Littérature générale

  • Le poison

    Charles Jackson

    Le temps d'un week-end d'euphorie et de cauchemar, la descente aux enfers de Don Birnam, un écrivain raté dévoré par l'alcoolisme. Chef-d'oeuvre de lucidité et de poésie, best-seller surprise lors de sa sortie aux États-Unis et inexplicablement oublié en France depuis sa parution en 1946, Le Poison est un roman culte, un morceau d'anthologie à redécouvrir au plus vite. À New York, dans les années 1940 Une fois le verre devant lui, il se sentit mieux. Il ne le but pas immédiatement. Maintenant qu'il le pouvait, il n'en éprouvait plus le besoin. Au contraire, il s'offrit le luxe de l'ignorer pour un temps. Il alluma une cigarette, sortit plusieurs enveloppes de sa poche, déplia et parcourut une vieille lettre, rangea le tout et commença à chantonner doucement. Puis il se joua la comédie subtile et étudiée de l'ennui : il se regarda dans la glace sombre du bar, comme perdu dans ses pensées ; tripota son verre, le tournant et le retournant ou le faisant glisser d'avant en arrière sur la surface mouillée du comptoir ; dansa d'un pied sur l'autre ; lança un regard dans la direction d'un couple d'inconnus qui se tenaient au bar un peu plus loin, les toisant de haut, une minute ou deux, d'un oeil critique, et, estima-t-il, d'une façon aristocratique. Et quand, pour en finir, il leva le verre jusqu'à ses lèvres, ce fut avec un air excédé qui semblait dire : " Ma foi, je suppose que je ferais aussi bien de le boire, maintenant que je l'ai commandé. "

  • Un classique de la littérature américaine, roman d'apprentissage sur les jeunes années de Francie Nolan, fillette sensible, assoiffée de culture et de livres, dans le quartier misérable de Williamsburg au début du XXe siècle.

    Dans le quartier de Willia

  • En 1977, le Times désigne Barbara Pym comme l'un des auteurs les plus injustement méconnus du XXe siècle. Une remise en lumière qui sonne comme une renaissance pour l'écrivain, érigée alors en virtuose dans l'art de la comédie douce-amère. Avec Des femmes remarquables, l'un de ses plus fameux romans, Barbara Pym chronique délicieusement les tracas d'un quotidien pimenté et brosse, d'une plume teintée d'humour et d'ironie, un brillant tableau de la middle class londonienne d'après-guerre...
    Londres, dans les années 1950. Mildred Lathbury, jeune femme célibataire au quotidien partagé entre la vie de la paroisse et les tâches domestiques, voit son existence bouleversée lorsque débarque dans son immeuble une fougueuse anthropologue au bras d'un très bel homme...
    Je laissai Dora poursuivre, mais sans réellement lui prêter l'oreille car je connaissais l'opinion que nourrissait Dora à l'égard de miss Protheroe et de tout précepte religieux. Nous nous étions souvent querellées autrefois à ce sujet. Je me demandais comment elle pouvait gâcher autant d'énergie à lutter pour une vétille telle que le port du chapeau à l'office ; puis je me dis qu'après tout, la vie se réduisait, pour la plupart d'entre nous, à des détails de cet ordre : les petits désagréments plus que les grandes tragédies, les dérisoires petites envies plus que les grands renoncements et les tragiques passions amoureuses de l'histoire ou des romans.

  • La redécouverte de textes inédits de l'auteur culte de la " trilogie du ghetto ", Pimp, Trick Baby et Mama Black Widow : Robert Beck, alias Iceberg Slim, célèbre proxénète noir qui a dynamité la littérature afro-américaine des années 1970 et inspiré tout un courant artistique. Une galerie de vignettes hallucinantes sur le Chicago interlope des années 1940 et le Los Angeles underground des années 1960, la confession d'un mac repenti, profession de foi d'un homme en colère, en lutte contre le racisme et l'injustice sociale, engagé haut et fort dans le combat pour les droits civiques.

