Editions Champ Vallon

  • Une odyssée pour Denver ; un inédit de Norwich Restinghale

    Christian Garcin

    • Editions champ vallon
    • 7 Avril 2022

    Une Odyssée pour Denver est un récit en deux parties, attribué à Norwich Restinghale (personnage central du roman Du bruit dans les arbres, Gallimard 2002). Il s'agit d'un assemblage de souvenirs digressifs rythmant la relation d'un itinéraire jadis effectué par le narrateur dans un pays disparu, sans doute l'ex-Yougoslavie. Ces souvenirs, sans réelle chronologie ni durée narrative, tournent autour de la figure d'une soeur morte (Denver Restinghale), à quoi renvoient les lieux traversés (villes, musées, paysages), ainsi que les personnes rencontrées ou évoquées. Tel que le texte est établi, il s'agit d'un chant de deuil, d'un hommage à la jeunesse enfuie, d'une odyssée du souvenir dans laquelle le passé est l'action, et le flot ininterrompu des souvenirs la péripétie.

    Christian Garcin est né en 1959 à Marseille.

    En 1992, J.-B. Pontalis publie dans sa collection « L'un et l'autre » chez Gallimard son premier livre Vidas, un recueil de fictions biographiques . Suivront trois livres dans la même collection et quatre romans dans la "Blanche".

    Son oeuvre est constituée d'une dizaine de romans (dont Des femmes disparaissent, 2011, ), de récits (Sortilège, Champ Vallon, 2001, rééd. 2014), de recueils de nouvelles, de poèmes, d'essais et de carnets de voyages.

  • Paul Doumer, la république audacieuse

    Amaury Lorin

    • Editions champ vallon
    • 6 Janvier 2022

    Il y a quatre-vingt-dix ans, Paul Doumer, fils de cheminot né à Aurillac, était élu président de la République. Audace d'un régime, la IIIe République, qui consacre l'ascension méritocratique par l'école comme une possibilité de justice sociale. Audace d'un homme incarnant ce fondement par l'exemple de son parcours : placé à 14 ans comme apprenti par sa mère veuve, le jeune Auvergnat passe son bac en blouse d'ouvrier. Inclassable politiquement, Doumer participe au régime pendant près de cinquante ans (1887-1932), au carrefour de la droite et de la gauche, à la jonction de la politique, de l'industrie, de la finance, de la diplomatie. Un parcours marqué par la tragédie : cinq de ses enfants meurent entre 1914 et 1923, avant que le président lui-même ne soit assassiné le 6 mai 1932.

    Amaury Lorin est docteur en histoire de l'Institut d'études politiques de Paris.

    Il a reçu le Prix Auguste Pavie de l'Académie des sciences d'outre-mer 2005, le Prix des écrivains combattants 2006 et le Prix de thèse du Sénat 2012.

    Il contribue à Questions internationales depuis 2010 et a codirigé Nouvelle histoire des colonisations européennes (XIXe-XXe siècles) (PUF, 2013) et L'Europe coloniale et le grand tournant de la Conférence de Berlin (1884-1885) (Le Manuscrit, 2013).

  • Colbert, Louvois ou Pontchartrain : les noms des proches conseillers de Louis XIV sont bien connus, autant que leurs personnalités et leurs oeuvres politiques. Leur histoire conjugale et familiale, elle, comporte de larges parts d'ombre, pour les historiens comme pour le grand public. Cet ouvrage propose un portrait dynamique des femmes qui ont épousé un ministre sous le règne personnel de Louis XIV, en envisageant leur place dans leur couple, dans leur famille, dans l'entourage du roi et dans la société française du XVIIe siècle. Capacité d'action, concertation conjugale et stratégies lignagères se trouvent au coeur des réflexions dans une perspective genrée, afin de dessiner à la fois une histoire des femmes, du couple et de la noblesse dans la France moderne.

    Docteure en histoire de Sorbonne Université, Pauline Ferrier-Viaud est aujourd'hui maîtresse de conférences à l'Université d'Artois. Autrice d'une thèse soutenue en 2017 sous la direction de M. le Professeur Lucien Bély, elle a très tôt engagé des recherches en histoire des femmes et du genre à l'époque moderne.

