Desjonquères Editions

  • De la veille de la colonisation à nos jours, la condition féminine en Afrique noire a connu d'extraordinaires mutations, à des rythmes différents d'un point à l'autre du Continent, du Sénégal à l'Afrique du Sud et du Kenya au Zaïre. Dans ce monde où modes de vie anciens et nouveaux se côtoient et se mêlent, la vie, le rôle et les activités des femmes offrent un éventail de situations extrêmement diversifiées. En un siècle, tout y a changé, à commencer par le déplacement, à un rythme accéléré, des femmes de la campagne vers les villes.
    De leurs tâches quotidiennes à leurs activités économiques, de leur éducation à leur sexualité, de leur influence sociale à leur rôle politique, de leur affectivité à leur créativité, tout contribue à faire des femmes africaines un des moteurs de leurs sociétés.
    Connaître leur histoire, c'est comprendre le rôle essentiel qu'elles ont joué dans l'histoire du Continent, mais aussi, par l'espoir dont elles sont porteuses, les possibilités d'évolution des sociétés africaines.

  • Dans la vieille terre d'aurochs qu'est l'Espagne, la mise à mort des taureaux était une activité ancestrale. Existant au moins depuis le XVIe siècle, le toreo à pied populaire se détache progressivement de la tauromachie à cheval de la noblesse. Né dans les abattoirs sévillans contre la volonté des autorités, le toreo moderne se hausse peu à peu à la hauteur d'un art. Codifié au XVIIIe siècle, il atteint son apogée à la fin du XIXe siècle et au début du XXe. Spectacle dont les grands matadors sont les idoles, la corrida est aussi un phénomène social lié à l'essor des villes et qui a donné naissance à une microsociété, le mundillo. Par ses relations avec les bouleversements de l'Espagne, ses interactions avec l'élevage et le tourisme, elle a en outre une dimension politique et économique. Par-delà la péninsule ibérique, la tauromachie exerce un rayonnement mondial, de l'Amérique latine au Midi de la France où elle est devenue un phénomène culturel essentiel.

  • Les origines du caoutchouc sont sacrées. Il y a plus de 2000 ans les Mayas, les Olmèques puis les Aztèques reconnaissaient en lui le sang du monde.
    Fascinés par cette matière mystérieuse, les conquistadors ne surent cependant qu'en faire. Ce n'est qu'au XVIIe siècle que les Français La Condamine et Fresneau révélèrent le caoutchouc aux savants européens qui n'eurent de cesse de percer à jour ses secrets. Gomme à effacer, chaussures et tissus imperméables firent alors leur apparition. Pour approvisionner l'Europe et les Etats-Unis, les « barons du caoutchouc » saignèrent la forêt amazonienne.
    Au milieu du XIXe siècle de géniaux inventeurs perfectionnent les pneumatiques : Dunlop pour le vélo, les frères Michelin pour l'automobile. L'explosion de l'utilisation du caoutchouc, permettant notamment l'essor des transports automobiles, bouleverse la civilisation. L'Amazonie ne suffit plus. Elle est progressivement remplacée par les plantations d'hévéas d'Asie du Sud-Est et d'Afrique.
    Révélant son importance stratégique, les deux conflits mondiaux font naître une prodigieuse industrie du caoutchouc synthétique qui assure aujourd'hui les 2/3 de la production mondiale.
    Réservé jadis aux dieux, le caoutchouc est devenu en l'espace de deux siècles un produit essentiel à l'humanité moderne.

  • Le 20 mai 1498, trois vaisseaux portugais, après avoir doublé le cap de Bonne-Espérance, atteignent les côtes des Indes orientales. Cet événement majeur dans l'histoire du monde inaugure une longue période d'échanges entre Occidentaux et Orientaux.Chaque grande nation européenne, désireuse de disposer de sa propre Compagnie des Indes, met en place de puissantes institutions qui bénéficient du monopole des relations commerciales et maritimes. Le développement de leurs flottes transforme cette aventure en épopée maritime. La demande croissante de produits d'Asie conduit les Compagnies à rivaliser pour la conquête de nouveaux marchés. Installées peu à peu dans toutes les Indes orientales, elles deviennent de formidables machines de pouvoir, élément essentiel du processus de conquête du monde par les Européens.Le présent ouvrage est la première approche comparative consacrée aux différentes Compagnies des Indes.

