Delachaux et Niestlé (réédition numérique FeniXX)

  • Le sens est au coeur de l'expérience charnelle, sensuelle, émotionnelle, de la rencontre ; il est dans l'intentionnalité du désir, qui oriente les forces libidinales, et il est aussi dans les productions verbales signifiantes. Comment le corps, dans ses composantes biologiques, et le fonctionnement proprement psychique, contribuent-ils à l'émergence et au développement de ce sens ? Et comment ce dernier organise-t-il, à son tour, les grandes fonctions que sont le rêve, la mémoire, la perception, la représentation, la conscience, le langage ? C'est autour de ces thèmes que dialoguent, dans cet ouvrage, un neurologue et une psychanalyste : ils se fondent, certes, sur deux démarches différentes, mais ils s'appuient aussi sur les traits communs de leur longue expérience clinique respective, et ils acceptent de dépasser les limites de leur discipline propre, pour coopérer réellement, et faire surgir une voie originale d'exploration de la personne humaine, dans son unité psychosomatique.

  • Les travaux de l'École psychosomatique de Paris fondent une nouvelle clinique, qui influence profondément la théorie et la pratique psychanalytiques. Ils ouvrent aussi sur un certain nombre d'interrogations, qui constituent le fil conducteur de cet ouvrage, et qui portent sur ces nouvelles pathologies, devenues partie intégrante de notre pratique de psychanalystes. Comment pouvons-nous les comprendre, et comment envisager leurs liens avec les pathologies dites limites ? Quels sont les enjeux cliniques et théoriques auxquels elles nous confrontent, et comment la réflexion qu'elles suscitent peut-elle, à son tour, infléchir notre travail clinique quotidien ? Prenant pour axe central la question du traumatisme, cet ouvrage articule, et confronte, les concepts freudiens avec les découvertes des psychosomaticiens et des théoriciens des pathologies non névrotiques. Il dégage de nouvelles perspectives, visant à faciliter notre compréhension des patients somatisants et, plus généralement, à enrichir notre pratique.

  • En 1869, Tolstoï vient d'avoir 40 ans. Il vit avec sa famille à lasnaïa Poliana et écrit Guerre et Paix. Alors que ce livre est un triomphe, une crise déchire son existence, entraînant une catastrophe psychique où il risque de perdre la vie. Pourtant il écrit encore Anna Karénine, où se nouent les thèmes de l'érotisme, de la cruauté et de la mort ; c'est un texte-témoin travaillé, par la lutte qu'il livre contre la menace de l'effondrement et du suicide. À l'issue de cette crise, Tolstoï décide de renoncer à la création littéraire. C'est la transformation dont le germe, de tout temps, était dans mon âme, écrit-il dans Confession. Interrogeant à la fois la vie et l'oeuvre de Tolstoï, l'auteur se propose d'éclairer l'origine et le devenir de cette crise, qui a pris la forme d'une dépression mélancolique, et tente de saisir son rapport au processus créateur.

  • Constitue une approche à plusieurs voix des enjeux fondamentaux qui mettent aux prises la symbolisation et les bases matérielles de toute réalité psychique.

  • Freud, un enfant de l'humour ? Ma vie n'a d'intérêt que dans son rapport avec la psychanalyse affirmait, voici un siècle, ce grand praticien et théoricien de l'humour que fut Freud. Aussi, de ce point de vue, ne peut-on que s'interroger sur la relative mésestime en laquelle il a tenu son livre Le mot d'esprit et sa relation à l'Inconscient, bien que cet ouvrage, écrit et paru en même temps que les Trois essais sur la théorie sexuelle, ait contribué, à l'évidence, aux fondements de la science nouvelle. Pourquoi semblable dépréciation ? Comment comprendre une telle réserve de la part d'un défricheur, familier de terrains autrement plus aventureux et osés ? Quels mystères recèle donc l'histoire juive pour que le maître, après s'être tu pendant vingt-deux ans, éprouve cependant la nécessité d'y revenir dans ce petit article, tout autant énigmatique que constitue l'humour ? C'est que le livre de 1905 appartient aussi aux matériaux de l'auto-analyse et que, à travers le mot d'esprit juif, dans cet effort pour s'approprier son histoire, le fils Freud s'est trouvé ici directement confronté à l'énigme de son identité. Une identité inscrite dans la judéité qui, si elle renvoie bien entendu à Jacob, son vieux juif de père, ouvre, plus sûrement encore, sur sa belle et jeune mère Amalia, conquise par son premier fils. De fait, à côté des motifs politiques justifiant une telle retenue - éviter à la psychanalyse l'étiquette de science juive - il faut envisager l'existence de mobiles proprement intimes. En se livrant à l'analyse de cet humour juif, qui le séduit tant et qu'il a hérité de son père, Freud découvre, caché derrière ce dernier, le personnage majestueux de la mère des premiers temps. Ainsi - et bien qu'il s'en défende - c'est à l'élaboration métapsychologique du lien à la mère des origines, que Freud nous convie et nous conduit, à travers l'humour dont elle constitue indéniablement la matrice.

  • La psychanalyse a le grand mérite d'avoir fait sortir le psychisme de la métaphysique de l'âme. Est-elle, pour autant, une science ? Toutes les disciplines touchant l'homme, si elles veulent se donner le statut de sciences, doivent définir ce qu'elles entendent par réalité, et prendre des précautions épistémologiques, à savoir distinguer les trois champs constitutifs de la connaissance - clinique, théorique, ontologique - et respecter les règles propres à chacun d'eux. Cette méthode, appliquée à la psychanalyse, en fait une nouvelle connaissance, alliant de manière originale rigueur et humanisme : une science de l'homme. L'auteur s'emploie à le montrer, tout en mettant en évidence les difficultés que rencontre la psychanalyse, à l'heure où l'idéologie bio-comportementale occupe le devant de la scène. Il tire les conséquences du lien nécessaire entre science et humanisme sur la pratique psychanalytique, et montre ce qui la différencie des multiples thérapies qui ne cessent de se proposer.

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