  • Mattie, Etta Mae, Kiswana et les autres, sept Afro-Américaines au parcours sinueux, échouées à Brewster Place. Des peines, des joies, des drames et un espoir farouche qui unit ces femmes : faire tomber le mur qui les emprisonne et libérer leurs rêves... Publié chez Belfond en 1987, un roman plein de fougue, de colère et d´amour, récompensé par le prestigieux National Book Award 1983.Dans une banlieue urbaine du Nord des États-Unis, 1970´s Mattie Michael a tout perdu : rejetée par sa famille, ruinée par son fils, le peu qu´elle a pu sauver de la main des huissiers, la vieille femme l´a emporté à Brewster Place. Là, dans cette grappe d´immeubles délabrés et grisâtres, isolés du monde par un haut mur de brique, la matriarche propose désormais son soutien à celles qui n´oseront jamais le demander.

    Il y a la belle et indépendante Etta Mae qui, au volant de sa Cadillac vert pomme affole le quartier de son franc-parler et fait rougir les pasteurs.

    Il y a la jeune Kiswana, fervente militante de la cause des Noirs, qui a abandonné les quartiers riches pour défendre ses idéaux.

    Sans oublier Cora Lee, la femme-enfant qui accumule les bébés et les amants d´un soir. Ou encore Luciella, la jeune mère éplorée.

    Mais celles qui font jaser, ce sont ces deux jeunes filles du 312. Le « couple », celles dont on préfère murmurer le nom.



    La fête de l´immeuble se prépare. Et sous les yeux des femmes de Brewster Place, un drame terrible va se jouer. Un drame qui changera à jamais leur destin et celle de tout un quartier...

  • Attention, chef(s)-d'oeuvre ! La redécouverte de Mrs. Bridge, et de son pendant, Mr. Bridge, oeuvre en diptyque, fondatrice de la littérature américaine d'après-guerre, adulée par Thomas Savage, Lionel Shriver, David Nicholls ou encore Matthew Thomas. Un peu à la manière d'un Richard Yates, Evan Connell nous livre la radiographie d'un couple dans les années 30, s'appuyant sur une écriture ciselée, une intelligence stupéfiante et une construction originale. Attention, chef(s)-d'oeuvre ! Tout allait bien, semblait-il. Les jours, les semaines, les mois passaient, plus rapidement que dans l'enfance, mais sans qu'elle ressentît la moindre nervosité. Parfois, cependant, au coeur de la nuit, tandis qu'ils dormaient enlacés comme pour se rassurer l'un l'autre dans l'attente de l'aube, puis d'un autre jour, puis d'une autre nuit qui peut-être leur donnerait l'immortalité, Mrs. Bridge s'éveillait. Alors elle contemplait le plafond, ou le visage de son mari auquel le sommeil enlevait de sa force, et son expression se faisait inquiète, comme si elle prévoyait, pressentait quelque chose des grandes années à venir. Mrs. Bridge et son pendant, Mr. Bridge, forment une oeuvre en diptyque fondatrice de la littérature américaine d'après-guerre, adulée par des générations entières de romanciers. Portée par une écriture d'une précision redoutable, un ton à l'élégance distanciée et une construction virtuose, une redécouverte à la hauteur de celle d'un Richard Yates avec La Fenêtre panoramique ou d'un John Williams avec Stoner.