  • Tableau d'hiver

    Jean-Paul Goux

    • Editions champ vallon
    • 6 Janvier 2022

    Thibaud a perdu son épouse Claire depuis peu. Leur appartement parisien devenu insupportable, il prend sa retraite, va s'installer dans la grande maison de Claire, dans une clairière en forêt, ouverte sur un vaste paysage vallonné. Il pense écrire à ses trois couples d'amis en évoquant sa vie dans cet espace coupé du monde, avant de les y inviter. Claire était dessinatrice de ciels et de nuages, observés autour de la maison : il craint de l'ouvrir, occupe l'appartement aménagé dans la grange. Lorsqu'il ose ouvrir la maison, découvrant dans l'atelier quantités d'oeuvres et d'archives, se pose la question de leur destin futur : il décide d'en faire une maison d'artiste, qu'il proposera à Vincent, un plasticien assez jeune pour s'en charger. Sa réponse, évasive, forme la fin du roman.

    Originaire de la Haute-Saône, Jean-Paul Goux a enseigné à l'Université de Tours. Il vit aujourd'hui à Besançon. Son oeuvre est principalement parue chez Actes Sud et Champ Vallon. SOn dernier livre: Sourdes contrées, 2019.

  • ça va

    Arthur Bernard

    • Editions champ vallon
    • 3 Février 2022

    «Ça va. On pourrait s'arrêter là. Tout y est. Ou bien continuer. Jusqu'à la fin. C'est quoi la fin? Ça ne nous regarde pas, au fond. Ça nous échappe. Jusqu'à aujourd'hui, j'ai continué. Ça ne veut pas dire que j'ai fini. Que je suis fini. On verra bien. On ne verra rien. Je ne verrai rien. Ça va. Qu'est-ce que ça cache ? Ce mensonge, rituel de silence sous le bavardage. Ça va !, qui est le titre d'un beau poème de Vladimir Maïakovski, exaltation de l'avenir, de la révolution. Loin de la politesse convenue dans l'expression, camouflant l'indifférence à autrui sous un rituel creux. Qu'est-ce qui m'a pris de faire ce livre ? Pensé à Flaubert, auquel je voue une admiration principale, dont pour une ligne «écrire un livre sur rien...» Moi, c'est un livre du ça va, qui est une forme de rien. »

    Arthur Bernard a publié, selon les circonstances éditoriales, sous différents noms des romans, et des ouvrages historiques et sociologiques (en particulier sur Paris). Il clôt ici une ardente conversation avec lui-même et les événements de sa vie sentimentale, sa vie tout court.

  • Au XVIIIe siècle, Paris célébrait chaque événement heureux pour la Couronne. La Maison du Roi, le Bureau de la Ville et le Châtelet de Paris organisaient les réjouissances. Les manifestations de joie étaient donc contrôlées par les autorités qui y voyaient les signes tangibles d'une communion avec les sentiments du souverain. Pour autant, l'expérience de la joie publique n'était pas celle d'une obéissance passive. Les Parisiens s'appropriaient les réjouissances aussi bien en participant qu'en détournant certaines normes de réjouissances. Ils fabriquaient leur propre culture de l'approbation, empreinte d'une critique à peine voilée. Dès 1770, les gestes traditionnels des réjouissances furent progressivement détournés pour faire valoir un droit de se réjouir indépendamment de la Couronne.

    Pauline Valade est agrégée et docteure en Histoire moderne.

  • L'envie, une passion tourmentée

    André Rauch

    • Editions champ vallon
    • 28 Octobre 2021

    En couverture, L'Allégorie de l'envie, qu'incarne une femme minée par l'âge, que flétrissent ses cheveux hirsutes, ses yeux exorbités, son regard torve, ses côtes saillantes et ses bras musculeux, inspire l'effroi. C'est de cette représentation dégradante que traite ce livre.

    Mais qu'est-ce que l'envie et quelle est son histoire ?

    Alors que selon les Écritures la création divine est admirable, cette passion démoniaque ne connaît que la dévastation et la dégénérescence. Elle attaque certes l'ordre divin, mais sème aussi le schisme et la discorde, pervertit la justice humaine, mine les relations sociales et corrompt la quête de la vérité. Sans plaisir à la clef, médisance, diffamation et calomnie présagent le chaos.

    Au XIXe siècle, romanciers, poètes et autres artistes s'en servent pour sonder le tréfonds des désirs et des angoisses qui animent le ressentiment. N'est-il pas à la source de toutes sortes de haines, raciales ou antisémites ? Aujourd'hui, arbitre de la société de consommation, la jalouse envie explose sur les plates-formes d'Internet qui « hébergent » le cyber-harcèlement.

