Capricci Editions

  • De Scorsese à John Woo en passant par Tarantino, Jarmusch ou encore Michael Mann, nombreux sont les cinéastes à se réclamer de Jean-Pierre Melville, tant celui-ci aura renouvelé en profondeur le cinéma de genre. Dans ce livre d'entretien devenu un classique de l'édition de cinéma, le cinéaste revient généreusement sur son parcours et sur la genèse de ses films. Il y aborde notamment ses influences cinématographiques et littéraires, certains points peu connus de sa biographie, les grands thèmes de son oeuvre et son travail de metteur en scène. Peu à peu se profile une personnalité complexe, parfois contradictoire : le portrait d'un homme secret et orgueilleux, réputé pour ses brouilles et ses colères, mais porté par un amour inconditionnel du cinéma.

    Rui Nogueira est un journaliste et critique de cinéma né en 1938 au Portugal. À son arrivée à Paris dans les années 1960, il devient le collaborateur d'Henri Langlois à la Cinémathèque française et écrit pour diverses publications sur le cinéma, françaises ou étrangères, dont la célèbre revue anglaise Sight and Sound.

  • Voici enfin le premier livre consacré à l'ensemble de l'oeuvre de Marco Ferreri (1928-1997), le portrait inédit d'un artiste culte, sulfureux et original. Cinéaste de l'absurde, critique de la société de consommation, Ferreri a vu sa réputation taillée par le scandale de La Grande Bouffe ; mais son cinéma radical accueille aussi les rôles les plus controversés des grands acteurs de son époque : Gérard Depardieu, Annie Girardot, Michel Piccoli, Catherine Deneuve et Marcello Mastroianni, sans oublier Ugo Tognazzi et d'autres figures incontournables de la culture italienne.

    Au-delà du scandale, de Rabelais à Camus, du néoréalisme italien au féminisme, du grotesque au sublime, ce livre permet d'approcher l'un des secrets les mieux gardés de la cinéphilie mondiale.

    Docteure en histoire de l'art, Gabriela Trujillo enseigne depuis près de dix ans le cinéma et la photographie et travaille dans d'importants musées parisiens. Elle publie régulièrement sur le cinéma et la littérature.

  • Josef von Sternberg est à l'origine d'une des carrières les plus accidentées de l'histoire du cinéma américain. Après des années d'assistanat, il tourna l'un des premiers films indépendants, claqua la porte de plusieurs plateaux, partit filmer en Allemagne puis au Japon, dénicha Marlene Dietrich, fut monteur pour d'autres et directeur de la photographie pour lui-même, réalisa un peu partout des morceaux de films, dégringola plusieurs fois les marches de la gloire pour les remonter une à une. Il légua au cinéma un gisement de chefs-d'oeuvre éblouissants, parfois reconnus, parfois oubliés ou demeurés secrets. Cet ouvrage est un exercice d'admiration au sujet d'une oeuvre parmi les plus farouchement insolites et tragiquement sensuelles jamais tournées au sein de l'industrie hollywoodienne.

    Mathieu Macheret est critique de cinéma au journal Le Monde. Il a écrit aux Cahiers du cinéma entre 2011 et 2014 et collabore actuellement aux revues Trafic et Études, ainsi qu'à l'émission Plan Large sur France Culture. Il a également contribué à des ouvrages collectifs sur les cinéastes Otto Preminger, Francis Ford Coppola, Jacques Tourneur, Manoel de Oliveira, Guy Gilles, Samuel Fuller, Jean-Marie Straub et Danièle Huillet.

  • Actrice, Gena Rowlands est surtout connue pour ses rôles dans les films de son mari John Cassavetes : il réinventait le cinéma, elle réinventait une façon d'être actrice et femme. Ce livre se fixe pour but de penser Gena Rowlands sous tous les angles possibles : analyse formelle et littéraire, retour sur les pans oubliés de sa carrière, recontextualisation historique. Il s'agit de montrer comment son jeu transfigure par la folie toute une série de destins féminins : la vieille fille, la femme au foyer, l'actrice vieillissante... Comme tout grand artiste, Rowlands a fabriqué un espace à elle et à nous, qui puisse accueillir la nouveauté de ses gestes, la fulgurance de son apparition.

    Murielle Joudet est critique de cinéma. Elle écrit pour Le Monde, Les Inrockuptibles, Chronic'art, participe régulièrement aux émissions La Dispute sur France Culture et Le Cercle sur Canal+, et présente des entretiens sur le cinéma pour le site Hors-Série.Son premier livre, Isabelle Huppert, vivre ne nous regarde pas, est paru aux éditions Capricci en 2018. Elle a également coécrit l'ouvrage Hitchcock, la totale (E/P/A, 2019).

