Bayard Culture

  • De but 2019, le climat est lourd dans les milieux catholiques. Les re ve lations et les scandales se succe dent : l'effondrement menace... Comme pour l'effondrement écologique, faut-il choisir entre une résignation sourde (un climato-scepticisme) ou bien des solutions personnelles isolées (un néo-survivalisme) ? Isabelle de Gaulmyn explore une troisième voie, celle de la "transition catholique", c'est-à-dire celle d'un christianisme de liberté, construit avec des chrétiens à l'action inspirante. Elle est partie à la rencontre de personnalités comme Anne Lécu, dominicaine, médecin en prison, auteur de nombreux ouvrages, comme François Sureau, avocat et écrivain, Gilles Rebèche, diacre dans le Var et écrivain, ou encore Vincent de Conninck qui travaillait pour le Secours catholique dans la Jungle de Calais, etc. De l'Ardèche à Lille, en passant par Lyon ou Le Mans, la liberte de dire les choses prend le pas sur tout. Les propos sont décapants. Après son « Histoire d'un silence », la journaliste engagée nous offre ici un hymne à la parole libre et inspirante. Ce voyage peut répondre à la question : comment va-t-on s'y prendre pour réinventer une vie chrétienne ? Car penser l'effondrement, c'est aussi penser un recommencement.

  • Lucetta Scaraffia a créé en 2012 l'unique journal féminin du Vatican, le mensuel "Les femmes, l'Église, le monde", supplément de l'Osservatore Romano. Elle en a démissionné avec son équipe sept ans plus tard, et s'en est expliquée dans une lettre adressée au pape François, dénonçant l'emprise masculine sur le travail de son équipe. Dans ce nouveau livre, elle raconte l'aventure de ce mensuel et elle élargit son propos en dénonçant la situation des femmes au Vatican, (les religieuses notamment dont certaines ont été abusées, sexuellement, spirituellement et moralement) où tout est organisé pour que les femmes aient accès au "moins" : moins de formation, moins d'écoute, moins de responsabilités... Elle s'interroge sur les raisons de cette déviance du christianisme, (puisque Jésus avait une grande considération pour les femmes, qu'il avait choisies comme premiers témoins de la résurrection). Cette féministe modérée, prône une "réconciliation", et montre que la nécessaire réforme de l'Église passera par une plus grande place des femmes. Un essai très accessible, engagé, profond.

  • Correspondant permanent à Rome du quotidien La Croix, Nicolas Senèze, en bon connaisseur du Vatican a mené une longue enquête dans l'entourage du pape François. Au terme d'une année difficile marquée par la crise des abus sexuels au Chili et la tentative de putsch menée par un évêque italien, ancien ambassadeur du pape aux États-Unis, il est apparu que cet évêque exprimait les idées de certains groupes influents américains liés à de puissances financières. Leur but : renverser le pape et préparer l'ère post-François. Ils lui reprochent sa critique du capitalisme néo-libéral américain, sa condamnation de la peine de mort et son ouverture et sa non-condamnation de l'homosexualité.

  • Ce livre raconte la rencontre la plus improbable qui soit. Celle de femmes se prostituant rue Saint-Denis à Paris et d'hommes vivant reclus dans un monastère du Tarn. Il dévoile la force de ces séjours passés tous ensemble où les femmes, parce qu'elles se trouvent dans ce lieu, vont se raconter comme jamais auparavant.
    Il montre leur capacité à se retrouver enfin elles-mêmes, en tant que femmes et non plus en tant que « prostituées ». C'est l'histoire de femmes qui après avoir connu le pire (comme l'esclavage sexuel) retrouvent auprès de ces hommes priants, intégrité et dignité.
    On découvre aussi des personnages inoubliables, comme soeur Solange, de l'association Aux Captifs la Libération, qui depuis des années emmène des prostituées au monastère, y compris des transexuelles. « Avec nous, elles retrouvent une relation saine avec des hommes et ceci constitue notre plus grande joie » résume Frère Daniel. Écrit comme un journal de bord, ce récit étonne et bouleverse.