    La virulence de l'envie perce les textes sacrés, littéraires, politiques les plus classiques, dont un grand nombre composent l'étoffe de l'éducation et de l'enseignement scolaire. En suivant son cours qui se propage et revit à chaque génération, le lecteur est invité à revisiter ces figures. Cette traque jette un éclairage inédit sur une passion tourmentée.

    André Rauch, Professeur des universités, spécialiste d'histoire culturelle, est l'auteur de nombreux livres sur le corps et les passions, parmi lesquels Histoire du Premier sexe de la Révolution à nos jours (Hachette Pluriel 2006), L'amour à la lumière du crime (Hachette Littératures 2009), Paresse. Histoire d'un péché capital (Armand Colin 2013), Luxure. Entre péché et jouissance (Dunod 2016).

  • Pyrénées, une histoire envirennementale du tourisme

    Steve Hagimont

    • Editions champ vallon
    • 7 Avril 2022

    L'ouvrage retrace l'évolution du tourisme dans les Pyrénées depuis la fin du XVIIIe siècle. De premiers projets d'envergure voient alors le jour pour faire fructifier certains éléments de l'environnement devenus ressources désirables pour des visiteurs d'origine lointaine, à commencer par les eaux et les paysages. Sont évoqués l'appropriation matérielle de la montagne, la croissance économique du secteur, la médicalisation des montagnes, l'imaginaire porté sur la frontière, les rivalités entre le tourisme, l'industrie et l'agriculture, la protection de la nature ainsi que l'essor des sports d'hiver. À l'ère industrielle, le tourisme offre, tout à la fois, d'échapper aux transformations écologiques et sociales accélérées, et d'approfondir la commercialisation de la nature et des désirs.

    Steve Hagimont, docteur en histoire de l'université de Toulouse Jean Jaurès (2017), est maître de conférences en histoire contemporaine au sein de l'Université Paris Saclay, UVSQ, laboratoire CHCSC (depuis 2019). Ses travaux portent sur l'histoire du tourisme et de la protection de la nature depuis la fin du XVIIIe siècle en Europe. Il a participé à la création de l'Atelier d'écologie politique de Toulouse (Atécopol, 2018) et de l'Atelier d'écologie politique francilien (Ecopolien, 2019).

  • En France, l'histoire des appellations d'origine s'inscrit dans le temps long. Dès la fin du XVIIe siècle, la réputation des aliments associés à un lieu s'affirme pour distinguer les produits jugés les meilleurs. Bien loin d'un simple déterminisme naturel, le sens et la valorisation de cette identification territoriale durable sont un processus complexe où se mêlent savoir-faire techniques, stratégies commerciales, discours savants et goût des consommateurs. Comprendre pourquoi l'origine devient le critère d'une qualité supérieure attendue conduit à s'intéresser aux rôles décisifs des marchands, des consommateurs et des prescripteurs dans la définition de la valeur des marchandises et la mise en place d'un marché alimentaire original en France et à l'étranger entre 1680 et 1830.

    Philippe Meyzie est maître de conférences HDR en histoire moderne à l'université Bordeaux Montaigne-CEMMC. Membre honoraire de l'Institut universitaire de France, il consacre ses recherches à l'histoire des consommations, de l'alimentation, de la réputation et des circulations marchandes en France et en Europe du XVIIe au XIXe siècle. Il a publié notamment L'alimentation en Europe à l'époque moderne, Paris, Armand Colin, 2010.

  • Le fait de vivre

    Stéphane Bouquet

    • Editions champ vallon
    • 8 Avril 2021

    Marie dit la vie la vie

    tu n'as que ce mot aux lèvres



    c'est vrai j'avoue la vie est le seul

    refuge, je ne sais plus trop à force



    si « j'écris sur vous au lieu de

    mourir » ou pour rejoindre un verbe au présent



    « et me sentir mille choses heureuses à la fois »

    ayant atteint « la bienveillance du réel »



    du genre ces bras entre nous respirés

    alors c'est gagné la vie la vie

    Stéphane Bouquet, scénariste, danseur, critique, traducteur, a publié plusieurs livres de poésie ou autour de la poésie (les derniers en date, Les Amours suivants et Vie commune, Champ Vallon, 2013 et 2016, et La Cité de Paroles, Corti, 2018). Les Amours suivants et Vie commune sont traduits aux Etats-Unis.