  • Comment choisit-on un scénario? Qu'est-ce qui détermine le style d'un film? Comment gérer un tournage en extérieur avec une centaine de figurants ? Que faire pour maintenir la concentration d'un acteur au bout de la dixième prise ?Étape par étape, Sidney Lumet aborde tous les aspects de la création cinématographique, de l'écriture à la post-production : le casting, les répétitions, le choix des décors et des costumes, le tournage et le montage, la conception de la bande-son..., jusqu'au moment fatidique de la première projection. Auteur de nombreux classiques (Serpico, Un après-midi de chien, 12 hommes en colère), Lumet offre avec ce livre le point de vue rare d'un cinéaste sur son propre travail et sur son art, nourri d'une longue expérience à Hollywood où il a tourné avec les plus grandes stars (de Katharine Hepburn à Al Pacino). À la fois mémoires professionnelles fourmillant d'anecdotes et guide pour apprenti réalisateur, Faire un film est une plongée saisissante dans les coulisses du cinéma.

  • « Mon amie Ava Gardner m'a demandé un jour si je pensais qu'elle pouvait incarner Billie Holiday au cinéma. Je dus lui répondre que, même si elle avait sans doute tout ce qu'il fallait pour ça - elle était assez courageuse, honnête et belle -, il était presque certain qu'on ne le tolérerait pas, puisqu'il était de notoriété publique que Billie Holiday était noire et qu'elle, Ava Gardner, était blanche. Ce n'était pas vraiment une plaisanterie, ou alors une plaisanterie amère, car je connais assurément certaines filles noires bien plus blanches qu'Ava. »
    Paru aux États-Unis en 1976 et jusqu'ici inédit en français, Le Diable trouve à faire révèle une autre facette du grand écrivain James Baldwin : celle d'un critique au regard incisif, attaché à explorer les fantasmes, illusions et préjugés des films qui ont marqué sa vie.
    Dans son style à la fois vif et lyrique, il parcourt ses premiers souvenirs de cinéma, indissociables des difficultés familiales et de sa découverte de la société dans laquelle il vit. Naissance d'une nation, Lawrence d'Arabie, Devine qui vient dîner..., Dans la chaleur de la nuit, L'Exorciste, ou encore le physique de Bette Davis sont autant d'occasions de confronter son monde à celui d'Hollywood, et de constater le gouffre qui les sépare.

    Romancier, dramaturge, essayiste et poète afro-américain, héros du mouvement des droits civiques, ami de Martin Luther King et de Malcolm X, James Baldwin est l'un des grands écrivains contemporains.
    Le film I Am Not Your Negro, sorti en 2017, s'inspire de ses écrits.

  • Compagnon de route de Charlie Chaplin, Mack Sennett, Fatty Arbuckle, Harold Lloyd ou des Marx Brothers, Buster Keaton commence sa carrie

  • En 2016, le succès public et critique rencontré par Elle a remis Paul Verhoeven sur le devant de la scène internationale. Le cinéaste néerlandais raconte son parcours dans cet entretien exhaustif réalisé chez lui, à La Haye. Il évoque ses controverses et ses succès, Arnold Schwarzenegger, Sharon Stone et Isabelle Huppert, la Hollande et Hollywood, le triomphe de Basic Instinct et l'échec de Showgirls, la liberté de Starship Troopers et la vitesse de Black Book... Il revient sur ce qui le lie aux femmes - plus qu'aux hommes -, sur sa passion pour Jésus et pour Jean Moulin, ainsi que sur ses nombreux projets de films. Cet entretien est précédé d'un essai d'Emmanuel Burdeau portant sur l'ensemble de l'oeuvre de Paul Verhoeven.

  • Les Maîtres d'Hollywood - volume 2 réunit neuf entretiens menés par Peter Bogdanovich avec quelques-uns des plus grands noms du cinéma américain : Alfred Hitchcock, Edgar G. Ulmer, Otto Preminger, Joseph H. Lewis, Chuck Jones, Don Siegel, Frank Tashlin, Robert Aldrich, Sidney Lumet. Précédé d'une courte introduction, chaque entretien aborde une large variété de sujets : l'histoire personnelle du metteur en scène, son rapport à la technique et à la réalisation, ses thèmes de prédilection, les tournages de films, l'inspiration artistique, le choix des acteurs et les rapports entretenus avec eux, les anecdotes, etc.

    Un premier volume, avec sept autres entretiens (Fritz Lang, Howard Hawks, Josef von Sternberg, George Cukor, Leo McCarey, Allan Dwan et Raoul Walsh), paraît en janvier 2018.