  • Mr Bridge

    Evans S. Connell

    Attention, chef(s)-d'oeuvre ! La redécouverte de Mrs. Bridge, et de son pendant, Mr. Bridge, oeuvre en diptyque, fondatrice de la littérature américaine d'après-guerre, adulée par Thomas Savage, Lionel Shriver, David Nicholls ou encore Matthew Thomas. Un peu à la manière d'un Richard Yates, Evan Connell nous livre la radiographie d'un couple dans les années 30, s'appuyant sur une écriture ciselée, une intelligence stupéfiante et une construction originale. Attention, chef(s)-d'oeuvre ! Souvent il pensait : " Ma vie a commencé le jour où je l'ai connue. " Elle aurait été ravie, sans aucun doute, de l'apprendre, mais il ne savait pas comment le lui dire. Et les années passaient ; ils eurent trois enfants et s'habituèrent à leur vie conjugale. Puis Mr. Bridge décida finalement que c'était là tout ce que sa femme devait attendre de lui. Après tout il n'était pas poète mais avocat. Jamais il ne pourrait prétendre être ce qu'il n'était pas. Mr. Bridge et son pendant, Mrs. Bridge, forment une oeuvre en diptyque fondatrice de la littérature américaine d'après-guerre, adulée par des générations entières de romanciers. Portée par une écriture d'une précision redoutable, un ton à l'élégance distanciée et une construction virtuose, une redécouverte à la hauteur de celle d'un Richard Yates avec La Fenêtre panoramique ou d'un John Williams avec Stoner.

  • Dans la lignée de La Fenêtre panoramique de Richard Yates, un best-seller d'après-guerre aux États-Unis, oublié ensuite car jugé trop bourgeois par la vague hippie et enfin salué dans les années 80 comme une oeuvre majeure. Traduit dans plus de vingt-cinq langues, adapté au cinéma en 1956, source d'inspiration de la série Mad Men, L'Homme au complet gris retrace l'émouvante trajectoire d'un homme tiraillé entre amour familial et ambition sociale, dans le Manhattan des années 50. Un livre culte. A New York, dans les années 1950 " Le complet gris ", c'est l'uniforme de l'Américain moyen, celui qui arrive tous les jours de sa banlieue pour travailler dans un quelconque gratte-ciel. Il est jeune encore, il a une femme et trois enfants, son travail ne l'intéresse pas beaucoup et la grande aventure de sa vie a été la guerre. Il a de l'ambition pourtant et en Amérique ambition égale argent ; il faut gagner beaucoup d'argent pour être un homme. Il accepte la situation d'avenir que lui offre un magnat de la télévision, mais cela veut dire de longues heures de travail, des absences, presque plus de vie de famille. Alors, non. L'homme s'aperçoit que son ambition, c'est de vivre en paix avec sa conscience et de vivre heureux auprès des siens. Et le destin lui donnera l'un et l'autre, une réussite qui ne sera pas une réussite sociale, mais une réussite humaine. Un livre bouleversant de tendresse, de vérité, d'émotion, un livre qui rend un son nouveau et inattendu dans la littérature américaine et que toute l'Amérique a salué comme un des meilleurs romans contemporains.

  • En 1922, Hugo Bettauer, journaliste, romancier, grand provocateur, imagine une étonnante satire politique. Alors que Vienne traverse une grave crise économique et sociale, les autorités arrivent à une conclusion imparable : pour sortir du marasme, il suffit de faire partir tous les habitants juifs.
    À Vienne, en 1922, les juifs autrichiens occupent les postes-clés de la ville. Certes, les viennois apprécient hautement leurs qualités, mais les estimant trop écrasantes pour que la majorité aryenne puisse elle aussi prendre son essor, obtiennent du Parlement l'expulsion de tous les juifs d'Autriche. Expulsion douloureuse mais non physiquement brutale, chaque individu recevant une indemnité proportionnelle à ses précédentes déclarations fiscales, ce qui ne manque pas de faire naître, chez certains, quelques regrets tardifs.
    Après le départ du dernier juif, fêté dans l'allégresse, l'euphorie retombe très vite. Des secteurs entiers de l'économie périclitent. Les juifs savaient certes gagner de l'argent, mais avaient aussi l'art d'en dépenser. Le cours de la couronne s'effondre, le chômage et l'inflation galopent alors que, de son côté, la vie intellectuelle et culturelle tombe au plus bas. Vienne perd son prestige de capitale et prend des allures de ville de province.
    On en vient bientôt à souhaiter secrètement le retour des juifs...
    EXTRAITS " De l'université à la rue Bellaria, une véritable muraille humaine cernait le splendide et serein bâtiment où siégeait le Parlement. En cette matinée de juin, tout Vienne semblait s'être donné rendez-vous, à dix heures, là où allait se jouer un événement historique d'une portée imprévisible. Bourgeois et ouvriers, dames et femmes du peuples, adolescents et vieillards, jeunes filles, petits enfants, malades dans leurs fauteuils roulants, surgissaient pêle-mêle, criaient et discutaillaient politique et suaient abondamment. A tout moment, un nouvel exalté se mettait à haranguer la foule et sans cesse on entendait retentir le même slogan : "Dehors les Juifs !' "" Mesdames et messieurs ! J'ai dit que je tenais le Juif, considéré en soi et objectivement, pour un individu estimable, et je le maintiens. Mais le hanneton doré, avec ses ailes étincelantes, n'est-il pas lui aussi une créature belle et estimable, et n'est-il pas malgré tout exterminé par le jardinier consciencieux, parce que la rose lui est plus chère que le hanneton ? Le tigre n'est-il pas un animal magnifique, plein de force, de courage et d'intelligence ? Et n'est-il pas cependant chassé et traqué parce que la lutte pour la vie l'exige ? C'est de ce point de vue et de lui seul que nous devons considérer la question juive. C'est nous ou bien les juifs ! "

