Editions Léo Scheer

  • « Je voudrais vous parler d'un personnage omniprésent dans la littérature. Un personnage discret et remarquable, connu de tous et mystérieux ; arriviste peut-être, il sait aussi séduire et fasciner. Le chat est ce personnage aux formes multiples, infiniment flexible.
    Comment se douter qu'un être si petit, si familier, avait investi les listes des dramatis personae ? Son animalité, les masques variés avec lesquels il se déplace dans les oeuvres ne le rendent pas moins prépondérant dans les romans que dans la poésie ou le cinéma. Prépondérant, mais si délicat à cerner qu'il me fallait en faire un livre. Je n'étais pas au bout de mes découvertes. Se pouvait-il, pour paraphraser Rilke, que je prétendisse connaître les chats avant d'avoir écrit sur eux ? » S. H.

  • Face à l'abattoir, lieu du plus grand secret, naît l'envie de savoir comment, hors de la vue des consommateurs, on tue les animaux. En voulant dénoncer la souffrance des bêtes, on découvre aussi celle des hommes, et la cupidité d'une industrie agroalimentaire qui a massacré les paysages et abîmé le corps des ouvriers. Cet essai est aussi le récit d'un parcours personnel : comment devient-on végétarien ? Qu'est-ce qui amène à une prise de conscience, indépendamment de la mode vegan ?
    L'abattoir révèle la vérité de notre société, qui refuse de regarder en face le sacrifice de l'animal, néanmoins nécessaire pour être carnivore. Accepter notre part d'animalité, et reconnaître les ravages causés par la toute-puissance de l'homme, n'est-ce pas la condition pour repenser notre place dans la Nature ?
     
    Muriel de Rengervé est écrivain. Elle est notamment l'auteur de L'Affaire Richard Millet (Léo Scheer, 2016).

  • « On a tous entendu parler de la théorie cartésienne de l'animal-machine. On sait moins que cette théorie a largement riposté à la bienveillance envers l'animal préconisée par certains penseurs de la Renaissance, Montaigne en particulier. L'intérêt de Montaigne pour l'animal est philosophique : il conteste l'arrogance de l'homme à s'estimer maître de la nature, et opère un renversement de perspectives. Il invente une pensée de l'animal regardant l'homme. À une vision verticale, Montaigne substitue une relation horizontale entre les hommes et les bêtes, faite de solidarités réciproques. Les animaux ne rappellent-ils pas aux hommes le respect de la nature ? La réflexion de Montaigne le conduit encore à réhabiliter le rôle de la sensibilité dans la compréhension du monde. Ne serait-ce que pour cette raison, les Essais méritaient bien un nouveau regard. » Extrait de: Bénédicte Boudou. « Montaigne et les animaux. » iBooks.

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