    Né en 1939, Peter Bogdanovich appartient à la génération de cinéastes cinéphiles du "Nouvel Hollywood" qui a régné en maître sur le cinéma américain entre le début et la fin des années 1970. Il est l'auteur de quelques films cultes comme La Dernière séance (1971) ou On s'fait la valise, docteur? (1972). En 2014 est sorti son dernier film, Broadway Therapy.
    Passionné par l'âge d'or du cinéma classique, il a rencontré et interviewé la plupart des grands cinéastes d'Hollywood, de Ford à Hitchcock.

  • C'est l'histoire d'une actrice qui a toujours témoigné d'un goût prononcé pour le désastre et la catastrophe. Pour les héroïnes qu'elle incarne, cette catastrophe emprunte plusieurs noms : mari, enfant, France, amour, famille, réalité. Leurs moyens d'y répondre s'appellent masochisme, rêve, travail, perversion, poison, sévérité, humour, absence, folie.
    Violette Nozière, Madame Bovary, La Pianiste ou encore Elle : à travers ses plus grands rôles, Isabelle Huppert n'a cessé de livrer une bataille fictionnelle aux versions étriquées de la vie et de la féminité pour leur préférer la quête d'un idéal impossible, l'élan tragique et une forme salvatrice de monstruosité. À l'image d'un bonheur trop conventionnel, elle a toujours su opposer ce que l'on a appelé sa « plénitude malheureuse ».

    Murielle Joudet est critique de cinéma. Isabelle Huppert. Vivre ne nous regarde pas est son premier livre.

    Murielle Joudet est critique de cinéma. Elle écrit pour Le Monde, Chronic'art, participe régulièrement à l'émission La Dispute sur France Culture et présente des entretiens sur le cinéma pour le site http://hors-serie.net.

  • Du haut des 40 films réalisés par Youssef Chahine en 50 ans de carrière, c'est l'histoire mouvementée du 20ème siècle qui nous contemple. A la différence - fondamentale - que le plus connu des cinéastes égyptiens voyait le monde depuis le phare d'Alexandrie. Et le Monde apparaît sensiblement différent quand la Gare Centrale du Caire devient soudain son centre de gravité. Originaire de la région du globe la plus malmenée par l'histoire durant le siècle dernier, Chahine n'a jamais désespéré du genre humain pour autant. Progressiste et joyeux, son cinéma a épousé tous les genres (comédie musicale, drame social, fresque historique, film intimiste) pour nous entraîner dans les mondes disparus et les paradis perdus qu'a connu ce levantin né en 1926 et mort en 2008 - chez lui en Egypte.

    Tewfik Hakem est journaliste et producteur à France Culture. Ami de Youssef Chahine, il a assisté à plusieurs tournages du cinéaste après avoir fait sa connaissance en 1985.

  • En cinquante ans et bientôt soixante-dix films, Werner Herzog a battu mille records et échappé autant de fois à la mort. Il est le seul cinéaste de l'histoire à avoir tourné sur les sept continents. Signes de vie et Grizzly Man, Aguirre, la colère de Dieu et Bad Lieutenant : Escale à La Nouvelle-Orléans : l'immensité de son oeuvre éclaire le cinéma moderne. De préhistoires en apocalypses, de traversées du désert en retours triomphaux, l'itinéraire qu'il a tracé est unique. Comment ressaisir celui-ci dans sa totalité ? Et comment épouser les continuités et les évolutions du voyant, de l'écrivain, du marcheur que Herzog est aussi ? En allant non pas film à film mais période par période, idée par idée : pas à pas.

  • En 1959, Kirk Douglas met en chantier, en tant que producteur, un projet considérable : ladaptation de Spartacus, best-seller dHoward Fast. Stanley Kubrick sera le réalisateur, Douglas jouera le célèbre esclave rebelle, Laurence Olivier, Tony Curtis, Jean Simmons, Peter Ustinov, Charles Laughton tiendront des rôles secondaires. Pour ladaptation, Douglas engage le grand scénariste Dalton Trumbo. Or celui-ci, inscrit sur la liste noire de Joseph McCarthy, vient de passer un an en prison. Il doit donc travailler sous pseudonyme.
    Dans ce livre publié aux États-Unis en 2012, lacteur décrit la mise en place dun projet de grande envergure ; les relations orageuses avec Kubrick, avec qui il venait de tourner et de produire Les Sentiers de la gloire ; les caprices des acteurs, notamment la rivalité entre Ustinov et Laughton ; les difficultés pour parvenir à un montage définitif.
    Livre à la fois au passé et au présent, mémoires et prise de parole dun acteur soucieux depuis toujours de la chose politique, I am Spartacus ! raconte lépopée du film qui permit à Hollywood de tourner enfin la page de la liste noire.