  • Angleterre, automne 1913. La grande partie de chasse traditionnelle bat son plein sur les terres de sir Randolph, pour le plus grand plaisir de ses invités. Mais, cette fois, flirts, rivalités et trahisons vont avoir raison de l'étiquette et provoquer ce que tout bon aristocrate se doit d'éviter à tout prix : un scandale.
    Grand classique de la littérature anglaise du xxe siècle, La Partie de chasse dépeint avec une délicieuse cruauté les derniers jours d'une aristocratie dépassée, sourde aux premiers échos de la Grande Guerre, accrochée avec la force du désespoir aux vestiges de sa splendeur d'antan.

  • Délicieuse comédie so british sur l'émancipation des femmes, critique espiègle de l'Angleterre des années 1930 engoncée dans son carcan moral, Les Aventures de Cluny Brown, ou quand une femme de chambre aussi délurée qu'attachante fait fi de toutes les conventions pour former un couple improbable avec un fantasque intellectuel polonais fuyant les nazis.

  • Edisto

    Padgett Powell

    Edisto ou le parcours initiatique d'un adolescent blanc de douze ans, dans une communauté noire de la côte de Caroline du Sud. Finaliste du National Book Award, ce premier roman, publié par Belfond en 1988, a valu à Padgett Powell d'être comparé à Salinger, Capote et O'Connor.
    Simon Manigault, douze ans, vit au bout du monde, sur une plage, en compagnie de sa mère, qu'il surnomme la Duchesse. Allongée sur son canapé en rotin, celle-ci boit du bourbon en rêvant à l'avenir glorieux de son fils. Car doté d'une culture et d'un vocabulaire très étoffés, Simon fait figure de petit génie. Pour la Duchesse, c'est évident : son fils est promis à une formidable carrière littéraire. Une carrière à laquelle il doit se former chaque soir depuis tout jeune, remplissant ses cahiers d'ébauches de nouvelles et de travaux d'écriture divers.
    Pendant ce temps, son père, alias le Géniteur, tente de lui inculquer des valeurs plus viriles et l'initie au base-ball.
    Mais un jour un homme frappe à la porte de la Duchesse. Jeune, fort et carré, Simon l'appelle le Centaure. Ce mulâtre veut percer le mystère de sa naissance et interroger celle qu'il pense être sa grand-mère, la vieille servante Théna. Mais alors que celle-ci s'enfuit devant ce fruit du péché, le Centaure décide de s'attarder un peu chez les Manigault. Entre Simon et lui naît une grande amitié. Pour le jeune garçon, l'heure est venue de se lancer à la découverte du monde des Noirs de Caroline du Sud et de faire, au passage, son éducation sentimentale...

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