Bayard Culture

  • Pendant les dix dernières années de sa vie, le Père Varillon (1905-1978) a donné, en de nombreuses villes de France, de remarquables cycles de conférences, afin d'approfondir et renouveler la foi au coeur des débats qui font la culture présente. On retrouve dans cet ouvrage la parole prenante du Père Varillon, son don d'explicateur et d'éveilleur. En toute circonstance, il déployait une pédagogie merveilleusement efficace parce que disponible à l'écoute des autres. Il a créé un genre nouveau qui associait la réflexion, la référence étroite à l'Écriture, l'énoncé des réalités essentielles, le dialogue avec la pensée contemporaine, notamment avec René Rémond. Ce maître spirituel, traditionnel et audacieux, possède mieux que personne l'art de dépoussiérer le christianisme, de lui redonner vigueur et authenticité, de l'expliquer dans ce qui lui est vital.
    Ce recueil des conférences du jésuite constitue une initiation à la foi chrétienne.

  • En de nombreux fragments, aujourd'hui dispersés à travers les recueils de textes publiés dès 1949, Simone Weil a donné une « histoire du Christ », rassemblée dans cette anthologie. Sa conception très originale et très puissante de l'Incarnation conditionne aussi bien son rapport personnel au Christ, qui l'avait « prise », que les concepts fondamentaux du rapport de l'homme au monde et à Dieu : l'âme, l'amitié, le bien, le malheur.
    S'incarner en Christ n'est en effet, pour Simone Weil, qu'un aspect de l'acte d'amour continu par lequel Dieu, depuis la Création, a renoncé à sa toute-puissance pour accorder l'existence aux hommes. En ce sens l'Incarnation et la Passion du Christ sont des figures de la Création grâce à laquelle nous connaissons et expérimentons le renoncement originaire de Dieu, et devenons capables, en faveur de Dieu, d'un pareil renoncement.
    Si l'Incarnation et la Passion sont présentes à l'origine du monde, Simone Weil en conclut que rien n'interdit de penser que l'Incarnation du Christ ait pu être précédée par d'autres incarnations qui sont autant d'images implicites de lui : « Dionysos et Osiris sont, d'une certaine manière, le Christ lui-même » ; « l'histoire de Prométhée est l'histoire même du Christ projetée dans l'éternité. » (Attente de Dieu). Dans les Carnets Simone Weil mentionne aussi plusieurs personnages de l'Ancien

  • Ces dix-sept lettres signées par Jean Chrysostome (347-407) s'apparentent tantôt à de simples billets, tantôt à de petits essais, tantôt à de véritables homélies. Écrites entre 404 et 405, elles s'adressent à une jeune veuve de Constantinople appelée Olympias.
    Premières lettres de direction spirituelle dans la littérature chrétienne d'expression grecque, elles fournissent de précieux renseignements sur leur époque, l'histoire du christianisme (en particulier le schisme de l'Église d'Orient) et la vie du saint lui-même, alors banni de Constantinople dont il était archevêque.
    Ces lettres chaleureuses, qui nous font aussi entrer dans l'intimité de deux âmes, se rattachent à la tradition de la Consolation. Il est intéressant d'observer l'évolution de cette branche de la littérature épistolaire pratiquée en leur temps par de grands auteurs païens, comme Plutarque ou Sénèque.

  • La philosophie du chrétien Khalil Gibran ("Gibran" signifiant "Consolateur" en arabe) est simple, intemporelle et universelle : ce que l'homme a de plus divin en lui, c'est « l'émerveillement qu'il a devant la vie ».
    Outre ses livres et ses poèmes, écrits tout d'abord en arabe puis directement en anglais, il a toute sa vie consigné ses pensées, ses remarques sur la vie et la sagesse humaine. Ce sont ces aphorismes dont nous donnons ici une nouvelle édition dans une traduction renouvelée et accessible.
    Ces pensées s'adressent à tous. Elles offrent une authentique sagesse pour traverser l'existence et goûter la joie, la sérénité humaines.

  • Conformément à Vatican II, l'Eglise pour Bruno Chenu est à la fois un donné et une tâche à accomplir ; elle n'existe pas indépendamment de ses incarnations, solidaires dans la charité et laq foi. C'est une Eglise prophétique appelée à détecter ce qui est orienté vers l'avenir, une Eglise prenant au sérieux l'option préférentielle pour les pauvres, une Eglise inculturée et oecuménique où le dialogue a toute sa place.

  • Née en 1648, Jeanne-Marie Bouvier de la Mothe-Guyon, couramment appelée Madame Guyon, nous est surtout connue aujourd'hui pour un petit livre, toujours réédité, Le Moyen court et très facile de faire oraison (1686), qui la range parmi les grandes mystiques françaises. Au sein de la querelle du quiétisme qui oppose Bossuet à Fénelon, on retient d'elle la silhouette d'une héroïne pleine d'extravagances. À travers ses autres écrits, moins connus, et notamment, sa "Vie", on découvre une personnalité hors du commun. Un existence rythmée par les voyages et les emprisonnements, les bonnes rencontres comme les mauvaises. L'enjeu de la présente réédition est de faire entendre cette voix passionnante, posée au croisement de deux expériences d'affranchissement : l'expérience spirituelle et l'expérience littéraire. Elle exerça une profonde influence sur Fénelon et sur le protestantisme. Ses écrits révèlent aussi comment une jeune femme puise la puissance de révolte nécessaire pour transformer en liberté intérieure son emprisonnement social et exister à sa façon dans un monde gouverné par les hommes.

  • Pour parler de Dieu, les croyants lui ont attribué un visage. Et Dieu les a comme pris au mot en devenant l'un nous, Jésus de Nazareth. Désormais la foi chrétienne est une affaire de parole et de regard. Dieu se donne à contempler et à écouter par les deux voies de la Bible et de l'icône. Mais la compromission de Dieu avec le visage humain nous fixe un troisième rendez-vous : la relation à l'autre homme. " J'ai eu faim et vous m'avez donné à manger ". Le christianisme est la religion des visages. Visage du Christ défiguré et transfiguré, visage du disciple qui voit et qui entend, visage du pauvre, qui est sacrement de Dieu. L'Eglise n'est pas l'addition de ces visages, mais leur mystérieuse communion. Bruno Chenu, religieux assomptionniste, théologien, rédacteur en chef du quotidien La Croix, nous invite à une méditation forte, à la hauteur de nos exigences de beauté, d'échanges, de vérité.

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