  • Le Port de la drogue, Shock Corridor, Dressé pour tuer... Les films de Samuel Fuller, à l'instar de sa vie, ont prêté à bien des malentendus : sur la violence, la politique, la guerre, les hommes, les femmes, les États-Unis. Des cinéastes de sa génération (Robert Aldrich, Richard Brooks ou Nicholas Ray), Fuller est en effet celui qui a suscité au fil du temps les évaluations et les jugements les plus contradictoires.
    Il y a superbement survécu : indépendant jusqu'à l'intransigeance, rageur, lyrique, tendre, conteur fabuleusement inventif, inconvenant, drôle, en un mot libre. S'il revendiquait un cinéma de basse extraction quant à ses budgets et au matériau qu'il privilégiait, il tenait avec orgueil à inscrire au fronton de ses films qu'il les écrivait, les réalisait et souvent les produisait lui-même. L'énergie extrême que tout le monde s'accordait à lui reconnaître a longtemps fait elle-même l'objet d'une méprise. Loin d'être une force brute et aveugle, elle doit s'entendre, ainsi que chez Balzac dont il était fou, comme ultime puissance créatrice.

  • Premier livre d'entretien avec Werner Herzog à être publié en français, Manuel de survie est le témoignage grandiose d'un rescapé : un rescapé du cinéma et un rescapé tout court.

  • Arnold Schwarzenegger est né une première fois en Autriche, le 30 juillet 1947. Le cinéma, lui, l'a fait naître comme prodige. Né d'un éclair prophétique dans Terminator, d'une expérience génétique dans Jumeaux, d'un rêve d'enfant dans Last Action Hero, il a traversé la fin du vingtième siècle comme un oracle, pour annoncer le destin de l'homme à l'époque de sa reproductibilité technique. Comme le Terminator, il est venu nous faire craindre le futur et en même temps nous le faire aimer. Comme lui, il est venu, sans contradiction, sonner le glas de l'humanité et en même temps la sauver, en prenant au pied de la lettre le rêve américain du self-made-man. Trente ans plus tard, la prophétie s'est réalisée : l'homme est devenu un cyborg. Et Schwarzenegger? Qu'est-il devenu? Jérôme Momcilovic est critique et dirige les pages cinéma du magazine Chronic'art. Prodiges d'Arnold Schwarzenegger est son premier livre.

  • Comment réussir (ou presque) à Hollywood donne des conseils aux aspirants acteurs ou cinéastes qui voudraient y tenter leur chance. Les informations sont précises mais adoptent un ton de sarcasme qui est aussi une manière de ridiculiser à la fois les attentes naïves des débutants et les intentions édificatrices de ce genre d'ouvrage. Ce petit livre réjouissant écrit il y a quarante ans par celui qu'on surnomma « le plus mauvais réalisateur de tous les temps » réussit avec humour, rage et tendresse, à faire une chose et son contraire : décrire sans fascination le monde de Hollywood, et livrer les clés pour y pénétrer sans jamais en être esclave. Drôle, vif, rapide, une parfaite introduction et le parfait antidote à Hollywood !

  • Vous pensiez que j'tais fou quand j'ai assur le public contre la mort de peur. Que j'tais encore plus fou quand j'ai mis des squelettes dans les salles de cinma. Et vous tiez prt me mettre une camisole de force quand j'ai plac des botiers dcharges lectriques sous les fauteuils. (William Castle) Ses films petit budget ont rapport des millions de dollars. Il a mis au point les gadgets publicitaires les plus farfelus pour attirer le public. Il a produit Rosemary's Baby, influenc de nombreux cinastes et inspir un film Joe Dante. Ralisateur de sries B et touche--tout boulimique, William Castle (1914-1977) est l'un des matres du cinma d'horreur et d'pouvante. Dans ce livre, il raconte son tonnant parcours Hollywood et voque avec humour les grandes rencontres qui ont marqu sa vie : Orson Welles, Harry Cohn, Vincent Price, Joan Crawford, le mime Marceau, Roman Polanski... William Castle tait mon idole. Je suis mme jaloux de son oeuvre. (John Waters) Mon cinaste prfr. (Robert Zemeckis)