  • L'histoire du thé remonte dans le plus lointain passé de l'Asie ; légendes et histoires se mêlent pour raconter ses origines en Chine, plus de 2 000 ans avant J.-C.
    Peu à peu, la préparation et la cérémonie du thé allaient s'élaborer dans des rites raffinés qui trouvèrent leur voie idéale dans le taoïsme chinois. Le Japon fut ensuite initié à ses délices et en fit un élément essentiel de sa culture.
    C'est seulement au XVIIe siècle que l'Europe découvre le thé quand les navires de la Compagnie des Indes orientales ramènent d'Extrême-Orient la précieuse denrée. Les Anglais font alors du thé leur boisson nationale et son commerce est une des bases de leur suprématie mondiale à l'époque des clippers. Tout un art de l'hospitalité se crée par le thé tandis que les plantations de l'Assam, fleuron de l'Empire des Indes, se développent dans le sang et les larmes : par dizaines de milliers, les coolies y furent massacrés. Tel fut le prix de l'expansion brutale d'une économie conquérante qui soutiendra le raffinement des salons victoriens.
    Boisson à l'histoire fabuleuse, par ses origines comme par ses plus récents développements, le thé séduit toujours les imaginations par l'exotisme attaché à son nom. C'est aujourd'hui une boisson mondiale, un agent économique important, un art de vivre, et un des symboles du monde britannique.

  • Boisson des dieux chez les Mayas et les Aztèques, le chocolat a tôt fait de conquérir la faveur des hommes. Rapporté en Europe par les conquistadors et les missionnaires espagnols, il est entouré d'un halo de mystère et ses vertus réelles ou supposées suscitent une longue polémique.
    Le monopole de l'Espagne sur le commerce du cacao éveille les convoitises. Hollandais, Anglais, Français, Portugais en implantent la culture dans leurs possessions du Nouveau Monde, tout en favorisant un fructueux trafic clandestin.
    Au XVIIIe siècle, le chocolat n'est encore qu'un produit exotique de luxe. Le XIXe siècle en voit la consécration. Son usage se répand dans toute la société, tandis que la culture du cacaoyer traverse l'Atlantique, gagnant l'Afrique, puis l'Asie et l'Océanie.
    La généralisation de sa consommation n'a en rien altéré l'énigmatique pouvoir de séduction de cette friandise, essentielle à l'imaginaire gourmand de nos sociétés.

  • Le sucre, devenu au fil du temps un symbole de luxe, de richesse et de bien-être a joué au cours des siècles un rôle prépondérant. Pour ce simple produit dagrément on a tissé des alliances internationales, déclaré des guerres, engagé des capitaux considérables, déplacé des populations Il sest donc comporté comme un véritable  acteur  de lHistoire.
    Le goût du sucré, dès la plus lointaine antiquité, était satisfait par le miel ; la véritable entrée du sucre date de lexploitation intense de la canne à partir du XVIe siècle dans les Antilles. Les besoins de main-duvre donnent alors naissance à un trafic triangulaire ou quadrangulaire au cours duquel des milliers de  bois débène  sont transférés aux Antilles, puis au Brésil, à Saint-Domingue ou à Cuba. Le sucre, cest également une compétition franco-anglaise féroce, une explication sans doute partielle mais importante de la politique étrangère des XVIIIe et XIXe siècles.
    Le déclin des empires coloniaux, les soucis dindépendance économique et les besoins dautarcie ont favorisé le développement de la betterave sucrière aux XIXe et XXe siècles et le sucre de betterave cohabite désormais avec le sucre de canne. Mais on a vu apparaître il y a quelques décennies des succédanés qui ont commencé à influer sur la structure du marché du sucre. Peut-être vivons-nous actuellement une nouvelle distribution des pouvoirs dans le monde sucrier ?

  • L'origine du café est légendaire. C'est en éthiopie que semblent être nés les premiers plants de café, transportés plus tard en Arabie et au Yémen. Au XVIIIe siècle, quelques plants finissent par quitter l'Arabie pour l'Inde, et le Yémen pour la Hollande. Les premières cultures parviennent aux Antilles vers 1723 et quelques années plus tard dans les îles Caraïbes d'où le café se répand au Brésil puis à Saint-Domingue. L'engouement des pays occidentaux pour cette boisson provoque un développement rapide des plantations caféières dans la région de Rio et l'organisation d'une économie originale où des « fazendas » assurent la culture, la cueillette, la torréfaction et l'expédition vers les ports du Havre, de Bordeaux... Simultanément, de l'autre côté du globe, les Indes néerlandaises développent leur production pour satisfaire les consommateurs de l'Europe du Nord. L'abolition de l'esclavage modifie l'exploitation caféière au Brésil et la fin du XIXe siècle voit la Colombie, Haiti et Saint-Domingue fonder leur prospérité sur le café. A la même époque, l'Afrique centrale s'impose comme un producteur important, faisant notamment de la Côte d'Ivoire le troisième exportateur mondial. Cette histoire du café se devait d'évoquer la guerre féroce livrée pour la conquête du marché du café soluble entre les fabricants nord-américains et leurs concurrents brésiliens. Cette boisson devenue aussi mythique que le thé, son rival, est non seulement une matière première c'est aussi une boisson conviviale dont l'usage et les rites diffèrent suivant les pays et les civilisations. Frédéric Mauro explore l'ensemble des curiosités que cette boisson suscite et les éclaire d'un appareil documentaire riche et récent.