  • Paris en ses jardins : nature et culture urbaines au XVIIIe siècle

    Jan Synowiecki

    • Editions champ vallon
    • 6 Mai 2021

    Royaux ou princiers, les jardins de Paris au XVIIIe siècle devaient offrir à la population urbaine des îlots salvateurs face aux exhalaisons et aux miasmes de la ville. Loin d'être figés dans un écrin de verdure et de représenter des enclaves champêtres au coeur de la ville, ces espaces étaient fermement insérés dans le tissu urbain. Ce livre propose ainsi une véritable microphysique de la nature parisienne, des dégâts causés par les taupes à l'élagage des arbres. L'histoire matérielle et vivante des jardins parisiens du XVIIIe siècle permet ainsi de restituer avec le plus de fidélité possible un monde composé de micropartages faisant la part belle aux conflits entre juridictions, aux régulations policières ainsi qu'aux tensions entre les différents usages sociaux de l'espace du jardin.

    Ancien étudiant-normalien de l'ENS Ulm, agrégé et docteur en histoire de l'EHESS, Jan Synowiecki est Attaché temporaire d'enseignement et de recherche (ATER) à l'Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis. Sa thèse de doctorat soutenue a obtenu la mention spéciale du jury au prix de thèse PSL 2020 dans la catégorie « Humanités ».

  • Comment les huguenots ont-ils survécu et même prospéré dans le Paris du XVIIIe siècle, alors que la majorité de la population catholique était hostile au protestantisme? Pourquoi, à la fin de l'Ancien Régime, l'opinion publique était-elle majoritairement favorable à l'octroi de droits plus grands aux protestants? David Garrioch explique cette transformation des attitudes à l'endroit de la minorité huguenote à la fois par la manière dont elle sut résister à la persécution et le pragmatisme avec lequel le gouvernement décida d'y réagir, mais aussi par l'environnement particulier qu'était alors la capitale par rapport au reste du royaume. Ce livre permet surtout de comprendre l'évolution de la culture catholique dans le cadre de la transformation culturelle et intellectuelle des Lumières.

    David Garrioch, historien, est professeur à Monash University (Melbourne, Australie). Les Editions La Découverte ont publié son premier livre traduit en français: La Fabrique du Paris révolutionnaire. Il est également l'auteur de The Formation of the Parisian Bourgeoisie, 1680-1830 et de Neighbourhood and Community in Paris, 1740-1790.

  • Les gouvernantes

    Anne Serre

    • Editions champ vallon
    • 4 Mars 2021

    Ce sont «les gouvernantes». Elles sont trois, dans une grande maison au fond d'un parc, comme des reines, protégées du monde extérieur par des grilles d'or. Tour à tour follement gaies, tendres ou cruelles, mais toujours ardentes et puissamment vivantes, elles s'allient, se séparent, se déchirent ou se poursuivent dans d'étranges jeux qui sont ceux de la vie.
    Observées par l'oeil implacable d'une lunette qui ne les perd pas de vue, «les gouvernantes» jouent pour nous le charme et la magie d'un songe de nuit d'été...

    Anne Serre est l'auteur d'une quinzaine de livres. Son premier roman ici réédité, Les gouvernantes, a paru en 1992. Il a été traduit aux Etats-Unis en 2018 et en Angleterre en 2019. Elle a obtenu en 2020 le Prix Goncourt de la Nouvelle pour Au coeur d'un été tout en or (Mercure de France). Champ Vallon a publié la même année Grande tiqueté, une étrange comptine écrite dans une langue inventée. Anne Serre vit et travaille à Paris.

