Centro de estudios mexicanos y centroamericanos

  • Les huit villages de l'Ajusco se trouvent situés sur le massif montagneux qui borde, au sud, le plateau de México. La sierra était peuplée, avant l'arrivée des Espagnols, par des populations tépanèques qui avaient été soumises par les Aztèques à qui elles payaient tribut. Après la Conquête, la population fut regroupée en villages qui purent conserver leurs anciennes terres communales dont les limites furent définies assez tôt. La région appartenait au marquisat de Cortés. Ce ne fut qu'au xviie siècle que furent octroyées les premières concessions de terres dans la région sur les espaces assez vastes laissés libres entre les villages. Très rapidement, les premiers domaines, de taille modeste, furent peu à peu réunis entre les mains de quelques personnes; à la fin du xviie siècle s'étaient constituées les trois grandes haciendas de la sierra qui allaient subsister jusquà nos jours. Entre elles et les villages, les relations furent importantes, à la fois conflictuelles et économiques. Au xixe siècle, on assiste à un développement très intéressant de la petite et moyenne propriété paysanne, d'une part sur certaines terres communales fractionnées au temps de Porfirio Díaz selon les lois libérales et d'autre part, sur des terres d'haciendas vendues en lotissement. Ces propriétés paysannes furent remises en cause par la réforme agraire contemporaine qui tenta de redonner aux villages leurs terres communales ainsi que les terres spoliées par les haciendas de l'époque coloniale au xixe siècle, ce qui provoqua les graves conflits qui existent encore actuellement au sein des communautés paysannes.

  • Cet ouvrage se présente comme une introduction a l'étude des communautés otomis du Sud de la Huasteca, dont l'ethnographie restait a faire. Un travail ultérieur sera consacré a l'analyse approfondie des représentations religieuses et de la fonction sociale des rituels. Peut-on parler aujourd'hui d'une entité culturelle otomi, a l'heure ou le sort des communautés paysannes (indiennes ou non) apparaît davantage dépendant du développement national mexicain et de la politique de l'Etat ? C'est par l'affirmative que répond l'auteur en montrant comment le processus de hiérarchisation sociale a l'intérieur des communautés parvient a coexister avec la tradition otomi, dont l'ouvrage retrace en détail les multiples aspects. A travers quelques exemples précis, on suivra les voies par lesquelles certains éléments de tradition (techniques, rituels ou mythiques) connaissent un mouvement de recul, d'extinction, mais parfois aussi de résurgence, souvent inattendu. Des institutions, telles que le systeme de parenté ou l'organisation des charges, des pratiques (techniques, thérapeutiques, etc.) seront étudiées de pair avec l'ordre des représentations qui les sous-tend, et auguel elles sont indissolublement liées. De cette façon sera éclairé le rôle éminent de la pensée symbolique dans les rapports sociaux communautaires. C'est en ce sens que l'on pourra alors parler de l'identité culturelle des communautés otomis, meme si leurs membres entretiennent une relation conflictuelle avec leur propre tradition. La premiere partie sera consacrée a l'analyse de l'organisation communautaire et a ses transformations, au niveau de l'habitat, des formes de pouvoir, et des groupes domestiques. Dans la seconde partie, seront décrites les techniques traditionnelles et les pratiques agraires, en relation avec le processus d'intégration inégalitaire des communautés otomis au marché national. Enfin, la troisième partie définira quelques éléments préliminaires d'une "anthropologie" otomi, à travers l'examen des pratiques symboliques autour de la naissance, la maladie et la mort, gráce auxquels l'idéologie communautaire se dévoile dans les moments d'intense crise sociale.

  • Ce livre présente des données recueillies au cours de cinq missions effectuées au Guatemala, entre 1966 et 1980, grâce à des crédits de la Commission des Fouilles du Ministère des Affaires Etrangères et du Centre National de la Recherche Scientifique dans le cadre des Recherches Coopératives sur Programmes (RCP) 294 et 500.

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