédéric Neyrat, Marika Moisseeff, Antoine Hatzenberger, Véronique Bergen et Peter Szendy.

  • Les auteurs :
    PHILIPPE AZOURY - ANTOINE DE BAECQUE - SONIA BUCHMAN - JEAN-FRANÇOIS BUIRÉ - MARC CERISUELO - ANGIE DAVID - SAMUEL DOUHAIRE - JEAN-LUC DOUIN - AVRIL DUNOYER - RÉMI FONTANEL - MARIE ANNE GUERIN - ANDRÉ HABIB - MICHEL MARIE - OLIVIER PÉLISSON - NATACHA THIÉRY - FRANCIS VANOYE Jean Eustache a tourné treize films de tout format et de tout genre, des films courts (plutôt que des courts métrages) et des films fleuves, des films de cinéma et des films pour la télévision, des documents (plutôt que des documentaires) et des fictions, un film célèbre, La Maman et la Putain, et des films discrets. Tous ont une part autobiographique, au sens où Eustache était l'ethnographe de son propre réel.
    Ce fut un cinéaste secret, souffrant du manque de succès, mais charismatique. Qu'est-ce qui nous touche tant chez lui, quand Alexandre parle à n'en plus finir, que Véronika rit et pleure dans le même mouvement, que la Rosière sourit ou qu'on découpe le cochon ? Qu'est-ce qui subsiste ainsi, irréductiblement, trente ans après son suicide, en novembre 1981, diamant qu'on ne saurait rayer, regard clair qui ne saurait s'éteindre ?
    À ces différentes questions, le Dictionnaire Eustache voudrait répondre, explorant cet univers et cette vie comme un puzzle bio-filmographique, une forme en multiples détails - ces détails dont Eustache était fou -, une marqueterie faite de séquences, d'histoires, d'amitiés, d'amours, de collaborations, de références et de fétiches personnels. Qu'est-ce ainsi que le « désir » ou la «mort » chez Eustache, l'« adolescence » ou le «montage », la « captation du réel » ou le « fondu au noir » ? Pourquoi le « vouvoiement », le « trou », le « passé », le « sexe », la « mélancolie » ou la « drague » ? Quelles places ont occupées ses acteurs, tels Jean-Pierre Léaud ou Françoise Lebrun, ses proches et sources d'inspiration, tels Jean-Noël Picq ou Jean-Jacques Schuhl, ses modèles cinématographiques, tels Murnau ou Renoir ?
    Le Dictionnaire Eustache propose une manière originale, ludique, cinéphile et littéraire de décrire et de comprendre l'univers et la vie du cinéaste, curiosité se déclinant sur près de deux cents entrées qui tentent de dire au plus juste qui il était et ce qu'étaient ses films.

  • Dès ses débuts, Hollywood a compris que pour fidéliser un public, il fallait fabriquer une mythologie autour des acteurs. C'est ainsi qu'est née la star, référence absolue pour la comédienne qui se défend pourtant de chercher à en devenir une. Car sans négliger les avantages de la célébrité, elle en souligne les inconvénients. Ce qu'elle souhaite avant tout, affirme-t-elle, c'est exercer un métier qui la passionne.
    Mais est-ce si simple ? Que cache ce besoin de reconnaissance ? Qu'est-ce qui, dans son histoire personnelle, génère ce désir ? Jouer la comédie est-il le véritable enjeu ? Et pourquoi chercher à s'exposer quand les réseaux sociaux et le portable espion changent les règles d'une notoriété devenue dangereuse ? Comment préserver son aura dans une communication mondialisée où le 7e art joue sa propre survie ?
     
    De Gaumont à France Télévisions, en passant par la direction du cinéma de Canal+ et la présidence de la Fémis, René Bonnell s'est mis au service du grand écran. En France comme à l'étranger, il a eu l'occasion d'observer plus d'une star et d'échanger avec elles. Ce livre s'inspire de son expérience.

  • La fiction sait ce que la réalité ne fait que sentir. L'Occident a répandu ses ténèbres sur le reste de la Terre. Et la série Lost ne se contente pas d'en dresser le portrait le plus complet ; elle met également en scène la quête d'un nouveau pôle d'orientation, qui passe par la compréhension de nos conditionnements et déterminations, l'interprétation symbolique unificatrice et la naissance d'un regard parfait qui intègre et dépasse tous les conflits.
    Dans cet essai, l'auteur démontre que Lost, à mi-chemin du projet tout public et de la narration complexe, en dépassant le clivage historiquement connu du grand récit mythique et de la fiction d'avant-garde, ouvre de plain-pied l'art du XXIe siècle.
    Sont mis à contribution, entre autres, Sohrawardî, René Guénon, Henry James, René Daumal et Twin Peaks pour produire le ta'wîl de Lost : une exégèse qui soit également un exil de notre prison occidentale.

  • Un jour de 1958, Paola Carla frappe la porte d'Alberto Giacometti avec une mission : obtenir de lui qu'il ralise son buste. Il acceptera et, en lui ouvrant, durant des mois, son atelier, fera de la jeune femme le tmoin privilgi de sa cration. Prs de quarante ans plus tard, le destin d'Annette, la veuve de l'artiste, est tragiquement interrompu. Paola Carla comprend que l'heure est venue pour elle de livrer ses souvenirs, de raconter cet homme et cette femme dont l'amiti a chang sa vie. Rcit passionn et subtil, o l'analyse se mle la confidence, et l'hommage la colre, Monsieur Giacometti, je voudrais vous commander mon buste offre, sur une des oeuvres majeures du XXe sicle, un regard neuf, qui tonne et bouleverse. Paola Carla est ne Naples en 1929. 24 ans, elle s'installe Paris, o elle frquente le milieu intellectuel et artistique, se liant d'amiti avec Balthus, Matta ou Bellmer. 38 ans, elle entreprend des tudes de psychologie et devient l'lve de Jacques Lacan. Psychanalyste, elle travaille longtemps dans les hpitaux parisiens. Elle fonde en 1990, Naples, un centre lacanien d'tudes psychanalytiques. Elle a publi diffrents travaux sur la psychanalyse et la psychiatrie, et dirig des sminaires sur Lacan, notamment New York. Elle a aussi crit sur des artistes comme Consagra, Giacometti et Cremonini. Elle partage aujourd'hui son temps entre Naples et Paris.

  • Maurice Pialat, mort en janvier 2003, demeure comme le plus grand cinéaste français de la fin du XXe siècle. Nous en sommes sûrs désormais. Ses dix films n'ont d'ailleurs jamais autant été vus, de L'Enfance nue à Van Gogh, de La Maison des bois à Loulou ou À nos amours.
    Le Dictionnaire Pialat propose, en deux cents entrées qui tentent de dire au plus près qui il était et ce qu'est son oeuvre, une manière originale, ludique et fétichiste d'explorer l'univers du cinéaste. Un monde parcouru de figures familières, de rencontres, d'acteurs et de personnages, de répliques, de récompenses ou de projets non tournés, d'obsessions, d'intérêts et de goûts, d'amitiés, de rivalités et de collaborations orageuses, de coups de gueule revenant de film en film ou passant de la vie dans le cinéma, et du cinéma dans la vie.
    Cet outil offre d'indispensables repères pour voir et revoir ses films. Mais c'est également une ouverture vers l'imaginaire et la rêverie qui rend justice au talent singulier de Pialat, à son art unique d'imposer avec des vies ordinaires le roman vrai, foisonnant et vital, de notre temps, sa comédie humaine.

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