  • Une societe en marche - les processions en france au xviiie

    Gaël Rideau

    • Editions champ vallon
    • 1 Octobre 2021

    Le 1er juillet 1766, le chevalier de La Barre est brûlé pour ne pas avoir salué une procession. Le 4 mai 1789, Louis XVI conduit la procession du Saint-Esprit qui ouvre les Etats-Généraux à Versailles avec des représentants des trois ordres. Dans ces deux images se traduisent la présence et la force de ce rituel religieux qui semble ainsi pérenne et inchangé. Le 18ème siècle est comme pour de nombreux thèmes ici ambivalent. Les processions sont omniprésentes et suivies, comme en témoignent nombre de journaux privés et chroniques municipales, marque d'une ferveur continue, d'un besoin religieux notamment dans sa forme climatique ou mémorielle, que précise ce livre. Elles sillonnent également les écrits de controverses portant sur leur origine, leur sens, leur composition. Leur description abonde dans les articles de presse, les récits de voyage, les oeuvres littéraires. Pourtant, ce paysage animé renvoie des images différentes. Rituel religieux, elle est aussi parade sociale, objet politique, vecteur d'identité et de mémoire urbaines, dans un entremêlement permanent. Cette polysémie et cette présence en font un lieu essentiel d'observation de la société et de ses transformations. Elle participe de la transition religieuse et de la construction d'un nouveau discours pastoral. Elle pose la question des critères de classement d'une société et met en tension les devoirs collectifs et la liberté individuelle. Elle met en scène les pouvoirs, mais offre une tribune à leur contestation. Elle pose la question des modalités de la présence du religieux dans l'espace public et ainsi ouvre aux problématiques de l'ordre public et de la tolérance. Loin d'être un hapax dans un siècle sécularisé, l'affaire La Barre est un des aspects d'expression du sens de la procession. Ce livre veut en proposer une lecture globale contribuant à une relecture religieuse sociale et politique du 18ème.

    Professeur d'Histoire moderne à l'université d'Orléans, Gaël Rideau est spécialiste d'histoire religieuse et politique de la France du 18ème siècle. Ses travaux actuels portent sur les transformations religieuses et leur dimension politique tant collectives qu'individuelles. Il a notamment publié De la religion de tous à la religion de chacun (PUR, 2009).

  • La juste couleur - chroniques poetiques

    Olivier Barbarant

    • Editions champ vallon
    • 1 Octobre 2021

    Les études critiques relèvent généralement de la théorie ou du catalogue. Ce rassemblement de chroniques prétend procéder autrement, en cherchant ce qui peut éclairer une rencontre, en explorant chaque oeuvre à la lumière de l'intensité du choc qu'elle procure. Ainsi s'édifie un tableau inédit de la vitalité de la poésie, et une réflexion ouverte aux voix de la poésie nationale mais aussi internationale, trop souvent négligée dans le paysage littéraire français. L'écriture, poétique comme critique, prend dès lors exemple sur le travail de la mer, qui selon le poète grec Aris Alessandrou « ne cesse de mêler / algues et ciel / s'efforçant à trouver sa juste couleur ».

    livier Barbarant a publié plusieurs ouvrages, notamment de poésie, dont l'un, Odes dérisoires et quelques autres un peu moins, a reçu le prix Tristan-Tzara. Tous sont publiés aux Editions Champ Vallon. Une anthologie Odes dérisoires et autres poèmes (anthologie) est parue dans la collection «Poésie/Gallimard» en 2016. Il a également dirigé la publication de l'oeuvre poétique d'Aragon dans la Bibliothèque de la Pléiade. En 2019 son recueil Un grand instant a reçu le prestigieux prix Apollinaire.

  • L'ecole aux colonies - entre mission civilisatrice et racial

    Reynaud-Paligod C.

    • Editions champ vallon
    • 7 Janvier 2021

    La volonté de « civiliser » les populations colonisées grâce à l'école fut proclamée par les colonisateurs français mais qu'en fut-il réellement ? Cette enquête, effectuée à partir des archives coloniales, restitue les débats et les réalisations de la politique scolaire. Dès 1815, le projet colonial fut établi : les colonies devaient fournir des matières premières mais aussi être des débouchés pour les produits manufacturés de la métropole. La mission de l'école s'imposa : apprendre le français, le calcul et quelques bribes de civilisation. Très vite, les limites apparurent, il fallait se garder de trop instruire. La volonté de dispenser un savoir pratique, de bannir un savoir trop intellectuel, de freiner la mobilité sociale provoqua les déceptions et la colère des colonisés.

    Diplômée de l'Institut d'études politiques de Grenoble, docteur de l'EHESS, titulaire d'une habilitation à diriger des recherches (Panthéon-Sorbonne, Paris 1), Carole Reynaud-Paligod enseigne l'histoire et la sociologie à l'Université de Bourgogne depuis 2018.