  • La crèche est une représentation de la venue du Fils de Dieu et de l'accueil que les hommes lui firent.
    La première image de cette venue se trouve dans la catacombe de Priscilla, à Rome, et date de la fin du IIe siècle. Jésus est assis sur les genoux de sa mère et à sa droite figure un personnage que l'on identifie à un prophète.
    La première iconographie de la crèche avec les bergers, l'âne, le boeuf remonte à l'année 343. L'âne et le boeuf sont des symboliques puissantes, alors que beaucoup n'y voient plus que des éléments cohérents du thème de l'étable. Leur présence est évoquée dans le livre d'Isaïe (Is. I, 3).
    Il semble que François d'Assise, en 1223, a créé une des premières crèches "vivantes", dont les personnages étaient joués par les gens du village. Ces crèches ont été remplacées, peu à peu, par des figurines (en bois, en cire, en carton pâte, en faïence, en verre) qui, à partir du XVIe siècle, font leur apparition dans les églises puis, au XVIIIe siècle, dans les familles. La scène de Noël s'est répandue dans le monde entier et a été acceptée dans toutes les cultures. Le travail, les formes de l'habitat, les costumes, expriment l'identité culturelle de chaque peuple. Les Péruviens offrent le condor, leur oiseau sacré, les Zaïrois se présentent avec leurs masques tribaux, les peuples des Andes remplacent l'âne et le boeuf par le lama... Il arrive que la scène de la crèche intègre maintenant lieux de travail,usines, hôpitaux, camps de réfugiés, immigrés, vieillards, enfants, marginaux... Le message est toujours le même : quel personnage suis-je ? Quelle est mon attitude : accueil, indifférence, refus ?

  • Que ce soit la solitude ou le désarroi de l'adolescence, les vifs débats sur le « mariage pour tous », sur l'avenir du christianisme dans nos sociétés, la sexualité, ou une rencontre avec un vieil évêque coréen, celle avec une paroissienne désespérée, ou de jeunes traders déboussolés... À travers une série très vivante de scènes de la vie quotidienne d'un curé de paroisse, l'auteur s'adresse à nous de façon très directe, très franche, pour parler charité, engagement, pauvreté, amour, mais aussi pardon, fraternité, homosexualité, argent, solitude, prière, espérance... Ses propos résonnent étonnamment fort. Sans langue de bois, sans faux semblant. Il offre ainsi la vision d'une Église au service du monde et de tous, attentive, humble, jamais donneuse de leçon. Il est capable d'évoquer ces trois soeurs venues pour préparer les obsèques de leur mère et qui déclarent « Mon Père, elle nous a pourri la vie... », ou de s'intéresser aux développements les plus récents de l'économie numérique, de nous parler de nos peines de coeur, d'alcoolisme, de nos oppositions stériles... et d'évoquer la mémoire du cardinal Lustiger et celle du Père Ceyrac.
    « Oui, il faut du temps pour faire un homme et, ô combien, pour faire un chrétien ! »

  • Ce livre collectif part d'un constat réaliste et urgent : beaucoup de nos contemporains, même parmi ceux qui restent attachés au christianisme, ne savent plus à quoi sert l'Église. Plusieurs hypothèses sont étudiées ici et notamment celle d'une incapacité contemporaine à penser la proposition ecclésiale du salut.
    Les auteurs s'interrogent sur les liens entre foi et Église, sacrement et Église, sur la nécessité de renouveler notre interprétation du Royaume, et nos différentes manières « d'être Église ».
    L'ensemble de ces études permet de dresser de façon magistrale et approfondie un état théologique et spirituel des lieux. Que sont des chrétiens sans Église ? Comment exprimer aujourd'hui la relation du Christ à l'Église contemporaine ?
    Ce livre est issu du 23e colloque des Recherches de science religieuse (2011).

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