Arthaud

  • « Sa petite robe à pois blancs dansait sur le trottoir, des taches phosphorescentes entre chien et loup comme des signaux de détresse. Sam ne voulait pas y croire, c'était un rêve qui s'échappait de son esprit, la jeunesse qu'il avait bue, rebue, jusqu'à la foutre en l'air, elle et tout ce qui pouvait lui ressembler.
    Sam était là, bancal sur sa chaise, électrisé par l'instant, et son coeur malmené soudain se révulsa : la femme avait une jambe coupée. »

  • En hiver 1919, après sa traversée de l'Amérique, l'écrivain échoue avec son escadrille aux confins asiatiques de l'empire russe. Une description de la nuit sibérienne peuplée de personnages interlopes et dirigée par Semenof et sa troupe, décrits à la fois comme des bandits et des héros. Ce texte n'avait pas été publié depuis 1930.
    "J'avais entendu dire que Vladivostok était pleine de réfugiés sans abri [...] Maintenant j'avais sous les yeux, cette misère en marche."

  • « Comme vous, nous sommes las de la vie, et déterminés à mourir. Tôt ou tard, dans la solitude ou ensemble, nous avons l'intention de débusquer la mort au fond de son antre. Puisque nous vous avons rencontré, et que votre situation est plus pressante encore, faisons-le ce soir... »

  • Anisia a envoyé sa fille vivre à Paris pour éviter de la voir grandir à Cuba. Lorsqu'à son tour elle prend l'avion en direction de la France, elle s'endort et revoit en rêve son parcours de femme et de mère révoltée, humiliée et sacrifiée.
    "La Havane-Paris, le trajet durerait toute une nuit. J'avais tenu quinze années, le verrou poussé, sans à peine voir personne. Pendant tout ce temps, il y avait eu un grand silence, une parenthèse infernale dans ma vie."

  • - Vous avez vécu dans le souvenir du bonheur, Karim.
    Or, rien n'empêche le bonheur comme le souvenir du bonheur.


    Création Studio Flammarion

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