  • Ego tango

    Caroline de Mulder

    • Editions champ vallon
    • 18 Juin 2017

    « Au tango, les femmes ont les pieds nus, été comme hiver, toujours au bord de prendre un mauvais coup, et meurtris de bleu et de cru, mal guéris du coup précédent. Nous marchons dans un champ de mines. Nous aimons ce qui ne dure pas. Les bons moments qui finissent mal. Les lanières, la terre et le cuir dense des pieds d'homme qui s'incrustent à vif dans nos pieds. » CDM
    Voyage nocturne dans le monde clos et moite du tango parisien, dans lequel les afficionados se jettent à corps perdu et vivent la danse comme une addiction, Ego tango est aussi un chassé croisé amoureux entre quatre personnages dont les rapports sont ceux qui s'expriment, sur un plan métaphorique, dans le tango lui-même (j'avance, tu recules).
    Un fil rouge : le roman du tango devient roman policier quand Lou, une danseuse exceptionnelle, et son amant disparaissent si brutalement que l'on soupçonne un meurtre. La narratrice, qui tentait de se réapproprier dans la danse son propre corps, fascinée, enquête... Le drame surgit, car dans le tango le tragique n'est jamais loin...

  • Nous les bêtes traquées

    Caroline de Mulder

    • Editions champ vallon
    • 16 Août 2012

    Sur fond d'intrigue policière dans les milieux hypocrites de la politique et des ONG, une lente descente aux enfers, la relation complexe d'un avocat humanitaire, escroc des grands mots, flambeur flamboyant, et d'une femme fragile, fascinée par la puissance de cet homme. La tragédie intime se superpose à celle dun peuple massacré et réduit au silence, comme la narratrice.

  • Un grand instant

    Olivier Barbarant

    • Editions champ vallon
    • 7 Février 2019

    «Il arrive qu'un instant sans durée concentre en lui-même la valeur d'un long intervalle et fasse tenir le maximum de ferveur dans le minimum de temps. Il arrive qu'une jouissance continuée et plus ou moins diluée se ramasse au foyer d'une joie-éclair. [...] Or qu'est-ce que la vie entière perdue dans l'océan de l'éternité, sinon « un grand instant » ? . Cet extrait de La Mort de Jankelevitch, dans un chapitre intitulé «La vie brève», circonscrit le point d'attention réunissant des poèmes remontant à des époques diverses (enfance et jeunesse, temps présent) mais pour tenter d'en restituer et déplier l'intensité particulière, seul trait qui les rassemble, et pourrait faire de la vie reparcourue par coups de sondes un grand instant.

    Olivier Barbarant, ancien élève de l'École normale supérieure de Saint-Cloud, agrégé de Lettres Modernes et docteur ès lettres à l'Université Paris-VII. Il vit à Saint-Quentin, dans l'Aisne. Il est nommé en 2012 inspecteur général de l'Éducation nationale dans le groupe Lettres2. Tous ses recueils (le dernier Elégies étranglées, 2013) sont publiés chez Champ Vallon. Il a dirigé le volume de la Pléiade consacré à l'oeuvre poétique de Louis Aragon.

  • Romam veni - humanisme et papaute a la fin du grand schisme

    Revest Clemence

    • Editions champ vallon
    • 4 Mars 2021

    Cet ouvrage met en pleine lumière un moment décisif mais relativement méconnu de la naissance du mouvement humaniste dans l'Italie du début du Quattrocento : ce n'est pas à Florence, mais à la cour des papes revenue à Rome que s'épanouit et s'affirme une nouvelle génération d'intellectuels, au sein d'un milieu cosmopolite, travaillant dans l'administration pontificale et au service des élites ecclésiastiques. Et c'est dans un contexte de crise profonde, le Grand Schisme d'Occident, que la papauté s'ouvre à l'idéal d'une Renaissance. Au fil d'une enquête croisant sources d'archives et oeuvres littéraires, l'histoire de ce tournant est retracée, de l'afflux de jeunes lettrés en quête de fortune dans une institution divisée, aux débuts d'une révolution rhétorique et idéologique.

    Agrégée, docteure en histoire médiévale et ancienne membre de l'École française de Rome, Clémence Revest est aujourd'hui chargée de recherche au CNRS (Centre Roland Mousnier, Sorbonne Université).