  • Le rhum est une des conséquences de la conquête de l'Amérique, où, dès le XVe siècle, les Européens plantèrent la canne à sucre originaire d'Asie. Dans leurs empires coloniaux, les Portugais et les Espagnols, puis les Français et les Anglais, qui savaient déjà l'art de produire l'eau-de-vie, tirèrent très tôt du jus de canne une boisson fortement alcoolisée. Les progrès de la distillation en permirent la production sur une grande échelle.
    D'abord réservé à l'usage des Noirs, des boucaniers et de tous les écumeurs des mers du Nouveau Monde, le rhum fut aussi utilisé sur les côtes d'Afrique comme monnaie d'échange dans la traite des esclaves. En tant que boisson, il ne se répandit en Europe et en Amérique du Nord qu'au cours du XVIIIe siècle. Jusqu'à nos jours, sa production et sa consommation demeurèrent liées aux bouleversements coloniaux et aux convulsions des métropoles, dont la principale fut la Prohibition dans les états-Unis des années vingt.
    Dans l'évolution de cette boisson devenue quasi mythique, se reflète une bonne part de l'histoire mouvementée des deux rives de l'Atlantique.

  • Les ministres des affaires étrangères shonorent encore de sasseoir derrière le bureau de Vergennes comme si ce ministre de Louis XVI avait voulu léguer à ses successeurs le symbole de ce quil fut essentiellement : un diplomate.
    Ce rôle quil assuma depuis sa première ambassade en Turquie dès 1754, il le mènera jusquà sa mort en 1787, restant, les treize dernières années de son existence, le ministre le plus écouté du Conseil du Roi où les affaires étrangères étaient la Politique par excellence.

    Ainsi lindépendance de lAmérique est pour beaucoup luvre de Vergennes ; cest à lui que lon doit le choix de laide aux Insurgents, lentrée en guerre contre lAngleterre, le corps expéditionnaire de Rochambeau.
    La paix de Versailles qui en 1783 rétablit le prestige de la France en bridant les appétits de la Prusse et de la Maison dAutriche fut aussi le grand uvre de Vergennes.

    Le vent de la Révolution, lépopée napoléonienne ont occulté luvre de ce grand diplomate qui poursuit avec tact et ténacité la politique de Richelieu et de Louis XIV pour établir un équilibre européen. Jouant lEmpire ottoman contre Catherine de Russie, les Provinces Unies des Pays Bas contre lEmpire des Habsbourgs, renforçant lalliance espagnole pour contrebalancer la puissance de lAngleterre, il rendit à la France sa grandeur entamée par la désastreuse guerre de sept ans.

    La vie de Vergennes apporte une lumière importante sur la place de la France dans lEurope de la fin du XVIIIe. Sa réflexion sur ce sujet, à une époque où une autre Europe se construit, reste un modèle de lucidité.

  • Voltaire, défenseur acharné de La Bourdonnais, le définissait comme un génie audacieux. Mousse à 10 ans, officier à 24, ce Malouin, au service de la Compagnie des Indes, découvrit très jeune locéan Indien. Il fit fortune dans le commerce entre Pondichéry, la mer de Chine et les côtes du Sud-est africain.

    Nommé Gouverneur de lîle de France et de Bourbon, La Bourdonnais mit toute son énergie dans laménagement de ces îles avec un succès incontestable. En cinq ans, il façonna durablement ce territoire dont on lavait chargé, bouleversant ainsi les données stratégiques de locéan Indien.
    Administrateur prodigieux, La Bourdonnais fut également un grand amiral. Après avoir dispersé une escadre anglaise il remporta une victoire éclatante en semparant de la ville de Madras, mais son antagonisme avec Dupleix lui vaudra dêtre embastillé trois ans.
    La découverte récente de documents confidentiels éclaire la personnalité dun homme qui, très en avance sur son temps, avait compris limportance des océans et de la marine dans la politique internationale. Son histoire est indissociable de celle de locéan Indien et de lEmpire français des Indes au XVIIIe siècle.

  • Créateur de l'empire portugais des Indes au début du XVIe siècle, Afonso de Albuquerque est l'une des plus intéressantes figures de la Renaissance. Celui que le shâh de Perse appelait « le lion des mers » nous entraîne d'Ormuz à Malacca à la conquête des

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