Sciences humaines & sociales

  • Les hommes ne le savent peut-être pas, mais ce dont la plupart des femmes préfèrent parler entre elles, ce n'est pas d'eux : c'est de leur mère. En effet, si les femmes ne deviennent pas toutes mères, si les mères n'ont pas toutes des filles, toutes ont une mère. S'interroger sur la relation mère-fille est donc leur lot commun. C'est aussi celui des hommes, impliqués, qu'ils le veuillent ou non, dans cette relation. À partir de cas empruntés à la fiction (romans et films), Caroline Eliacheff et Nathalie Heinich reconstituent l'éventail de toutes les relations possibles, montrant comment s'opèrent la transmission des rôles et la construction des identités, de génération en génération. Ainsi se dessinent les conditions d'une bonne relation. Car, dans l'expérience délicate qui consiste à être une fille pour sa mère et éventuellement une mère pour sa fille, il est sans doute des voies plus praticables que d'autres.

  • En quoi notre vie sera-t-elle transformée par les découvertes à venir ? Parviendrons-nous à mieux comprendre les mécanismes du vivant et de la conscience ? Pouvons-nous envisager un renouvellement des théories de la matière et de l'univers et l'avènement d'une nouvelle informatique ? Quels besoins de la société auront un impact sur la recherche (nouvelle robotique, révolution des neurosciences, thérapies géniques, innovations dans l'énergie, dans l'alimentation, etc.). La recherche, vecteur de l'« économie de la connaissance », échappera-t-elle à la dictature du temps court et rendra-t-elle le monde plus lisible par le débat sur les choix technologiques et la dimension éthique des enjeux ?
    C'est à ces nombreuses questions que l'auteur, fort de sa double expérience de chercheur et de responsable de la politique scientifique française, tente ici de répondre de façon claire et passionnante. Cette réflexion prospective sur la science et la technologie nous apporte des réponses rigoureuses, à travers des scénarios du futur.
    Physicien, Professeur émérite à l'École Supérieure de Physique et Chimie Industrielles de Paris (ESPCI), Pierre Papon a dirigé le Cnrs puis l'Ifremer (Institut français de Recherche pour l'exploitation de la mer) ; il est président d'honneur de Observatoire des Sciences et des Techniques.

  • Dans ce récit qui mêle adroitement l'exposé scientifique aux aventures humaines (des rencontres inattendues avec les rebelles ougandais ou les mineurs des gisements diamantifères de Namibie à la confrontation avec un lion mangeur d'hommes), Brigitte Senut nous emmène à la découverte des êtres vivants qui peuplaient l'Afrique équatoriale et australe à la fin de l'ère tertiaire et au début du quaternaire. Par son travail de terrain, elle reconstruit pour nous, telle une détective, les environnements et les conditions de vie des lignées pré-humaines peu après leur séparation avec celles des grands singes. C'est ainsi qu'au cours de fouilles dans le Rift kenyan elle a mis au jour les restes d'Orrorin tugenensis. Incontestablement bipède, ce premier hominidé s'est révélé deux fois plus âgé que la célèbre Lucy (6 millions d'années), ce qui a bousculé bien des idées reçues sur la nature même de l'humain.
    Ce témoignage passionnant d'une paléontologue de renommée internationale apporte un éclairage sur le mélange de haute technicité et d'improvisation qui fait le quotidien des scientifiques de haut niveau.

  • L'univers est-il accessible à la connaissance humaine ?
    Malgré d'extraordinaires progrès, la science n'est pas parvenue, jusqu'ici, à apporter de réponse rationnelle à cette question - pire, elle a fini par obscurcir la notion de réel, qui paraissait pourtant évidente, remettant très profondément en cause les conceptions de base de la physique classique.
    D'où la question que l'on ne peut plus éviter aujourd'hui : quel est vraiment le contenu, c'est-à-dire la signification, d'une théorie physique fondamentale ? C'est tout le problème de l'interprétation qui est ici discuté par Marceau Felden, professeur de physique à l'Université de Paris XI-Orsay et à l'École supérieure d'Électricité.
    Une analyse critique rigoureuse de la physique actuelle mène l'auteur à mettre en évidence trois discontinuités qui conduisent irréductiblement à distinguer physiquement trois domaines complémentaires : le microcosme, le mésocosme et le mégacosme. Il montre que l'analyse de leurs spécificités respectives nécessite des descriptions différentes. Dès lors, le concept de réel- en fait de nature ontologique, mais en n'oubliant pas que c'est l'homme observateur-ne peut plus avoir la même représentation ni la même signification, dans chacun de ces trois domaines. Ce qui, entre autres conséquences, permet de poser en termes nouveaux le problème de l'interprétation de la physique quantique.
    Cet examen critique, qui est fondamentalement celui de nos possibilités d'accès à la connaissance scientifique, conduit finalement à remplacer la question initiale par la suivante : " Que peut-on connaître de l'univers? ".

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