  • C'est en 1999, avec Xiao Wu, artisan pickpocket, que le public français découvre Jia Zhang-ke. Huit autres films ont suivi, parmi lesquels The World et Still Life (Lion d'Or à Venise en 2006), qui ont fait de Jia le plus grand cinéaste chinois contemporain.Dits et écrits d'un cinéaste chinois est un recueil de textes, d'entretiens et de discours donnés par le cinéaste entre 1996 et 2011. Il est organisé en dix parties, traitant chacune d'un film. Chaque texte reflète la pensée du cinéaste à une époque donnée, offrant ainsi un éclairage immédiat et vivant sur ses oeuvres.Les sujets abordés sont divers et complets : récit des expériences de jeunesse, problèmes survenus lors des tournages, production et distribution des films ; réflexions sur l'alcool, le voyage, le piratage... ; exposé de l'esthétique cinématographique de Jia. Plus encore, la véritable valeur du livre tient à l'observation pointue et aux critiques virulentes adressées, non sans humour, à la société et au cinéma chinois.Les entretiens accordent également une place de choix à plusieurs figures majeures, notamment les réalisateurs taïwanais Hou Hsiao-Hsien et Tsai Ming-Liang. Jia évoque des cinéastes ayant exercé une influence directe sur son oeuvre, comme Yasujiro Ozu.Ce livre est un témoignage unique, à la première personne, sur la construction d'une oeuvre centrale de notre temps, ainsi que sur celle d'une voix éthique et esthétique.

  • L'apocalypse-cinéma, ce n'est pas seulement la fin des temps si souvent donnée à voir dans les superproductions contemporaines. En regardant de près les blockbusters qui jouent avec l'anéantissement général, en s'attachant aussi à des productions plus singulières, Peter Szendy avance l'hypothèse que le cinéma travaille là à sa propre limite. L'« apo », c'est à la fois, et d'un seul coup double, la fin du monde et la fin du film. Melancholia, l'après-tout - The Last Man On Earth, le cinéma comme décompte - Cloverfield, l'holocauste de la date - Terminator, l'archi-travelling - 2012, la pyrotechnie - A. I., le gel - Pause pour inventaire (l'« apo ») - Watchmen, le feuilleté du cinémonde - Sunshine, la radiographie en blanc et noir - Blade Runner, lesintermondes - L'Armée des douze singes, les tubes de l'apocalypse - La Route, la langue d'une ère engloutie - Blob, la bulle.

  • L'ensemble de ces textes témoigne d'un parcours, d'une trajectoire d'une quinzaine d'années qui n'est pas seulement celle de l'auteur, mais aussi celle de la revue où ils ont été écrits, les Cahiers du Cinéma, depuis la rigidité théorique et idéologique du début des années 1970 jusqu'au post-modernisme des années 1980. On y suivra l'inflexion d'une pensée, d'une écriture, des goûts et des engouements qui définissent une époque - voire plusieurs. (P.B.) Après des études de philosophie, Pascal Bonitzer entre en 1969 aux Cahiers du cinéma, où il écrit jusqu'au milieu des années 1980. Parallèlement il devient scénariste et collabore à de nombreuses reprises avec Jacques Rivette, André Téchiné ou encore Raoul Ruiz. Encore, son premier long métrage, obtient le Prix Jean-Vigo en 1996. En 2016 sort son septième film : Tout de suite maintenant.

  • « Contre toute attente, Peckinpah s'arrête quelques instants plus tard pour inviter le journaliste à boire un verre. "Qu'est-ce que vous voulez savoir au juste ? Vous devez déjà connaître toute la merde à propos de mes films, sinon vous ne seriez pas là." » Entré à Rolling Stone en 1971, la même année que Hunter S. Thompson, Grover Lewis est l'un des pionniers du Nouveau Journalisme, adepte des récits alcoolisés et des reportages fleuves en immersion. Spécialisé dans le rock et le cinéma, il arpente librement les plateaux de tournage, un oeil rivé sur les coulisses. Il y croise aussi bien des figures mythiques (Robert Mitchum, Steve McQueen, Jack Nicholson) qu'une foule d'anonymes, doublures, techniciens, voire simples badauds. Pour cet écorché vif originaire du Texas, chaque reportage est l'occasion d'une description minutieuse et amusée d'une culture, d'une époque et d'un coin de l'Amérique, profonde de préférence.
    Le Cinéma infiltré réunit des écrits de Grover Lewis parus entre 1971 et 1990: longs récits de tournages (La Dernière séance de Peter Bogdanovich, Vol au-des- sus d'un nid de coucou de Milos Forman...), mais aussi poème ou roman inachevé. D'un texte à l'autre, c'est la même sensibilité littéraire, le même ton singulier qui circulent, un mélange d'élégance, d'argot et d'humour.

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