  • Monsieur le prefet - incarner l'etat dans la france du xixe

    Pierre Karila-Cohen

    • Editions champ vallon
    • 8 Avril 2021

    L'image de l'autorité préfectorale au XIXe siècle est celle d'une autorité martiale exercée par un haut fonctionnaire aux immenses pouvoirs. En réalité, construire une autorité considérée comme légitime par la population a nécessité un travail institutionnel et individuel permanent. Dans ce siècle de révolutions, préfets et sous-préfets se sont situés aux avant-postes de la conquête morale du territoire afin d'enraciner le régime et faire accepter l'État. Ce livre entend analyser ce travail de représentation et de séduction négligé par l'historiographie. Il restitue la construction de ce charisme de fonction à partir de terrains originaux, notamment le corps physique du préfet, vecteur d'une incarnation de l'État, ou encore le bal de la préfecture, véritable outil de gouvernement.

    Ancien élève de l'ENS-Ulm et membre honoraire de l'IUF, Pierre Karila-Cohen est professeur d'histoire contemporaine à l'université Rennes 2 et membre de Tempora (EA 7468). Ses travaux concernent l'histoire de l'État, de la police, des enquêtes et de la relation d'autorité en France et en Europe au XIXe siècle. Il a publié en 2008 L'État des esprits. L'invention de l'enquête politique en France (1814-1848). Il collabore régulièrement au Monde des livres.

  • Vie commune

    Stéphane Bouquet

    • Editions champ vallon
    • 20 Octobre 2016

    Ce livre pose une question simple qui peut se dire de plusieurs façons : qu'est-ce que vivre ensemble ? et comment s'y prendre ? Quelles sont, aujourd'hui, les utopies (amoureuses, amicales, collectives) à notre disposition pour refonder un espoir commun ?Ce livre pourrait sembler fourre-tout : il contient trois poèmes, une pièce de théâtre, trois récits. Mais son projet est plutôt de dire qu'il n'y a pas besoin, ni de raison, de tailler des territoires trop précis et étanches, des spécialités impénétrables. La porosité est l'idéal ici défendu : la frontière souple ou flexible, la limite qui n'en est pas une.

  • Dans la seconde moitié du XXe siècle, les sociétés humaines ont vécu une double transition : vers un mode de vie et un environnement sans cesse plus urbanisés, et vers une prise en compte accrue de l'impact environnemental de leurs activités.

    A partir des années 1970, les deux phénomènes se sont nourris mutuellement, suscitant une multitude d'initiatives pour défendre des espaces « naturels », ou lutter contre la pollution industrielle ou automobile. Une enquête collective menée dans les agglomérations de Lyon et de Grenoble, mais aussi au niveau des politiques nationales, restitue la richesse d'innovation sociale de cette époque, les bouleversements subis par les territoires urbanisés, et apporte une profondeur historique indispensable à la réflexion sur la situation contemporaine.

    Stéphane Frioux est maître de conférences en histoire contemporaine à l'université Lyon 2 et membre du Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (UMR CNRS 5190 LARHRA). Il a coordonné le projet de recherche TRANSENVIR.

  • Grande Tiqueté

    Anne Serre

    • Editions champ vallon
    • 2 Janvier 2020

    La caractéristique de ce conte de 50 pages au ton facétieux et guilleret, c'est d'être écrit dans une langue inventée par l'auteur qui s'en explique dans une préface et une postface. Mais si les mots sont déformés ou créés, la syntaxe, le rythme et le ton du conte subsistent. Le lecteur peut ainsi suivre et comprendre l'histoire : trois vagabonds (« Tom, Elem et moi ») se promènent sur la lande, où ils rencontrent divers personnages qui se joignent à eux et avec qui ils nouent d'intenses relations amoureuses, érotiques, filiales, ou fraternelles : la Vierge, le marin de Poinsec, la mère de Tom, Alistair le pendu. Cette création d'une langue peut évoquer celle d'aînés fameux. Grande Tiqueté sera dit sur scène par l'auteur. Le texte est actuellement en cours de traduction anglaise.

    Auteur d'une quinzaine de romans dont le très remarqué Petite table, sois mise ! (Verdier, 2012). Traduite aux Etats-Unis, en Angleterre, en Espagne. Son premier roman, Les Gouvernantes (Champ Vallon, 1992) paru aux USA en 2018, salué par le New York Times (2/12/18), a figuré dans la dernière sélection du Best Translated Books Awards 2019. Trois autres de ses romans paraîtront chez son éditeur américain en septembre 2019.Vit à Paris où elle donne des ateliers d'écriture aux éditions Gallimard.

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